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Grand, Nick Cave envoute le Montreux Jazz Festival

© 2018 FFJM – Lionel Flusin

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Accompagné de ses furieux Bad Seeds, Nick Cave aura donné jeudi soir l’un des plus beaux concerts du mythique festival.

Le Stravinsky s’éteint. Plongée dans une nuit déchirée par quelques rares faisceaux de lumières, la salle hurle sans encore savoir qu’elle s’apprête à vivre un concert d’exception. Les Bad Seeds entrent en scène suivis de près par Nick Cave dans son costume trois-pièces noir habituel. Comme aimanté par son public, il se précipite vers la foule entamer Jesus Alone, une sombre ballade de son dernier album Skeleton Tree sorti en 2016. En une seule chanson, Montreux est conquis.

Très vite, la musique s’énerve. Comme pour nous rappeler, s’il en est besoin, que Nick Cave est bel et bien une immense figure du rock. À la demande d’un spectateur, les Bad Seeds lancent un furieux Loverman, puis enchaîne avec From Her To Eternity, titre rageur tiré de son premier album du même nom. Puis, le calme revient, Cave s’installe au piano pour une sublime version de The Ship Song, qui envoutera toute la salle, avant d’interpréter Into My Arms, l’un de ses plus grands succès, dont le refrain sera repris par l’audience toute entière.

Entre ses chansons, le sexagénaire ne cesse de communiquer avec son public. Il prend la pose pour une fan qui tente de la photographier, étreint longuement certains spectateurs du premier rang et réponds aux cris d’amour lancés dans le public par un « me too » amusé. Si Cave semble être au sommet, que dire des Bad Seeds ? La batterie est simplement exceptionnelle, la basse ronde, plus chaleureuse que jamais, tandis que les claviers portent chaque chanson à son paroxysme. Mention spéciale au percussionniste qui aura brillé durant l’entier du concert avec des interventions d’une rare justesse. Et Warren Ellis ! Qu’il soit à la guitare, au piano, à la flûte ou au violon, le fidèle acolyte de l’Australien depuis tant d’années impressionne à chaque fois, tant par son charisme et sa présence que par sa musique.

© 2018 FFJM – Lionel Flusin

Le concert touche à sa fin. Cave fait monter les spectateurs des trois premiers rangs sur scène, danse avec eux, les prends dans ses bras, avant de descendre dans le public pour aller chanter The Weeping Song, sur la régie, de l’autre côté de la salle. Il joue longuement avec le public, le fait chanter, taper dans les mains, puis retourne sur scène pour terminer la chanson sur ce refrain si entêtant « This is a Weeping Song », dans une ovation générale. Nous avons à peine le temps de reprendre nos esprits que Nick Cave demande au Stravinsky de s’asseoir par terre « On n’a encore jamais essayé ça, peut-être que ça ne va pas marcher » dit-il en riant. Et c’est ainsi que Cave entame Push The Sky Away, vraisemblablement l’un de ses plus beaux titres, en se baladant parmi la foule assise. Dans les premiers rangs, certains pleurent, d’autres affichent un immense sourire, chacun est bercé à sa façon par cette somptueuse chanson, le moment est magique.

Encore deux chansons en guise de rappel, puis les lumières se rallument, on démonte déjà la scène, tout le monde se dirige vers la sortie, encore ébahi par cette immense soirée.

Voir :  3 albums de Nick Cave avant son concert au Montreux Jazz Festival

Concerts

Odeta.TV : quand la musique fait son cinéma

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Pierre Audétat – Droits réservés

Samedi soir, dans le cadre du 8e Label Suisse Festival, Pierre Audétat, La Gale et Nya sont venus ravir le public du Romandie de Lausanne de leurs prouesses techniques singulières : mélange absurde de sons et d’images.

