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Près de la moitié des États américains autorisent aujourd’hui l’usage récréatif du cannabis. Une étude publiée dans BMJ Open par des chercheurs de Boston alerte sur une hausse des hospitalisations pour troubles cardiovasculaires liée, statistiquement, à l’élargissement de cette légalisation.
Une « expérience naturelle » entre côtes
Les auteurs ont tiré parti d’un décalage géographique dans l’adoption des lois sur le cannabis aux États-Unis. Le Colorado a légalisé en 2014, suivi par plusieurs États de l’Ouest, alors que la côte Est n’a massivement légalisé qu’à la fin de 2018.

Cet écart temporal permet une comparaison à grande échelle des tendances sanitaires avant et après les réformes. Les chercheurs considèrent cette configuration comme une expérience naturelle utile pour isoler des effets populationnels.
Aux États-Unis, la légalisation du cannabis accompagnée d’une hausse des risques cardiaques
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Des hospitalisations cardiaques en hausse
Pour évaluer l’impact, l’équipe a analysé la base de données nationale des patients hospitalisés sur la période 2012–2018, en se concentrant sur la région Ouest. Avant 2014, les taux d’hospitalisation cardiaque y étaient inférieurs à la moyenne nationale.

Après l’entrée en vigueur des lois, une accélération des admissions a été observée. Les chiffres ajustés montrent une augmentation annuelle d’environ 2 % pour la fibrillation auriculaire, près de 4 % pour l’insuffisance cardiaque et environ 3 % pour les infarctus.
Les auteurs soulignent que ces variations sont robustes sur la période étudiée et semblent liées à l’accès élargi au cannabis au niveau régional.
Limites et prudence d’interprétation
Les chercheurs insistent toutefois sur la portée limitée des résultats. Il s’agit d’une étude observationnelle qui montre une corrélation, sans établir de lien de cause à effet direct.
Les données agrégées utilisées ne permettent pas de comparer finement les situations d’un État à l’autre ni d’identifier des consommateurs individuels. Pour renforcer leur propos, les auteurs ont mené des analyses complémentaires.
Ils rapportent une augmentation des diagnostics explicitement liés au cannabis dans l’Ouest, tandis que le taux de calculs urinaires — choisi comme indicateur de contrôle — est resté stable. Ce contraste rend l’hypothèse d’un impact sanitaire plausible, sans la confirmer définitivement.
Vers plus de recherche et un reclassement fédéral
Les conclusions appuient la nécessité d’un meilleur encadrement scientifique. Les auteurs plaident pour un reclassement du cannabis au niveau fédéral, qui faciliterait l’accès aux laboratoires et le financement d’études approfondies.
Le gouvernement fédéral a d’ailleurs approuvé un changement similaire pour le cannabis médical en avril dernier, rappelant l’évolution du cadre réglementaire. Les chercheurs identifient plusieurs questions prioritaires à traiter.
Il faudra préciser quels composants de la plante augmentent le risque cardiovasculaire, s’il existe un seuil entre consommation occasionnelle et consommation quotidienne, et comment le mode d’administration (fumer versus produits comestibles) influe sur ces risques.
Pour les auteurs, la réponse passe par une collecte rigoureuse de données dans les nouveaux territoires de légalisation et par une surveillance accrue des effets sur la santé publique.











