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Dans les pas de LyOsun, musicien genevois aux inspirations ethno-folk

© Alex Pittet

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Avec un premier album, « The Missing Part », aux inspirations ethno-folk, LyOsun, Raphael Litzistorf de son vrai nom, pose à 28 ans les premières pierres d’un projet musical plus que prometteur, sorti le 22 septembre dernier.

Si c’est au piano qu’il joue ses premières notes, alors qu’il est encore tout jeune, c’est bien grâce à la guitare que LyOsun va se passionner réellement pour la musique. Agé de quinze ans et encore bouleversé par le blues furieux de Stevie Ray Vaughan qu’il vient tout juste de découvrir, Raphael monte son premier groupe, The Babytracks, dont il sera le guitariste pendant plus de deux ans.

Plus tard, le besoin de chanter se fait ressentir. N’étant pas à l’aise avec la langue française, il se tourne très vite vers l’anglais, bien qu’il ne sache pas le parler. C’est pourquoi LyOsun décide de partir pour Londres. Là-bas, il parfait sa formation de guitare, puis entame un bachelor de songwriting (auteur-compositeur). Quatre ans plus tard, il rentre en Suisse, papier en poche. Ce retour ne sera que très provisoire puisque peu après il repart pour un long voyage.

Pendant dix mois, d’abord en Afrique du Sud puis en Amérique du Sud, le Genevois part à la rencontre de nouvelles cultures et surtout de nouvelles musiques. C’est au cours de ce voyage qu’il va composer les chansons de « The Missing Part », un album aux couleurs multiples et variées qui emmène l’auditeur d’un continent à l’autre au fil de ses différentes chansons.

Le disque s’ouvre sur Faith, une folk atmosphérique transcendée par un refrain aux chœurs enivrants. Plus loin, Vallunaraju. La chanson doit son titre au nom d’une montagne péruvienne sur laquelle elle a été composée. Des sonorités ethniques, presque méditatives nous transportent jusqu’à une guitare à la Gilmour des Pink Floyd qui conclut brillamment la chanson. Tout de suite, The Path commence. Au-dessus des nappes d’instruments et des percussions, LyOsun ne chante qu’un unique nom, comme un refrain tribal : « Mama Gaïa ».

Sur scène, LyOsun est seul au milieu de sa foule d’instruments. Grâce à son looper, qui lui permet d’enregistrer des boucles et de les répéter par la suite, le Genevois parvient à être le propre orchestre de ses chansons.

Étant aussi particulièrement attaché à l’aspect visuel de ses concerts, il n’hésite pas à y intégrer le mouvement et la vidéo. La semaine passée, le chanteur a verni son album en grande pompe au Box de Carouge dans une salle bondée. Prochainement, il jouera le 12 octobre au Bouffon de la Taverne lors d’une soirée qu’il partagera avec un autre artiste genevois Pale Male. Cela s’annonce sublime.

« The Missing Part », le premier album de LyOsun, est à retrouver sur toutes les plates-formes de téléchargement légal.

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Ecrire ses chansons et les produire soi-même ? Une formalité pour la Lausannoise Ella Soto

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© Elisa Siro

De son vrai nom Carmela Soto, c’est autour d’un café que je rencontre Ella Soto, 24 ans, chanteuse, auteure-compositrice et beat maker lausannoise. Discussion décontractée avec cette artiste qui mélange R’n’B et spiritualité dans ses écrits. Une douceur qui ne l’empêche pas de persévérer férocement dans sa passion depuis quelques années et à, aujourd’hui, s’y consacrer totalement.

Après avoir passé des heures à regarder de tutos sur YouTube et apprendre en autodidacte à manier un logiciel de MAO (musique assistée par ordinateur) pour « pouvoir compter sur moi-même et ne pas devoir attendre sur les autres », Ella Soto se lance dans la production de ses propres chansons, peu après ses 20 ans.

C’est ainsi qu’elle sort en 2014 son premier EP « We’re on a mission »dont le titre phare Let yourself go délivre alors déjà un message sur l’acceptation personnelle et l’importance de propager de l’amour autour de soi. Clip filmé dans un parc de Lausanne et monté par elle-même, elle explique qu’« à ce moment tout ce que je voulais c’était faire de la musique et lâcher mes sons, je ne réfléchissais pas très loin.» 

