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Politique

LRens : notre sphère privée sera-t-elle sacrifiée au nom de la sécurité nationale ?

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Le 25 septembre prochain, le peuple suisse portera aux urnes une loi fédérale dite « sur le renseignement ». Son but serait de donner de nouveaux moyens à nos services de renseignement fédéraux afin d’augmenter leur efficacité, en premier lieu, quant à la lutte antiterroriste. Cette loi nous donnerait-elle en sécurité autant qu’elle nous prendrait en liberté ? Éléments de réponse.

Au vu de la situation géopolitique actuelle, il est évident que des mesures doivent être prises pour assurer la sécurité de notre pays. L’armée helvétique annonçait, la semaine dernière encore, le vol d’explosifs militaires dans une caserne argovienne. Néanmoins, en essayant de garder la tête froide, il faut se rendre à l’évidence, cette loi comprend des failles quant au respect même de certaines valeurs parmi les plus fondamentales de notre démocratie, notamment celle de notre sphère privée.

« Nous sommes à la cave et, avec cette loi, nous allons remonter au rez-de-chaussée. » affirmait récemment, à nos confrères de la RTS, notre nouveau conseiller fédéral chargé de la Défense, Guy Parmelin, au sujet de nos services de renseignement. Il est vrai que, sur l’aspect sécuritaire, nous sommes bien en retard – heureusement (ou pas ?) – sur nos voisins européens. Le contrôle du courrier postal, la surveillance téléphonique, l’infiltration de systèmes informatiques à l’aide de virus sont autant de joujoux que ceux-ci possèdent, contrairement à nous. Mais, rappelons-le, leur utilisation serait désormais permise sous l’application de cette loi.

Selon les soutiens au texte, ces nouveaux moyens d’action permettraient de détecter plus facilement les menaces potentielles pour notre pays en surveillant de près les individus que les SRC (Services de Renseignement de la Confédération) soupçonnent de vouloir mettre leur plan à exécution. Mais attention, toutefois, ces mesures ne pourraient être appliquées que si la menace est estimée « gravissime ». Elles devraient être approuvées par un juge et par trois membres du Conseil fédéral (au moins), dont le Chef de la Défense lui-même. Un nouvel organe de surveillance interne serait également créé, dans l’intérêt de veiller à ce que les activités des SRC soient justifiées. C’est pour toutes ces raisons que l’on pourrait affirmer que la loi serait, dans l’état, non seulement efficace, mais (surtout) préservée de tout éventuel abus.

Néanmoins, qu’en est-il réellement de son efficacité ? Comme nombreux projets de lois, il est difficile de le tester. Certains tentent d’appliquer le cas à ce que font déjà nos voisins français, mais la quantité de données qu’ils ont à gérer est tout autre que celle de la Suisse. Par ailleurs, et pour rappel, une grande partie des terroristes, qui sont arrivés à leurs fins, étaient surveillés, ce qui ne les a pas empêchés de commettre leurs crimes odieux. En Terre helvétique, la situation semble peu alarmante, et pourtant. Selon des propos recueillis par nos confrères valaisans du Nouvelliste, « la menace d’attentat a augmenté en Suisse » estime, à nouveau, Guy Parmelin.

Mais la véritable interrogation que ce texte soulève et de se demander si, finalement, cette mesure n’est pas une boîte de Pandore, ouvrant les portes à une collectivité Orwelienne dénuée de toutes libertés individuelles ? La question est évidemment provocatrice, mais justifiée. En effet, les aspects incontrôlables d’une telle loi sont innombrables, et ce, déjà dans notre société actuelle. Qui peut prédire les évènements qui nous attendent ? Pour illustrer ces propos par un exemple concret, on peut citer le projet (à peine dissimulé) de nos autorités ; celui de détecter les potentiels terroristes grâce à un système de mots-clefs (et ce ne sera très probablement pas “Ben Laden”, “bombe” et “Daech”) liés aux recherches Internet. Tout cela est bien beau et ne pose, à priori, aucun problème sur papier. Au contraire, dans la pratique, aucun organisme suisse n’a la capacité de mettre au point un tel système. Les SRC devront donc faire appel à une société étrangère spécialisée, par laquelle devront forcément transiter les informations récoltées. Dans le domaine, les entreprises, majoritairement basées aux USA, communiquent automatiquement leurs données avec leur gouvernement. Pour des affaires jugées « secrètes », c’est un peu risible.

Malgré toutes ces réserves, il est évident que la protection de nos concitoyens, contre le terrorisme, est une priorité, et c’est pour cette raison que la majorité de nos politiques semblent, pour l’instant, vouloir accepter ce texte. A contrario, ce projet nous prouve également qu’il est capital de garder notre œil de citoyen ouvert et de ne pas hésiter à exercer notre précieux droit à la décision politique pour conserver nos libertés aussi intactes que possible. Alors, passera ou ne passera pas ? Réponse le 23 septembre.

Actu

“Maman, j’ai raté l’avion”, version PLR

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© 20th Century Fox

COMMENTAIRE. Tout juste remis de leur cuisante défaite zurichoise, le #TeamFDP ou PLR (si jamais l’organe communication du parti oubliait à nouveau que la Romandie est en Suisse) se lance dans l’industrie juteuse de l’écologie.

Il paraît que l’on apprend de ses erreurs. Généralement, cette citation a le mérite d’être avantageuse. Mais pas tout le temps. Dans le cas précis du revirement écologique du PLR, cela ressemble plutôt à un «changeons notre fusil d’épaule». Car oui, le parti de droite s’intéresse à cette problématique désormais. Dès le vendredi 29 mars, les libéraux-radicaux ont lancé un sondage parmi leurs 120’000 adhérents sur les attentes écologiques de ceux-ci.

