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La montée en puissance des services d’intelligence artificielle pourrait buter sur un obstacle concret : l’électricité. Un rapport de Gartner alerte que la disponibilité énergétique deviendra le principal frein à l’essor des centres de données dédiés à l’IA.
Une demande électrique qui explose
Gartner chiffre l’ampleur du phénomène. La consommation électrique des serveurs dédiés à l’IA devrait croître de 26 % en 2026 — un rythme évalué à 13 points de pourcentage au‑dessus des prévisions antérieures qui plafonnaient autour de 500 TWh.
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Aujourd’hui, la capacité installée des data centers est estimée à 132 GW. Selon le cabinet, elle pourrait atteindre 290 GW d’ici 2030. De même, la consommation annuelle passerait d’environ 565 TWh à plus de 1 200 TWh dans les prochaines années, un scénario que les analystes jugent plausible.
Ces volumes changent la donne : les data centers IA pèsent déjà pour 31 % de la consommation électrique du secteur et devraient, d’après les projections, dépasser bientôt les serveurs conventionnels. Le rythme de cette progression est sans précédent pour les infrastructures numériques.
Puces performantes, mais l’énergie comme vrai enjeu stratégique
Pour les spécialistes, la course aux meilleures puces ne suffit plus. Linglan Wang, directrice analyste chez Gartner, considère la sécurité énergétique des centres de données comme le nouvel angle décisif pour conserver des marges et accéder à la puissance de calcul nécessaire.
Le patron de Nvidia, Jensen Huang, a lui aussi fait évoluer son discours : l’efficacité des processeurs est désormais présentée en termes de tokens par watt, un critère mis en avant pour se démarquer dans un marché où l’alimentation devient un facteur limitant.
Des réseaux à réformer — et une facture lourde
La contrainte ne se limite pas aux salles serveurs. D’après Goldman Sachs, l’adaptation des réseaux de distribution pourrait nécessiter jusqu’à 720 milliards de dollars d’investissements d’ici la fin de la décennie pour absorber la charge supplémentaire liée aux infrastructures IA.
Or moderniser ou étendre un réseau électrique prend généralement bien plus de temps que construire un data center. Ce décalage temporel entre la demande en capacité de calcul et la capacité à l’alimenter est identifié comme un risque concret : sans solutions systémiques, la croissance du secteur pourrait connaître un plafonnement marqué avant 2030.











