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À Paléo, tout le monde il veut seulement Angèle

Angèle a enflammé mercredi soir le Club Tent de Paléo – © Paléo / Laurine Mottet

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Elle est la petite sœur d’un certain Roméo Elvis. Pourtant, à 22 ans, Angèle n’a pas besoin de ce lien filial pour réussir. Elle s’en détache même. Joyeuse, joueuse, désinvolte (un peu), la Bruxelloise prend par exemple de haut la « Loi de Murphy » dans sa chanson du même nom. De l’anglais au français, de la pop au R’n’B, Angèle fascine et, peu à peu, impose son style volontiers décalé. 

Mercredi, l’auteure-compositrice-interprète était attendue sous le Club Tent bouillonnant du Paléo Festival – 43e du nom. Programmée entre un Vianney désarticulé et une Jain à la production aseptisée, la pression était grande. À 20 heures précises, la jeune femme, vêtue d’un rouge flamboyant, entre en scène. Avec son dernier titre, La Thune, teinté pop et reggae, le ton est donné. « Salut Paléo ! On est un peu cousins, Suisses et Belges, non ? », lance-t-elle, alors que le public scande son nom.

Voir :  Paléo 2018 : la playlist du Mercredi signée Slash Média

L’inédit comme mot d’ordre

Avec un premier album dont la sortie est prévue pour le 5 octobre prochain, Angèle joue le pari risqué du concert 100 % inédit (ou presque). Aujourd’hui, seuls trois singles de la chanteuse sont disponibles en streaming. Alors, difficile de fredonner ou accompagner Angèle dans son lyrisme. Et tout festivalier qui se respecte le confirmera : est ambitieux celui qui tente d’apprécier le texte dans un open-air.

Mais, pas grave, Angèle sait électriser ses foules. En alternant habilement tubes aux millions d’écoutes et chansons plus confidentielles, la musicienne sait captiver son public. L’Asse saute, crie, danse, s’embrasse sur ces nouveaux sons ; c’est un succès. Quelle classe.

© Paléo / Laurine Mottet

Enfant de la balle

Il faut dire que la révélation du plat pays a été élevée à la bonne école. Fille du chanteur belge Marka et de la comédienne Laurence Bibot, elle a grandi dans un milieu artistique, tout comme un certain Roméo Elvis, son frère – il sera également vendredi à Paléo. En 2016, sa reprise du titre Bruxelles de Dick Annegarn fait un carton sur YouTube, tandis qu’elle accumule les abonnés sur Instagram. Adepte de la plateforme, elle y poste des vidéos tantôt musicales tantôt humoristiques.

Influencée par Hélène Ségara ou Ella Fitzgerald, elle sort son tout premier single, La Loi de Murphy, en octobre 2017 et s’offre les premières parties des concerts des soeurs jumelles d’Ibeyi (programmées jeudi sur le festival), du rappeur belge Damso ou encore de Matthieu Chedid. Fin janvier 2018, elle dévoile un deuxième single très réussi, Je veux tes yeux, visionné plus de 4 millions de fois depuis sa publication.

 

La classe intégrale @angele_vl #paleo2018

Une publication partagée par Sophie Evard (@sophieevard) le

Une maîtrise du spectacle

Une heure passe. L’air de rien. Le soleil rase désormais le festival. Et Angèle, pour qui la scène ne semble pas avoir de secrets, annonce pourtant timidement : « Bon Paléo, on part sur un dernier titre ». Le public feint de ne pas entendre et continue de hurler. Pourtant, le morceau terminé, dans l’éclairage violacé du plateau, la jeune femme, longiligne, finit par disparaître, presque aussitôt. Suivie de près par ses trois musiciens.

Ainsi, comme si rien ne s’était passé, la foule, jusqu’ici compacte, s’étoffe. Ici ou là, l’on entend encore siffler les titres découverts pendant ce précédent instant. Angèle, merci.

Infos, bourse au billets et line-up complet sur www.paleo.ch.
Le 43e Paléo Festival se déroule du 17 au 22 juillet 2018, à Nyon. 

