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Société

Les jeunes ne se sont jamais sentis aussi seuls

© Arthur Würsten

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Avec l’expansion des réseaux sociaux, il est désormais très facile de rentrer en contact avec des milliers de personnes nous entourant. Pourtant, les jeunes ne se sont jamais sentis aussi seuls. Comment expliquer ce paradoxe entre société hyper connectée et génération isolée ?

Oser admettre se sentir seul n’est pas une chose agréable ni naturelle. Ce n’est pas agréable, car, étant jeunes, nous avons tous les éléments en main pour créer d’innombrables liens et l’on s’attend à ce que nous le fassions. Avec des profils Facebook affichant 300-700-1200 amis, être entouré devrait être chose facile. Et ce n’est pas naturel non plus, nous ne voulons pas partager nos problèmes, surtout si ceux-ci sont reliés à notre statut social. Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes, une étude de Mental Health Foundation présente des résultats alarmants : 4 personnes sur 10 se sont déjà senties déprimées à cause de leur solitude.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce sont bien les jeunes entre 18 et 34 ans qui sont le plus touchés par ce problème, plus encore que les personnes âgées. Et le souci ne s’arrête pas là, la solitude est un syndrome caché. Pourquoi syndrome ? La solitude à tendance à augmenter les risques d’anxiété et de maladie mentale. Une autre étude a démontré qu’il existe un lien de causalité entre mutilation et solitude parmi les jeunes. Et, comme il est souvent recommandé, le premier pas pour se guérir est d’en parler. Mais cela devient compliqué si nous n’avons personne autour de nous.

La solitude est un syndrome caché, caché, car nous ne pensons pas forcément à l’isolement comme étant un facteur propice aux maladies mentales. Effectivement, se sentir seul ne colle pas avec l’image de la jeunesse. Les réseaux sociaux s’étendent et nous permettent de garder contact avec beaucoup de personnes. Mais assez rapidement nous réalisons que cela est superficiel, et tout se passe au détriment de contacts physiques. Nous ne pensons pas non plus à le partager, car admettre que nos liens sociaux sont pauvres et que nous en souffrons n’est pas bien vu socialement. Mais comment est-ce possible que nous n’arrivions pas à combattre ce ressenti ? Bien qu’il n’existe pas de réponse précise, il est possible de répondre partiellement à la question en observant notre société actuelle. Le néolibéralisme a peut-être bien créé une société d’individualistes.

À force de se focaliser sur les performances et les bénéfices, ce sont nos relations sociales qui en souffrent, la jeunesse en premier. Le stress émanant d’un marché de l’emploi saturé, d’un immobilier hors de prix et d’une perte de repères sociaux est un autre facteur amplifiant le sentiment de solitude auprès des jeunes. La société demande désormais que l’on puisse subvenir à ses propres besoins, avant de pouvoir s’occuper de ceux des autres, mais souvent nous restons bloqués au premier.

© Getty Images

Il faut aussi différencier solitude sociale et solitude émotionnelle. L’étude publiée par Mental Health Foundation rappelle que nous sommes tout aussi vulnérables à l’isolement, même si notre cercle social est élargi. La solitude émotionnelle ne dépend pas de nos liens avec la communauté, elle concerne nos liens émotionnels, c’est-à-dire les personnes qui peuvent nous soutenir moralement.

L’isolement peut donc être trompeur, et nous avons tous été une fois assis à une table, autour d’une discussion peu intéressante avec des gens encore moins intéressants. Mais l’on s’est dit que cela valait toujours mieux que de rester chez soi, où nous aurions encore plus de temps pour réfléchir à notre solitude. Alors nous prétendons être bien entourés, que nos amis sont incroyables et si quelqu’un nous demande ce que nous faisons le samedi soir, nous donnons une excuse pour rester seul à la maison. Car la fatigue ou le travail résonne toujours mieux que « J’aimerais sortir, mais je ne connais personne ».

Il est difficile de contrer la solitude. Nous n’osons pas sortir seuls dans le but de rencontrer de nouvelles personnes, car l’on se sent vieux. On devient ce personnage atypique, accoudé au bar pendant des heures et que nous avons tous trouvé bizarre. Nous n’osons pas demander de l’aide à un inconnu lorsque nous sommes au bord du désespoir, car cela ne se fait pas. Nous ne pouvons pas non plus surmonter notre ressenti par nous-mêmes, combattre la solitude seul relève de l’ironie même. Il y a pourtant un moyen qui est difficile et qui nous fait peur : en parler. C’est la solution la plus efficace pour que, peu à peu, les jeunes se manifestent et montrent à la lumière du jour un problème qui touche presque une personne sur deux.

Si les maladies mentales font toujours face aux aprioris de la société, la solitude subit le même sort. S’en rendre compte et accepter l’isolement comme étant un problème légitime marque un premier pas qui non seulement soulagerait beaucoup de jeunes, mais réduirait le pourcentage de ceux-ci sombrant dans l’anxiété ou les maladies mentales. Et peut-être alors nous sentirons-nous moins seuls.

