fbpx
Slash, sur les réseaux

Lifestyle

Au Tsiferblat, on ne paie pas sa conso’, mais son heure de présence

L'entrée du Tsiferblat – © Pierre Vogel

Publié

le

Antichambre de SEV52 – l’espace de co-working bigarré au cœur du quartier de Sévelin à Lausanne – première en suisse romande, le Tsiferblat s’inspire du modèle russe du même nom et mise sur un concept novateur : que l’on vienne travailler, lire, ou passer un moment seul ou accompagné, on n’y paie pas sa consommation, mais son heure de présence.

Une idée originale qui provient de l’imaginaire créatif de Mustapha Jaunin Gueraouni et de sa compagne, Aude. L’administrateur et la fondatrice des lieux ont volontiers accepté de poser des mots sur cet espace, ainsi qu’Yves Senn, le butler (majordome, en français) de cet endroit hors-norme.

À gauche de l’entrée, un joli petit coin, entièrement décoré avec des objets récupérés, donnés ou chinés – © Pierre Vogel

On a d’abord voulu comprendre les motivations qui ont fait naître cet espace ouvert depuis mars. « Le Tsiferblat c’est une prolongation de SEV52, c’est sa porte d’entrée pour les non-locataires, dans le sens où ça peut nous servir de centre de gravité sociale. Parce que dans l’espace de travail, les locataires ont une déjà une cafétéria, on s’est alors dit qu’il fallait qu’on crée un autre espace où l’on pouvait faire se rencontrer les gens de l’extérieur et ceux de l’intérieur. Une manière de créer un lieu encourageant les rencontres inattendues et – qui sait – créer des synergies », explique Mustapha, de sa voix posée, mais enjouée.

Une partie de l’espace – © Pierre Vogel

Comment cet espace est-il pensé ? Comme une émanation de SEV52. Il complète son offre de résidence pour le co-working pour celles et ceux qui s’installent de manière éphémère, ponctuellement, ou pour ceux qui ne souhaitent pas de contrat les liant à SEV52. Est-ce une façon de se réunir, voire de se rencontrer ? « Cet endroit, je le vois comme une interface très sympa. Parce qu’il y a un quelque chose de naturel, on se pose, on sonne, on est au chaud… Et puis, oui, naturellement on parle, on communique ! », répond le gérant des lieux.

Le bar et son “butler”, Yves Senn – © Pierre Vogel

Il est vrai que lorsqu’on entre dans le Tsiferblat, la première impression est saisissante. On se retrouve face à un beau bar d’époque rouge, dans une atmosphère enveloppante et pleine de surprises : l’œil ne sait où donner de la tête tant l’endroit, adepte de l’upcycling (action de récupérer des matériaux dont on n’a plus l’usage et de les transformer en produits d’utilité supérieure), est empli de décorations diverses, la plupart chinées ou simplement récupérées.

Mais le lieu se veut tout aussi fonctionnel : on peut même y réchauffer son tupperware. « L’heure coûte cinq francs, la deuxième heure trois francs et le forfait à la journée est de vingt francs », explique Mustapha. Des heures de présence où absolument tout est illimité : on peut alors se servir à volonté de biscuits, de thés froids artisanaux, d’espressos, de muffins… L’endroit, ouvert qu’en journées, ne sert par contre pas d’alcool. Mais à défaut d’y boire un cocktail, on peut également y lire la presse grâce à un lot considérable de journaux actuels ou surannés, ainsi que de livres anciens ou surfer sur le Net avec le wifi donné naturellement.

Car ce que revendique ce lieu peu commun est le fait de pouvoir se sentir comme chez soi, de regarder, mais aussi de toucher, de rêver… Yves Senn confirme : « C’est un lieu propice à la créativité. Partout où tu regardes où tu touches, tu t’assieds, il y a quelque chose d’inattendu. Et ça, ça ouvre l’esprit. On y voit des tasses, des pots et d’un coup un réveil, un moule de lapin… Des objets qui, tout en ouvrant l’esprit, permettent de faire des associations d’idées pour le sujet sur lequel la personne travaille. Le fait de faire des liens, ça matérialise la créativité. »