Concerts

Odeta.TV : quand la musique fait son cinéma

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Pierre Audétat – Droits réservés

Samedi soir, dans le cadre du 8e Label Suisse Festival, Pierre Audétat, La Gale et Nya sont venus ravir le public du Romandie de Lausanne de leurs prouesses techniques singulières : mélange absurde de sons et d’images.

À peine le concert du rockeur tessinois Andrea Bignasca terminé, Pierre Audétat se faufile déjà à contre-courant du mouvement de foule. Arrivé sur la scène du club lausannois, l’instrumentiste, distingué par un Prix suisse de musique en mai dernier, installe ses claviers. D’une timidité amusante, il interpelle un spectateur ayant réservé sa place au premier rang : « Ça va ? Ce sera peut-être un peu fort… ». L’auditeur fait mine d’être informé et habitué à la configuration. Le claviériste lui adresse un sourire tendre et reprend son montage.

Au loin, à l’avant d’un bar étroit, le public effectue un captivant ballet au rythme de la tireuse à bières et des claquements sourds des portes de toilettes. Entre un « pardon » et deux « excusez-moi », le Romandie piétine quelque peu en attendant le concert de celui qui se fait appeler « Odeta.TV ».

Le public du Romandie, en attendant le concert de Pierre Audétat, La Gale et Nya – © Label Suisse / Valentin Bonadei

Voir la musique

21 heures. La lumière de la salle se tamise davantage. Dans l’assemblée, des amis, de la famille, mais aussi de parfaits inconnus. À l’écran, un Charles Aznavour bégayant, un facteur de piano appliqué et une paire de piles. Que se passe-t-il quand ces trois courts extraits se rencontrent ? En apparence, pas grand-chose. Pourtant, lorsque Pierre Audétat sample le tout et vient y ajouter une rythmique jazz ou encore hip-hop, le résultat est captivant.

Le terrain de jeu du papa de la « Cloche Diatonique » n’est autre que YouTube et sa pléthore de vidéos en tous genres – notamment responsable de nos meilleures séances de procrastination. D’abord privilégiées pour le live, il arrive, « lorsqu’elles sont intéressantes », que les compositions d’Audétat se retrouvent sur la plateforme de partage vidéo ; un quasi-retour aux sources.

« Merci Billag ! »

Après une trentaine de minutes, le laboratoire scénique du Lausannois de 50 ans se transforme en un véritable block party. Accompagnés par les flows puissants des rappeurs suisses La Gale et Nya, les arrangements jazz du musicien prennent soudainement une tout autre teinte. Tantôt inepte, tantôt engagée les compositions font désormais trembler l’arche dans laquelle se niche le club.

Le public, jusqu’ici dans un silence religieux​, se vivifie et finit par danser, non sans une certaine nonchalance, sur les beats magiques de l’ancien professeur de musique assistée par ordinateur. La lumière, précise, dessine la silhouette longiligne de l’homme au piano, tandis qu’un spectateur lance subitement un « merci Billag ! », en référence au financement du Service public audiovisuel helvétique, principal partenaire du festival. 

Pierre Audétat sur la scène du Romandie dans le cadre du festival Label Suisse, samedi – © Label Suisse / Joseph Carlucci

Les notes foisonnent, les projections aussi. André Rieu, Jean-Pierre Foucault, un bambin à la batterie, un autre, une casserole remplie d’huile ; les vidéos défilent et les sons s’y associent. La musique est là, bien présente, parfaitement audible, mais complètement improbable. Une dose de belles surprises. Et des images plein la tête, à l’évidence.

Label Suisse : succès populaire

Après une édition 2016 pluvieuse, les organisateurs de la biennale se félicitent d’une fréquentation de près de 90’000 personnes sur les 3 jours de festivités. Toujours selon eux, le festival, qui a pour but de valoriser la scène musicale suisse, est heureux « d’avoir accueilli un grand nombre de professionnels venus de toute la Suisse, mais également de la France et même du Québec ». 

La manifestation s’est déroulée dans dix lieux et a proposé plus de soixante prestations en entrée libre. « Des festivaliers de tous âges et de tous horizons ont convergé en masse pour les concerts de Moonraisers, Pegasus ou SuperWak Clique », indique le communiqué de presse du festival. Marius Baer, la pop du Roi Angus, The Two et One Sentence ont, eux aussi, enrichi cette programmation.

