Rachel Chinouriri affirme avoir découvert qu’elle peut rester fun malgré la sobriété

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Rachel Chinouriri transforme ses blessures en chansons pleines d’esprit: son second disque explore la sobriété, les excès et la recherche de soi sans sombrer dans le pathos. L’artiste britannique livre un récit intime, ponctué d’humour et d’anecdotes, qui éclaire pourquoi cette évolution personnelle résonne jusque dans sa musique et ses rapports avec le public.

Un disque né d’une prise de conscience

Après What a Devastating Turn of Events, Rachel Chinouriri a laissé une pause à son écriture. Le déclic est venu avec « The good fight », un titre qui, selon elle, a ouvert la voie au reste de l’album. De fil en aiguille, le projet s’est recentré sur la sobriété, l’alcool et les fêtes — thèmes dont elle parle sans détour.

Cahier d'écriture et lampe dans un coin de studio
La pause et le déclic qui ont nourri le nouvel album.

Le ton se veut léger, parfois drôle, même lorsqu’il questionne des sujets lourds. Ce choix n’est pas anodin: il renvoie à des habitudes familiales où l’humour servait de protection face aux traumatismes, et il s’est naturellement intégré à sa manière d’écrire.

Rire comme stratégie d’affrontement

Plutôt que de masquer la douleur, Rachel explique que son détachement apparent est une façon d’accepter ce qui s’est passé pour mieux avancer. « C’est arrivé, je l’accepte et je dois essayer de passer à autre chose », confie-t-elle, résumant sa posture artistique: désamorcer pour oser en parler.

Cette attitude irrigue des chansons comme « Broken chair », où la relation à l’alcool est abordée avec recul et autodérision. Le propos, assure-t-elle, ne consiste pas à tourner en dérision les traumatismes, mais à trouver un ton qui lui permette de les partager.

De la fête à la sobriété: une question d’identité

Rachel revient sur son rapport aux soirées et la manière dont l’alcool a d’abord fonctionné comme un liant social. Elle raconte s’être amusée longtemps à jouer le rôle « de la meuf bourrée marrante » — rôle qui lui a valu des amitiés et une place dans des cercles festifs. Mais en arrêtant l’alcool, elle a découvert une forme d’isolement et a dû réapprendre à construire des liens autrement.

Verres vides sur une table et canapé vide, ambiance d'isolement après une fête
La découverte de l’isolement après avoir arrêté l’alcool.

Ce cheminement personnel l’a poussée à travailler sur elle-même et à réinventer sa manière d’être parmi les autres: rester « la personne fun » sans dépendre de l’alcool et cultiver des relations hors des soirées.

Anecdotes de coulisses: Madonna, SNL et plantages mémorables

La tournée de confidences inclut des moments marquants. Lors d’une soirée à Los Angeles, un événement anodin a basculé quand Madonna est entrée dans une salle presque vide et s’est mise à danser seule — un souvenir qui a renversé l’ambiance de la nuit.

Elle se souvient aussi d’un de ses pires souvenirs de fête: après avoir mélangé plusieurs boissons lors d’un concert, elle s’est réveillée désorientée chez elle, les affaires éparpillées. Ces expériences alimentent les chansons et le récit qu’elle se fait d’elle-même.

Évolution musicale: refuser les cases

Sur le plan artistique, Rachel refuse de se laisser enfermer dans une étiquette. Après que son premier album l’ait rangée dans la case « indie pop », elle a ressenti l’envie de pousser plus loin ses expérimentations: disco, pop électronique, variations de production.

Un producteur lui a rappelé que c’est surtout sa façon d’écrire qui donne une cohérence à son travail. De fait, même en changeant les sonorités, son écriture reste le fil rouge qui rend la musique identifiablement sienne.

Un lien direct avec le public

La chanteuse entretient une relation proche avec ses fans, qu’elle décrit presque comme des amitiés. Cette proximité lui permet d’expérimenter musicalement sans subir une pression normative: les retours sont francs, et elle apprécie qu’ils lui disent quand un titre leur plaît moins.

Pour Rachel, être accessible n’équivaut pas à se laisser contrôler. Elle préfère instaurer un dialogue: demander à son public ce qu’il souhaite pour la promotion, imaginer plus de rencontres, et conserver, malgré la croissance de sa carrière, un rapport humain et respectueux.

Sur scène, la présence avant tout

Interrogée sur la montée en puissance de sa carrière — passages au Saturday Night Live au Royaume-Uni, plateaux de festivals comme Daisy Chain Fields d’Olivia Rodrigo — elle relativise la « pression » ressentie. Avant SNL, l’angoisse était bien réelle: « Je dois réussir, sinon c’est la fin de ma carrière », se souvient-elle. Une fois sur scène, l’émotion a laissé place à l’émerveillement: « Je suis sur SNL, c’est vraiment génial. »

La sobriété, dit-elle, l’aide à profiter pleinement des opportunités et à être « présente » — une posture qu’elle revendique tant en studio que sur scène.

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