© Pierre Vogel

Mustapha continue : « Le but c’est que les gens aient envie de rester, même s’ils n’ont plus rien à faire. Il y a des livres, des choses étranges à regarder, à décrypter, à décoder, c’est un immense jeu, comme une chasse au trésor. Ici, on ne s’ennuie pas. Comme SEV52, que l’on voit de l’autre côté de la baie vitrée, c’est un millefeuille de réalités. C’est plein de petits mondes. On se nourrit de son expérience ici, de sa passion. »

Aude nous en dit un peu plus : « Ce que fait Mustapha à Sévelin, c’est la meilleure politique d’encouragement de l’innovation, parce qu’il ne fait que du bottom-up (suite de processus qui apportent à chacun une partie fondamentale, ndlr.) ; il n’impose rien, il est juste l’homme de l’ombre qui écoute, propose et permet un cadre pratique si nécessaire. » Ce dernier acquiesce, les yeux plissés. « Certes, on vise un public très large, vu qu’on est très “chaleur”. Donc on a un premier public, les résidents du co-working, et après il y a les gens de l’extérieur. Pour l’instant, c’est quelque chose d’expérimental ; on essaie de faire un vrai Tsiferblat. Parce qu’on est quand même autour de quatre gros établissements scolaires, sauf erreur les plus gros de la région. Et depuis quelques jours, ça prend gentiment. On a fait un peu de publicité, mais très peu. »

Ah bon, pourquoi ne pas en faire davantage ? « Parce qu’on est vraiment dans cette économie : le service avant l’argent. Et puis, si tu fais de bonnes tartes, les gens vont venir ! », nous répond-il le sourire aux lèvres.

Une partie de l’espace, vue d’en haut – © Pierre Vogel

Yves Senn, qui, de son côté, s’attelle à nettoyer des tasses derrière son comptoir lustré, nous parle de la façon dont il perçoit l’endroit ainsi que son rôle de butler. « Le Tsiferblat c’est un lieu où je me sens bien, où je suis fier de recevoir des gens que j’apprécie, un lieu qui est différents d’autres, définis par la société. Quand je fais des cafés aux gens, c’est plus comme si je faisais des cafés pour mes amis qu’autre chose. Car, pour moi, le Tsiferblat, c’est la cuisine de la communauté. Un espace où l’on se retrouve, où on partage, on échange. C’est le lieu de la famille étendue. »

Un endroit qui se démarque, mis à part par ce concept qui est de payer le temps ? « Oui ! C’est un lieu où on vient pour le moment, pour l’espace, pour les gens qui s’y trouvent. La synergie ici se fait tout seule, naturellement. Pas besoin de carte de visite ! C’est magique, car il n’y a pas besoin de rechercher le partenariat, il se fait tout seul. »

Et, finalement, quel est le rôle d’un butler, titre anglais qui lui est attribué et qui intrigue ? « Je vois mon rôle comme le majordome, celui qui s’assure que tout aille bien, que tout fonctionne. Autant les infrastructures que le thé ou les plantes, tout ça me parait naturel, comme si c’était les miennes. Dans mes actions, il y a toujours une petite arrière-pensée sociale », nous dit-il d’un ton distingué et doux, à la façon d’un vrai butler anglais.

Au dernier plan, des résidents travaillent, surplombant ainsi le Tsiferblat – © Pierre Vogel

On l’aura alors compris, SEV52 et le Tsiferblat sont deux lieux en un. À la manière d’un village, ce tiers-lieu où l’on paie son temps uniquement, le reste étant à disposition, aime et veut accueillir les gens, d’une façon si chaleureuse que, magiquement, l’on s’y sent tout de suite agréablement bien.

Lifestyle

Le juin de La Dérivée : fanfare hip-hop, vélos vintages et ciné fantastique

Publié

le

© ICI – La Dérivée

La Dérivée reprend ses quartiers sur le Quai de Nogent d’Yverdon, pour une troisième édition riche et singulière.

Il y a des villes que l’on oublie. Des «patelins» gardé à l’écart de tout. À tort. Yverdon, vous fréquentez ? Localité de passage, repère de zonards, la réputation de la cité balnéaire n’est pas des plus reluisantes. C’est en tout cas le constat que se sont fait les membres de l’association ICI – La Dérivée.

