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Société

« Dans ce métier, la réelle empathie, ce n’est pas se mettre à la place des autres », entretien avec un croque-mort

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C’est dans un café que nous rencontrons Adrien Borioli. Vêtu d’un costard bleu égyptien, mallette en cuir à la main, on pourrait croire qu’il est avocat ou dans la finance. Pourtant, après une première formation de carrossier-peintre, Adrien s’est tout de suite réorienté vers une voie méconnue et victime de clichés parfois peu flatteurs, celle de croque-mort.

Pour commencer à exercer, il n’y a pas de formation spécifique, hormis apprendre sur le tas et sous l’aile d’un autre croque-mort. C’est alors par curiosité qu’Adrien débute, sur les conseils d’une connaissance. Quand il réalise la signification du métier « qui n’est pas principalement le contact et la préparation du défunt, mais en grande partie l’accompagnement des familles en deuil dans des situations à chaque fois différentes », cela devient rapidement une véritable passion. Du haut de ses vingt-huit ans, avec sept ans de métier dans les pattes, il est aujourd’hui jeune entrepreneur, à la tête de sa propre société de pompes-funèbres.

Adrien Borioli – © Slash Média

Un métier intrusif où l’attention des détails est primordiale

L’aspect organisationnel est aussi une grande part de son cahier des charges, afin de faire le lien entre les bonnes personnes et les familles, tout en rassurant ces dernières en vue des funérailles. Suivant les conditions du décès, Adrien arrive chez les gens très rapidement, sans savoir où il met les pieds, sans connaissance de l’atmosphère familiale, le domicile étant dans l’état qu’il est. Rien ne passe au hasard pour un croque-mort, mais toujours sans jugement. Faire attention à laisser la parole à tous, aussi à ceux qui ne s’expriment pas. Être beaucoup à l’écoute est une grande charge émotionnelle qu’il a su gérer au fil des années. Quand on lui demande les qualités requises pour exercer dans cette profession, Adrien hésite, mais la délicatesse, l’empathie, le sang-froid, l’écoute et la gestion du stress ressortent. Bien qu’il ne s’occupe uniquement de la préparation des funérailles, puis de la logistique lors de la cérémonie et que ce sont les officiants qui posent les questions qui dérangent pour désamorcer certains malaises familiaux, Adrien les ressent aussi : « Mon rôle est de questionner les familles pour voir s’ils ont déjà discuté avec le défunt par rapport aux funérailles, ce qui facilite déjà beaucoup le travail. Quand on écrit l’avis mortuaire par exemple, un historique familial se crée. J’ai appris à travers ce métier qu’il faut profiter de chaque instant. On a tous des familles avec des histoires, parfois il y a des rancœurs, des choses qui n’ont jamais été dites ». Il a appris que  « la réelle empathie, ce n’est pas se mettre à la place des autres. Dans ce métier, l’empathie permet de comprendre les besoins des familles en leur offrant la solution la plus adéquate ».

Être connecté en permanence

Mené sur des lieux d’accidents, c’est souvent les situations les plus compliquées pour lui, surtout quand les familles sont présentes. « On est les seuls habilités à lever et transporter une personne décédée, peu importe les conditions du décès, une chose que les gens savent rarement », explique-t-il. Effectivement, une ambulance ne transporte pas une personne déjà décédée. Adrien doit être connecté en permanence et toujours faire attention à avoir du réseau, ce qui peut vite être contraignant. Les délais étant courts, une réponse rapide est primordiale. Jamais deux journées ne se ressemblent et tout doit aller très vite. Cela l’entrave aussi dans ses déplacements ou dans la spontanéité de ses activités personnelles : « Aller boire un café pendant vingt minutes et ne pas avoir de réseau ça va, mais être une heure sans connexion c’est prendre le risque de manquer un appel pour une urgence. Pour les familles qui appellent c’est important de pouvoir les rassurer rapidement ».

