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Société

Notez-le : l’Éducation est un bien commun à protéger

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À Fribourg et dans les Écoles polytechniques fédérales, des volontés d’augmenter les taxes d’études fleurissent cet autonome. Le Conseil d’État fribourgeois a décidé lundi une hausse des taxes universitaires de 360 francs par année, à la demande du Rectorat de l’Université. Les taxes annuelles atteindront ainsi les 1’670 francs, soit une augmentation de 27,5 %. Une contribution jugée nécessaire pour améliorer notamment l’offre d’étude, les conditions d’encadrement et les infrastructures. Le Conseil des EPF a lui décidé, le 28 septembre, d’augmenter les taxes d’études à l’horizon 2020 de 500 francs par année pour garantir la qualité de l’encadrement et des infrastructures. Sauf que.

Éducation et démocratie, deux faces d’une même pièce

En Suisse, le système d’éducation donne la possibilité à des personnes avec des parcours variés (maturité gymnasiale, maturité professionnelle, maturité spécialisée) de se former au niveau tertiaire (HES, HEP, Universités, EPF).

Dans ces Hautes Écoles, les étudiant-es n’acquièrent pas seulement des connaissances techniques mais sont également encouragé-es à réfléchir de manière critique, à se forger des opinions et à les défendre. Bref, c’est un peu la démocratie qu’on y apprend. Et c’est justement parce que l’éducation est cruciale pour le fonctionnement d’une société démocratique qu’elle est et doit rester un investissement collectif.

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L’éducation, une marchandise ?

Quand le Conseil d’État fribourgeois et le Conseil des EPF décident une hausse des taxes d’immatriculation, ce n’est pas uniquement une menace pour l’accessibilité des études à tous et toutes, mais cela témoigne aussi d’une remise en question profonde de la vision de l’éducation qui a été à la base de la fondation de nos universités. Cette conception, volontiers qualifiée de républicaine, avait pourtant même fédéré autour d’elle des grandes figures du libéralisme tel que John Stuart Mill. Ce n’est qu’avec le développement des politiques néolibérales qu’est apparue cette volonté de faire de l’éducation un investissement toujours plus individuel. Nous assistons depuis plusieurs années à un démantèlement progressif des infrastructures sociales, or parmi celles-ci, l’éducation, en tant que socle de la démocratie, est à défendre absolument. Les débats actuels autour de l’Université de Fribourg, de l’EPFL et de l’EPFZ sont au final autant d’occasions de rappeler que le savoir n’est pas une marchandise et qu’il engage l’entier du fonctionnement de notre société.

Les taxes annuelles actuelles des Universités et EPF suisses

  • Université de Genève : 1’000 francs
  • Université de Neuchâtel : 1’030 francs
  • Université de Lausanne et EPFL : 1’160 francs
  • Université de Fribourg : 1’310 francs
  • Université de Berne : 1’500 francs

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Et les autres ? 

À Genève, le Rectorat de l’Université avait annoncé en septembre 2016 sa volonté d’introduire une taxe d’inscription de 50 francs, une mesure considérée par la CUAE, l’association faîtière et syndicat étudiant, comme une hausse déguisée des taxes universitaires. Le projet avait ensuite été retiré après l’occupation d’un bâtiment par des étudiant-es.

À l’Université de Bâle, une augmentation de 200 francs par an est également en discussion. La dernière hausse date de 2013, les taxes annuelles étaient alors passées de 1’400 à 1’700 francs.

Des mouvements de résistance qui s’organisent

L’Association générale des Etudiants de l’Université de Fribourg (AGEF) dénonce une hausse imposée sans consultation qui met en péril l’accès à tous et toutes à une éducation de qualité au service du bien commun. Une pétition en ligne demandant le retrait du projet de hausse des taxes a récolté plus de 5’400 signatures. 

Du côté de l’EPFL, des étudiants se sont réunis sous la bannière du collectif « Bloquons la hausse des taxes d’études ». À Bâle, les Jeunes Verts et la Jeunesse socialiste ont remis la semaine dernière au Conseil universitaire une pétition réunissant plus de 3’000 signatures contre la hausse.

Actu

Ceci pourrait être l’article d’une femme*

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Le 14 juin 1991 a eu lieu la première "Grève des femmes*" – Image : Keystone

Aujourd’hui, partout en Suisse a lieu la «Grève des femmes*». Sensible à la cause, Slash Média se fait porte-voix du manifeste rédigé en décembre 2018 par les Collectifs romands pour la grève féministe et des femmes.

