fbpx
Slash, sur les réseaux

Société

YouTube ou le #BesoinDePlaire

Publié

le

Cela fait quelques années déjà que YouTube s’est transformé en un média à part entière. Oui, il y a des êtres qui vivent de leurs créations postées sur cette plateforme. La télé vieillit, tout comme la radio, la presse, et j’en passe. Internet devient donc le nouveau réseau qui attise les foules.

Pour ce qui concerne les individus, seuls, face à leur(s) écran(s), tout a commencé par les fameux blogs. Souvenez-vous : chacun pouvait y raconter sa vie sur sa page Internet, créer son propre contenu et le dévoiler à tous. Et puis sont apparus gentiment, mais sûrement, les réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat… Il devenait alors extrêmement facile de communiquer avec des gens du monde entier.

Jusqu’ici, je ne vous apprends rien, en effet. Je ne fais que répéter ce que l’on a pu lire au début de nombreux articles sur ces réseaux sociaux – qu’on les apprécie ou non. Ce que je me demande réellement, c’est quel est l’impact de ces extranets sur notre société, leur utilité comme leurs mauvais côtés ? J’ai un compte Facebook, Instagram, Snapchat et je regarde quelques vidéos sur YouTube depuis plusieurs années. J’ai eu le temps de voir toutes ces plateformes évoluer d’une manière que je n’aurais jamais pu prédire étant plus jeune.

Je me souviens d’un Facebook sur lequel mes amis postaient de petits statuts à propos de tout et de rien, on m’envoyait des chaînes à faire suivre pour éviter le mauvais sort et je recevais des invitations pour des jeux. Assez banal, oui. Mais j’y trouvais aussi des liens vers des sites intéressants par lesquels j’apprenais plus ou moins de choses, je lisais des avis au sujet d’événements et je pouvais participer à des débats. J’étais au courant de toutes les futures manifestations dans ma région, et finalement, c’était aussi simple que ça.

Je me souviens également du début de YouTube. Je ne connaissais que certains youtubeurs humoristiques qui me faisaient vivre un bon moment, je pouvais trouver des vidéos sur n’importe quel sujet, au besoin. Mais les années passèrent et ces plateformes se sont démocratisées. Toutes ont prises de l’ampleur, et de nouvelles applications sont venues s’y greffer. Je pense forcément à Instagram et Snapchat qui sont de nos jours incontournables. Là, les premières questions m’ont traversé l’esprit.

D’abord, les internautes étalaient leur vie entière à travers des photos sur Snapchat. Ils capturaient chaque petit événement pour le montrer à tous, semblant plus intéressés par le nombre de vues sur cette image que par le contenu qu’ils vivaient simultanément. Ensuite, les gens postaient de très beaux clichés sur Instagram. Oui, je suis subjuguée à la vue de certaines images sur ce réseau, et c’est sûrement ce qui en fait toute sa beauté. J’aime aussi voir les selfies de mes amis, découvrir le récit de leur vie mois après mois avec des photos postées à intervalles irréguliers.

Mais tous ces réseaux sont aussi (et surtout ?) un moyen de se faire connaître. J’ai vu le contenu YouTube se banaliser. Toutes les vidéos se ressemblent. Des tutos beauté, des vidéos « lifestyle », des tests de jeux vidéos, des podcasts et d’innombrables vlogs.

Capture : YouTube/ Norman fait des vidéos – Les chemises

Je me suis lassée de ces vidéos. Alors j’ai cherché d’autres contenus. YouTube regorge de réalisateurs talentueux ! Certains analysent des clips, d’autres décortiquent la musique actuelle, critiquent des films, expliquent des phénomènes de société, s’intéressent à des sujets peu connus et en parlent… J’ai appris beaucoup de choses par ces vidéos. Pourtant, à tort, elles sont bien moins visionnées que celles au contenu répétitif et monotone. Si je fais des tutoriels beauté, j’ai beaucoup plus de chance de me créer une grande communauté qui regardera mes vidéos que si j’explique des faits politiques. Et surtout, si je décide de monétiser mes vidéos, je gagne de l’argent… Le sujet reste tabou dans le domaine, mais certains youtubeurs arrivent à vivre de leurs productions, grâce à la monétisation et au placement de produits.

