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La sélection de sorties de la semaine propose un éventail de disques pour traverser la saison — du jazz engagé aux textures techno en passant par la pop rêveuse. Voici neuf nouveautés à écouter selon vos humeurs, avec en filigrane des thèmes qui vont de l’héritage culturel à la fatigue du quotidien.
Ezra Collective — Here Because of Hope
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Le quatrième album d’Ezra Collective s’inscrit dans un dialogue avec l’histoire musicale britannique, depuis les apports africains et caribéens jusqu’aux scènes contemporaines londoniennes. Cette démarche se retrouve aussi dans l’exposition du Victoria and Albert Museum de Londres, The Music Is Black: A British Story, qui explore comment colonialisme et migrations ont modelé la musique moderne au Royaume-Uni.

Le groupe revendique un message optimiste : l’espoir transmis de génération en génération expliquerait en partie la joie qui irradie certaines musiques nées dans l’adversité. Musicalement, l’album prolonge les lignes déjà tracées par Ezra Collective tout en réaffirmant leur goût pour le dancefloor et les grooves partagés.
Il Est Vilaine — Best Service
Le duo parisien bouscule les frontières linguistiques sur Best Service : on y décèle des paroles en anglais, espagnol, polonais, ukrainien et français, comme autant de clins d’œil à une pop internationale et nomade. Cinq ans après leur premier disque, ils multiplient les styles — rock, synth-pop, psychédélisme — sans laisser l’électronique à l’écart.
Des morceaux comme « Tiki Dam Dam » et « Tabacco and Patchouli » mêlent rythmes aguerris et interludes respirants, montrant leur capacité à marier influences exotiques et production soignée pour un résultat à la fois éclectique et cohérent.
Baozi — Liminal Echo
À 24 ans, la Française connue sous le nom de baozi signe un deuxième album qui accompagne les journées de transition entre adolescence et vie adulte. Liminal Echo est pensé comme la bande-son d’une promenade matinale : synthés modulés, guitares envoutantes et basses rondes composent sept titres à la fois nostalgiques et dansants.

UFO95 — Feed Manipulation (TSSRCT04)
Le producteur et DJ résident du Tresor poursuit son exploration d’une techno épurée avec cet EP publié sur son label, TSSRCT. Sur quatre pistes, UFO95 privilégie la densité des textures plutôt que l’ornement, construisant une techno sombre et hypnotique.
Les percussions, souvent filtrées et lointaines, structurent les morceaux tandis que de petits détails sonores s’imbriquent pour créer une sensation tactile : l’ensemble donne une impression de matière granuleuse, à la fois lourde et volatile.
Delian League — Crush
Pour sa première sortie sur le label Causal Chain, Delian League (alias Matt Sklivas) propose un micro-EP où convergent UK bass, dub, grime et techno. Les cinq titres de Crush jouent sur des rythmiques syncopées et des boucles hypnotiques qui font évoluer constamment l’écoute.
Ces morceaux semblent chercher le contraste entre retenue et éclat : ils prennent le temps de s’étirer, de se retirer, puis reviennent avec intensité, comme un set conçu pour surprendre un club attentif.
Blue Boys Club — RELAX
Conçu comme un petit concept, RELAX raconte la dérive d’un employé de bureau et offre une satire sonore du monde corporate. Le trio met en scène ce personnage à coups de basses rugueuses et d’ambiances parfois étouffantes, avant d’offrir une pause méditative salvatrice.
Le disque jongle entre ironie et soulagement : quand la tension retombe, des passages plus calmes proposent une respiration bienvenue, rappelant que la routine du 9 to 5 n’est pas une fatalité.
Laroie — Mirrors
Le deuxième EP de Laroie mise sur un RnB downtempo chaleureux et introspectif. Mirrors se comporte comme un journal intime mis en musique, explorant doutes, ruptures et reconstruction personnelle.
Les lignes de basse lentes et l’atmosphère enveloppante invitent à l’écoute attentive : quand un titre comme « More Than Friends » s’achève, on a envie de relancer l’EP tant le rendu est enveloppant et immédiatement réécoutable.
Tokyo Tea Room — Feel Forever
Le groupe anglais signe avec Feel Forever une pop rêveuse aux allures de road‑movie au coucher du soleil. Entre dream pop et grooves latents, la production privilégie des textures aériennes et une basse qui donne une douceur funk au propos.
Tove Lo — ESTRUS
Trois ans après son dernier album, Tove Lo revient avec un disque où l’électro‑pop tient la barre. L’ouverture du disque comporte de courts intermèdes, puis plusieurs titres plus structurés reprennent le flambeau avec des productions oscillantes et nocturnes.
Certaines collaborations et morceaux injectent des saves urbaines et dansantes au répertoire ; l’ensemble se lit comme une proposition faite pour les soirées en ville, à la fois audacieuse et perfectible selon les morceaux.











