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Société

L’élève, les études et le stress : le nouveau ménage à trois

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Motivation, énergie et santé mentale forment le trio de choc pour réussir ses études. Malheureusement, le stress et l’angoisse viennent de plus en plus souvent et de plus en plus tôt ternir le tableau.

Un mal très répandu

De simple boule au ventre à la crise de nerfs, en passant par l’angoisse permanente, le stress chez les étudiants fait souvent partie du quotidien. En effet, 69,9 % des étudiants affirment être stressés et près de la moitié d’entre eux sont tristes, voire déprimés. Et ce de plus en plus tôt. En Suisse, le burnout se manifeste, chez les quatorze-dix-huit ans, entre un élève et un élève et demi, sur dix. Chiffre en constante évolution.

Réussir ses études pour réussir sa vie, un mantra de notre société qui mène à une pression permanente qui malmène les étudiants, dès les études secondaires. Briller, partout, tout le temps. Réussir à tout prix, quitte à sacrifier vie sociale, loisirs ou sommeil. Les bras de Morphée sont de plus en plus désertés, puisqu’un peu moins de la moitié des étudiants souffrent d’insomnies régulières. Or, outre la fatigue et une difficulté de concentration, le manque de sommeil peut engendrer des conséquences beaucoup plus lourdes : plus de vulnérabilité par rapport aux accidents, détresse psychologique et émotionnelle, prise ou perte de poids importante ou encore difficultés à sociabiliser. En Suisse, 14.2 % des élèves du cycle secondaire sont « moyennement épuisés » et 11.9 % d’entre eux le sont « fortement », selon une étude menée par Nicolas Meylan, chargé d’enseignement à la HEP du canton de Vaud et psychologue assistant au Service Universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent (CHUV). L’étudiant devrait donc choisir entre ses études et son sommeil voire sa santé mentale ?

Le culte de la performance et de la réussite provient, malheureusement (aussi), des parents. Certes, ils connaissent les difficultés qui secouent le monde du travail et s’inquiètent pour leurs enfants, qui n’ont pas (encore) le même sens des réalités. Mais pour beaucoup, le désir de voir leurs petites têtes blondes accomplir l’exceptionnel, la perfection, devenir un être brillant, met en place un schéma d’exigence extrêmement, trop, élevée. Difficile donc de ne pas franchir la fine limite entre un soutien bienveillant et une pression nocive, et ce à n’importe quel stade de la scolarité de l’enfant.

Des conséquences néfastes

Grandir dans un environnement qui promeut l’individualisme et la réussite à tout prix est clairement dangereux pour un enfant, qui peut facilement se renfermer, avoir des difficultés d’apprentissage, une perte de confiance en soi ou encore une augmentation de l’agressivité et de la colère, entre autres. Situations auxquelles un enfant ne devrait pas se trouver et qui peuvent provoquer des traumatismes importants.

Chez les jeunes adultes, pour échapper à la peur de l’échec, la pression constante et la crainte du chômage chez les plus âgés, les étudiants boivent et fument plus. 21,9 % ont eu une consommation importante ou excessive de tabac et 11,8 % pour l’alcool. La « bière du vendredi soir » ou la « clope de 10 heures » deviennent des bouffées d’air frais où la pression scolaire disparait pour quelques minutes, au péril certes, de la santé.

Des solutions, et vite

Trouver du temps pour soi n’est pas chose simple. Il faut cependant s’aménager des moments de détente dans lesquels les études n’interviennent pas et essayer de préserver des activités extrascolaires et un cercle social. Écouter de la musique, lire, sortir, faire du sport, voir des amis ou une exposition permet de s’évader et de s’aérer l’esprit, le temps de quelques heures. En complément, la médecine naturelle et de simples respirations peuvent aider dans les situations de stress. Parallèlement, une bonne gestion du temps et une bonne organisation permettent une meilleure efficacité. Il faut donc trouver le délicat équilibre entre études, sommeil et vie sociale. Un équilibre difficile à trouver dans une société de plus en plus exigeante.

Mais la question essentielle qui se pose est de savoir pourquoi cette pression scolaire s’est autant banalisée, normalisée ? Pourquoi s’est-elle intégrée à la vie des étudiants, qui ne sont finalement que le reflet de notre société ? Il faudrait peut-être commencer à réfléchir à un autre système scolaire, ou du moins à comment l’adapter et comment valoriser l’élève, au lieu de réfléchir à comment le soigner, lorsqu’il est déjà souffrant. Ici s’applique un célèbre adage : « Il vaut mieux prévenir que guérir ». ABE.