Sur 143.ch, vous trouverez des informations ainsi que des offres de soutien en matière de solitude morale.

Actu

Ceci pourrait être l’article d’une femme*

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Le 14 juin 1991 a eu lieu la première "Grève des femmes*" – Image : Keystone

Aujourd’hui, partout en Suisse a lieu la «Grève des femmes*». Sensible à la cause, Slash Média se fait porte-voix du manifeste rédigé en décembre 2018 par les Collectifs romands pour la grève féministe et des femmes.

Un peu partout dans le monde, nous assistons à un renouveau des mouvements féministes : #metoo a contribué à diffuser et libérer la parole des femmes* et, grâce aux réseaux sociaux, a eu un écho planétaire.

En Suisse aussi, le sexisme, les inégalités et les violences à l’encontre des femmes* persistent, malgré un discours politiquement correct sur l’égalité et bien que l’égalité soit inscrite dans la Constitution fédérale depuis 1981.

«Les femmes bras croisés, le pays perd pied !»

Au pays de la prétendue paix du travail, les femmes ont déjà fait une grève qui a mobilisé 500’000 personnes ! C’était le 14 juin 1991, dix ans après l’entrée en vigueur de l’article constitutionnel sur l’égalité. Ce jour-là, les femmes ont croisé les bras : la grève a eu lieu non seulement sur les lieux de travail, mais aussi dans les foyers, où elles ont arrêté de faire le ménage, ont suspendu leurs balais aux fenêtres, n’ont pas cuisiné ni pris en charge les enfants.

La grève des femmes de 1991 avait surpris tout le monde. Un immense élan vers l’égalité avait secoué le pays : nous avons depuis lors obtenu des résultats concrets comme une Loi fédérale sur l’égalité entre femmes et hommes, un congé maternité, le splitting et le bonus éducatif dans l’AVS, la solution dite des délais en matière d’avortement, des mesures de lutte contre les violences domestiques.

Aujourd’hui, nous avons besoin d’un nouvel élan ! Le 22 septembre 2018, 20’000 femmes* et hommes solidaires ont manifesté à Berne pour l’égalité et contre les discriminations. Le début d’une mobilisation que nous voulons poursuivre jusqu’à la grève féministe et des femmes* le 14 juin 2019 !

L’égalité stagne : les femmes* se mobilisent !

Nous sommes toutes exposées au sexisme, aux discriminations, aux stéréotypes et aux violences, sur le lieu de travail, à la maison ou dans la rue. Mais nous savons que des oppressions spécifiques basées sur l’appartenance de race, de classe ou sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre se combinent, si bien que certaines d’entre nous peuvent subir des discriminations multiples. Faire vivre la solidarité entre les femmes* du monde entier, c’est un des objectifs de notre grève.

Fortes de nos diversités, nous refusons toute instrumentalisation de nos luttes, notamment à des fins racistes. Nous revendiquons le droit de vivre libres dans une société qui garantit des droits égaux pour toutes*.

Durant ces vingt dernières années, nous avons assisté à la montée des politiques néolibérales: les services publics ont été remis en cause, les prestations ont été réduites, des secteurs comme la santé ont été soumis à la logique marchande, les conditions de travail et de retraite ont été péjorées. L’économie capitaliste veut maximiser les profits au détriment de l’être humain et de l’équilibre écologique. Les femmes* sont les premières à en souffrir en tant que travailleuses précaires, migrantes ou encore mères, souvent seules responsables du foyer et des enfants.

Comme le disent les Islandaises: «Ne changeons pas les femmes, changeons la société !». Car l’égalité ne peut se réaliser dans un monde où seul compte l’argent, mais nécessite de construire une société où ce qui compte est le respect et le bien-être de chaque être humain.

Un mois avant la journée de la “Grève des femmes*”, des actions ont eu lieu dans toute la Suisse. Ici, à Genève – DR

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Le 14 juin 2019, nous nous mettrons en grève sur nos lieux de travail, dans nos foyers et nous occuperons l’espace public

Parce que nous en avons assez des inégalités salariales et des discriminations dans le monde du travail. Parce que nous voulons des rentes qui nous permettent de vivre dignement. Parce que nous voulons que le travail domestique, éducatif et de soins soit reconnu et partagé, de même que la charge mentale. Parce que nous nous épuisons à travailler, nous voulons réduire le temps de travail. Parce que le travail éducatif et de soins doit être une préoccupation collective. Parce que nous revendiquons la liberté de nos choix en matière de sexualité et d’identité de genre. Parce que notre corps nous appartient, nous exigeons d’être respectées et libres de nos choix. Parce que nous refusons la violence sexiste, homophobe et transphobe, nous restons debout ! Parce que nous voulons que la honte change de camp.

