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Après trente-trois ans d’attente, l’extension de domaine .web rejoint officiellement les serveurs racine du DNS, a indiqué Verisign, l’opérateur déjà responsable des .com et .net. Ce dénouement clôt une longue affaire mêlant enchères record, sociétés-écrans et enquête fédérale américaine.
Un retard surprenant
Les premiers gTLD publics datent de 1984 : on y trouve notamment .com, .edu, .gov, .mil et .org. Le .net a suivi peu après. À l’époque, le World Wide Web n’existait pas encore — Tim Berners‑Lee n’a posé ses premiers liens qu’en 1989, et l’usage global s’est réellement développé dans les années 1990.
Cette extension .web rejoint enfin le DNS mondial après trente ans de querelles judiciaires
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Pourtant, quand les extensions se sont multipliées — des suffixes aussi divers que .guitars, .duck ou .pizza ont été autorisés — le .web était resté absent. Le sujet interroge d’autant plus que ce terme paraît naturellement lié à l’identité d’Internet.
Qui contrôle l’attribution des gTLD ?
L’attribution des extensions de premier niveau relève de l’ICANN, l’organisme à but non lucratif basé à Los Angeles qui supervise la coordination globale des noms de domaine héritée de l’IANA. Gérer un registre gTLD représente une source de revenus significative, d’où la multiplication des candidatures et des mécanismes de résolution des conflits.

L’ICANN a souvent eu recours à des enchères pour départager des prétendants. Ce mode de règlement a largement façonné la compétition autour des nouvelles extensions, au point de transformer certains dossiers en litiges complexes.
Des premières tentatives aux procédures judiciaires
Dès 1997, une initiative connue sous le nom d’Internet Ad Hoc Committee avait proposé le .web parmi plusieurs nouveaux TLDs, sans suite. Par la suite, la société Image Online Design a essayé pendant des années d’obtenir et d’administrer le .web, en vain. Le dossier est resté en suspens jusqu’à la crise de 2016.
L’enchère de 2016 et la controverse
En juillet 2016, l’ICANN a réalisé une vente aux enchères pour départager sept candidats pour le .web. L’entité déclarée gagnante, NU DOT CO LLC, a remporté la mise pour 135 millions de dollars. La candidature pour .webs est quant à elle revenue à Vistaprint pour un dollar symbolique.

Des soupçons sont rapidement apparus : plusieurs acteurs ont affirmé que NU DOT CO servait de couverture à un groupe déjà impliqué dans l’infrastructure du nommage. Afilias (devenue Altanovo) a formellement contesté le résultat, et le Département de la Justice des États‑Unis a ouvert une enquête début 2017, close environ un an plus tard sans poursuites.
Verisign entre en scène et la fin du feuilleton
Verisign a finalement annoncé l’ajout du .web aux serveurs DNS mondiaux, précisant que tous les litiges liés au gTLD avaient été résolus, sans donner de détails publics sur les accords. Le marché a salué cette issue, signe de l’enjeu financier attaché à l’exploitation d’une extension de premier plan, aux côtés du .com et du .net.
Reste la question de l’adoption par les internautes. Une extension apparue avec trois décennies de retard devra convaincre registraires, entreprises et utilisateurs d’en faire une référence. Quoi qu’il en soit, l’histoire du .web illustre combien la gouvernance des noms de domaine peut devenir un terrain de conflits stratégiques, parfois longs et imprévisibles.