Lire aussi :  Le Guide Slash de l'enseignement divertissant

Mais tout cela part à la dérive. J’en ai mal au ventre. À travers le monde, chaque jour, plusieurs millions d’adolescents (seulement ?) s’identifient à des « apôtres de la mode » qui leur montrent comment être beaux grâce à du maquillage, comment remédier à leurs complexes grâce à la chirurgie, et, ironie du sort, comment se sentir bien dans leur peau… Mais ce n’est pas tout. Cela se répercute alors sur Instagram, réseau qui peut nous rendre des plus narcissiques. On doit être beau, on doit répondre à des critères de beauté, c’est comme cela que l’on plaira. Voilà ce que sous-entendent les réseaux sociaux en 2016 : « Tu dois être beau. Tu dois te faire connaître, et tu auras réussi ta vie ».

Alors oui, j’en ai marre. Je critique ce contenu de vidéos inintéressant et vide. Ce n’est que du paraître ! Je m’en fiche que mon maquillage soit bien fait, du moment que je l’aime et que je me sens mise en valeur ! Je m’en fiche si mes habits ne respectent aucun style, du moment que j’ai le mien ! Je m’en fiche si je j’ai ni le tour de poitrine, ni le tour de hanche des soeurs Kardashian, moi je suis naturelle ! Je refuse de plaire avec de faux cils, des sourcils tatoués, de faux cheveux, un maquillage de cinéma sur le visage et une couleur de peau qui n’est pas la mienne ! Je refuse de refaire n’importe quelle partie de mon corps pour approcher un idéal de beauté qui ne fait qu’évoluer au cours du temps ! Ce qui crée le charisme d’une personne, ce sont ses petits défauts, qui la rendent différente de qui que ce soit d’autre.

Capture : Youtube – EnjoyPhoenix

Ce n’est pas en se ressemblant que l’on va devenir des gens meilleurs, ce n’est même pas une question de « s’accepter » ! C’est juste de voir à quel point la vie à plus à nous apporter que de n’être qu’un morceau d’apparence dans un monde si faux, de comprendre que l’être intérieur est bien plus riche qu’un simple corps. Non, je ne suis pas contre le fait de prendre soin de soi. Moi-même, je suis plutôt coquette ; j’aime les vêtements et assembler mes tenues. Ce que je critique, c’est ce culte de la beauté du corps qui va beaucoup trop loin, alors que la beauté de l’âme n’a plus aucune importance.

Ce que je retiendrai, c’est que rien n’est plus admirable que la beauté de l’âme, et que chaque petit défaut rend une personne irrésistiblement différente. #SoyezVousMême !

Société

Paléo : le lexique québécois pour «se payer la traite» au Village du Monde

Publié

le

En 2008, l'Europe de l'Est fut mise en lumière grâce au Village du Monde – © Paléo / Boris Soula

Pour sa 17e édition, le Village du Monde du Paléo Festival mettra le cap sur le Québec et sa culture. Voici quelques locutions pour comprendre crissement mieux le français de la Belle Province.

«Si vous t’as la parlure québécoise, tu vas clairement t’achaler sur ces lignes-là». Comprenez : si vous parlez le français québécois, vous vous ennuierez certainement à la lecture de cet article.

Le Paléo Festival commence mardi, pour une 44e édition qui fera la part belle à la francophonie. Et pour cause, le traditionnel Village du Monde du festival, avec ses concerts, décors, et son artisanat typique, mettra le cap cette année sur le Québec et sa culture.

Lire aussi :  Douce francophonie et rap solide au Paléo

Depuis de nombreuses années déjà, les autres francophones du monde, qui prennent terre en sol québécois, pour une nuit ou pour la vie, tergiversent volontiers sur le sens du «dialecte» pratiqué par les Québécois, nos cousins «pure laine».

Alors, pour avoir une parlure impeccable auprès de votre voisin de comptoir, Slash vous propose un lexique québécois faisant appel à quelques locutions bien utiles sur la Plaine de l’Asse (ou pas).

Parlure empreinte d’hisoire

Selon Le Petit Livre du parler québécois de Claire Armange (éd. First,  2016), le vocabulaire de la Belle Province est riche de mots liés à son histoire. Le langage québécois, on s’en doute fort, doit la grande partie de ses origines à l’ancien français. Les Québécois défendent avec fierté la francophonie face à la prépondérance de la langue anglaise en Amérique du Nord.

