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Sony et Warner Music ont engagé une action en justice contre Anthropic devant un tribunal fédéral californien, accusant la start‑up d’avoir utilisé massivement des œuvres protégées pour entraîner ses modèles de langage. La plainte demande des réparations financières importantes et ravive le débat sur la collecte de données et le respect du droit d’auteur dans l’intelligence artificielle.
Une attaque structurée sur deux fronts
Les majors ont bâti leur dossier en combinant des éléments nouveaux et des pièces issues d’un précédent litige. Elles invoquent notamment des documents révélés lors de l’affaire Bartz, dans laquelle Anthropic avait, selon les dossiers judiciaires, accepté de régler un conflit à hauteur d’un milliard et demi de dollars l’année dernière.

Ces documents indiqueraient que l’entreprise avait recours à des réseaux pirates pour récupérer des ouvrages. Les plaignants s’appuient sur ces révélations pour soutenir l’existence d’un schéma de pratiques récurrentes lors de l’acquisition de données.
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Des paroles de chansons copiées, selon les plaignants
Au cœur de la plainte se trouve l’allégation selon laquelle des ingénieurs auraient aspiré des bases de données musicales officielles, puis intégré ces contenus au modèle. Les sociétés affirment que des plateformes telles que MusixMatch ou LyricFind ont été ciblées.

Les avocats avancent que le chatbot d’Anthropic peut restituer des paroles à l’identique — parfois, selon eux, mot pour mot. Ils citent des exemples, dont des titres très connus comme « Eye of the Tiger », pour illustrer ce qu’ils considèrent comme une reproduction fidèle causant un préjudice financier aux titulaires de droits.
Pour les plaignants, la reproduction non autorisée prive les créateurs et éditeurs de revenus et menace la rémunération des auteurs. Les questions liées aux pratiques d’acquisition et à la gestion des corpus d’entraînement occupent désormais le centre du débat.
Une facture potentiellement lourde et des précédents instructifs
Les demandeurs réclament jusqu’à 150 000 dollars par infraction constatée, un montant qui pourrait faire grimper considérablement l’addition si les tribunaux valident leur analyse.
Les avocats rapprochent ce dossier d’actions antérieures, notamment la procédure du New York Times contre OpenAI, qui avait mis en lumière des cas où des modèles semblaient reproduire des contenus protégés, y compris des articles sous paywall. Une décision favorable aux éditeurs de musique pourrait obliger les développeurs à revoir profondément leurs méthodes d’entraînement et anticipation de régulations plus strictes.
Une mobilisation large de l’industrie
La plainte de Sony et Warner s’inscrit dans une offensive plus vaste. Universal Music Group, Concord et ABKCO ont entamé des actions similaires en 2023, BMG a suivi au printemps, et le label indépendant Round Hill Music a aussi rejoint la fronde récemment.
Les acteurs du secteur estiment que le mouvement actuel présente une ampleur inédite. Plusieurs médias ont tenté d’obtenir la réaction d’Anthropic — Gizmodo a indiqué avoir contacté la société — mais, selon ces comptes rendus, l’entreprise est restée silencieuse pour l’instant.
La suite de la procédure et les éventuelles négociations futures seront scrutées de près : elles détermineront non seulement les recettes financières en jeu, mais aussi le contour du paysage juridique qui encadrera l’entraînement des intelligences artificielles à l’avenir.












