Montrer le sommaire Cacher le sommaire
Un traitement expérimental visant à «rajeunir» des cellules a été administré à un premier patient, a rapporté Gizmodo. L’essai, mené par une start-up de Boston, cible les neurones de l’œil et soulève autant d’espoirs que d’interrogations sur la sécurité de la technique.
Un essai inédit sur l’œil
La société Life Biosciences a annoncé avoir injecté son médicament expérimental, baptisé ER-100, à un premier participant mardi 9 juin, environ quatre mois après l’autorisation de l’FDA pour lancer les essais cliniques. L’objectif : tenter de régénérer les neurones vieillissants du nerf optique chez des patients atteints de glaucome.
Sans manger, un animal abyssal géant peut survivre au-delà de cinq ans
Les entreprises tech sauront-elles se satisfaire de modèles d’IA moins coûteux ?
Le procédé repose sur l’administration d’un virus modifié transportant des gènes conçus pour reprogrammer les cellules et, selon l’entreprise, «inverser les modifications épigénétiques liées à l’âge». Ciblant l’œil, organe relativement isolé, l’approche vise à limiter la dissémination des effets potentiels dans le reste du corps.
Sécurité : des risques bien réels
Plusieurs chercheurs émettent des réserves. Les thérapies de reprogrammation cellulaire peuvent, avertissent-ils, provoquer une prolifération cellulaire incontrôlée. Des expériences antérieures chez la souris ont même abouti à des cancers.
Le neurobiologiste Pete Williams, du Centre for Eye Research Australia, interrogé par Nature, résume l’inquiétude : «Ça a suscité beaucoup d’engouement. Si ça tourne vraiment mal, ça pourrait nous nuire à tous dans le futur.»
Pour limiter ces dangers, Life Biosciences indique que ER-100 ne s’active que si le patient prend simultanément un antibiotique — une mesure de sécurité censée contrôler la fenêtre d’action du traitement.
Des bases scientifiques issues du laboratoire
Les travaux qui sous-tendent cet essai proviennent du laboratoire du généticien David Sinclair, à Harvard. Son équipe a montré que l’activation de trois gènes pouvait régénérer des neurones et inverser une perte de vision chez des souris âgées ou atteintes de glaucome.
Life Biosciences, cofondée par Sinclair, affirme avoir affiné la méthode à partir d’études sur des primates non humains. Le protocole clinique expérimental vise à maintenir l’expression des gènes pendant huit semaines, une durée beaucoup plus longue que celle testée habituellement dans ce domaine.
Des promesses entourées de prudence
Ces essais restent, pour l’heure, axés sur des pathologies oculaires spécifiques. Ils sont loin des ambitions de certains promoteurs de la longévité. «Dans le meilleur des cas, cela permettra de traiter certaines formes de cécité et d’ouvrir la voie à de futurs travaux», tempère Karl Pfleger, investisseur auprès d’un concurrent britannique, auprès du MIT Technology Review.
David Sinclair a annoncé vouloir développer une version orale de ses médicaments et participe à une compétition qui offre un prix de 101 millions de dollars à l’équipe capable de rendre dix années de vie à un patient en moins d’un an de traitement. Un objectif ambitieux et, selon les chercheurs, chargé d’incertitudes scientifiques et éthiques.
La progression de cet essai mérite une surveillance étroite : il pourrait ouvrir des voies thérapeutiques importantes pour la cécité liée à l’âge, mais soulève aussi des questions de sécurité qui doivent être résolues avant toute généralisation.











