Box‑office américain : Street Fighter en tête, Nathan Fielder bouscule les attentes

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Le dernier week-end au box-office nord‑américain a réservé un paradoxe : une sortie attendue domine les recettes, mais c’est un documentaire qui crée l’événement. Entre adaptations de jeux vidéo et révélations sur Theranos, le public a tranché en faveur de deux films très différents.

Un lancement correct pour Street Fighter

Produit par Paramount, Legendary et Capcom, Street Fighter s’installe en tête des entrées avec un premier week‑end estimé à 31 millions de dollars sur plus de 3 500 écrans. Le score est solide mais inférieur aux attentes affichées en interne : il reste environ 19 % en dessous du démarrage de Mortal Kombat 2 (38,5 millions de dollars) sorti il y a quelques mois.

Façade de cinéma et foule devant une séance de film d'action
Street Fighter attire un public majoritairement masculin et nostalgique.

Le profil des spectateurs est aussi nettement ciblé : les hommes de plus de 35 ans représentent près de 45 % de l’audience, ce qui confirme l’attrait de la franchise pour un public mature et nostalgique.

Pour apprécier l’évolution de la saga, il faut remonter à 1994 : l’adaptation avec Jean‑Claude Van Damme avait ouvert à seulement 7–8 millions de dollars dans 1 671 salles, puis totalisé 99,4 millions de dollars de recettes mondiales (33,4 millions aux États‑Unis) pour un budget de 35 millions. Sur ce plan, le nouveau film réalise donc un démarrage bien supérieur à celui de l’original.

Le documentaire qui chamboule le classement

La véritable surprise vient de You Can See Everything, le documentaire de trois heures consacré à Elizabeth Holmes et signé par Nathan Fielder. Distribué par A24, il devrait rapporter près de 15 millions de dollars en n’étant programmé que dans 855 salles, ce qui en ferait le deuxième meilleur lancement pour un documentaire, derrière Fahrenheit 9/11 de Michael Moore (23,9 millions en 2004).

Public jeune faisant la queue devant un cinéma pour un documentaire
You Can See Everything a généré des files d’attente et des séances complètes.

Les chiffres traduisent un engouement inhabituel : plus de 2 000 séances se sont retrouvées complètes et des files d’attente se sont formées, notamment au Village East de New York. Le public est sensiblement plus jeune que pour Street Fighter : les 18‑34 ans représentent environ 62 % des spectateurs.

L’intérêt pour l’affaire Theranos reste vif : on est à huit ans de l’effondrement de l’entreprise et à quatre ans de la mini‑série The Dropout, portée par Amanda Seyfried et saluée aux Emmy Awards. A24 avait par ailleurs misé sur l’effet de surprise en présentant le film en séance secrète à Telluride, une tactique qui semble avoir contribué à la dynamique de sortie.

Sorties en retrait et baisses marquées

Toutes les nouveautés n’ont pas rencontré le même succès. Chez 20th Century Studios, Englouti, dont le budget de production est de 60 millions de dollars, est attendu autour de 7,5 millions pour son premier week‑end — un démarrage jugé difficile pour amortir un tel investissement.

Autre entrée modeste : Raison et Sentiments, nouvelle adaptation du roman de Jane Austen portée par Daisy Edgar‑Jones, se classe cinquième avec un démarrage estimé à 7 millions de dollars. À titre de comparaison, la version de 1995 dirigée par Ang Lee, écrite et interprétée par Emma Thompson (avec Kate Winslet), avait bénéficié d’un long bouche‑à‑oreille et atteint 135 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 16,5 millions.

Enfin, le film d’horreur Malfaisante (Other Mommy), porté par Jessica Chastain, accuse une forte rechute en deuxième semaine : près de 8 millions de dollars ce week‑end, soit une chute de 72 %, et un cumul nord‑américain qui s’établit désormais à 45 millions de dollars.

Que retenir ?

Le box‑office montre cette fois une double tendance : les franchises établies continuent d’attirer, mais une proposition audacieuse et bien positionnée — ici un documentaire long et centré sur une affaire médiatique — peut capter l’attention et générer d’excellents résultats sur un périmètre limité. Les prochains week‑ends confirmeront si Street Fighter parvient à tenir face au bouche‑à‑oreille ou si l’élan d’A24 marque durablement la saison.

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