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Ryan Murphy signe avec The Shards une adaptation convaincante du roman récent de Bret Easton Ellis, qui replonge le spectateur dans le Los Angeles cossu et superficiel des années 1980. La mini‑série, en neuf épisodes, réussit à traduire à l’écran l’atmosphère glacée et toxique du livre.
Un retour aux sources d’Ellis
Adapté de Les Éclats (2023), le texte qui marquait le retour de Bret Easton Ellis à ses thèmes fondateurs, The Shards réactive la galerie de jeunes riches et désabusés que l’écrivain explore depuis Moins que zéro jusqu’à American Psycho. La série saisit la beauté factice et le malaise latent qui traversent ces personnages, figés dans un monde de luxe et d’excès.
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Une ambiance 80s fidèle et inquiétante
Les décors — des Hollywood Hills aux boîtes de nuit — restituent l’iconographie des eighties : marques de luxe, soirées clinquantes, héroïne et apparences impeccables. Mais derrière le vernis, la narration met en scène une dévitalisation où l’amour, l’amitié et la morale semblent vidés de sens.

Le regard de Ryan Murphy
Produit, scénarisé et coréalisé par Ryan Murphy, le show privilégie une mise en scène parfois spectaculaire sans pour autant masquer la noirceur du récit. Murphy joue souvent des clichés visuels pour mieux les retourner et faire émerger le malaise sous la splendeur.
Personnages et tension dramatique
Au centre, le jeune Bret Ellis (Igby Rigney) devient le narrateur et témoin de cette décadence. Il croise Robert Mallory (Homer Gere), figure magnétique autour de laquelle la bande gravite. Autour d’eux : Debbie (Hayes Warner), Susan (Kaia Gerber) et Thom (Graham Campbell) — des lycéens dont l’insouciance est promise à une chute.

Les parents, campés notamment par Wes Bentley et Evan Rachel Wood, renvoient l’image d’adultes corrompus ou absents, reflétant ce que ces jeunes pourraient devenir.
Thèmes et tonalités : du grotesque au macabre
La série entremêle satire sociale, fantastique et polar. L’enquête sur un tueur en série — surnommé « le Chalutier » dans le roman — parcourt la trame, mais c’est surtout la sensation d’un monde déjà mort qui domine : les personnages semblent condamnés à reproduire leur propre anéantissement.
Par moments, l’écriture télévisuelle bascule dans l’absurde jubilatoire (l’épisode 5, « Murder on the Dancefloor ») ou le mélo théâtral (épisode 8, « Hamlet »), choix qui servent la logique intérieure du narrateur plutôt qu’une résolution policière classique.
Une adaptation inégale mais souvent réussie
Si la série présente des variations de ton et quelques épisodes plus faibles, elle conserve une ligne claire : percer la surface scintillante pour faire affleurer la noirceur d’un univers. À ce titre, elle rejoint les rares transpositions réussies de l’œuvre d’Ellis.
Disponibilité
The Shards compte neuf épisodes et est disponible sur Disney+ à partir du 6 août.












