Un dirigeant indique la durée de la pause déjeuner qui favorise l’efficacité au travail

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Nombreux sont les salariés qui rognent sur leur pause déjeuner pour avancer leurs dossiers ou répondre à des e-mails — une habitude qui peut nuire à la productivité sur le long terme. Des spécialistes estiment qu’une coupure trop courte empêche une vraie récupération mentale et recommandent une durée bien précise pour revenir plus efficace l’après-midi.

Travailler pendant le repas coûte cher

Réunions qui débordent, boîte mail saturée, urgences à traiter : autant d’arguments qui poussent à manger devant l’ordinateur ou à écourter la pause. Sur le moment, cela semble permettre de « gagner du temps ». Mais la pratique a un revers : elle altère la concentration et la capacité à maintenir un bon niveau d’effort toute la journée.

En raccourcissant systématiquement la pause, on s’expose aussi à une baisse de motivation et à une fatigue mentale qui s’accumulent au fil des heures. Le résultat est souvent moins d’efficacité que si l’on avait pris le temps de se détacher vraiment du travail.

La pause, une nécessité physiologique

Des experts comparent la nécessité de s’arrêter pendant la journée à d’autres formes de récupération, comme le sommeil ou la récupération après un effort physique. Le cerveau a besoin de moments où il ne traite pas les mêmes stimuli pour reconstituer ses ressources.

Charles Hipps, fondateur de l’entreprise de recrutement Oleeo, constate cette difficulté à décrocher au quotidien. « On reste souvent mentalement en mode travail », dit-il. « On peut manger à son bureau, consulter ses messages ou bâcler sa pause sans jamais vraiment déconnecter. »

Quelle durée pour une vraie coupure ?

Une demi-heure ou 45 minutes permettent de prendre un repas, mais pas toujours de s’éloigner suffisamment des sollicitations professionnelles. Dans ces conditions, la pause devient parfois une source de stress supplémentaire, entre course au déjeuner et consultation compulsive de l’horloge.

Pour permettre une réelle déconnexion, Charles Hipps préconise une pause plus longue, de 75 minutes. Selon lui, une heure et quart offre le temps de déjeuner calmement, de prendre l’air ou d’échanger avec des collègues — autant d’éléments qui favorisent un retour au travail plus alerte et plus concentré.

Il résume ainsi son point de vue : « Les êtres humains ne sont pas des machines. » Et il ajoute que « l’énergie fluctue au cours de la journée et selon les saisons. Si commencer un peu plus tôt et faire une pause plus longue permet à une personne de revenir plus alerte, plus calme et plus productive, ce n’est pas du temps perdu, c’est une meilleure utilisation de la journée. »

Implications pratiques

Pour les entreprises comme pour les salariés, la question n’est pas seulement de respecter un créneau, mais d’encourager une vraie déconnexion pendant la pause. Des aménagements d’horaires ou des espaces favorisant la coupure peuvent suffire à transformer une pause formelle en véritable temps de récupération.

Au final, allonger la pause ne signifie pas moins de travail sur la journée : il s’agit d’optimiser les moments de repos pour préserver la concentration et la productivité.

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