Langue des premiers colons venus peupler la Nouvelle-France, il a subi, au fil des époques, des gouvernances et des influences des Premières Nations, un métissage avec les langues autochtones aussi bien qu’avec la langue des conquérants anglais.

Le français des Québécois, alors, se teinte de plusieurs anglicismes, de quelques termes autochtones et de beaucoup d’expressions issues d’une culture agréablement imagée et parfois complètement fantaisiste. On y retrouve, notamment :

des régionalismes français bavasser (bavarder, dire des médisances), astheure (maintenant), la broue (la mousse), prendre son respir (retenir son souffle), maganer (abîmer, maltraiter) ou encore souventes fois (souvent) ;

des emprunts faits à la langue amérindienne : un achigan (un poisson), un atoca (une canneberge), la babiche (une lanière de cuir) ;

des québécismes, des mots ou expressions propres au français du Québec : bûcher (abattre un arbre, couper du bois), il mouille (il pleut), la poudrerie (une fine neige tourbillonnante), une secousse (un certain temps), le solage d’une maison (les fondations) ou une tuque (un bonnet de laine).

Lexique

Achaler (v.) – ennuyer, importuner

Ce verbe provient probablement du verbe chaloir qui signifiait approximativement importuner de façon excessive dans un vieux dialecte normand.


Bardasser (v.) – action de chahuter, de bousculer quelqu’un ou quelque chose / action de faire du tapage

Verbe à l’origine incertaine. Emprunté soit du verbe poitevin «bordanser» (balancer, secouer), soit de l’onomatopée par laquelle on désigne le bruit que faisaient les soldats en emmenant leur «barda».


Bécosse (n.f.) – toilettes

Mot probablement né d’une déformation de la locution anglaise «back house», qui se traduit par «maison à l’arrière». Cette dénomination désignait autrefois les latrines extérieures.


Bourré, être (exp.) – avoir trop mangé

Expression francophone qui peut signifier également «soul» ou «riche».


Calice (inter.) – sacre manifestant la colère ou l’indignation

Le calice, du grec kulix, est un vase sacré de la liturgie chrétienne, présentant la forme d’une coupe évasée portée sur un pied élevé.


Char (n.m.) – voiture, bagnole

Ce mot, dérivé du latin carrus, a longtemps été perçu comme un anglicisme, à tort, au Québec, étant donné sa similarité avec le mot «car». Néanmoins, le Cambridge Dictionary le réfère comme un mot d’origines françaises et latines.


Catin (n.f.) – petite fille

Outre son sens français de prostituée, le terme «catin» au Québec, retrouve son sens de pureté. En effet, le mot «catin» vient du prénom Catherine, qui lui vient du mot grec katharos, qui signifie «la pureté». En France, on lui attribuait, autrefois, le sens de jeune fille de campagne, ce qui expliquerait le sens québécois.


Frencher (v.)  rouler une pelle

Ce verbe provient du verbe anglais «to french kiss» (embrasser).


Fou comme un balai, être (exp.) – personne qui a perdu la raison, dont le comportement semble insensé

Cette locution tire son origine du 19e siècle. La confection de ces outils ménagers se faisait à la main par des ouvrières, et le talent de ces dernières était un atout important. Lorsque le cordage n’était pas bien fait, la direction que prenait le balai était imprévisible. Le balai n’en faisait qu’à sa tête, tel un fou.


Gosse (n.f.) – synonyme familier de «testicule»

Ce mot est apparenté à «gousse», qui signifie une enveloppe des graines des légumineuses. Utilisé comme verbe, comme dans «tu me gosses», il s’apparente à «tu m’énerves».


Hambourgeois (n.m.) – hamburger

Mot québécois utilisé pour franciser le terme anglais «hamburger».

Itinérant.e (n.m.f.) – sans-abri

Les termes «itinérant» et «itinérante» font maintenant partie du vocabulaire de la sociologie au Québec. Dans le registre courant du français dit «de France» (en opposition au français québécois), l’on parle de «sans-abri», définissant ainsi ce groupe social en rapport à un bien matériel qu’il ne possèdent pas. Tandis que, de l’autre côté de l’Atlantique, cette catégorie de personnes est définie par son activité : le fait d’errer.


Joual (n.m.) – façon de parler dérivée du français de France

Le mot provient de «cheval», prononcé [jwal], comme en français du 17e siècle, utilisé en France jusque dans les années 1960. Aujourd’hui, il définit la façon de dénigrer le parler québécois («parler joual»).