La préparation du corps et la mise en bière

La préparation et la mise en bière [lorsque le croque-mort place le corps dans le cercueil, ndlr] restent très importantes, car ce sera la dernière image du défunt. « C’est pas toujours joyeux », mais Adrien garde à l’esprit l’aspect final, « ce qui est gratifiant pour une tâche qui peut être perçue comme ingrate ». Parfois, les défunts sont déjà préparés, dans les homes par exemple, et il lui reste peu de travail. Mais dans d’autres cas, les défunts ne sont pas habillés ou ne portent pas les bons vêtements. La préparation prend donc beaucoup de temps, tout comme dans des situations délicates, après un accident ou un suicide. Au début, Adrien avait de la peine à se positionner, car dans certains cas, il faut annoncer à la famille qu’elle ne peut plus voir le défunt. Bien qu’il existe la thanatopraxie – une formation supplémentaire qui permet de pratiquer une sorte de chirurgie esthétique pour les morts – il a réalisé que cette technique ne donne pas toujours un bon résultat et il préfère respecter l’image du défunt : « Je ne vois pas l’intérêt de passer des heures sur un défunt pour que la famille ne le reconnaisse plus ».

© Pixabay – Droits Réservés

Un gagne-pain comme un autre

Dans sa mallette, Adrien transporte toujours une liste de contacts d’officiants religieux et laïques. Il a aussi un portfolio avec des arrangements de fleurs et un choix de cercueils. « C’est la partie “vendeur de tapis” que je n’aime pas ». Croque-mort est un gagne-pain comme un autre et être indépendant a de bons aspects, comme des plus mauvais : « On peut avoir plusieurs décès par jours et parfois on n’a pas d’appels pendant des jours, voire des semaines », explique le jeune croque-mort. Il a dû apprendre à compenser ses mauvais mois par les bons, mais la question de la fin du mois est toujours là.

« Un enterrement c’est un peu comme un mariage, on n’a pas le droit à l’erreur », rappelle Adrien. Malgré le ton grave du métier, il nous raconte encore amusé, qu’il a craqué son pantalon de costard en pleine cérémonie à la vue de l’assemblée, juste à côté du cercueil : « On continue, comme si de rien, mais je pense que je suis devenu rouge-écarlate et que c’est un exemple d’une bonne gestion de stress ».

Adrien Borioli sera bientôt papa d’une petite fille et sait que cela ne changera pas sa vision et sa passion pour son métier, mais qu’il faudra s’organiser différemment. Il met un point d’honneur sur la sincérité des liens qui se créent à travers cette profession et sur sa manière d’aborder les situations dans les familles, aussi lors du décès d’un enfant : « Je ne vais pas m’inviter des sentiments que je ne reçois pas. Par contre, si la famille me les transmet, je ne vais pas me blinder. Je ne cache pas mes émotions à tout prix ». C’est aussi sa manière de démontrer qu’il travaille avec le cœur et pas avec son porte-monnaie : « C’est important pour moi que les familles ressentent que je n’ai pas un cœur de pierre et que leur peine me touche ».

Cet entretien nous a par ailleurs fait penser à un film japonais « Departures », qui aborde la beauté de ce métier. Primé aux Oscars en 2009, il est à (re)voir impérativement.

Société

Paléo : le lexique québécois pour «se payer la traite» au Village du Monde

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En 2008, l'Europe de l'Est fut mise en lumière grâce au Village du Monde – © Paléo / Boris Soula

Pour sa 17e édition, le Village du Monde du Paléo Festival mettra le cap sur le Québec et sa culture. Voici quelques locutions pour comprendre crissement mieux le français de la Belle Province.

«Si vous t’as la parlure québécoise, tu vas clairement t’achaler sur ces lignes-là». Comprenez : si vous parlez le français québécois, vous vous ennuierez certainement à la lecture de cet article.

Le Paléo Festival commence mardi, pour une 44e édition qui fera la part belle à la francophonie. Et pour cause, le traditionnel Village du Monde du festival, avec ses concerts, décors, et son artisanat typique, mettra le cap cette année sur le Québec et sa culture.

Lire aussi :  Douce francophonie et rap solide au Paléo

Depuis de nombreuses années déjà, les autres francophones du monde, qui prennent terre en sol québécois, pour une nuit ou pour la vie, tergiversent volontiers sur le sens du «dialecte» pratiqué par les Québécois, nos cousins «pure laine».

Alors, pour avoir une parlure impeccable auprès de votre voisin de comptoir, Slash vous propose un lexique québécois faisant appel à quelques locutions bien utiles sur la Plaine de l’Asse (ou pas).

