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Né sur YouTube et devenu un phénomène aux États-Unis, Backrooms arrive aujourd’hui dans les salles françaises après avoir surpris l’été 2026. Au-delà du succès commercial, le projet relance une question simple : que recouvrent exactement ces couloirs vides et pourquoi nous troublent-ils tant ?
Un passage rare de la viralité au grand écran
À 20 ans, Kane Parsons est passé d’auteur de vidéos virales à réalisateur à succès. Son premier épisode de Backrooms, publié en 2022 alors qu’il n’avait que 16 ans, a rapidement pris une ampleur inattendue.
Selon Parsons, les discussions pour adapter la série en film sont même intervenues très tôt : à peine un mois après la mise en ligne du premier court métrage, des conversations autour d’une version longue avaient débuté. Il affirme avoir conçu la série dès l’origine comme la première pièce d’un récit plus large, jusqu’à connaître la fin avant d’entamer le projet.
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Au cinéma, l’hyperphagie est toujours réduite à un cliché
Présenté à plusieurs studios et finalement produit par A24, le film a conservé l’essentiel de la vision du jeune créateur. En quelques mois d’exploitation, il est devenu le plus grand succès de l’histoire du studio indépendant, frôlant les 300 millions de dollars de recettes mondiales.
Qu’est‑ce que les « espaces liminaux » ?
Le concept central derrière les Backrooms relève d’un phénomène visuel qui circule largement sur Internet : les espaces liminaux. Ce sont ces lieux qui paraissent familiers — bureaux désertés, couloirs d’hôtels, centres commerciaux vides — mais qui provoquent une étrangeté et une inquiétude immédiates.
Pour Parsons, ces images réveillent des « fragments » de mémoire sans cadre : des sensations ou des détails architecturaux isolés que chacun reconnaît sans pouvoir les situer. Beaucoup proviennent de photos d’annonces immobilières ou de banques d’images anciennes, ce qui efface la trace d’un auteur et facilite l’identification collective.
Cette absence d’origine identifiable permet au spectateur de se projeter : un élément banal — la texture d’une arche, un motif de plafond — peut rappeler un lieu d’enfance et déclencher un malaise diffus.
Horreur psychologique et science‑fiction
Le matériau des Backrooms dépasse le simple récit de peur classique. Parsons présente l’univers comme une machine narrative où la menace naît souvent des projections psychologiques des personnages eux‑mêmes.
Il compare parfois l’expérience à la privation sensorielle : face à un environnement dépourvu de sens clair, les individus tentent de construire des interprétations à partir d’indices aléatoires. Cette dynamique alimente une forme d’horreur qui tend vers le cosmique — l’idée que l’espace lui‑même pousse à l’effondrement des repères mentaux.
La crainte d’une récupération par Hollywood
Lorsque les studios se sont intéressés au projet, le réalisateur, encore adolescent, a craint que son univers soit dénaturé. La peur de voir l’œuvre « avalée » par des décisions de production est fréquente chez les jeunes créateurs passés à l’industrie cinématographique.
Finalement, la collaboration avec A24 lui a permis de préserver sa ligne narrative et esthétique. Le succès commercial du film montre qu’une œuvre née sur les plateformes courtes peut, si elle conserve sa singularité, trouver un large public au cinéma.
Pourquoi cela compte pour le public
Au‑delà de son origine numérique, Backrooms touche à des préoccupations actuelles : notre rapport aux espaces, la mémoire collective et la manière dont Internet réassemble des fragments visuels pour créer des mythologies contemporaines. Le film démontre aussi qu’une création participative en ligne peut se transformer en œuvre cinématographique sans renoncer à son identité.











