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Concerts

Joan Baez, les adieux montreusiens

© 2019 FFJM / Lionel Flusin

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Hier soir, l’Américaine a envoûté le fervent public du Stravinsky de Montreux avec un concert d’une touchante simplicité et d’une rare honnêteté.

Salle noire, courte musique d’introduction et déjà la reine de la folk apparaît dans le faisceau des projecteurs. Saluée par l’ovation d’une foule conquise, la chanteuse entame très vite Don’t Think Twice, chanson de son vieil amour Bob Dylan, avant d’enchaîner avec Last Leaf de Tom Waits.

Joan Baez, sa voix n’est plus exactement la même ; son chant est désormais habité d’un grain sublime et dégage une fragilité émouvante. Ses doigts, eux, courent sur les cordes de sa guitare, avec une étonnante facilité. On comprend mieux pourquoi Dylan jalousait tant son picking si fin, si précis.

Joan Baez, sur la scène de l'Auditorium Stravinski, mercredi soir

Joan Baez était sur la scène de l’Auditorium Stravinski, mercredi soir. – © 2019 FFJM / Lionel Flusin

Entre les morceaux, la New-Yorkaise s’exprime le plus souvent en français. Se moquant de son âge, ainsi que celui de son public, elle se remémore son concert à Woodstock et les chansons qu’elle chantait avec sa sœur Mimi.

Entourée de trois musiciens, dont son fils Gabriel Harris aux percussions, Joan interprète un répertoire varié, tant dans l’époque que dans le genre. De Farewell Angelina (Bob Dylan) à Another World (Antony and the Johnsons), en passant par d’opérants chants faisant écho à l’abolition de l’esclavage, la septuagénaire continue sans cesse de délivrer un message de paix et d’humanisme.

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Évoquant, avec The President Sang Amazing Grace, la tuerie de Charleston aux États-Unis, dans laquelle un suprémaciste blanc avait abattu plusieurs paroissiens noirs dans une église de la ville, mais aussi la cause des femmes avec Silver Blade, la chanteuse semble plus engagée que jamais.

Que ce soit pour la cause des noirs aux côtés de Martin Luther King ou contre la guerre d’Indochine à Hanoi, Joan Baez s’est toujours battue pour la tolérance et la paix. Et si sa voix ne chantera bientôt plus, il y a fort à parier qu’elle continuera à porter son engagement à travers le monde.

Le concert touchant à sa fin, Joan Baez entonne The Boxer de Paul Simon, puis reprend l’hymne Imagine de John Lennon. L’audience, ravie, chante à pleine voix. Après plusieurs rappels, Joan revient seule sur scène pour Fare Thee Weel, titre de son premier album sorti en 1960 (Joan Baez).

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Adieu mes amis chante-t-elle enfin en français, rendant, ainsi, un hommage certain à sa contemporaine Nana Mouskouri. Ce sera la dernière chanson de la reine, son ultime concert au Montreux Jazz ; une page se tourne. Un immense merci, Joan Baez.


Le 53e Montreux Jazz se déroule du 28 juin au 13 juillet 2019  www.montreuxjazzfestival.com.

Concerts

Montreux Jazz Festival : Fatoumata Diawara, Mama Africa

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© 2019 FFJM / Anne-Laure Lechat

Attendue vendredi soir au Montreux Jazz Festival, la chanteuse malienne a embrasé la première soirée du Lab.

Pour le pogo, repasser. On le comprend sitôt parvenu aux abords du Montreux Jazz Lab : ce soir, on ne parie sur aucun tumulte. Et c’est sans doute ce que le public de cette première soirée du festival de la Riviera prévoit. Sur scène, avec la chanteuse malienne Fatoumata Diawara, la place est à la sagesse, la militance et au multiculturalisme.

Tempérée par la venue prochaine d’un deuxième enfant, l’artiste de 37 ans assure tout de même le spectacle. Peut-être au moyen de son nouvel habillage scénique dépouillé, mais surtout grâce à son charisme et sa sapience. «En français, j’imagine ?», demande la chanteuse, le sourire large. En guise de bonsoir, le parterre du Lab acquiesce.

Folk wassoulou

Elle sait tout faire, Fatoumata Diawara. Tantôt à la gratte, tantôt à la voix, tantôt au sifflet, elle vole, virevolte. Porteuse d’un militantisme éthéré, celle que l’on a découverte en 2017 avec «Lamomali», projet musical du Français M, étonne par sa vigueur.

Fatoumata Diawara sur la scène du Montreux Jazz Lab, vendredi soir.

Fatoumata Diawara sur la scène du Montreux Jazz Lab, vendredi soir. – © 2019 FFJM / Anne-Laure Lechat

Sa musique, elle aussi, brille de mille feux. Lorsqu’elle n’interprète pas Karaba, la sorcière de la comédie musicale Kirikou, sur scène, la Malienne s’enivre de rythmes afrobeat à la Fela Kuti, de folk et d’une singulière pop convoyée par des chants wassoulous. Une eurythmie délicate et savante, source de «Fenfo», un deuxième album sorti au printemps 2018 et produit également par Chedid – attendu, lui, en clôture du festival au côté de Quincy Jones.

