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Masayoshi Son, le fondateur et PDG de SoftBank, a publiquement mis en doute l’intérêt des projets de centres de données en orbite défendus par Elon Musk, estimant qu’ils ne réduiraient pas suffisamment les coûts et prendraient trop de temps. Sa critique, formulée lors d’une assemblée d’actionnaires, a relancé un débat animé sur le futur des infrastructures pour l’IA lors du podcast Equity de TechCrunch.
Pourquoi Son doute de la faisabilité
Selon Son, déplacer des capacités informatiques dans l’espace ne répondrait pas aux besoins immédiats de l’IA, qui, d’après lui, se jouera au cours des prochaines années plutôt que dans une décennie. Il juge que le calendrier et les économies promis par les projets orbitaux sont trop optimistes pour être utiles à court terme.
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Contrairement aux craintes, les données prouvent que l’IA n’a pas supprimé les emplois d’ingénieurs
Une contradiction qui interroge
Plusieurs intervenants ont relevé l’ironie de la position de Son. Kirsten Korosec a rappelé que SoftBank s’est rendu célèbre par des paris audacieux et risqués — WeWork en particulier —, ce qui rend singulière la prudence actuelle du groupe face à une proposition ambitieuse.
Un avantage commercial pour SpaceX ?
D’autres voix du podcast ont offert une lecture différente. Sean O’Kane a suggéré que l’intérêt pour des satellites-formant-des-serveurs pourrait avant tout booster l’activité de lancement de SpaceX.
O’Kane a souligné que ces constellations imposeraient des remplacements réguliers des satellites, ce qui génèrerait un flux constant de commandes pour les lancements. Il a aussi avancé que, sans Starlink, SpaceX pourrait représenter seulement 20 à 40 % du marché des lancements, contre près de 90 % aujourd’hui, selon son analyse.
Le développement des « neo-clouds »
La conversation a évoqué l’émergence de fournisseurs de capacité de calcul, qualifiés de neo-clouds, qui cherchent à capter la demande liée à l’IA. Des acteurs comme Groq figurent parmi ces nouveaux entrants, tout comme des entreprises inattendues, y compris l’ancienne marque de chaussures Allbirds, reconvertie après sa faillite.
Dans ce contexte, SpaceX a commencé à proposer sa capacité de calcul excédentaire à des clients externes et a signé son premier accord public depuis son introduction en bourse, signe que la frontière entre lancement spatial et services cloud devient plus floue.
Des positions guidées par des intérêts
Anthony Ha a rappelé une réalité simple mais souvent négligée : chaque dirigeant défend une option qui sert aussi ses propres intérêts commerciaux. Musk pousse un modèle qui renforcerait SpaceX ; SoftBank, très engagé dans les infrastructures au sol, a intérêt à relativiser l’alternative orbitale.
Parmi les autres acteurs mentionnés, Sam Altman figure comme un sceptique notable, avec une relation de longue date et parfois tendue avec Musk. Cette proximité d’intérêts et d’antécédents personnels tempère la prétention de neutralité des positions exprimées dans le débat.
Ce que cela change pour l’écosystème
Le différend ne se limite pas à une querelle d’égos. Il porte sur l’orientation des investissements pour l’IA et sur la manière dont se structurera l’infrastructure mondiale des données. Si les partisans des centres orbitaux ont raison, l’industrie spatiale changera de dimension ; si Son a raison, les priorités resteront terrestres et à court terme.












