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Slash, sur les réseaux

La Direction du Groupe Slash a pris la décision de cesser son activité médiatique avec le webzine Slash Média au 1er septembre. Notre rédacteur en chef, créateur du site, vous en explique les raisons. 

À l’écriture de ces lignes, les sonorités électropops lancinantes de «Sabali» résonnent dans les écouteurs de mon casque. J’imagine alors Slash Média, personnifié, grimper dans un taxi jaune. Un peu comme le ferait le personnage victime d’une rupture amoureuse, dans un nanar de l’Hollywood des années 1980. Il observe la route, rendue abstraite par la vitesse du véhicule. Et se demande, songeur, là où il va.

Heureusement, la séparation sera différente – quoique (?). D’abord, 2019 aurait fait monter Slash dans un Uber, n’est-ce pas ? Et puis, dématérialisé, fait de «1» et de «0», le webzine restera fidèle au poste. Sans nouveaux récits dès le 1er septembre, certes, il continuera toutefois à vous faire (re)vivre nos trois années passées à triturer l’actualité par tous les bouts. Comme le ferait un bambin, né, comme nous, un dimanche 18 septembre 2016.

«L’info avec moins de cheveux blancs»

«L’info avec moins de cheveux blancs», c’est sans doute notre slogan de 2016 que nos consœurs et confrères romands auront retenu de Slash Média. «L’écho bobo-gaucho d’une génération», diront même certains. Oui, Slash aura été, peut-être bien malgré lui, le bobo du milieu de la nouvelle terrasse à la mode. Vous savez, avec sa chemise mao en lin, couleur pastel, iPhone X dans une main et taboulé de quinoa (bio) dans l’autre. Une sorte de Guillaume Meurice – personnification toujours, avec des cheveux blancs (désolé) –, faussement candide, toujours intéressé et amusé à donner la parole à ceux qui ne penseraient pas comme lui.

Ouvrir notre site avec le témoignage d’un jeune transgenre, tailler le bout de gras avec une antispéciste, donner la parole à des proches de détenus, à un étudiant sorti de la toxicomanie, à un croque-mort de 28 ans ou encore à des praticiens de l’assistance sexuelle pour personnes handicapées, tels sont les sujets controversés qui nous ont valu jets de fleurs ou lynchages publics. Avec notre «jeunesse» utilisée, tant pour encenser que pour discréditer, en argument de fond.

Mais, pour Slash Média, les termes «millennials», «génération Y» et «Z» – adorés par nos copains des autres médias – sonnent creux. Ici, pas question de réinventer la roue. Ici, l’objectif fut de préparer à l’avenir, apprendre les ficelles du métier, se faire un réseau… Bref : tester. Sans avoir peur de faire faux. Un «laboratoire», comme disent les chefs de projets… en mal de projets.

On y verrait presque des cheveux blancs. Mais non. Une simple ambition de préparer les nouveaux journalistes aux enjeux de leur métier. Celui dont certains prédisent une fin imminente. Chez Slash, lors de nos séances de rédaction, nous préférions parler de «mutation», ou «d’évolution de la fonction». Journaliste n’est peut-être aujourd’hui plus un métier, mais c’est bel et bien un ensemble de compétences. Celles que nous avons acquises et appliquées dans les rangs du webzine.

Slashé comme jamais

Bon, c’est vrai : nous nous sommes cherchés, aussi. Un peu. Beaucoup. Passionnément. À la folie, surtout. Blog, puis site d’actualités, puis webzine, Slash s’est construit au gré des différentes énergies insufflées par ses équipes. Bobo bénévole, il en a vu passer du monde, en trois ans, Slash Média. Au total, 47 rédactrices et rédacteurs auront apposé leur signature dans les colonnes jaunes, puis noires, puis blanches, du «webmagazine Culture et Société en Suisse romande». 47 rédactrices et rédacteurs mirent un pied, voire les deux, dans le grand bain du journalisme. La plupart d’entre eux travaillent aujourd’hui dans les rédactions professionnelles de la région.

Évolution des logotypes de Slash Média, de 2016 à 2019.

Évolution des logotypes de Slash Média (de g. à d.) : du 1er septembre 2016 au 8 janvier 2017 / du 9 janvier 2017 au 2 septembre 2018 / du 3 septembre 2018 à maintenant. – DR

Et personne n’a chaumé. Ce ne sont pas nos 428 articles publiés qui diront le contraire. Ni nos 94 invités, d’ailleurs. En se régalant de l’effervescence culturelle et sociétale de la Romandie, Slash s’est donné à cœur joie dans ses couvertures de festivals, ses éditions d’interviews «fleuves», ses récits de concerts – ou de vies – et ses créations compulsives de playlists.