Parlure empreinte d’hisoire

Selon Le Petit Livre du parler québécois de Claire Armange (éd. First,  2016), le vocabulaire de la Belle Province est riche de mots liés à son histoire. Le langage québécois, on s’en doute fort, doit la grande partie de ses origines à l’ancien français. Les Québécois défendent avec fierté la francophonie face à la prépondérance de la langue anglaise en Amérique du Nord.

Langue des premiers colons venus peupler la Nouvelle-France, il a subi, au fil des époques, des gouvernances et des influences des Premières Nations, un métissage avec les langues autochtones aussi bien qu’avec la langue des conquérants anglais.

Le français des Québécois, alors, se teinte de plusieurs anglicismes, de quelques termes autochtones et de beaucoup d’expressions issues d’une culture agréablement imagée et parfois complètement fantaisiste. On y retrouve, notamment :

des régionalismes français bavasser (bavarder, dire des médisances), astheure (maintenant), la broue (la mousse), prendre son respir (retenir son souffle), maganer (abîmer, maltraiter) ou encore souventes fois (souvent) ;

des emprunts faits à la langue amérindienne : un achigan (un poisson), un atoca (une canneberge), la babiche (une lanière de cuir) ;

des québécismes, des mots ou expressions propres au français du Québec : bûcher (abattre un arbre, couper du bois), il mouille (il pleut), la poudrerie (une fine neige tourbillonnante), une secousse (un certain temps), le solage d’une maison (les fondations) ou une tuque (un bonnet de laine).

Lexique

Achaler (v.) – ennuyer, importuner

Ce verbe provient probablement du verbe chaloir qui signifiait approximativement importuner de façon excessive dans un vieux dialecte normand.


Bardasser (v.) – action de chahuter, de bousculer quelqu’un ou quelque chose / action de faire du tapage

Verbe à l’origine incertaine. Emprunté soit du verbe poitevin «bordanser» (balancer, secouer), soit de l’onomatopée par laquelle on désigne le bruit que faisaient les soldats en emmenant leur «barda».


Bécosse (n.f.) – toilettes

Mot probablement né d’une déformation de la locution anglaise «back house», qui se traduit par «maison à l’arrière». Cette dénomination désignait autrefois les latrines extérieures.


Bourré, être (exp.) – avoir trop mangé

Expression francophone qui peut signifier également «soul» ou «riche».


Calice (inter.) – sacre manifestant la colère ou l’indignation

Le calice, du grec kulix, est un vase sacré de la liturgie chrétienne, présentant la forme d’une coupe évasée portée sur un pied élevé.


Char (n.m.) – voiture, bagnole

Ce mot, dérivé du latin carrus, a longtemps été perçu comme un anglicisme, à tort, au Québec, étant donné sa similarité avec le mot «car». Néanmoins, le Cambridge Dictionary le réfère comme un mot d’origines françaises et latines.


Catin (n.f.) – petite fille

Outre son sens français de prostituée, le terme «catin» au Québec, retrouve son sens de pureté. En effet, le mot «catin» vient du prénom Catherine, qui lui vient du mot grec katharos, qui signifie «la pureté». En France, on lui attribuait, autrefois, le sens de jeune fille de campagne, ce qui expliquerait le sens québécois.


Frencher (v.)  rouler une pelle

Ce verbe provient du verbe anglais «to french kiss» (embrasser).


Fou comme un balai, être (exp.) – personne qui a perdu la raison, dont le comportement semble insensé

Cette locution tire son origine du 19e siècle. La confection de ces outils ménagers se faisait à la main par des ouvrières, et le talent de ces dernières était un atout important. Lorsque le cordage n’était pas bien fait, la direction que prenait le balai était imprévisible. Le balai n’en faisait qu’à sa tête, tel un fou.


Gosse (n.f.) – synonyme familier de «testicule»

Ce mot est apparenté à «gousse», qui signifie une enveloppe des graines des légumineuses. Utilisé comme verbe, comme dans «tu me gosses», il s’apparente à «tu m’énerves».


Hambourgeois (n.m.) – hamburger

Mot québécois utilisé pour franciser le terme anglais «hamburger».

Itinérant.e (n.m.f.) – sans-abri

Les termes «itinérant» et «itinérante» font maintenant partie du vocabulaire de la sociologie au Québec. Dans le registre courant du français dit «de France» (en opposition au français québécois), l’on parle de «sans-abri», définissant ainsi ce groupe social en rapport à un bien matériel qu’il ne possèdent pas. Tandis que, de l’autre côté de l’Atlantique, cette catégorie de personnes est définie par son activité : le fait d’errer.