Actu

Ceci pourrait être l’article d’une femme*

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Le 14 juin 1991 a eu lieu la première "Grève des femmes*" – Image : Keystone

Aujourd’hui, partout en Suisse a lieu la «Grève des femmes*». Sensible à la cause, Slash Média se fait porte-voix du manifeste rédigé en décembre 2018 par les Collectifs romands pour la grève féministe et des femmes.

Un peu partout dans le monde, nous assistons à un renouveau des mouvements féministes : #metoo a contribué à diffuser et libérer la parole des femmes* et, grâce aux réseaux sociaux, a eu un écho planétaire.

En Suisse aussi, le sexisme, les inégalités et les violences à l’encontre des femmes* persistent, malgré un discours politiquement correct sur l’égalité et bien que l’égalité soit inscrite dans la Constitution fédérale depuis 1981.

«Les femmes bras croisés, le pays perd pied !»

Au pays de la prétendue paix du travail, les femmes ont déjà fait une grève qui a mobilisé 500’000 personnes ! C’était le 14 juin 1991, dix ans après l’entrée en vigueur de l’article constitutionnel sur l’égalité. Ce jour-là, les femmes ont croisé les bras : la grève a eu lieu non seulement sur les lieux de travail, mais aussi dans les foyers, où elles ont arrêté de faire le ménage, ont suspendu leurs balais aux fenêtres, n’ont pas cuisiné ni pris en charge les enfants.

La grève des femmes de 1991 avait surpris tout le monde. Un immense élan vers l’égalité avait secoué le pays : nous avons depuis lors obtenu des résultats concrets comme une Loi fédérale sur l’égalité entre femmes et hommes, un congé maternité, le splitting et le bonus éducatif dans l’AVS, la solution dite des délais en matière d’avortement, des mesures de lutte contre les violences domestiques.

Aujourd’hui, nous avons besoin d’un nouvel élan ! Le 22 septembre 2018, 20’000 femmes* et hommes solidaires ont manifesté à Berne pour l’égalité et contre les discriminations. Le début d’une mobilisation que nous voulons poursuivre jusqu’à la grève féministe et des femmes* le 14 juin 2019 !

L’égalité stagne : les femmes* se mobilisent !

Nous sommes toutes exposées au sexisme, aux discriminations, aux stéréotypes et aux violences, sur le lieu de travail, à la maison ou dans la rue. Mais nous savons que des oppressions spécifiques basées sur l’appartenance de race, de classe ou sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre se combinent, si bien que certaines d’entre nous peuvent subir des discriminations multiples. Faire vivre la solidarité entre les femmes* du monde entier, c’est un des objectifs de notre grève.

Fortes de nos diversités, nous refusons toute instrumentalisation de nos luttes, notamment à des fins racistes. Nous revendiquons le droit de vivre libres dans une société qui garantit des droits égaux pour toutes*.

Durant ces vingt dernières années, nous avons assisté à la montée des politiques néolibérales: les services publics ont été remis en cause, les prestations ont été réduites, des secteurs comme la santé ont été soumis à la logique marchande, les conditions de travail et de retraite ont été péjorées. L’économie capitaliste veut maximiser les profits au détriment de l’être humain et de l’équilibre écologique. Les femmes* sont les premières à en souffrir en tant que travailleuses précaires, migrantes ou encore mères, souvent seules responsables du foyer et des enfants.

Comme le disent les Islandaises: «Ne changeons pas les femmes, changeons la société !». Car l’égalité ne peut se réaliser dans un monde où seul compte l’argent, mais nécessite de construire une société où ce qui compte est le respect et le bien-être de chaque être humain.

Un mois avant la journée de la “Grève des femmes*”, des actions ont eu lieu dans toute la Suisse. Ici, à Genève – DR

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Le 14 juin 2019, nous nous mettrons en grève sur nos lieux de travail, dans nos foyers et nous occuperons l’espace public

Parce que nous en avons assez des inégalités salariales et des discriminations dans le monde du travail. Parce que nous voulons des rentes qui nous permettent de vivre dignement. Parce que nous voulons que le travail domestique, éducatif et de soins soit reconnu et partagé, de même que la charge mentale. Parce que nous nous épuisons à travailler, nous voulons réduire le temps de travail. Parce que le travail éducatif et de soins doit être une préoccupation collective. Parce que nous revendiquons la liberté de nos choix en matière de sexualité et d’identité de genre. Parce que notre corps nous appartient, nous exigeons d’être respectées et libres de nos choix. Parce que nous refusons la violence sexiste, homophobe et transphobe, nous restons debout ! Parce que nous voulons que la honte change de camp.