À peine le concert du rockeur tessinois Andrea Bignasca terminé, Pierre Audétat se faufile déjà à contre-courant du mouvement de foule. Arrivé sur la scène du club lausannois, l’instrumentiste, distingué par un Prix suisse de musique en mai dernier, installe ses claviers. D’une timidité amusante, il interpelle un spectateur ayant réservé sa place au premier rang : « Ça va ? Ce sera peut-être un peu fort… ». L’auditeur fait mine d’être informé et habitué à la configuration. Le claviériste lui adresse un sourire tendre et reprend son montage.

Au loin, à l’avant d’un bar étroit, le public effectue un captivant ballet au rythme de la tireuse à bières et des claquements sourds des portes de toilettes. Entre un « pardon » et deux « excusez-moi », le Romandie piétine quelque peu en attendant le concert de celui qui se fait appeler « Odeta.TV ».

Le public du Romandie, en attendant le concert de Pierre Audétat, La Gale et Nya – © Label Suisse / Valentin Bonadei

Voir la musique

21 heures. La lumière de la salle se tamise davantage. Dans l’assemblée, des amis, de la famille, mais aussi de parfaits inconnus. À l’écran, un Charles Aznavour bégayant, un facteur de piano appliqué et une paire de piles. Que se passe-t-il quand ces trois courts extraits se rencontrent ? En apparence, pas grand-chose. Pourtant, lorsque Pierre Audétat sample le tout et vient y ajouter une rythmique jazz ou encore hip-hop, le résultat est captivant.

Le terrain de jeu du papa de la « Cloche Diatonique » n’est autre que YouTube et sa pléthore de vidéos en tous genres – notamment responsable de nos meilleures séances de procrastination. D’abord privilégiées pour le live, il arrive, « lorsqu’elles sont intéressantes », que les compositions d’Audétat se retrouvent sur la plateforme de partage vidéo ; un quasi-retour aux sources.

« Merci Billag ! »

Après une trentaine de minutes, le laboratoire scénique du Lausannois de 50 ans se transforme en un véritable block party. Accompagnés par les flows puissants des rappeurs suisses La Gale et Nya, les arrangements jazz du musicien prennent soudainement une tout autre teinte. Tantôt inepte, tantôt engagée les compositions font désormais trembler l’arche dans laquelle se niche le club.

Le public, jusqu’ici dans un silence religieux​, se vivifie et finit par danser, non sans une certaine nonchalance, sur les beats magiques de l’ancien professeur de musique assistée par ordinateur. La lumière, précise, dessine la silhouette longiligne de l’homme au piano, tandis qu’un spectateur lance subitement un « merci Billag ! », en référence au financement du Service public audiovisuel helvétique, principal partenaire du festival. 

Pierre Audétat sur la scène du Romandie dans le cadre du festival Label Suisse, samedi – © Label Suisse / Joseph Carlucci

Les notes foisonnent, les projections aussi. André Rieu, Jean-Pierre Foucault, un bambin à la batterie, un autre, une casserole remplie d’huile ; les vidéos défilent et les sons s’y associent. La musique est là, bien présente, parfaitement audible, mais complètement improbable. Une dose de belles surprises. Et des images plein la tête, à l’évidence.

Label Suisse : succès populaire

Après une édition 2016 pluvieuse, les organisateurs de la biennale se félicitent d’une fréquentation de près de 90’000 personnes sur les 3 jours de festivités. Toujours selon eux, le festival, qui a pour but de valoriser la scène musicale suisse, est heureux « d’avoir accueilli un grand nombre de professionnels venus de toute la Suisse, mais également de la France et même du Québec ». 

La manifestation s’est déroulée dans dix lieux et a proposé plus de soixante prestations en entrée libre. « Des festivaliers de tous âges et de tous horizons ont convergé en masse pour les concerts de Moonraisers, Pegasus ou SuperWak Clique », indique le communiqué de presse du festival. Marius Baer, la pop du Roi Angus, The Two et One Sentence ont, eux aussi, enrichi cette programmation.

Pour sa 8e édition, l’événement a également proposé de la Neue Volksmusik. « Nouveauté stylistique, à la croisée de la musique traditionnelle, contemporaine et jazz », explique enfin le comité organisateur.