Terminé ? Pas tout à fait

22 mai 2019, la résolution est prise, malgré tout. À 07 heures 07, «Slash l’Avenir» file dans les boîtes aux lettres électroniques de la rédaction. Au milieu des périphrases et d’une reconnaissance légitime, on y retrouve : «Slash a fait son temps. Il y en a un pour tout et je pense que l’on peut être super fières de ce qui a été fait». Le message n’est, alors, que l’enjoliveur d’une vérité : le média est victime d’un manque cruel de financement et, relation de cause à effet, d’un épuisement des journalistes de sa rédaction, tous bénévoles.

Dès cet instant, le problème fut la recherche de solutions. Des mesures permettant aux auteurs motivés de continuer à «tester» leurs compétences au-delà même de l’arrêt du webzine. Nous nous sommes penchés sur les propositions de sept médias jeunesse de la région, mais aussi de France et de Belgique. Après réflexions, notre choix s’est porté sur le magazine romand Le Regard Libre.

© Le Regard Libre

Lire aussi : Slash Média rejoint Le Regard Libre

Fondé en 2014 par le journaliste Jonas Follonier, 22 ans, Le Regard Libre, à la différence de Slash Média, et un magazine papier mensuel de 68 pages. Pour la culture et le débat d’idée, le média établi à Neuchâtel étonne par sa pluralité. Son équipe, composée d’une quinzaine de jeunes bénévoles, expérimente tant la rédaction que la photographie, en passant par le dessin de presse ou la vidéo. C’est donc une palette de nombreuses nouvelles possibilités qui s’offrira aux rédactrices et rédacteurs de Slash, dès le lundi 2 septembre.

Quant à notre portefeuille, celui-ci sera confié en intégralité à la radio associative 7radio, qui subit actuellement d’importants problèmes financiers. Depuis 16 ans, ses membres forment, avec passion et sérieux, les futures têtes et voix du monde des médias romands.

Dernière ligne droite pour Slash. Aujourd’hui, il s’étrangle, en guise d’infinis remerciements, devant le million de visiteurs et demi ayant potassé ses pages et articles, entre 2016 et 2019. Dimanche, le 1er septembre, il fermera les yeux. Puis, au lendemain, il les ouvrira. Sous un nouveau regard, libre. Il était Slash Média.

Malick Touré-Reinhard 
Fondateur, directeur et rédacteur en chef de Slash Média


Parce que nous ne sommes pas les seuls

DécadréE

Depuis 2016, l’association DécadréE veut promouvoir une presse plus égalitaire qui ne réaffirme pas les stéréotypes de genre, de classe et racistes. Elle propose ainsi de lire l’actualité avec un nouveau regard. www.decadree.ch


EPIC Magazine

Fondé en 2014, EPIC Magazine est un webzine qui a pour objectif général de rendre visibles des lieux, pratiques et événements culturels en y portant un regard neuf et curieux. www.epic-magazine.ch


Fréquence Banane

Radio pour et par les étudiants, Fréquence Banane est une association regroupant plus d’une centaine de membres de l’EPFL, de l’UNIL ou de l’UNIGE. La radio du campus est diffusée 24h sur 24 et 7 jours sur 7 sur Les ondes, ainsi que sur internet depuis 1993. www.frequencebanane.ch


Jet d’Encre

La tribune web Jet d’Encre propose un espace de réflexion et de dialogue, au sein duquel la confrontation de points de vue est encouragée. Elle œuvre ainsi à offrir un cadre favorable à l’expression libre, la création par l’échange et la conduite d’un débat public depuis 2011. www.jetdencre.ch


LacLac

LacLac est, depuis 2018, un format audiovisuel par et sur les jeunes, avec une volonté : casser les stéréotypes sur la jeunesse par le biais de capsules vidéo diffusées sur Léman Bleu et les réseaux sociaux. www.youtube.com/laclac

Lire aussi :  « LacLac » : l’association qui met des claques aux stéréotypes sur la jeunesse

Lemultimedia.info

Lemultimedia.info est un webzine fondé en 2014. Ses rédacteurs et photographes, jeunes et bénévoles, traitent d’actualités diverses au travers des prisme du sport et de la culture. www.lemultimedia.info


Le Saloon

Le Saloon est un podcast audio indépendant, disponible sur toutes les plateformes d’écoute depuis 2018. On y confronte les avis et les arguments sur les dernières sorties cinéma plusieurs fois par mois. www.soundcloud.com/lesaloon


Pop Up mag

Pop Up mag est un webzine culturel, créé en 2017 par une bande d’amis aux multiples passions, envieux de partager la culture régionale et de promouvoir les jeunes talents. www.popupmag.ch


Tink.ch

Lancé en 2006, Tink.ch est un webzine trilingue qui a pour but de promouvoir les compétences journalistiques des jeunes et leur offre un espace pour s’exprimer. www.tink.ch