Cette semaine en musique — Fontaines D.C., Violet Indigo, Rachel Chinouriri

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Cette semaine, une série de sorties réunit des artistes qui brouillent les frontières entre indie rock, pop et musiques électroniques. De Fontaines D.C. à NTO, plusieurs albums et EPs témoignent de virages stylistiques, d’expérimentations club et de récits très personnels — autant de raisons d’écouter ces projets dès maintenant.

Fontaines D.C. — Dopamine Chamber

Publié le 16 octobre 2026 sur XL Recordings, Dopamine Chamber marque un nouveau pas dans la trajectoire du groupe irlandais. Après l’ampleur mélodique de Romance (2024), le quintette propose un disque de 43 minutes où guitares et nappes synthétiques se répondent dans une atmosphère plus sombre, produite par James Ford.

Guitare et nappes synthétiques en studio évoquant un son plus sombre
Fontaines D.C. explore guitares et nappes synthétiques sur Dopamine Chamber.

Les textes creusent des thèmes contemporains : l’appétit pour le plaisir, l’isolement numérique et la difficulté à donner sens à une vie saturée d’informations. L’ouverture, « Six Shot Morning », installe une tension froide et hypnotique ; sur « Marianne », la voix de Grian Chatten oscille entre séduction et malaise. La collaboration avec Rosalía, « Where Is Gone? », mélange deux univers surprenants mais compatibles, et confère au disque une gravité qui tranche avec l’espoir plus visible sur Romance.

Violet Indigo — Blunt Love Trauma

Violet Indigo livre son premier album après trois ans d’écriture et une route semée d’obstacles. Construit avec Joe Mambo, Blunt Love Trauma rassemble douze titres où se croisent jazz, pop et culture club, comme si l’artiste avait conçu l’ensemble comme un DJ-set narratif.

Formée entre influences aussi éclectiques que Billie Holiday et le Black Eyed Peas, la Franco‑Américaine assume une identité sans concession : humour, autodérision et expérimentation se mêlent pour faire de blessures personnelles une matière créative assumée.

Rachel Chinouriri — I think I spoke too soon

La Britannique Rachel Chinouriri propose son deuxième album chez Parlophone, deux ans après What a Devastating Turn of Events. I think I spoke too soon élargit son écriture : la pop introspective laisse place à des productions plus dansantes, entre synth-pop, UK garage et basses funky.

Chanteuse en performance pop électronique avec synthétiseurs
Rachel Chinouriri mélange pop introspective et productions dansantes sur son nouvel album.

Sur le plan thématique, l’album est très personnel. Chinouriri y évoque la fin de la vingtaine, les doutes, les relations et sa démarche vers la sobriété. Le single « Pretty girls » se pose en hymne de liberté féminine et queer. L’artiste défendra ces titres en concert, dont une date annoncée à L’Olympia à Paris le 22 juin 2027.

Angèle — Instinct

Avec Instinct, Angèle s’éloigne du ton politique de ses débuts pour livrer un disque davantage centré sur le personnel : désir, érotisme et l’accélération du quotidien. Le projet prend la forme d’un journal intime traversé par des productions plus lourdes et club.

Pour opérer ce changement de registre, elle s’entoure de figures de l’électronique — Justice, Soulwax, Caroline Polachek et SebastiAn — qui donnent au disque une direction résolument expérimentale et dansante. L’idée maîtresse : suivre ses impulsions, quitte à bousculer les attentes.

chest. — Happy, Broken

Formé au Supersonic, le club parisien, chest. rassemble cinq musiciens dont plusieurs travaillent comme ingénieurs du son. Leur premier album, Happy, Broken, enregistré à La Frette, prolonge un héritage post-punk teinté de noise rock tout en l’ouvrant à des textures électroniques et shoegaze.

Eliott Selwood, au chant, emprunte à la scène britannique pour des textes directs et des refrains conçus pour le live. L’album compte dix titres et se termine sur la mélancolie saisissante de « I’m Proud », laissant l’impression d’un groupe prêt à saisir une scène internationale.

