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Cette semaine, notre sélection transporte l’auditeur du silence sculptural de Lucie Antunes aux pistes de clubs futuristes, en passant par des propositions rock et punk incisives. Ces sorties offrent autant de respirations — expérimentales, dansantes ou nerveuses — qui méritent l’attention des auditeurs curieux.
Par Elio Froidevaux et Noah Potloot
Lucie Antunes — Silence
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Après Carnaval (2023), Lucie Antunes signe un projet collectif et scénique, Silence, conçu avec la chorégraphe Mathilde Monnier et co-produit par Canblaster. L’album accompagne la pièce éponyme et mêle musique électronique et textures plus expérimentales : voix robotisées saturées d’écho, superpositions vocales et atmosphères souvent très sombres.
La palette instrumentale renvoie aussi à l’univers personnel d’Antunes — vibraphones, synthés, métallophones, bois, piano et batterie — et porte un propos central : ce rappel de la fugacité de notre passage. L’ensemble sonne comme une œuvre totale, pensée pour le plateau autant que pour l’écoute attentive.
Surusinghe — Cutting Thread
Originaire de Naarm (Melbourne), passée par la scène nocturne londonienne, Surusinghe transpose son expérience de la dancefloor sur ce nouvel EP. L’ancienne fervente de la bass music glisse ici vers des ambiances techno et dub tout en conservant un sens aigu du groove.
Parmi les titres, le long hymne “FRIED” étire la sensation d’un corps en mouvement, tandis que “Party Criminal”, avec la MC jamaïcaine Warrior Queen, injecte un flow plus rageur. “Dips & Dixies” plonge quant à lui dans une cave torride, jouant sur des textures oppressantes — un cocktail sonore pensé pour la nuit.
Vitess — Reframed (Deluxe)
Le Français Vitess publie une version augmentée de son projet : Reframed (Deluxe), sortie le 2 avril 2026. Le disque poursuit la fusion entre la house progressive des années 1990 et des sonorités plus futuristes, avec des incursions pop et instrumentales.
La réédition apporte six inédits orientés club, dont “Night Shelter”, porté par une basse groovy, et le dynamique “Be Right”, où des synthés saturés flirtent avec une esthétique proche du rock. À peine quelques semaines après la sortie initiale, l’artiste propose donc un prolongement destiné aux pistes estivales.
Voyou — Chroniques terrestres vol.2
Voyou poursuit son travail de passeur de paysages urbains avec Chroniques terrestres vol.2, un disque où la nostalgie se fait douce et propulsive. Le projet accueille plusieurs invités : le rappeur Tuerie sur “Hula Hoop” et la Belgo‑Camerounaise Lubiana sur “Yemaya”, qu’elle enrichit de sa voix et de la kora.
Le fil conducteur du disque est souvent assuré par un saxophone ténor, ponctué de synthés, guitares et boucles numériques. On navigue entre pop et jazz lo‑fi, dans des morceaux conçus comme des promenades en milieu urbain — “Adieu l’été” conclut cette trajectoire en gardant les pieds sur terre.
DÉVORE — Jolt
Avec son second EP Jolt, DÉVORE affirme une direction plus sombre et personnelle. L’ensemble oscille entre indie pop et art rock, enrichi d’influences allant de la musique minimaliste américaine au trip‑hop et au jazz.
Les arrangements misent sur des timbres inhabituels — clarinette basse, flûte, saxophone — mêlés à des samples de hip‑hop alternatif. Des morceaux comme “Love is A” montrent une production plus ambitieuse, où cuivres puissants et réminiscences du hip‑hop West Coast des années 1990 se conjuguent pour donner au groupe une nouvelle assise.
Umwelt / DJ MELL G X Unklevon — For The Floor Vol.5 [CELTD016]
Le label Cultivated Electronics de Sync 24 met en lumière des registres techno différents sur ce vinyle collectif. Umwelt signe deux morceaux — “Memoryscape” et “Morphing Sequences” — qui plongent dans une techno industrielle, dystopique et rythmée.
DJ MELL G (Juicy Gang Records) et Unklevon (régulier de Boysnoize Records) s’associent sur “Get Down”, hommage à la techno de Détroit teinté d’une patine futuriste. La face B contient un remix du titre par Sync 24 et Controlled Weirdness. Pour l’instant, la sortie privilégie le vinyle, mais les pistes circulent aussi sur des plateformes publiques comme YouTube.
La Sécurité — Bingo!
Le collectif art‑punk montréalais revient après Stay Safe! (2023) avec Bingo!, un disque qui pousse plus loin les expérimentations rythmiques et harmoniques du groupe. Polyrythmies, changements d’accords inattendus et dissonances subtiles forment une pop percutante et inventive.
La palette sonore s’enrichit d’influences no wave, noise rock et shoegaze, et les textes abordent des sujets contemporains — santé mentale, autonomisation féminine, relations dysfonctionnelles — parfois avec ironie. Des titres comme “Trixie”, “Nah Nah” ou “Chill Pill” montrent un collectif à la fois provocateur et nuancé dans ses prises de parole.
Ces sorties couvrent un large spectre : du plateau chorégraphique à la nuit en club, des expérimentations sonores aux revendications punk. Autant d’options pour renouveler vos playlists cet été — selon l’humeur et l’heure.