«Le PLR n’a pas été compris»

Benoît Genecand (PLR, GE), conseiller national et membre de la commission de l’environnement, a répondu aux questions de La Liberté (29.03.2019). À propos de l’échec au Conseil national de la loi sur le CO2, il a déclaré : «Le PLR n’a pas été compris». Alors, cher Monsieur, je crois plutôt que c’est vous qui n’avez pas compris. Les jeunes d’aujourd’hui (pas tous, mais beaucoup tout de même) désirent des actions concrètes.

Lire aussi :  Grève du climat : ces jeunes qui passent de la parole à l’action

Ce monde que vous quitterez sûrement plus tôt que nous change et il ne faut pas le laisser agoniser. Non, la Suisse ne peut pas modifier le futur du climat à elle seule. Oui, la réussite économique de notre pays (qui nous permet tout de même de vivre dans un certain confort) a nécessité certaines décisions pas des plus vertes. Mais nous pouvons être un exemple. Nous pouvons tenter (au moins cela) de coupler réussite économique et respect de l’environnement. Pas en un jour  ni en une année. Mais cela vaudrait le détour d’y réfléchir. Votre intérêt subit pour l’écologie n’est point à blâmer. Votre timing, oui.

Pourquoi s’y intéresser uniquement après une défaite ? Votre puissance politique est-elle plus importante que vos idées ? Car si vous avez bel et bien raté l’avion sur ce sujet, il n’est jamais trop tard pour prendre le prochain train.

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Politique

Trump, une once de bienfaisance ?

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Si comme moi, à chaque nouveau tweet de Trump, vous vivez une émotion de surprise, un éclat de rire puis vous soupirez de désespoir, vous serez tout aussi dubitatif à l’idée qu’il ait pu avoir un grand impact positif sur la population des États-Unis.

Pourtant, c’est bien ce qu’a voulu nous transmettre Sharon Smith lors de sa conférence à Lausanne la semaine dernière. Encore plus surprenant : l’écrivaine se définit elle-même comme une « socialiste révolutionnaire ».

L’activiste et auteure de Women and Socialism est cependant bien loin d’être une partisane du président américain.

« Je suis ici pour vous raconter ce que ça fait de vivre dans l’Amérique de Trump. Tous les matins, lorsque l’on regarde les réseaux sociaux, c’est comme se prendre une baffe dans la figure. »

En effet, dire que les deux premières années de son mandat ont été pleines de rebondissements serait un euphémisme ; entre ses tweets incendiaires contre Kim Jong-Un alias Rocket Man, son légendaire « Just grab them by the pussy ! » (« Il suffit de les attraper par la chatte ! ») ou son commentaire éclairé après les violences de 2017 à Charlottesville :  « Je crois que les deux parties sont responsables ».


« Je viens d’entendre le ministre des affaires étrangères nord-coréenne parler à l’ONU. S’il répète les pensées du petit Rocket Man, ils ne seront plus là pour très longtemps ! »

Une augmentation du nombre de groupuscules extrémistes aux États-Unis a été constatée pendant les trois dernières années de la présidence Obama, par le « Hate Watch » (observatoire de la haine) du Southern Poverty Law Center. Sharon Smith pense d’ailleurs que « même si les mouvements fascistes ont déjà été beaucoup plus présents par le passé, ils risquent de s’étendre et de se multiplier à nouveau, car le gouvernement les nourrit indirectement ».

Alors, une bénédiction ?

En arrivant au pouvoir avec ces gros sabots et son langage plus que politiquement incorrect, Trump a aussi nourri, malgré lui, une forme de résistance.

On constate que les protestations des mouvements socialistes ou d’autres plutôt à gauche ont gagné de l’ampleur. De plus en plus de manifestations sont nationales, voire internationales et non plus cantonnées à une ville. Le nombre de participants à ces élans de protestation a donc drastiquement augmenté depuis l’arrivée au pouvoir de la mèche orange.

© Crowd Counting Consortium

La March For Women’s Lives (Marche pour la vie des femmes) de 2004 qui avait regroupé cinq-cent-mille personnes ou la People’s Climate March (Marche du peuple pour le climat) de 2014 avec ses quatre-cent-mille participants, peuvent en effet paraître anecdotiques en comparaison aux quatre-millions de manifestants à la Women’s March (Marche des femmes) de 2017 ou à la March For Our Lives (Marche pour nos vies) qui a regroupé deux-millions de personnes cette année.

Lire aussi :  La plus grande manifestation anti-armes de l’histoire des States, organisée par des étudiants

Pour notre socialiste révolutionnaire, Trump a réveillé les Américains et les a poussés à se battre pour leurs droits. L’écrivaine voit une suite logique entre la Women’s March, le mouvement #Metoo et les protestations contre la nomination de Brett Kavanaugh à la Cour suprême ce mois.

Bien que ce dernier ait quand même eu le poste, Smith remarque que de plus en plus de mouvements de protestation arrivent à leurs fins. On note par exemple l’augmentation du salaire de ses employés par Amazon annoncée en septembre ou la campagne « Hands off, pants on ! » (« Bas les mains et pantalons remontés ! »), émanant du milieu hôtelier de Chicago, qui a abouti à des mesures pour protéger les employés du harcèlement sexuel.

Enfin, Sharon Smith considère donc que « de savoir que des choses qui étaient impensables il y a quelques années, sont maintenant en train de se passer, ça, c’est une raison de se réjouir. Et ça me suffit pour l’instant… »

Women and Socialism : Class, Race and Capital
Sharon Smith
Éd. Haymarket Books, 2015 – 260 pages

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