Joual (n.m.) – façon de parler dérivée du français de France

Le mot provient de «cheval», prononcé [jwal], comme en français du 17e siècle, utilisé en France jusque dans les années 1960. Aujourd’hui, il définit la façon de dénigrer le parler québécois («parler joual»).


Line-up (n.m.) – file d’attente, queue

Terminologie directement traduite de l’anglais. «Faire un line-up», c’est donc patienter dans la file d’attente.


Liqueur (n.f.) – boisson gazeuse

On ne s’étonnera donc pas qu’une mère propose à ses jeunes enfants d’aller «boire une liqueur», en attendant le concert de Robert Charlebois.


Se payer la traite (exp.) – se payer du bon temps

La traite était un moyen de définir une dette commerciale durant le Moyen-Âge. Il s’agissait d’un document qui fixait les modalités de remboursement (une sorte de crédit). Ainsi, l’expression trouve son origine dans ce premier sens : s’offrir quelque chose sans payer immédiatement, sous-entendu dépenser sans compter.


Pissou, être (exp.) – personne peureuse, lâche, qui recule devant le moindre obstacle

Cette expression, utilisée jadis en France, provient du latin pissiare qui veut dire «uriner». Pissou voudrait dire «enfant qui pisse au lit».


Robine (n.f.) – alcool fort et de mauvaise qualité

Mot calque de l’anglais «rubbing (alcohol)» (littéralement de l’alcool à friction).


Tabarnak / tabernacle (inter.) – juron exprimant le mécontentement, la colère

Déformation du mot français «tabernacle», qui, dans une église catholique, est une armoire contenant le ciboire et ses hosties. Dans la religion hébraïque, il s’agit d’une tente dressée, qui abritait l’arche d’alliance et les objets sacrés.


Tiguidou, c’est (exp.) – génial, super, trop bien

Ce terme est une pure création québécoise, à l’origine floue. La théorie la plus plausible est celle d’une variante de l’expression écossaise «tickety-boo», qui signifie «aller lentement, mais sûrement».


Tomber en amour (exp.) – tomber amoureux

Cette expression est la traduction littérale de la version anglophone «to fall in love».


Il n’y a pas de quoi se pitcher sur les murs (exp.) – se dit d’une chose qui n’a rien d’exceptionnel

«Ce concert des Twenty Øne Piløts était sympa, mais il n’y a pas de quoi se pitcher sur les murs».


Le 44e Paléo Festival se déroule du 23 au 28 juillet 2019, à Nyon. Infos, bourse au billets et programme complet sur www.paleo.ch. 

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Actu

Ceci pourrait être l’article d’une femme*

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Le 14 juin 1991 a eu lieu la première "Grève des femmes*" – Image : Keystone

Aujourd’hui, partout en Suisse a lieu la «Grève des femmes*». Sensible à la cause, Slash Média se fait porte-voix du manifeste rédigé en décembre 2018 par les Collectifs romands pour la grève féministe et des femmes.

Un peu partout dans le monde, nous assistons à un renouveau des mouvements féministes : #metoo a contribué à diffuser et libérer la parole des femmes* et, grâce aux réseaux sociaux, a eu un écho planétaire.

En Suisse aussi, le sexisme, les inégalités et les violences à l’encontre des femmes* persistent, malgré un discours politiquement correct sur l’égalité et bien que l’égalité soit inscrite dans la Constitution fédérale depuis 1981.

«Les femmes bras croisés, le pays perd pied !»

Au pays de la prétendue paix du travail, les femmes ont déjà fait une grève qui a mobilisé 500’000 personnes ! C’était le 14 juin 1991, dix ans après l’entrée en vigueur de l’article constitutionnel sur l’égalité. Ce jour-là, les femmes ont croisé les bras : la grève a eu lieu non seulement sur les lieux de travail, mais aussi dans les foyers, où elles ont arrêté de faire le ménage, ont suspendu leurs balais aux fenêtres, n’ont pas cuisiné ni pris en charge les enfants.

La grève des femmes de 1991 avait surpris tout le monde. Un immense élan vers l’égalité avait secoué le pays : nous avons depuis lors obtenu des résultats concrets comme une Loi fédérale sur l’égalité entre femmes et hommes, un congé maternité, le splitting et le bonus éducatif dans l’AVS, la solution dite des délais en matière d’avortement, des mesures de lutte contre les violences domestiques.

