LinkedIn évite des recours collectifs américains liés au « browsergate »

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Un juge fédéral a rejeté deux recours collectifs visant LinkedIn, estimant que les plaignants n’avaient pas démontré de dommage réel lié au prétendu balayage des extensions de navigateurs. La décision constitue un revers pour les défenseurs de la vie privée, tout en laissant ouvertes des voies judiciaires alternatives.

Un rejet motivé par l’absence de « préjudice concret »

Le magistrat Vince Chhabria, du tribunal de district des États‑Unis pour le nord de la Californie, a statué contre Nicholas Farrell et Jeff Ganan. Selon son ordonnance, ils n’ont pas apporté la preuve qu’ils possédaient des extensions transmettant des informations privées à LinkedIn.

Façade d'un tribunal fédéral américain en Californie
Le tribunal de district pour le nord de la Californie a rendu la décision.

Le juge a souligné que sans démonstration d’un dommage mesurable, les allégations ne suffisaient pas à fonder une action collective. Pour lui, l’absence de ce point clé représente un « obstacle juridique majeur » aux prétentions des requérants.

Comment l’affaire a démarré

Le litige trouve son origine dans un rapport publié plus tôt par Fairlinked, une organisation liée à la société estonienne Teamfluence. Le document affirmait que LinkedIn collectait des « données de catégorie spéciale » — une notion protégée par le droit européen — et violait des règles californiennes sur la confidentialité.

Le rapport évoquait la présence d’un mécanisme par lequel LinkedIn aurait détecté environ 6 000 extensions, récupéré des informations matérielles et logicielles, puis intégré ces données à chaque requête API. Les auteurs ont aussi critiqué l’absence de référence à ce procédé dans la politique de confidentialité de la plateforme.

Fairlinked a par ailleurs estimé qu’une telle collecte pouvait exposer LinkedIn à des amendes importantes au titre des lois californiennes, à hauteur de plusieurs milliers de dollars par utilisateur concerné.

La réponse de LinkedIn et l’éclairage technique

Dans sa requête en rejet, LinkedIn a fermement nié les accusations. L’entreprise soutient que Teamfluence, via Fairlinked, a développé sa propre extension qui aurait aspiré des données depuis LinkedIn, en violation des conditions d’utilisation.

Code et icônes d'extensions de navigateur sur un écran d'ordinateur
Les experts débattent si des extensions ont réellement transmis des données.

LinkedIn affirme en outre que les contrôles de navigateur visaient à repérer des applications et extensions abusives. L’objectif aurait donc été défensif plutôt qu’extractif.

Un expert cité dans la procédure, Tyler Reguly de la société Fortra, a apporté une précision technique importante : l’examen semblait se limiter à la détection de la simple présence d’extensions, sans prélèvement supplémentaire de données utilisateurs. Cette interprétation réduit la gravité des faits allégués.

Voies juridiques et répercussions réglementaires

L’avocat de Jeff Ganan, J.R. Howell, étudie maintenant plusieurs stratégies, notamment un appel devant une cour fédérale ou le dépôt d’une nouvelle plainte devant un tribunal d’État californien. Howell précise que ses démarches avec Fairlinked ont précédé le dépôt initial de la plainte.

Sur le plan européen, la possibilité d’une action fondée sur le RGPD reste incertaine : Fairlinked maintient que les pratiques signalées contreviennent à plusieurs dispositions du règlement, mais l’issue d’une telle procédure n’est pas garantie.

Parallèlement, LinkedIn fait face à une autre affaire d’envergure : une action collective antitrust l’accuse de détenir illégalement 97 % du marché des réseaux sociaux professionnels. Cette accumulation de dossiers judiciaires entretient une pression réglementaire soutenue sur la plateforme.

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