Il n’en fallait pas moins alors pour motiver la cellule du Nord Vaudois à redynamiser sa ville. Ainsi, chaque été depuis 2017, le Quai de Nogent se voit occupé par une étrange structure boisée, décorum de cet espace open air emprunt de cohésion sociale et de respect environnemental. «C’’est, en effet, la même structure en bois qui est montée et démontée depuis maintenant trois ans», se félicitent les protagonistes du projet, les mains pleines d’échardes.

© ICI – La Dérivée

Soutenue par les autorités communales, l’association proposera quelque 200 événements, durant treize semaines, sur les bords du lac de Neuchâtel.  Partenaire des festivités, la rédaction de Slash vous décortiquera chaque mois la programmation copieuse et singulière de cette édition «prise de risques», en commençant avec un mois de juin chargé. «Cette année, chacun des membres du comité a eu la liberté de programmer “sa” semaine, selon ses envies et ses valeurs», explique Joshua Pereira, l’un des organisateurs de La Dérivée. Départ le 13 juin, atterrissage prévu le 7 septembre.

Fanfare militante

Et les festivités démarrent fort, jeudi 13 juin, avec la tonitruante fanfare hip hop Brassmaster Flash, popularisée notamment l’an passé lors de ses happenings donnés au Paléo Festival. À coup de tubes planétaires et de mélodies plus confidentielles, l’orchestre d’étudiants viendra animer le vernissage de cette troisième Dérivée.

Lendemain de fête, 14 juin, place au militantisme. Pour faire suite à la Grève féministe suisse et à la Journée de l’égalité, le secteur jeunesse de la ville d’Yverdon, Y-Music et l’atelier DJ-Mix nous invitent à vivre la thématique de l’égalité femmes-hommes au travers de concerts et de jeux. Au programme : tournois de jeux, discussions, concert d’Y-Music et atelier DJ-Mix de jeunes DJs et DJettes.

Utopies musicales

Le week-end suivant, La Dérivée se fera porte-parole des utopies musicales d’ici et d’ailleurs. À commencer par le collectif cumbia Hitcha Chibtukua – Tierra Caliente, qui donnera, vendredi 21 juin, le top départ à la saison estivale.

Le samedi, la plateforme d’ingéniérie-culturelle du collectif FLEE s’emploiera, le temps d’une conférence participative, à questionner la place de la musique dans l’univers de la science-fiction. Avant que l’improvisateur jazz lausannois Alexandre Cellier n’y apporte, le lendemain, un bout de réponse. Découverte et création instrumentale seront à l’honneur au cours de la parenthèse musicale insolite qu’il ouvrira.

Petite reine et grande toile

Sur les dernières notes de juin, le vélo entrera en piste à La Dérivée. Le 29 juin au matin, et seulement sur inscription, les amoureux de la petite reine, du bon vin et de la gastronomie, enfourcheront leurs deux-roues avant de mettre les pieds sous la table, le tout couronné par une course unique, appelée VYVE.

Pour terminer, le 30 juin au soir, le Festival International du Film Fantastique de Neuchâtel (NIFF) projettera ses courts-métrages sur la toile de l’espace open-air des Rives-du-Lac. Yverdon, vous appréciez ?


La 3e édition de La Dérivée se déroulera du 13 juin au 7 septembre 2019. Programme complet sur www.laderivee.ch.

Continuer la lecture

Arts

Le tatouage suisse a son “Mojo Jojo”, il s’appelle Jonas Béguin

Publié

le

Depuis quelques années, le tatouage est devenu à la mode. Fini le temps où les gens qui exhibaient leurs oeuvres étaient mal vus par une majorité. Le tatouage est partout.

Les profils et les hashtags dédiés à cet art sur les réseaux sociaux se comptent par millions. À croire que ne revêtir aucun dessin sur son corps serait désormais synonyme de «marginalisation». Même si son exposition est aujourd’hui grande, les tattoos ne sont toutefois pas encore acceptés au sein de tous les corps de métiers.

Les salons de tatouage sont nombreux et il est loin d’être facile de tirer son «aiguille» du jeu. Depuis moins d’un an, Jonas Béguin alias Mojo Jojo, jeune tatoueur de 24 ans, s’est lancé sur ce marché. Interview.