Pourtant, le chemin parcouru est visible grâce à son dernier clip, Touch My Mind, filmé à Paris et dont la qualité ne peut que témoigner de l’évolution de la jeune femme.

Être indépendante quant à la production de ses chansons, une fierté ou une nécessité ? « Ça a un impact sur les filles et même les hommes autour de moi qui ont envie de faire de la musique, mais qui n’osent pas. Tu donnes la preuve que c’est possible avec peu de moyens et c’est hyper important pour moi. » 

Preuve à l’appui : après ses premiers concerts live dans des squats lausannois, elle se fait repérer par le label biennois Creaked Records et n’apparait pas moins que sur la Liztomania du Montreux Jazz Festival en 2017.

Trois EPs produits entièrement par ses soins et les services de management d’un label plus tard, là voici en train de préparer son premier album dont la sortie n’est pas encore annoncée.

Ella Soto sous l’objectif de Charlotte Krieger

Quant à sa musique, souvent perçue comme étendard du féminisme – presque malgré elle puisqu’elle ne l’a jamais décrite ainsi –, Ella précise que son message n’est pas « soyez féministes à tout prix, non, même si je me perçois comme féministe, je crois que la plus belle des révolutions c’est d’abord de s’aimer soi-même, et ça permet automatiquement d’aimer les autres autour de soi. Je parlerais plus de militantisme romantique, on ne peut pas combattre la haine avec la haine. » 

Au-delà de la motivation que ses débuts prometteurs peuvent inspirer à certains artistes néophytes, son autonomie la pousse à se dépasser toujours plus afin de se sentir, avant tout, fière d’elle-même, faisant de la musique une thérapie personnelle.

« Sisterhood », le troisième EP d’Ella Soto, est disponible sur Soundcloud.

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Avec le folk rock fumant de Pale Male : vol au dessus d’une musique (pas) douce

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© Valérie Martinez

Selon la prononciation qu’on lui attribue, « Pale Male » pourrait être une buse survolant Central Park, une cigarette égarée sur le bord du cendrier ou un intense brassage d’idées. Prenons la troisième option.

À 27 ans, Fantin Moreno, de son vrai nom, est un auteur-compositeur-interprète genevois empreint de nombreuses émotions contradictoires. Tantôt rebelle, tantôt fragile, celui dont beaucoup connaissent son travail d’animateur sur Couleur 3 prétend « ne pas savoir où il va ». Mais, une chose est sûre, c’est bien « là » qu’il souhaite aller.

Sa voix nous rappelle Rob Thomas et Matchbox Twenty, Stephan Jenkins et Third Eye Blind ou encore Jeff Buckley. Ses arrangements aussi reflètent une certaine nostalgie de la post-grunge/tendance folk du début des années 2000. Une époque qui ramène le multi-instrumentiste à ses 10 ans – à peine. Pourtant, au milieu de ce voyage dans le temps, se glissent des notes contemporaines et audacieuses.

Pale Male sort aujourd’hui vendredi son premier album éponyme de six titres, sous le label helvético-allemand Radicalis. Nous l’avons rencontré il y a quelques jours.

© Valérie Martinez

Interview réalisée le 13 septembre 2018.

Slash : Salut Fantin. Beaucoup de gens ont pris l’habitude de t’entendre parler de sports sur les ondes, néanmoins on sait finalement peu de choses sur toi. J’ai bien compris où et quand l’aventure de Pale Male avait démarré, mais peux-tu nous éclairer sur ton parcours avant de commencer ?

Fantin Moreno : Ciao ! Merci pour l’invitation. Remontons alors au début. Je suis né en février 1991 à Genève, où j’ai grandi, avant de déménager à Neuchâtel à l’âge de 15 ans avec ma famille. J’y ai fait un Bachelor en Sciences de l’Information et de la Communication ainsi qu’en Langues et Littératures hispaniques – je possède également le passeport espagnol – et c’est à Neuchâtel que j’ai rencontré mon “cercle” de musiciens. Puis, dès la fin de mon Bachelor, en 2013, j’ai été engagé pour un stage d’animateur radio de 2 ans à la RTS. Je suis reparti direction le Léman et je n’ai pas quitté Couleur 3 depuis.