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Parce que lorsque nous venons d’ailleurs, nous vivons de multiples discriminations. Parce que le droit d’asile est un droit fondamental, nous demandons le droit de rester, lorsque nos vies sont en danger. Parce que l’école est le reflet de la société patriarcale, elle renforce les divisions et les hiérarchies fondées sur le sexe. Parce que nous voulons des cours d’éducation sexuelle qui parlent de notre corps, du plaisir et de la diversité sexuelle. Parce que les espaces relationnels doivent devenir des lieux d’échange et de respect réciproque. Parce que nous vivons dans une société qui véhicule des représentations stéréotypées de «la femme».

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Parce que nous, actrices culturelles, sommes trop souvent peu considérées et reconnues. Parce que les institutions ont été conçues sur un modèle patriarcal et de classe dans lequel nous n’apparaissons qu’en incise. Parce que nous sommes solidaires avec les femmes du monde entier. Parce que nous voulons vivre dans une société solidaire sans racisme, sans sexisme, sans homophobie et sans transphobie.

Pour toutes ces raisons et d’autres encore, nous ferons grève le 14 juin 2019 !


La «Grève des femmes*» a lieu le 14 juin 2019 dans toute la Suisse www.frauenstreik2019.ch.

Femme* : toute personne qui n’est pas un homme cisgenre (soit un homme qui se reconnaît dans le genre qui lui a été assigné à la naissance).

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Arts

Et si le Web mourrait demain ?

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© Lauren Huret

À l’occasion des 30 ans du World Wide Web – créé au CERN en 1989 –, plus de 50 artistes et professionnels prendront part au 15e Mapping Festival, du 23 au 26 mai 2019, à Genève.

Il y a tout juste 30 ans, à Genève, naissait le World Wide Web (WWW). Trois décennies plus tard, la possibilité d’un effondrement de la Toile fait frémir.

«La fin d’Internet serait-elle pour bientôt ?», c’est la question que se sont posés les organisateurs du Mapping Festival. Depuis 2005, l’événement genevois se donne pour mission de favoriser les échanges et participer activement au développement du milieu des arts numériques. Ainsi, l’exposition ​The Dead Web – La fin viendra, au travers des arts, imaginer notre vie sans Internet.

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Artistes suisses et québécois à l’honneur

Initialement composée de cinq artistes québécois, The Dead Web – La fin accueillera spécialement pour le Mapping Festival trois artistes suisses sélectionnés par le biais d’un appel à projets lancé début 2019. Les oeuvres présentées, qui plongeront le public dans un futur sans Internet, se veulent révélatrices de l’omniprésence du Web dans nos vies quotidiennes. Vernie le jeudi 23 mai, l’exposition s’étendra jusqu’au 2 juin, au Commun.

“Membranes”, portées par Lukas Truniger et Nicola Hein, est une installation performative qui transforme texte écrit en percussion lumineuse – DR

La créativité numérique à son apogée

Lors de ce vernissage, le DJ genevois Estebahn proposera un set entre downtempo, jungle et électro. Le week-end suivant, la Fonderie Kugler se transformera en laboratoire audio-visuel. Le vendredi 24, la performance délirante de Freeka Tet sera suivie du collectif russe Tundra, qui présentera sa toute dernière création, ​« ​Nomad ​»​, combinant vidéo et laser. La soirée se clôturera en beauté avec un DJ set du suisse Acid Kunt. Le samedi, ce sont Grand River & Marco C qui lanceront les festivités avec leur projet ​« ​0,13% ​»​, voyage poétique entre humain et nature. La scène sera ensuite foulée par le duo Recent Arts (Tobias. et Valentina Berthelon) accompagné de Barbie Williams, avec ​« ​Skin ​»​, concert audiovisuel expérimental. La soirée terminera avec la DJ genevoise Audrey Danza.

Web célébré, Web interrogé

Lors de la troisième édition du forum ​«Paradigm_Shift»​, le public sera invité à explorer les impacts de la production abusive de nouvelles technologies. Sur deux jours, le Forum verra s’enchaîner tables rondes  et conférences. Le vendredi débutera avec une prise de parole de Mark Garrett, co-fondateur de Furtherfield, suivi de ​«​E-wasteland»​, une table ronde qui interrogera le gaspillage dans l’art numérique. En guise de clôture, le panel ​«The future web» – tenu en français – s’appuiera sur la thématique de l’exposition en repensant à l’impact d’Internet sur nos vies et à sa potentielle évolution. Nathalie Bachand, commissaire de l’exposition The Dead Web – La fin,​ participera à l’événement avec l’artiste Romain Tardy et Alexandre Monnin (président d’Adrastia), le tout modéré par Nicolas Nova.

L’Immersive Lab, un dispositif immersif unique développé par la Haute École d’Arts de Zurich et l’Université de Genève – DR


Le 15e Mapping Festival se déroulera du 23 au 26 mai 2019, à Genève www.mappingfestival.com

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