Aujourd’hui, nous avons besoin d’un nouvel élan ! Le 22 septembre 2018, 20’000 femmes* et hommes solidaires ont manifesté à Berne pour l’égalité et contre les discriminations. Le début d’une mobilisation que nous voulons poursuivre jusqu’à la grève féministe et des femmes* le 14 juin 2019 !

L’égalité stagne : les femmes* se mobilisent !

Nous sommes toutes exposées au sexisme, aux discriminations, aux stéréotypes et aux violences, sur le lieu de travail, à la maison ou dans la rue. Mais nous savons que des oppressions spécifiques basées sur l’appartenance de race, de classe ou sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre se combinent, si bien que certaines d’entre nous peuvent subir des discriminations multiples. Faire vivre la solidarité entre les femmes* du monde entier, c’est un des objectifs de notre grève.

Fortes de nos diversités, nous refusons toute instrumentalisation de nos luttes, notamment à des fins racistes. Nous revendiquons le droit de vivre libres dans une société qui garantit des droits égaux pour toutes*.

Durant ces vingt dernières années, nous avons assisté à la montée des politiques néolibérales: les services publics ont été remis en cause, les prestations ont été réduites, des secteurs comme la santé ont été soumis à la logique marchande, les conditions de travail et de retraite ont été péjorées. L’économie capitaliste veut maximiser les profits au détriment de l’être humain et de l’équilibre écologique. Les femmes* sont les premières à en souffrir en tant que travailleuses précaires, migrantes ou encore mères, souvent seules responsables du foyer et des enfants.

Comme le disent les Islandaises: «Ne changeons pas les femmes, changeons la société !». Car l’égalité ne peut se réaliser dans un monde où seul compte l’argent, mais nécessite de construire une société où ce qui compte est le respect et le bien-être de chaque être humain.

Un mois avant la journée de la “Grève des femmes*”, des actions ont eu lieu dans toute la Suisse. Ici, à Genève – DR

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Le 14 juin 2019, nous nous mettrons en grève sur nos lieux de travail, dans nos foyers et nous occuperons l’espace public

Parce que nous en avons assez des inégalités salariales et des discriminations dans le monde du travail. Parce que nous voulons des rentes qui nous permettent de vivre dignement. Parce que nous voulons que le travail domestique, éducatif et de soins soit reconnu et partagé, de même que la charge mentale. Parce que nous nous épuisons à travailler, nous voulons réduire le temps de travail. Parce que le travail éducatif et de soins doit être une préoccupation collective. Parce que nous revendiquons la liberté de nos choix en matière de sexualité et d’identité de genre. Parce que notre corps nous appartient, nous exigeons d’être respectées et libres de nos choix. Parce que nous refusons la violence sexiste, homophobe et transphobe, nous restons debout ! Parce que nous voulons que la honte change de camp.

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Parce que lorsque nous venons d’ailleurs, nous vivons de multiples discriminations. Parce que le droit d’asile est un droit fondamental, nous demandons le droit de rester, lorsque nos vies sont en danger. Parce que l’école est le reflet de la société patriarcale, elle renforce les divisions et les hiérarchies fondées sur le sexe. Parce que nous voulons des cours d’éducation sexuelle qui parlent de notre corps, du plaisir et de la diversité sexuelle. Parce que les espaces relationnels doivent devenir des lieux d’échange et de respect réciproque. Parce que nous vivons dans une société qui véhicule des représentations stéréotypées de «la femme».

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Parce que nous, actrices culturelles, sommes trop souvent peu considérées et reconnues. Parce que les institutions ont été conçues sur un modèle patriarcal et de classe dans lequel nous n’apparaissons qu’en incise. Parce que nous sommes solidaires avec les femmes du monde entier. Parce que nous voulons vivre dans une société solidaire sans racisme, sans sexisme, sans homophobie et sans transphobie.

Pour toutes ces raisons et d’autres encore, nous ferons grève le 14 juin 2019 !


La «Grève des femmes*» a lieu le 14 juin 2019 dans toute la Suisse www.frauenstreik2019.ch.

Femme* : toute personne qui n’est pas un homme cisgenre (soit un homme qui se reconnaît dans le genre qui lui a été assigné à la naissance).

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