Nous voilà à quelques jours de la sortie de ton premier album, un opus qui porte ton nom, « Pale Male ». Ça va, tout est prêt ?

Tout est prêt, les CD viennent d’arriver, juste à temps ! (rires) Et j’ai aussi fait faire des jolies clés USB, format carte de visite, sur lesquelles figurent mon album et ma pochette d’album en PDF. Je voulais tenter ce format et, pour l’instant, les gens ont l’air d’apprécier l’objet… On verra ce que ça donne ! Pour ce qui est des vinyles et des t-shirts, on attendra l’album suivant, que j’aie un peu plus de budget !

Ton dernier single s’intitule « Moving Houses ». C’est ambitieux de vouloir « déménager » avant même d’avoir posé les bases – surtout pour quelqu’un qui assure « ne pas savoir où il va »…

Jolie tournure ! (rires) Alors, pour le coup, le “déménagement” dont je parle dans ce morceau est plutôt émotionnel, la maison étant ici une relation, une certaine idée du monde qu’on s’était créé. Je maintiens que je ne sais pas où je vais (qui le sait, au fond ?) et c’est ce qui fait la beauté de ce projet. Et de la vie, d’ailleurs !

Tu es donc tout sauf un sédentaire…

Ah alors ça, c’est clair, c’est l’histoire de ma vie. Depuis que j’ai 15 ans, j’ai l’abonnement général, et je passe ma vie dans les trains depuis. Habiter à Genève, travailler à Lausanne, faire de la musique à Neuchâtel… La romandie n’a plus de secret pour moi ! (rires)

Le nom que tu as choisi, c’est une référence à la buse de Central Park ?

J’ai découvert l’existence de cet oiseau en tapant “Pale Male” sur Google pour vérifier si ce nom d’artiste existait déjà… Donc je ne vais pas mentir en disant que je m’en suis inspiré ! (rires) En fait, ce nom m’est apparu d’un coup comme une évidence, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il suffit de me regarder, j’ai le visage blanc comme un cul d’anglais (rires) ! Ensuite, mon nom de famille [Moreno, ndlr.] signifie en espagnol “bronzé, brun”, ce que je ne suis pas du tout. Et enfin, prononcé à l’anglaise, “Pale Male” sonne un peu comme “pêle-mêle” en français, et je trouvais que ça collait bien avec cette espèce de fourre-tout émotionnel que sont mes chansons. Parfois douces, parfois enragées, mais toujours cohérentes avec ma personnalité.

© Valérie Martinez

À quoi ressemblait le travail en studio pour l’enregistrement de ce premier projet ?

Pour faire simple, j’étais seul avec l’ingénieur du son Yvan Bing [au Kitchen Studio, à Genève, ndlr.] et je sautais d’instrument en instrument, en jouant tout moi-même, piste par piste. Plutôt que de faire toutes les batteries, puis toutes les basses, etc., je faisais un peu de tout chaque jour, ce qui me permettait de ne pas trop user ma voix aussi. J’ai donc enregistré batterie-basse-guitares-claviers-voix-percussions, puis j’ai fait venir quelques invités pour les ornements que je ne pouvais pas poser moi-même. L’ensemble de cordes, la section cuivres, la lap steel, etc.

Ç’a été libérateur de procéder ainsi ?

Complètement. C’est quelque chose que j’avais toujours rêvé faire et que je pense faire sur chaque album. Tout simplement parce que cela me permet de jouer mes compositions exactement comme je me les imagine dans ma tête à la base. Même si je ne pourrai jamais me passer de jouer en groupe sur scène, c’est ce que je préfère au monde !

Toi qui es un mélomane érudit, qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ?

Ouh, bonne question, mais la réponse ne peut pas être courte, car j’écoute toujours plusieurs albums à la fois et dans des styles bien différents. Ces derniers temps, j’étais branché sur l’album de Big Red Machine [collaboration folk/électronique entre Justin Vernon de Bon Iver et Aaron Dessner de The National, ndlr.], mais aussi sur le funk de Cory Wong, et la soul/r’n’b rétro de Joey Dosik. J’ai également découvert l’album de Clone Wolf, nouveau trio rock/grunge basé à Seattle. Mais la mention spéciale de ces derniers mois reste l’album d’un groupe fraichement formé, The Night Game, que j’ai vraiment fait tourner en boucle ! Un bijou pop/rock/80’s absolu. Faire leur 1ère partie à Zürich il y a quelques semaines aura été une totale surprise et un super cadeau.