Un peu partout dans le monde, nous assistons à un renouveau des mouvements féministes : #metoo a contribué à diffuser et libérer la parole des femmes* et, grâce aux réseaux sociaux, a eu un écho planétaire.

En Suisse aussi, le sexisme, les inégalités et les violences à l’encontre des femmes* persistent, malgré un discours politiquement correct sur l’égalité et bien que l’égalité soit inscrite dans la Constitution fédérale depuis 1981.

«Les femmes bras croisés, le pays perd pied !»

Au pays de la prétendue paix du travail, les femmes ont déjà fait une grève qui a mobilisé 500’000 personnes ! C’était le 14 juin 1991, dix ans après l’entrée en vigueur de l’article constitutionnel sur l’égalité. Ce jour-là, les femmes ont croisé les bras : la grève a eu lieu non seulement sur les lieux de travail, mais aussi dans les foyers, où elles ont arrêté de faire le ménage, ont suspendu leurs balais aux fenêtres, n’ont pas cuisiné ni pris en charge les enfants.

La grève des femmes de 1991 avait surpris tout le monde. Un immense élan vers l’égalité avait secoué le pays : nous avons depuis lors obtenu des résultats concrets comme une Loi fédérale sur l’égalité entre femmes et hommes, un congé maternité, le splitting et le bonus éducatif dans l’AVS, la solution dite des délais en matière d’avortement, des mesures de lutte contre les violences domestiques.

Aujourd’hui, nous avons besoin d’un nouvel élan ! Le 22 septembre 2018, 20’000 femmes* et hommes solidaires ont manifesté à Berne pour l’égalité et contre les discriminations. Le début d’une mobilisation que nous voulons poursuivre jusqu’à la grève féministe et des femmes* le 14 juin 2019 !

L’égalité stagne : les femmes* se mobilisent !

Nous sommes toutes exposées au sexisme, aux discriminations, aux stéréotypes et aux violences, sur le lieu de travail, à la maison ou dans la rue. Mais nous savons que des oppressions spécifiques basées sur l’appartenance de race, de classe ou sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre se combinent, si bien que certaines d’entre nous peuvent subir des discriminations multiples. Faire vivre la solidarité entre les femmes* du monde entier, c’est un des objectifs de notre grève.

Fortes de nos diversités, nous refusons toute instrumentalisation de nos luttes, notamment à des fins racistes. Nous revendiquons le droit de vivre libres dans une société qui garantit des droits égaux pour toutes*.

Durant ces vingt dernières années, nous avons assisté à la montée des politiques néolibérales: les services publics ont été remis en cause, les prestations ont été réduites, des secteurs comme la santé ont été soumis à la logique marchande, les conditions de travail et de retraite ont été péjorées. L’économie capitaliste veut maximiser les profits au détriment de l’être humain et de l’équilibre écologique. Les femmes* sont les premières à en souffrir en tant que travailleuses précaires, migrantes ou encore mères, souvent seules responsables du foyer et des enfants.

Comme le disent les Islandaises: «Ne changeons pas les femmes, changeons la société !». Car l’égalité ne peut se réaliser dans un monde où seul compte l’argent, mais nécessite de construire une société où ce qui compte est le respect et le bien-être de chaque être humain.

Un mois avant la journée de la “Grève des femmes*”, des actions ont eu lieu dans toute la Suisse. Ici, à Genève – DR

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Le 14 juin 2019, nous nous mettrons en grève sur nos lieux de travail, dans nos foyers et nous occuperons l’espace public

Parce que nous en avons assez des inégalités salariales et des discriminations dans le monde du travail. Parce que nous voulons des rentes qui nous permettent de vivre dignement. Parce que nous voulons que le travail domestique, éducatif et de soins soit reconnu et partagé, de même que la charge mentale. Parce que nous nous épuisons à travailler, nous voulons réduire le temps de travail. Parce que le travail éducatif et de soins doit être une préoccupation collective. Parce que nous revendiquons la liberté de nos choix en matière de sexualité et d’identité de genre. Parce que notre corps nous appartient, nous exigeons d’être respectées et libres de nos choix. Parce que nous refusons la violence sexiste, homophobe et transphobe, nous restons debout ! Parce que nous voulons que la honte change de camp.

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Parce que lorsque nous venons d’ailleurs, nous vivons de multiples discriminations. Parce que le droit d’asile est un droit fondamental, nous demandons le droit de rester, lorsque nos vies sont en danger. Parce que l’école est le reflet de la société patriarcale, elle renforce les divisions et les hiérarchies fondées sur le sexe. Parce que nous voulons des cours d’éducation sexuelle qui parlent de notre corps, du plaisir et de la diversité sexuelle. Parce que les espaces relationnels doivent devenir des lieux d’échange et de respect réciproque. Parce que nous vivons dans une société qui véhicule des représentations stéréotypées de «la femme».