Line-up (n.m.) – file d’attente, queue

Terminologie directement traduite de l’anglais. «Faire un line-up», c’est donc patienter dans la file d’attente.


Liqueur (n.f.) – boisson gazeuse

On ne s’étonnera donc pas qu’une mère propose à ses jeunes enfants d’aller «boire une liqueur», en attendant le concert de Robert Charlebois.


Se payer la traite (exp.) – se payer du bon temps

La traite était un moyen de définir une dette commerciale durant le Moyen-Âge. Il s’agissait d’un document qui fixait les modalités de remboursement (une sorte de crédit). Ainsi, l’expression trouve son origine dans ce premier sens : s’offrir quelque chose sans payer immédiatement, sous-entendu dépenser sans compter.


Pissou, être (exp.) – personne peureuse, lâche, qui recule devant le moindre obstacle

Cette expression, utilisée jadis en France, provient du latin pissiare qui veut dire «uriner». Pissou voudrait dire «enfant qui pisse au lit».


Robine (n.f.) – alcool fort et de mauvaise qualité

Mot calque de l’anglais «rubbing (alcohol)» (littéralement de l’alcool à friction).


Tabarnak / tabernacle (inter.) – juron exprimant le mécontentement, la colère

Déformation du mot français «tabernacle», qui, dans une église catholique, est une armoire contenant le ciboire et ses hosties. Dans la religion hébraïque, il s’agit d’une tente dressée, qui abritait l’arche d’alliance et les objets sacrés.


Tiguidou, c’est (exp.) – génial, super, trop bien

Ce terme est une pure création québécoise, à l’origine floue. La théorie la plus plausible est celle d’une variante de l’expression écossaise «tickety-boo», qui signifie «aller lentement, mais sûrement».


Tomber en amour (exp.) – tomber amoureux

Cette expression est la traduction littérale de la version anglophone «to fall in love».


Il n’y a pas de quoi se pitcher sur les murs (exp.) – se dit d’une chose qui n’a rien d’exceptionnel

«Ce concert des Twenty Øne Piløts était sympa, mais il n’y a pas de quoi se pitcher sur les murs».


Le 44e Paléo Festival se déroule du 23 au 28 juillet 2019, à Nyon. Infos, bourse au billets et programme complet sur www.paleo.ch. 

Continuer la lecture

Actu

Ceci pourrait être l’article d’une femme*

Publié

le

Le 14 juin 1991 a eu lieu la première "Grève des femmes*" – Image : Keystone

Aujourd’hui, partout en Suisse a lieu la «Grève des femmes*». Sensible à la cause, Slash Média se fait porte-voix du manifeste rédigé en décembre 2018 par les Collectifs romands pour la grève féministe et des femmes.

Un peu partout dans le monde, nous assistons à un renouveau des mouvements féministes : #metoo a contribué à diffuser et libérer la parole des femmes* et, grâce aux réseaux sociaux, a eu un écho planétaire.

En Suisse aussi, le sexisme, les inégalités et les violences à l’encontre des femmes* persistent, malgré un discours politiquement correct sur l’égalité et bien que l’égalité soit inscrite dans la Constitution fédérale depuis 1981.

«Les femmes bras croisés, le pays perd pied !»

Au pays de la prétendue paix du travail, les femmes ont déjà fait une grève qui a mobilisé 500’000 personnes ! C’était le 14 juin 1991, dix ans après l’entrée en vigueur de l’article constitutionnel sur l’égalité. Ce jour-là, les femmes ont croisé les bras : la grève a eu lieu non seulement sur les lieux de travail, mais aussi dans les foyers, où elles ont arrêté de faire le ménage, ont suspendu leurs balais aux fenêtres, n’ont pas cuisiné ni pris en charge les enfants.

La grève des femmes de 1991 avait surpris tout le monde. Un immense élan vers l’égalité avait secoué le pays : nous avons depuis lors obtenu des résultats concrets comme une Loi fédérale sur l’égalité entre femmes et hommes, un congé maternité, le splitting et le bonus éducatif dans l’AVS, la solution dite des délais en matière d’avortement, des mesures de lutte contre les violences domestiques.