Tu as annoncé le 12 septembre dernier une tournée européenne. S’exporter, on en revient, c’est une condition sine qua non pour se faire repérer dans son propre pays ?

Je ne crois pas que ce soit un passage obligé, mais après avoir tenté de croître à l’interne du pays avec d’autres projets, l’exportation est vraiment quelque chose que j’ai envie de tenter. Beaucoup d’artistes ont prouvé que l’on peut être une référence en Suisse, jouer absolument partout dans le pays, mais rester de parfaits inconnus une fois la frontière passée. Alors que paradoxalement, dès qu’un artiste suisse marche bien à l’étranger, étrangement, les médias suisses commencent soudain à s’intéresser à lui…

Et tu peux nous en dire plus sur cette tournée ?

Yes ! Elle comportera une quinzaine de dates au total, que j’effectuerai en plusieurs petits voyages de 2-3 dates à chaque fois. Je commence par deux gros shows full-band à Neuchâtel et Genève, puis en formation réduite ce sera la Hollande, la Belgique, l’Angleterre, l’Italie, le Danemark et l’Allemagne. Ça va faire cher en plein d’essence ! (rires)

© Valérie Martinez

Par contre, bosser pour Couleur 3, ça aide un peu…

C’est drôle, énormément de gens me font la remarque. Alors non seulement ça ne m’aide pas, mais pire, ça peut aller jusqu’à me pénaliser. Déjà, les programmateurs de la chaine sont des pros impartiaux, et il n’ont pas peur de me dire quand ma musique ne leur plait pas ou ne correspond pas à la ligne éditoriale. Mais en plus, même si un de mes morceaux passe la rampe de leur playlist – je prends ici l’exemple de mon premier single “Simple Man” –, on me dit que cela va être compliqué, car je suis un personnage “porteur d’antenne”. Alors même que mon nom n’apparait nulle, part puisque j’ai un pseudo d’artiste. Si la musique est bonne, elle est bonne et point barre, non ? J’ai dû me battre, mais le morceau est finalement rentré en playlist. Et pour le reste, Couleur 3 n’a aucun poids dans la programmation de concerts, donc je ne suis pas avancé du tout. Je mets d’ailleurs grand soin à séparer moi-même mes deux personnalités, radiophonique et musicale.

Les riffs rock, les sonorités rétro, les cuivres… Il y a beaucoup de styles différents sur cet album. Quelles sont tes références ?

Ce n’est jamais conscient, et c’est pourquoi je vais te répondre avec les références que les auditeurs m’ont données et qui me paraissent effectivement pertinentes. Il y a Bon Iver pour le côté cuivré, Jeff Buckley pour la voix, Damien Rice pour l’aspect folk, Ryan Adams pour le côté 80’s. Tous des artistes que j’ai effectivement écoutés à cette période, mais à qui jamais je ne daignerai me comparer ! Un seul en revanche était une référence claire et assumée dans mes recherches sonores, le jeune chanteur américain Noah Gundersen. Jetez-y une oreille. Vraiment, il en vaut la peine !

La meilleure des vies, c’est la musique, la radio ou un mélange des deux ?

Ouh, ça ne va pas plaire à mes chefs RTS, mais la meilleure des vies pour moi c’est clairement la musique. Attention, j’adore mon job à la radio ! Mais le seul rêve que j’ai depuis tout gamin, c’est d’être musicien. Donc je continue d’y croire, même si je ne suis pas du tout malheureux de ma vie actuelle ! (rires)

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter, alors ?

De toucher les gens avec cet album, et que de belles émotions soient échangées entre eux et moi.

Merci Fantin.

Son premier opus est à retrouver sur toutes les plates-formes de téléchargement légal.

Pale Male vernira son album éponyme le 6 octobre à la Case à Chocs de Neuchâtel, puis tournera en Suisse, Hollande, Belgique, Angleterre, Italie, Danemark et Allemagne – Pale Male sur Facebook.

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