Slash : Peux-tu te présenter ?
Jonas :
Je m’appelle Jonas Béguin, jeune tatoueur plus connu sous le nom de Mojo Jojo. Cela fait moins d’un an que je pratique. Avant, j’étais étudiant à l’École cantonale d’art de Lausanne. En plus du tatouage, j’ai commencé à créer des vêtements.

Dès ton plus jeune âge, le dessin t’attirait-il ?
Ouais, ouais… Complètement ! Depuis petit, j’ai toujours adoré dessiner, j’ai été très tôt dans la création… Un temps, je faisais de la peinture, c’était un peu n’importe quoi, mais j’avais ce besoin de m’exprimer avec mes mains et des couleurs. Le manga avait une grande place aussi, j’en lisais et je passais des nuits à reproduire sur papier les personnages qui habitaient mes BDs japonaises.

Pourquoi avoir arrêté l’École cantonale ?
Alors… (rires) Pour plusieurs raisons… Je vais essayer d’être diplomate. L’École cantonale d’art de Lausanne est une structure qui est très bien organisée, qui est bien faite, qui offre un enseignement de grande qualité. Cela implique qu’il y a une sorte d’attente, de conformisme… Cette école essaie de formater «un peu» leurs élèves à produire un certain type d’oeuvre, dans un style particulier. Il y a ce que l’on appelle le genre ou plutôt le «tampon ECAL». C’est-à-dire que tu reconnais rapidement un élève qui est sorti de cette école, au travail qu’il fournira dans sa vie professionnelle. Ça me dérangeait de ne pas pouvoir proposer ce que je voulais. Lorsque je le faisais: on me «bâchait» derrière, avec de mauvaises notes et je me retrouvais en remédiations.

L’ECAL m’a apporté du positif aussi. J’ai appris beaucoup, ça m’a rendu très pointilleux, j’ai affûté mon coup d’oeil. En même temps que ma déception grandissante pour l’ECAL, un amour grandissant pour le tatouage s’est créé. J’ai senti que le moment était venu de me lancer dans cet art.

© Mary P

Quelle est ta définition du tatouage ?
C’est difficile de donner une définition. C’est quelque chose qui transcende le tatoueur ainsi que la personne qui se fait tatouer, je pense. C’est bien plus que dessiner sur la peau, c’est quelque chose que tu gardes sur toi, tout au long de ta vie. Tu réfléchis beaucoup avant de le faire, pour la plupart. (rires) Le tatouage est aussi une transmission de savoir de maître à élève, que tu ne trouves pas dans d’autres disciplines. Il n’y a pas d’académie ou d’école de tatouage.

Quel a été ton premier contact avec le tatouage ?
J’ai découvert le tatouage avec les clips de rap, comme ceux de 50 Cent, que je regardais enfant. Plus tard, je me suis fait tatouer, non pas dans l’optique de ressembler à un rappeur, mais comme moyen d’expression. Mes premiers tatouages ont été réalisés par Dominique Lang, qui a le salon Tom Tattoo à Lausanne. Ce que j’ai aimé est que Dominique était d’accord que je lui apporte mes dessins afin de me les tatouer identiquement.

Pourquoi «Mojo Jojo» ?
Les raisons sont multiples. Premièrement, mon prénom est Jonas et quand j’étais plus petit on m’appelait «Jojo». Le «mojo» c’est un peu le swag, le style, un certain pouvoir d’attraction développé. Mojo Jojo est surtout un personnage que j’adorais enfant et qui est un des méchants de la série animée Les Super Nanas. Dans les séries, je préfère les méchants. Je ne sais pas pourquoi, je les trouve plus intéressants. (rires) Les vilains ont plus d’attitudes que les héros dans les films. Je kiffais trop Mojo Jojo et ses plans machiavéliques afin de détruire Townsville. Je me suis inspiré de cela pour mes vêtements. Rien que ce soit un singe, le personnage me parle, car mon animal préféré est le singe. Un primate super intelligent avec un cerveau surdimensionné qui veut détruire une ville, c’est original, non ? (rires)

As-tu des références dans le tatouage ?
Oui, j’en ai plein. Je vais en citer deux et ils sont Lausannois. Premièrement, Antoine Elvy, qui est le tatoueur qui a composé la majorité de mes tatoos. J’adore cette personne et son travail !  Ce qui me plaît dans ce qu’il fait, ce sont les serpents, les oiseaux et les fleurs, par exemple. Je m’inspire pas mal de ses sujets, mais je les traite différemment.