Gayance — roaming

La productrice haïtiano‑canadienne Gayance publie son deuxième album, roaming, qui explore identité, mobilité et héritage diasporique. Nourri par des expériences au Brésil, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne, le disque mêle influences globales et culture club pour composer un carnet de voyage sonore centré sur la réappropriation de soi.

Nene H — Seltsame Fabeln

Figure de l’underground berlinois, Nene H mêle engagement — notamment autour de perspectives musulmanes et féministes — et énergie club. Son EP Seltsame Fabeln navigue entre techno purement dansante et expérimentations plus abstraites.

Parmi les morceaux, « Pferdemädchen » frappe par son immédiateté tandis que « War das ein Traum » monte progressivement en intensité. D’autres pièces, comme « Ende gut », jouent avec des superpositions rythmiques inhabituelles (grosse caisse en trois temps contre percussions en quatre), offrant un terrain de jeu à la fois déstabilisant et émouvant.

Jacques Greene — jg

Sept ans après Dawn Chorus, le producteur montréalais revient sur le label LuckyMe avec jg, un disque pensé pour le dancefloor qui réaffirme ses racines house, UK garage et bass music. L’album rassemble onze titres et plusieurs collaborateurs — CFCF, Ouri, Jonah Yano et crushed — autour d’une approche instinctive de la production.

Larosée — Same for me same for u

Le duo parisien Larosée propose un EP de cinq titres et un interlude qui installe une atmosphère douce et onirique. Entre folk et électronique, les arrangements mêlent guitare et synthé pour créer une esthétique cotonneuse.

Les paroles, plus graves qu’il n’y paraît, traitent du passage à l’âge adulte, des liens familiaux et du deuil. Le titre éponyme aborde les contradictions de l’amitié : vulnérabilité, rivalité et attachement profond, dans une forme délicate qui parle autant au cœur qu’à l’oreille.

Brodinski & Warzou — Audio Waste Management

Sur un EP de quatre titres inaugurant le sous‑label Markham//XR (Markham Road Records), Brodinski et Warzou livrent une palette de sonorités industrielles — basses abrasives, textures métalliques et percussions sèches — qui s’éloigne volontairement des codes du dancefloor.

Le projet accueille Aracoeli sur « A-Ttrav-Ers-Are » et le rappeur ougandais Ecko Bazz sur « Okutya ». Parmi les pistes, « Skeptic Smile » et « Dumpster Cut » prolongent une esthétique proche de la drill techno, brute et percussive.

JERSEY — NOTHING’S FAKE

Les frères Carl et Renaud, connus sous le nom de JERSEY, publient leur premier album, NOTHING’S FAKE, le 16 octobre. Après des EPs marqués par une forte viralité, le duo normand compose une musique électronique qui puise dans le rock britannique, la French Touch et l’EDM des années 2010.

Fort de collaborations et de scènes (Phoenix, Justice, MGNA Crrrta, Coachella, Primavera, Portola), JERSEY propose un disque conçu pour relier mélodies pop et explosions club : un mélange de nostalgie et d’énergie festive pensé pour la fête et la piste.

Oden & Fatzo — Somehow It Flies

Après le succès de « Lauren » et plusieurs sorties sur Defected, le duo parisien publie son premier album de 19 titres. Somehow It Flies traverse house, disco et French Touch, témoignant d’une décennie d’expérimentations.

Entourés d’une vingtaine de contributeurs, dont THEOS, Poppy Baskcomb et Camden Cox, Oden & Fatzo balancent entre grooves club et mélodies pop, célébrant un parcours indépendant et une relation évidente à la piste de danse.

NTO — Naked

Le producteur marseillais livre un deuxième album centré sur des épreuves personnelles. Dans Naked, la techno mélodique et progressive sert de véhicule à une émotion contenue — souvent lumineuse — portée par des invités dont la voix ou la présence laissent l’artiste se dévoiler sans artifice.

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