Trois films à l’affiche cette semaine au cinéma : Toy Story 5, Jim Queen et Backrooms

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Cette sélection couvre les sorties marquantes en salles : du retour inattendu de la saga Toy Story à des films français indépendants, en passant par des sensations fantastiques et des documentaires. Voici les critiques condensées pour vous aider à choisir votre séance.

L’événement

TOY STORY 5 — ★★★★☆

De Andrew Stanton et McKenna Harris

Avec Andrew Stanton de retour aux manettes — son premier Toy Story et son premier film Pixar depuis Le Monde de Dory (2016) — la franchise retrouve une forme rare. Porté par une écriture qui remet en mouvement la dynamique du groupe, le film redéfinit les rapports entre personnages pour placer Jessie au centre du récit et offrir l’un des instants les plus émouvants de la série.

Après quelques tentatives récentes du studio moins convaincantes — dont des films originaux peinant à provoquer l’adhésion depuis Coco (2017) et un spin-off sur Buzz L’Éclair jugé hors-sujet — ce nouvel épisode, co-réalisé avec Kenna Harris et conçu avec un budget déclaré autour de 200 millions de dollars, surprend par sa sincérité et sa fraîcheur retrouvée.

Edouard Orozco

Première a beaucoup aimé

JIM QUEEN — ★★★★☆

De Marco N’Guyen et Nicolas Athane

Jim, idole des salles de sport parisiennes, voit sa vie basculer après avoir contracté une étrange maladie, l’« Hétérose », qui lui fait perdre son charisme et ses followers. Aux côtés de Lucien, un jeune homme encore discret sur son orientation, il part à la recherche d’un remède.

Produit par Bobbypills, le long métrage conserve la patte trash et satirique du studio tout en jonglant entre comique cru et émotion. L’écriture privilégie l’impact des gags, parfois proches de l’onirisme graphique de Bill Plympton, mais c’est la relation entre Jim et Lucien qui donne au film sa profondeur : un mélange de kitsch libérateur et de tendresse inattendue.

Gaël Golhen

L’ILLUSION DE YAKUSHIMA — ★★★★☆

De Naomi Kawase

Vicky Krieps incarne Corry, mutée du Paris urbain vers un centre médical japonais où des enfants attendent des greffes. Là, la cinéaste explore d’autres perceptions du temps et de la mort, faisant dialoguer mémoire personnelle et traditions locales, notamment la réticence à donner ses organes.

Naomi Kawase déroule un film sensoriel, entre nature luxuriante et petites scènes du quotidien, qui questionne la fragilité des liens humains. Une tempête, annoncée en filigrane, fonctionne comme un motif : est-elle menace réelle ou métaphore des bouleversements intérieurs ?

Nicolas Moreno

Première a aimé

BACKROOMS — ★★★★☆

De Kane Parsons

Adaptant sur grand écran une mythologie née sur Internet, Kane Parsons transpose l’angoisse des « backrooms » — vastes espaces de bureau vides et hors du monde — dans un film où un vendeur de meubles, interprété par Chiwetel Ejiofor, s’y perd. Sa thérapeute, incarnée par Renate Reinsve, part à sa recherche.

Le film mise tout sur une atmosphère oppressante, proche par moments de l’univers de Shining. Cette intensité visuelle et sonore domine tellement l’écran que les parcours individuels semblent parfois moins développés. Malgré quelques maladresses liées au manque d’expérience du réalisateur, le résultat reste saisissant et laisse entrevoir de possibles prolongements cinématographiques.

François Léger

THE GIACCOMO — ★★★☆☆

De Baptiste Drapeau

Mockumentaire sur un influenceur d’Amiens en route vers Dubaï, le film brouille volontairement les frontières entre réel et mise en scène. Figures publiques — Tibo InShape, Benjamin Castaldi, Christophe Berdah, Michel Cymes — y jouent leur propre rôle dans un dispositif où l’on doute constamment de la fiction.

Au centre, Xavier Lacaille campe un personnage à la fois attachant et déroutant : loin d’une imitation, il donne à l’influenceur une présence presque dostoïevskienne, drôle et tragique à la fois.

Gaël Golhen

ULYSSE — ★★★☆☆

De Laetitia Masson

Inspiré de la vie de la réalisatrice, Ulysse suit le combat d’une mère (Elodie Bouchez) pour offrir une vie la plus normale possible à son fils, atteint d’un syndrome génétique. Le jeune Alphonse Roberts livre une interprétation remarquable.

Laetitia Masson parvient à transformer un récit intime en une fable universelle, qui retrouve la sensibilité de ses premiers films sans céder à la surenchère émotionnelle.

Thierry Cheze

SHANA — ★★★☆☆

De Lila Pinell

Premier long solo de Lila Pinell, Shana met en scène une héroïne tonique interprétée par Eva Huault, confrontée aux difficultés financières et à une relation toxique. Le film, à la fois énergique et généreux, multiplie les péripéties jusqu’à enchaîner les problèmes les uns après les autres.

Cependant, la réalisatrice sait aussi ralentir pour créer des instants plus intimes, qui donnent de la profondeur à cette comédie dramatique maîtrisée.

Thierry Cheze

DEVIENS GENIAL — ★★★☆☆

De Léo Grandperret

Manu Payet incarne Mathias, un professeur d’espagnol qui, pour rester proche de sa fille après une mutation, se fait passer pour professeur d’allemand et organise un voyage scolaire en Allemagne afin d’empêcher la fermeture de sa classe.

Si le film ne possède pas la virtuosité scenaristique d’œuvres récentes aux scénarios similaires, il repose sur un trio d’acteurs — Manu Payet, Marie-Julie Baup et Melha Bedia — qui porte la comédie grâce à une alchimie réjouissante et un sens du tempo comique évident.

Thierry Cheze

Première a moyennement aimé

LA BALEINE ET LE MUSICIEN — ★★☆☆☆

De Valentin Paoli

Le musicien Rone part en mer pour vérifier si ses compositions attirent les cétacés. Le documentaire, porté par la personnalité du compositeur et la beauté de certaines images, interroge ce dialogue entre art et animaux marins.

Mais sur près de 90 minutes, le film peine à transformer cette aventure intime en récit universel. Certaines pistes passionnantes — notamment l’impact de la diffusion sonore sous l’eau sur le bien-être des cétacés — restent insuffisamment approfondies, donnant au long métrage un sentiment d’étirement.

Thierry Cheze

Et aussi

Parmi les autres sorties : Les Beaux jours de Michaël Journolleau, Nos victoires fragiles de Mustafa Ozgun et Hair, Paper, Water… de Nicolas Graux et Trương Minh Quý.

Les reprises

Reprogrammations notables : L’Aile ou la cuisse (Claude Zidi), Boogie Nights (Paul Thomas Anderson) et Le Cuirassé Potemkine (Sergei Eisenstein & Grigoriv Aleksandrov).

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