Deuxièmement, Maxime Büchi, parce qu’il a apporté quelque chose d’important au tatouage. Il a monté un «petit» empire et j’admire vraiment cela. Il a ouvert des salons à Londres, Zurich, Los Angeles. Il recrute de nombreux tatoueurs, ça crée des emplois, c’est parfait ! J’ai eu l’occasion de l’écouter, lors d’une conférence l’été passé, il s’exprime vraiment bien et ce qu’il dit est intéressant.

© Mojo Jojo

Où pratiques-tu le tatouage ?
En ce moment, je tatoue chez moi… J’avais une pièce, qui était utilisée comme «fourre-tout», que j’ai transformée en studio professionnel pour mon art. Cet endroit est spacieux, j’ai désinfecté et tout mis aux normes d’hygiène. À l’avenir, je souhaite travailler avec d’autres tatoueurs, dans un vrai shop.

Avec le nombre de salons existants, n’est-il pas risqué de te lancer là-dedans ?
À l’heure actuelle, tout est risqué à mes yeux. Il y a beaucoup d’offres et une plus faible demande dans de nombreux domaines et surtout dans l’artistique. Tout dépend de ton état d’esprit et de ta volonté. Je suis arrivé avec cette envie de faire du tatouage mon job. Du coup, ce n’est pas les mêmes enjeux que pour la personne qui fait ça pour «s’amuser».

Comment définirais-tu tes oeuvres ? As-tu vraiment un style qui t’est propre ?
Mon style est en constante évolution. C’est un style avec des lignes, ce que j’apporte de nouveau à ce style est des lignes de pinceau. C’est-à-dire des lignes avec des épaisseurs différentes, faire ressentir un mouvement dans le trait comme quand tu vois un pinceau de la calligraphie chinoise. J’ai été inspiré des estompes japonaises ou même le tatouage japonais. Mon genre évolue. Quand tu commences à plus tatouer, t’as envie d’essayer d’autres choses comme les dégradés de gris. Je ne vais pas te mentir, je recherche encore ce style qui me définira et que les gens reconnaîtront directement.

© Mojo Jojo

Tu es aussi dans le textile, peux-tu nous en parler ?
L’histoire est que j’arrivais gentiment au cap des 500 abonnés sur Instagram. Pour les dépasser, j’ai créé un concours qui stipulait : «À 500 abonnés, vous aurez une surprise». Les gens ont partagé, les abonnés ont augmenté rapidement et j’ai franchi le cap. J’ai sorti une petite série de t-shirts et de crewnecks [des pulls à col rond, ndlr.] pour l’occasion. Je voulais également savoir si mes habits intéresseraient mes abonnés. Seize articles ont été créés, j’en ai gardé deux, les quatorze autres sont partis. À la base, cela avait un objectif promotionnel, mais c’est devenu un second amour que je développe comme le tattoo. J’ai travaillé avec le sérigraphe Thomas de Colormakerz, le contact a été très bon. De nouveau, l’entraide entre artistes est importante.

© Mary P

Peut-on dire que tu arrives à vivre de ton art ?
Franchement, pas encore. Il y a des mois,  je fais 500 francs et d’autres plus. Mais pour le moment, cet argent est utilisé comme argent de poche. Je le redis, j’ai la chance d’habiter chez ma maman, je ne paie pas de loyer, car elle ne le veut pas. Je suis nourri, logé.

Quels sont tes projets pour cette nouvelle année ?
Être pleinement indépendant, fin 2019. Ce serait un magnifique cadeau ! J’aimerais continuer à progresser dans le tatouage, offrir de nouvelles oeuvres, mieux que celles d’hier. Je veux continuer à satisfaire ma clientèle, tout comme l’agrandir. (rires) Faire des rencontres, et pourquoi pas des collaborations. Pour ce qui est des habits, j’aimerai collaborer avec des mecs de la région qui bossent bien. Je suis sur une bonne lancée et je compte bien y rester !

Quel proverbe définit bien Mojo Jojo ?
Avec tout ce que j’ai vécu les trois-quatre dernières années, je dirais : «Tout vient à point à celui qui sait attendre».

Continuer la lecture