Aujourd’hui, nous avons besoin d’un nouvel élan ! Le 22 septembre 2018, 20’000 femmes* et hommes solidaires ont manifesté à Berne pour l’égalité et contre les discriminations. Le début d’une mobilisation que nous voulons poursuivre jusqu’à la grève féministe et des femmes* le 14 juin 2019 !

L’égalité stagne : les femmes* se mobilisent !

Nous sommes toutes exposées au sexisme, aux discriminations, aux stéréotypes et aux violences, sur le lieu de travail, à la maison ou dans la rue. Mais nous savons que des oppressions spécifiques basées sur l’appartenance de race, de classe ou sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre se combinent, si bien que certaines d’entre nous peuvent subir des discriminations multiples. Faire vivre la solidarité entre les femmes* du monde entier, c’est un des objectifs de notre grève.

Fortes de nos diversités, nous refusons toute instrumentalisation de nos luttes, notamment à des fins racistes. Nous revendiquons le droit de vivre libres dans une société qui garantit des droits égaux pour toutes*.

Durant ces vingt dernières années, nous avons assisté à la montée des politiques néolibérales: les services publics ont été remis en cause, les prestations ont été réduites, des secteurs comme la santé ont été soumis à la logique marchande, les conditions de travail et de retraite ont été péjorées. L’économie capitaliste veut maximiser les profits au détriment de l’être humain et de l’équilibre écologique. Les femmes* sont les premières à en souffrir en tant que travailleuses précaires, migrantes ou encore mères, souvent seules responsables du foyer et des enfants.

Comme le disent les Islandaises: «Ne changeons pas les femmes, changeons la société !». Car l’égalité ne peut se réaliser dans un monde où seul compte l’argent, mais nécessite de construire une société où ce qui compte est le respect et le bien-être de chaque être humain.

Un mois avant la journée de la “Grève des femmes*”, des actions ont eu lieu dans toute la Suisse. Ici, à Genève – DR

Lire aussi :  Les femmes cellophanes  #2 : Nellie Bly, journaliste d’investigation

Le 14 juin 2019, nous nous mettrons en grève sur nos lieux de travail, dans nos foyers et nous occuperons l’espace public

Parce que nous en avons assez des inégalités salariales et des discriminations dans le monde du travail. Parce que nous voulons des rentes qui nous permettent de vivre dignement. Parce que nous voulons que le travail domestique, éducatif et de soins soit reconnu et partagé, de même que la charge mentale. Parce que nous nous épuisons à travailler, nous voulons réduire le temps de travail. Parce que le travail éducatif et de soins doit être une préoccupation collective. Parce que nous revendiquons la liberté de nos choix en matière de sexualité et d’identité de genre. Parce que notre corps nous appartient, nous exigeons d’être respectées et libres de nos choix. Parce que nous refusons la violence sexiste, homophobe et transphobe, nous restons debout ! Parce que nous voulons que la honte change de camp.

Lire aussi :  « Pionnière », tout sauf un truc de bonhomme

Parce que lorsque nous venons d’ailleurs, nous vivons de multiples discriminations. Parce que le droit d’asile est un droit fondamental, nous demandons le droit de rester, lorsque nos vies sont en danger. Parce que l’école est le reflet de la société patriarcale, elle renforce les divisions et les hiérarchies fondées sur le sexe. Parce que nous voulons des cours d’éducation sexuelle qui parlent de notre corps, du plaisir et de la diversité sexuelle. Parce que les espaces relationnels doivent devenir des lieux d’échange et de respect réciproque. Parce que nous vivons dans une société qui véhicule des représentations stéréotypées de «la femme».

Lire aussi :  Intelligente et coquette, c'est possible ?!

Parce que nous, actrices culturelles, sommes trop souvent peu considérées et reconnues. Parce que les institutions ont été conçues sur un modèle patriarcal et de classe dans lequel nous n’apparaissons qu’en incise. Parce que nous sommes solidaires avec les femmes du monde entier. Parce que nous voulons vivre dans une société solidaire sans racisme, sans sexisme, sans homophobie et sans transphobie.

Pour toutes ces raisons et d’autres encore, nous ferons grève le 14 juin 2019 !


La «Grève des femmes*» a lieu le 14 juin 2019 dans toute la Suisse www.frauenstreik2019.ch.

Femme* : toute personne qui n’est pas un homme cisgenre (soit un homme qui se reconnaît dans le genre qui lui a été assigné à la naissance).

Continuer la lecture