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Perché dans les alpages du Valais, le PALP Festival a transformé quelques cols suisses en scènes improbables où se mêlent rock virulent, fromage fondu et public convivial. Le volet « Rocklette » du festival prometait trois jours de concerts en altitude — une expérience immersive qui se déroule au fil d’une programmation étalée d’avril à novembre.
Un festival qui commence sur la route
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Le trajet depuis Marseille se termine par une ascension en télécabine au‑dessus du Val de Bagnes : panorama grandiose, cloches de troupeaux et coucher de soleil derrière les sommets. L’accès aux lieux de concert combine téléphérique, bus de cinquante places souvent plein et navettes‑fourgon sur des routes sinueuses — un parcours qui participe autant à l’expérience que la programmation elle‑même.

Les deux premières journées se tenaient au Col du Lein (1 700 m), un site isolé où l’accueil peut prendre la forme d’une poignée de biquettes curieuses. Les installations restent minimalistes : scènes en pleine nature, couverture téléphonique limitée et atmosphère de communion. Les concerts se succèdent l’après‑midi, de midi à 17 h, avec des jauges raisonnables — entre environ 900 et 1 300 personnes selon les jours.
Trois concerts qui ont marqué le week‑end
Parmi la riche affiche, trois formations ont particulièrement retenu l’attention.
Chat Pile (Oklahoma City) a livré un set brutal et cathartique. Entre post‑punk et heavy, le groupe impressionne par l’agressivité des riffs, la basse saturée et la voix de Raygun Bush qui mobilise la fosse. Sur scène, l’humour corrosif du chanteur et son style décousu ont autant animé le public que la musique elle‑même.
Meatdripper, venu de Birmingham, a offert un doom/stoner d’intensité maîtrisée : lignes de basse profondes, chants aux accents mystiques et un sens aigu de la montée en puissance. Les musiciennes ont confié, émues, qu’elles avaient pleuré en se réveillant sur place avant le concert — puis ont enchaîné un set massif, porté par la batteuse Lich, qui mêle force et précision. Après leur performance, elles se sont mêlées au public pour une portion de raclette.
Fat Dog (Londres) a clos le week‑end en tornado sonique. En formation élargie — trois guitares, saxophone, violon — le groupe a retrouvé l’énergie de son passage remarqué au Sziget Festival l’été 2025. Joe Love, au chant, a multiplié les incursions dans la foule et lancé des titres comme « Pray To That », « Shit Love » ou « Vigilante » qui ont fait bondir l’assemblée.
Ambiance : détente, familles et raclettes
Le public reflète la diversité d’un festival de taille moyenne : groupes d’amis, couples, familles et même chiens. L’ambiance se rapproche du pique‑nique festif plutôt que de la grande foire, avec des gestes de solidarité pendant les concerts — on relève ceux qui tombent, on s’excuse en souriant après une bousculade.

Et puis il y a la raclette, incontournable : Rock + Raclette = Rocklette. Aux stands, de vrais appareils traditionnels font fondre de demi‑meules devant les festivaliers, créant un confort partagé qui contrebalance le caractère sauvage des sites. Pour plusieurs participants, ce mélange de musique et de convivialité a été l’une des principales attractions du week‑end.
Un cadre spectaculaire pour finir au Vacheret
Le dernier jour se joue au col du Vacheret, autour de 2 000 m ; pour certains citadins, quinze minutes de montée représentent déjà une randonnée. La scène ouvre directement sur la vallée et le cirque du Fer‑à‑Cheval, avec, au loin, le Mont Dolent et la silhouette du Mont Blanc devinée derrière les nuées. L’effet est pictural : luxe, calme et volupté, écrin idéal pour les derniers concerts.
Les organisateurs prolongent la saison : d’autres rendez‑vous sont programmés dans le Val de Bagnes jusqu’en novembre, à commencer par l’Electroclette où sont annoncés des artistes comme Kittin, Anetha et Anfisa Letyago.
Ce qui a plu — et ce qui a coûté
Points forts : la découverte de groupes comme Meatdripper, l’énergie contagieuse de Fat Dog et l’intensité de Chat Pile dans un décor hors norme. Moments marquants pour l’équipe : chanter « Pray To That » à quelques centimètres du chanteur de Fat Dog, avec les montagnes en arrière‑plan.
Inconvénient notable : le coût lié aux stations suisses. Hors festival, l’offre de restauration en station reste chère — un burger‑frites peut atteindre environ 40 CHF (≈43 €) — ce qui surprend certains visiteurs après les tarifs plus contenus pratiqués sur le site du festival.
Playlist du week‑end (sélection)
- Pray To That — Fat Dog
- Homegrown — Meatdripper
- Frownland — Chat Pile
- Waiting — Shah Blah
- Sanctuary — Elder
- Never Mind — Moonpools
- Them Nights — Planet Of Zeus
- Quand Vas Tu Rentrer ? — Melody’s Echo Chamber
Nous quittons les télécabines le cœur léger, persuadés de revenir : le PALP réussit le pari d’assembler des jauges modérées, des lieux hors du commun et une programmation attentive aux sensations live — le tout assaisonné d’une bonne dose de raclette alpine.











