Comment Mark Zuckerberg compte financer la taxe californienne sans renoncer au contrôle

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Meta a annoncé la création d’une nouvelle catégorie d’actions non votantes, effective en janvier, pensée pour renforcer la trésorerie du groupe tout en protégeant le pouvoir de son fondateur. Le mouvement répond directement à une menace politique en Californie et pourrait permettre à Mark Zuckerberg de régler une éventuelle facture fiscale sans renoncer au contrôle du groupe.

Un dividende d’actions conçu pour garder le contrôle

Le conseil d’administration a approuvé l’émission d’actions de classe C distribuées aux actionnaires existants : un titre de classe C pour chaque action de classe A ou B détenue. Sur le papier, l’opération double le nombre d’actions en circulation, comme un fractionnement deux pour un, mais les droits de vote ne sont pas modifiés.

Certificats d'actions anonymes posés sur une table de réunion
Émission d’actions de classe C distribuées aux actionnaires existants.

Concrètement, Mark Zuckerberg conserverait environ soixante pour cent des droits de vote. La manœuvre vise à autoriser des cessions d’actifs à titre économique sans diminuer son contrôle majoritaire sur l’entreprise.

Une riposte à la « proposition 40 »

La mesure intervient alors qu’un texte californien baptisé proposition 40 progresse. Rédigée par des professeurs en droit fiscal de Berkeley et soutenue par le principal syndicat de la santé de l’État, la proposition prévoit une taxe unique de cinq pour cent sur la fortune nette de plusieurs centaines de milliardaires résidant majoritairement en Californie.

Ses partisans estiment que la taxe pourrait rapporter jusqu’à cent milliards de dollars sur cinq ans, des ressources destinées en priorité aux soins, à l’aide alimentaire et à l’éducation. Face à ce scénario, la direction de Meta a cherché des solutions pour limiter l’impact financier sur ses principaux actionnaires.

Un dépôt à la SEC révèle les détails financiers

Un dépôt récent auprès de la Securities and Exchange Commission explicite la stratégie. Le document précise que Zuckerberg a abordé la question avec le conseil dès juillet et que le plan permettrait de vendre ou transférer immédiatement jusqu’à vingt pour cent des actions de classe C reçues via le dividende.

Document de dépôt réglementaire posé sur un bureau avec lunettes
Le dépôt à la SEC détaille la possibilité de vendre une partie des actions reçues.

Cette possibilité représente environ dix pour cent de sa participation économique dans Meta, selon le même dossier. L’objectif affiché est de disposer d’un « coussin » financier pour faire face à une éventuelle dette fiscale estimée à près de 11 milliards de dollars pour son cas personnel.

Réactions partagées en Californie et à Washington

La proposition 40 suscite une forte hostilité dans une partie de la Silicon Valley. Le cofondateur de Google, Sergey Brin, a mené des actions publiques contre l’initiative, tandis que certains responsables technologiques mettent en garde contre un risque de fuite des capitaux, qualifiant parfois le projet de « suicide économique » pour l’État.

Pour autant, la tactique de Meta illustre la capacité des grandes entreprises technologiques à mobiliser des dispositifs juridiques et financiers pour limiter l’impact des mesures fiscales. Le débat a également gagné la sphère politique : le représentant démocrate Ro Khanna, qui soutient la taxe, a salué la réaction des législateurs et rappelé que l’objectif est de garantir des soins aux enfants défavorisés.

La question reste politique autant que financière : la Californie devra peser les effets attendus de la taxe contre les réponses pratiques qu’elle provoque chez les contribuables les plus riches.

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