Montrer le sommaire Cacher le sommaire
Meta a accepté de régler une vaste action collective liée à l’addiction des mineurs sur ses services, en versant une somme massive et en s’engageant à modifier profondément Facebook et Instagram. Le compromis met fin à un procès entamé il y a moins de deux semaines et fixe de nouvelles obligations pour la protection des jeunes utilisateurs.
Un accord financier important — mais en deçà des demandes initiales
Selon les termes rendus publics, Meta versera immédiatement environ 12,1 milliards de dollars pour clore les poursuites intentées par les États américains. Ce montant pourrait augmenter jusqu’à 17,1 milliards de dollars si d’autres plateformes comme TikTok, YouTube et Snapchat se voient imposer des mesures équivalentes.
Meta conclut un accord sur l’addiction des adolescents afin d’éviter un jugement historique
Thylacine double sa présence à l’Olympia pour boucler sa tournée 2027

Le règlement se situe loin des sommes maximales évoquées en début de procédure, estimées à 1,4 billion de dollars par les procureurs généraux. À titre de comparaison, Meta a déclaré près de 201 milliards de dollars de revenus l’an dernier, pour un bénéfice net d’environ 60 milliards.
Le groupe prévoit en parallèle d’investir entre 130 et 145 milliards de dollars cette année, majoritairement dans son infrastructure dédiée à l’intelligence artificielle. Les autorités et les avocats des parties présentent l’accord comme une solution qui limite l’incertitude juridique sans menacer la viabilité financière de l’entreprise.
Des obligations concrètes pour limiter l’exposition des mineurs
Le volet le plus novateur du compromis porte sur des changements imposés à l’expérience des utilisateurs mineurs. Meta doit renforcer la vérification de l’âge et appliquer par défaut une limite quotidienne d’utilisation de deux heures sur ses applications pour les adolescents.

Les nouvelles règles prévoient également des blocages automatiques de l’accès la nuit, la désactivation des notifications push pendant les heures scolaires et l’élimination de certains filtres faciaux associés à des retouches esthétiques. Des outils de contrôle parental seront étendus pour faciliter la gestion des comptes enfants.
Rob Bonta, procureur général de Californie, a indiqué que ces modifications devaient être déployées dans les mois à venir, estimant qu’elles réduiraient significativement les risques de préjudice pour les jeunes.
Origine de l’action et positions des parties
La procédure a été engagée initialement par 29 États, avant de recevoir le soutien d’une coalition regroupant au total 51 procureurs généraux. Les plaignants accusaient Meta d’avoir conçu des fonctionnalités destinées à accrocher les adolescents, d’avoir minimisé les risques et d’avoir collecté illégalement des données d’enfants de moins de 13 ans.
Devant le tribunal, Adam Mosseri, à la tête d’Instagram, avait nié avoir retardé la mise en place d’un outil baptisé « Take a Break ». Malgré ces dénégations, la pression judiciaire a mené à des négociations. C.J. Mahoney, directeur juridique de Meta, a pour sa part présenté l’accord comme un cadre qui offrira aux parents davantage de moyens pour contrôler l’accès de leurs enfants.
Un précédent qui pourrait redessiner les règles du secteur
Meta appelle désormais ses concurrents à adopter rapidement ce même dispositif protecteur, une stratégie destinée à éviter un désavantage concurrentiel. Les autorités ont averti que le non-respect pourrait entraîner des actions similaires contre d’autres plateformes ou faire évoluer à la hausse le montant du règlement collectif.
L’absence notable de Snapchat dans certaines discussions soulève des questions stratégiques, mais la décision crée déjà un précédent juridique susceptible de redéfinir les responsabilités des acteurs numériques envers les publics vulnérables.
Investisseurs et responsables politiques suivront de près l’application effective des engagements pris, l’accord marquant en tout cas un tournant vers un encadrement plus contraignant que l’autorégulation jusqu’ici privilégiée par l’industrie.