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Vêtue d’une gandoura rouge, Diawara s’empare de son espace, nous compte ses nombreux combats, notamment pour l’émancipation des femmes ou l’accès à l’éducation, et enchaîne des dabs magistraux. Frustrée de ne pas pouvoir le faire, elle invite le public montreusien à «retourner son week-end» en sautant sur le tempo soutenu de Bonya.

Vox Africa

Un chasse-mouche baoulé dans une main, le «micro des sans-voix» dans l’autre, durant son concert, Fatoumata se fait la vox populi du Mali. «Son» Mali. Un pays dont elle souhaite faire remonter des notes positives. «Lorsque l’on entend parler de l’Afrique, c’est toujours en temps de guerres, de famines… Moi, ce soir, je veux être la voix de celles et ceux qui ne l’ont pas et qui réalisent malgré tout des choses magnifiques», entonne la chanteuse en prologue de Nterini.

Désireuse de rendre hommage à Nina Simone, «l’une des plus grandes femmes de l’Histoire», Fatoumata Diawara se lance dans une réinterprétation pêchue de Sinnerman. Le public du Lab, plongé dans un silence monacal, savoure.

Brusquement, comme rattrapée par sa setlist, la chanteuse laisse place à la soul des sœurs franco-cubaines d’Ibeyi. Un geste de la main, puis, toujours avec la même élégance, elle disparait alors, tout comme ses musiciens, dans les coulisses sinueuses du Miles Davis Hall. Fatoumata, merci.


Le 53e Montreux Jazz se déroule du 28 juin au 13 juillet 2019  www.montreuxjazzfestival.com.

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Artistes

Des producteurs indépendants s’en donnent à cœur joie au Pully Sound Sound Festival

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© Lyketil / Digital Lab

Du 23 au 26 mai 2019, la 2e édition du grand raout fait la part belle aux sonorités électros, classiques ou encore cubaines.

Après une première édition mitigée durant laquelle «seulement» 3000 personnes avaient fait le déplacement, le Pully Sound Sound Festival s’offre un programme ambitieux pour tenter de faire sa place. À l’affiche, Yuksek, Muddy Monk, B77, Jerusalem In My Heart, la Main Mise, Adriano Koch, Daria Korotkova et bien d’autres, du 23 au 26 mai prochain.

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Si les artistes programmés oscillent entre l’électro, le piano classique et les sonorités expérimentales, la structure du festival n’en est pas moins surprenante. En effet, des producteurs indépendants se sont réunis sous le nom du Pully Sound Sound Festival pour faire leurs affaires, tout en gardant leur indépendance. Rencontre avec Lionel Métraux, associé à Gawah l’Agence, qui organise le concert de la chanteuse cubaine Yilian Canizares, le samedi 25 mai au Théâtre de l’Octogone.

Slash : Salut Lionel. Pourquoi te risquer à venir travailler sous la bannière d’un festival qui avait souffert lors de sa première édition ?

Lionel Métraux : Parce que la philosophie de l’événement me plaît, tout simplement ! Le festival devient une sorte de plateforme de collaboration entre des producteurs et des associations de tous les horizons. Cela permet d’avoir une affiche super variée et de limiter les risques. Chacun a ses propres objectifs selon les moyens qu’il a injectés, mais tout le monde tire à la même corde. C’est un concept assez novateur qui doit encore faire ses preuves, mais j’y crois.

Concrètement, que t’apporte le Sound Sound Festival ?

Même si la première édition avait attiré moins de monde qu’espéré, le festival a beaucoup fait parlé de lui. On profite donc de son élan médiatique et de son image. Par ailleurs, l’organisation offre l’infrastructure à ses partenaires. Les différents producteurs n’ont donc plus que les coûts artistiques à assumer, ce qui nous permet de tenter des choses que nous n’oserions peut-être pas faire dans d’autres circonstances.

Justement, venons-en à ta soirée du samedi 25 mai. Proposer une chanteuse et musicienne cubaine lors d’un festival essentiellement électro, cela détonne un peu, non ?

Cela peut surprendre, c’est vrai. Mais le but, c’est qu’il y en ait pour tous les goûts. D’ailleurs, je ne suis pas le seul à programmer une offre alternative. Le week-end musical de Pully organise une soirée autour du piano dans l’église du Prieuré alors que Yuksek sera en train de mixer à quelques pas de là. De mon côté, on va vraiment essayer de faire vivre une expérience aux spectateurs, de les plonger à Cuba. On se sert un peu des clichés, mais cela ne nous semble pas inintéressant pour autant. Sur place, au Théâtre de l’Octogone, il y aura un bar à rhum et des cigares exceptionnels. Les gens ne viendront pas seulement écouter un concert. C’est du moins ce qu’on espère.

Ton pari se révèle-t-il être payant ? Où en êtes-vous du côté de la billetterie ?

Et bien, nous avons encore quelques billets à vendre (Rires). Plus sérieusement, à l’instar d’autres événements, nous n’avons pas vendu autant de prélocations qu’espéré. Mais la courbe des réservations est positive et évolue bien. On sait que du monde viendra acheter ses entrées le jour J donc on ne s’inquiète pas trop. Par contre, les places sont numérotées ! Donc pour celles et ceux qui voudraient choisir leur siège, c’est le moment.

Merci Lionel.

 

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Le 2e Pully Sound Sound Festival se déroulera du 23 au 26 mai 2019, dans divers lieux – www.sound-sound.ch

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