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Parce que nous, actrices culturelles, sommes trop souvent peu considérées et reconnues. Parce que les institutions ont été conçues sur un modèle patriarcal et de classe dans lequel nous n’apparaissons qu’en incise. Parce que nous sommes solidaires avec les femmes du monde entier. Parce que nous voulons vivre dans une société solidaire sans racisme, sans sexisme, sans homophobie et sans transphobie.

Pour toutes ces raisons et d’autres encore, nous ferons grève le 14 juin 2019 !


La «Grève des femmes*» a lieu le 14 juin 2019 dans toute la Suisse www.frauenstreik2019.ch.

Femme* : toute personne qui n’est pas un homme cisgenre (soit un homme qui se reconnaît dans le genre qui lui a été assigné à la naissance).

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Arts

Et si le Web mourrait demain ?

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© Lauren Huret

À l’occasion des 30 ans du World Wide Web – créé au CERN en 1989 –, plus de 50 artistes et professionnels prendront part au 15e Mapping Festival, du 23 au 26 mai 2019, à Genève.

Il y a tout juste 30 ans, à Genève, naissait le World Wide Web (WWW). Trois décennies plus tard, la possibilité d’un effondrement de la Toile fait frémir.

«La fin d’Internet serait-elle pour bientôt ?», c’est la question que se sont posés les organisateurs du Mapping Festival. Depuis 2005, l’événement genevois se donne pour mission de favoriser les échanges et participer activement au développement du milieu des arts numériques. Ainsi, l’exposition ​The Dead Web – La fin viendra, au travers des arts, imaginer notre vie sans Internet.

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Artistes suisses et québécois à l’honneur

Initialement composée de cinq artistes québécois, The Dead Web – La fin accueillera spécialement pour le Mapping Festival trois artistes suisses sélectionnés par le biais d’un appel à projets lancé début 2019. Les oeuvres présentées, qui plongeront le public dans un futur sans Internet, se veulent révélatrices de l’omniprésence du Web dans nos vies quotidiennes. Vernie le jeudi 23 mai, l’exposition s’étendra jusqu’au 2 juin, au Commun.

“Membranes”, portées par Lukas Truniger et Nicola Hein, est une installation performative qui transforme texte écrit en percussion lumineuse – DR

La créativité numérique à son apogée

Lors de ce vernissage, le DJ genevois Estebahn proposera un set entre downtempo, jungle et électro. Le week-end suivant, la Fonderie Kugler se transformera en laboratoire audio-visuel. Le vendredi 24, la performance délirante de Freeka Tet sera suivie du collectif russe Tundra, qui présentera sa toute dernière création, ​« ​Nomad ​»​, combinant vidéo et laser. La soirée se clôturera en beauté avec un DJ set du suisse Acid Kunt. Le samedi, ce sont Grand River & Marco C qui lanceront les festivités avec leur projet ​« ​0,13% ​»​, voyage poétique entre humain et nature. La scène sera ensuite foulée par le duo Recent Arts (Tobias. et Valentina Berthelon) accompagné de Barbie Williams, avec ​« ​Skin ​»​, concert audiovisuel expérimental. La soirée terminera avec la DJ genevoise Audrey Danza.

Web célébré, Web interrogé

Lors de la troisième édition du forum ​«Paradigm_Shift»​, le public sera invité à explorer les impacts de la production abusive de nouvelles technologies. Sur deux jours, le Forum verra s’enchaîner tables rondes  et conférences. Le vendredi débutera avec une prise de parole de Mark Garrett, co-fondateur de Furtherfield, suivi de ​«​E-wasteland»​, une table ronde qui interrogera le gaspillage dans l’art numérique. En guise de clôture, le panel ​«The future web» – tenu en français – s’appuiera sur la thématique de l’exposition en repensant à l’impact d’Internet sur nos vies et à sa potentielle évolution. Nathalie Bachand, commissaire de l’exposition The Dead Web – La fin,​ participera à l’événement avec l’artiste Romain Tardy et Alexandre Monnin (président d’Adrastia), le tout modéré par Nicolas Nova.

L’Immersive Lab, un dispositif immersif unique développé par la Haute École d’Arts de Zurich et l’Université de Genève – DR


Le 15e Mapping Festival se déroulera du 23 au 26 mai 2019, à Genève www.mappingfestival.com

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