Pour sa 8e édition, l’événement a également proposé de la Neue Volksmusik. « Nouveauté stylistique, à la croisée de la musique traditionnelle, contemporaine et jazz », explique enfin le comité organisateur.

La prochaine édition du Label Suisse se déroulera du 18 au 20 septembre 2020.

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Concerts

Walk off the Earth enflamme la planète Gampel

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Walk off the Earth a ravi le Gampel Festival, vendredi – © Open Air Gampel / Droits réservés

On les a découverts en 2012, avec leur reprise en guitare-voix de Somebody That I Used to Know de Gotye. Quelque 6 années plus tard, c’est sur la Red Stage de l’Open Air Gampel qu’a eu lieu vendredi la rencontre entre Walk off the Earth et le public survolté du petit village haut-valaisan. Si le lustre passé a laissé s’installer les marques du temps, l’énergie, elle, n’a pas quitté les cinq Canadiens multi-instrumentistes.

Vendredi, 21 heures. Le soleil rase les falaises qui surplombent le festival. Dans les premiers rangs, au pas, les fans de la première heure. Au loin, les dernières notes de Tom Walker se confondent, sans ménagement, à l’electro house des bars voisins.

Lorsqu’apparaît finalement Oswi (le personnage virtuel égérie du festival), le Gampel fait place au silence. Avec sa voix crispante et dans un allemand plus que régional, le vieil homme en image de synthèse annonce fièrement « Falk off the Earth (sic.) ».

« Wie geht’s ? »

Arrivé sur scène, le band électrise instantanément la foule avinée de l’open air. « Wie geht’s ? » (comprenez « Ça va ? »), lance Sarah Blackwood, la chanteuse de Walk off the Earth. Le public, semblant en effet bien se porter, se lance dans un rudimentaire pogo.

Les titres s’enchaînent. Tantôt niaiseuse, tantôt délurée, la musique éclectique du collectif américain captive. La magique justesse vocale de Gianni Luminati, l’attitude fatigante d’éphèbe sans charisme tenue par Ryan Marshall, le côté antipathique amusant de Mike « The Beard Guy » Taylor, tous renvoient une conduite qu’il leur est propre.

Le concert semble lancé. L’excitation est au rendez-vous, quand un bête larsen interrompt le show. La console de mixage cède à deux reprises. Pendant quelques instants, dans un noir quasi complet, seules les huées de l’auditoire dominent. Qui du régisseur en chef ou du stagiaire à trébuché sur la rallonge, le mystère reste entier, néanmoins le concert peut reprendre. Sur une imparfaite, mais efficace, cover de Bohemian Rhapsody de Queen, le groupe s’excuse. Le public, lui, chante.

Gianni Luminati interprétant Hold On, sur la Red Stage du Gampel Festival – © Open Air Gampel / Droits réservés

Un quintet pas si neuf

Fondé en 2006, le groupe a désormais conquis la planète entière. Leurs diverses reprises totalisent plus de 760 millions de vues sur YouTube et leur premier EP « REVO, » sorti en 2013, a fait danser un grand nombre de fans.

Avec 3 autres albums, la formation originaire d’Ontario n’a qu’un objectif en tête : séduire encore plus de monde, armée de sa belle énergie, de son enthousiasme communicatif et de ses tubes joyeux. Après son dernier opus « Sing I All The Way », sorti en 2015, le groupe est en train de signer un come-back scénique illustré par un premier single, Nomad.

Mélangeant des sonorités très modernes et électroniques à des sons propres au genre rock alternatif, Walk off the Earth évolue actuellement grâce à des covers régulières, ainsi que des compositions originales soignées autant sur le plan musical que visuel.

Belle locomotive 

Après une heure quinze de prestation, l’assemblée est chauffée à bloc. Les Canadiens peuvent donc se retirer et laisser place au tout aussi (si ce n’est davantage) déjanté groupe Thirty Seconds to Mars – tête d’affiche de cette édition. Belle et efficace locomotive, alors, pour les frères Jared et Shannon Leto ; du grand Walk off the Earth. Merci vielmal.

Infos, billetterie et programme complet sur www.openairgampel.ch.
Le 32e Open Air Gampel se déroule du 16 au 19 août 2018.

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