La prochaine édition du Label Suisse se déroulera du 18 au 20 septembre 2020.

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Concerts

Walk off the Earth enflamme la planète Gampel

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Walk off the Earth a ravi le Gampel Festival, vendredi – © Open Air Gampel / Droits réservés

On les a découverts en 2012, avec leur reprise en guitare-voix de Somebody That I Used to Know de Gotye. Quelque 6 années plus tard, c’est sur la Red Stage de l’Open Air Gampel qu’a eu lieu vendredi la rencontre entre Walk off the Earth et le public survolté du petit village haut-valaisan. Si le lustre passé a laissé s’installer les marques du temps, l’énergie, elle, n’a pas quitté les cinq Canadiens multi-instrumentistes.

Vendredi, 21 heures. Le soleil rase les falaises qui surplombent le festival. Dans les premiers rangs, au pas, les fans de la première heure. Au loin, les dernières notes de Tom Walker se confondent, sans ménagement, à l’electro house des bars voisins.

Lorsqu’apparaît finalement Oswi (le personnage virtuel égérie du festival), le Gampel fait place au silence. Avec sa voix crispante et dans un allemand plus que régional, le vieil homme en image de synthèse annonce fièrement « Falk off the Earth (sic.) ».

« Wie geht’s ? »

Arrivé sur scène, le band électrise instantanément la foule avinée de l’open air. « Wie geht’s ? » (comprenez « Ça va ? »), lance Sarah Blackwood, la chanteuse de Walk off the Earth. Le public, semblant en effet bien se porter, se lance dans un rudimentaire pogo.

Les titres s’enchaînent. Tantôt niaiseuse, tantôt délurée, la musique éclectique du collectif américain captive. La magique justesse vocale de Gianni Luminati, l’attitude fatigante d’éphèbe sans charisme tenue par Ryan Marshall, le côté antipathique amusant de Mike « The Beard Guy » Taylor, tous renvoient une conduite qu’il leur est propre.

Le concert semble lancé. L’excitation est au rendez-vous, quand un bête larsen interrompt le show. La console de mixage cède à deux reprises. Pendant quelques instants, dans un noir quasi complet, seules les huées de l’auditoire dominent. Qui du régisseur en chef ou du stagiaire à trébuché sur la rallonge, le mystère reste entier, néanmoins le concert peut reprendre. Sur une imparfaite, mais efficace, cover de Bohemian Rhapsody de Queen, le groupe s’excuse. Le public, lui, chante.

Gianni Luminati interprétant Hold On, sur la Red Stage du Gampel Festival – © Open Air Gampel / Droits réservés

Un quintet pas si neuf

Fondé en 2006, le groupe a désormais conquis la planète entière. Leurs diverses reprises totalisent plus de 760 millions de vues sur YouTube et leur premier EP « REVO, » sorti en 2013, a fait danser un grand nombre de fans.

Avec 3 autres albums, la formation originaire d’Ontario n’a qu’un objectif en tête : séduire encore plus de monde, armée de sa belle énergie, de son enthousiasme communicatif et de ses tubes joyeux. Après son dernier opus « Sing I All The Way », sorti en 2015, le groupe est en train de signer un come-back scénique illustré par un premier single, Nomad.

Mélangeant des sonorités très modernes et électroniques à des sons propres au genre rock alternatif, Walk off the Earth évolue actuellement grâce à des covers régulières, ainsi que des compositions originales soignées autant sur le plan musical que visuel.

Belle locomotive 

Après une heure quinze de prestation, l’assemblée est chauffée à bloc. Les Canadiens peuvent donc se retirer et laisser place au tout aussi (si ce n’est davantage) déjanté groupe Thirty Seconds to Mars – tête d’affiche de cette édition. Belle et efficace locomotive, alors, pour les frères Jared et Shannon Leto ; du grand Walk off the Earth. Merci vielmal.

Infos, billetterie et programme complet sur www.openairgampel.ch.
Le 32e Open Air Gampel se déroule du 16 au 19 août 2018.

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