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Parce que lorsque nous venons d’ailleurs, nous vivons de multiples discriminations. Parce que le droit d’asile est un droit fondamental, nous demandons le droit de rester, lorsque nos vies sont en danger. Parce que l’école est le reflet de la société patriarcale, elle renforce les divisions et les hiérarchies fondées sur le sexe. Parce que nous voulons des cours d’éducation sexuelle qui parlent de notre corps, du plaisir et de la diversité sexuelle. Parce que les espaces relationnels doivent devenir des lieux d’échange et de respect réciproque. Parce que nous vivons dans une société qui véhicule des représentations stéréotypées de «la femme».

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Parce que nous, actrices culturelles, sommes trop souvent peu considérées et reconnues. Parce que les institutions ont été conçues sur un modèle patriarcal et de classe dans lequel nous n’apparaissons qu’en incise. Parce que nous sommes solidaires avec les femmes du monde entier. Parce que nous voulons vivre dans une société solidaire sans racisme, sans sexisme, sans homophobie et sans transphobie.

Pour toutes ces raisons et d’autres encore, nous ferons grève le 14 juin 2019 !


La «Grève des femmes*» a lieu le 14 juin 2019 dans toute la Suisse www.frauenstreik2019.ch.

Femme* : toute personne qui n’est pas un homme cisgenre (soit un homme qui se reconnaît dans le genre qui lui a été assigné à la naissance).

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Arts

Et si le Web mourrait demain ?

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© Lauren Huret

À l’occasion des 30 ans du World Wide Web – créé au CERN en 1989 –, plus de 50 artistes et professionnels prendront part au 15e Mapping Festival, du 23 au 26 mai 2019, à Genève.

Il y a tout juste 30 ans, à Genève, naissait le World Wide Web (WWW). Trois décennies plus tard, la possibilité d’un effondrement de la Toile fait frémir.

«La fin d’Internet serait-elle pour bientôt ?», c’est la question que se sont posés les organisateurs du Mapping Festival. Depuis 2005, l’événement genevois se donne pour mission de favoriser les échanges et participer activement au développement du milieu des arts numériques. Ainsi, l’exposition ​The Dead Web – La fin viendra, au travers des arts, imaginer notre vie sans Internet.

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Artistes suisses et québécois à l’honneur

Initialement composée de cinq artistes québécois, The Dead Web – La fin accueillera spécialement pour le Mapping Festival trois artistes suisses sélectionnés par le biais d’un appel à projets lancé début 2019. Les oeuvres présentées, qui plongeront le public dans un futur sans Internet, se veulent révélatrices de l’omniprésence du Web dans nos vies quotidiennes. Vernie le jeudi 23 mai, l’exposition s’étendra jusqu’au 2 juin, au Commun.

“Membranes”, portées par Lukas Truniger et Nicola Hein, est une installation performative qui transforme texte écrit en percussion lumineuse – DR

La créativité numérique à son apogée

Lors de ce vernissage, le DJ genevois Estebahn proposera un set entre downtempo, jungle et électro. Le week-end suivant, la Fonderie Kugler se transformera en laboratoire audio-visuel. Le vendredi 24, la performance délirante de Freeka Tet sera suivie du collectif russe Tundra, qui présentera sa toute dernière création, ​« ​Nomad ​»​, combinant vidéo et laser. La soirée se clôturera en beauté avec un DJ set du suisse Acid Kunt. Le samedi, ce sont Grand River & Marco C qui lanceront les festivités avec leur projet ​« ​0,13% ​»​, voyage poétique entre humain et nature. La scène sera ensuite foulée par le duo Recent Arts (Tobias. et Valentina Berthelon) accompagné de Barbie Williams, avec ​« ​Skin ​»​, concert audiovisuel expérimental. La soirée terminera avec la DJ genevoise Audrey Danza.

Web célébré, Web interrogé

Lors de la troisième édition du forum ​«Paradigm_Shift»​, le public sera invité à explorer les impacts de la production abusive de nouvelles technologies. Sur deux jours, le Forum verra s’enchaîner tables rondes  et conférences. Le vendredi débutera avec une prise de parole de Mark Garrett, co-fondateur de Furtherfield, suivi de ​«​E-wasteland»​, une table ronde qui interrogera le gaspillage dans l’art numérique. En guise de clôture, le panel ​«The future web» – tenu en français – s’appuiera sur la thématique de l’exposition en repensant à l’impact d’Internet sur nos vies et à sa potentielle évolution. Nathalie Bachand, commissaire de l’exposition The Dead Web – La fin,​ participera à l’événement avec l’artiste Romain Tardy et Alexandre Monnin (président d’Adrastia), le tout modéré par Nicolas Nova.

L’Immersive Lab, un dispositif immersif unique développé par la Haute École d’Arts de Zurich et l’Université de Genève – DR


Le 15e Mapping Festival se déroulera du 23 au 26 mai 2019, à Genève www.mappingfestival.com

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