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Après des interventions de militants de PETA lors du défilé Cos à New York puis d’une action similaire contre H&M à Londres, le débat sur la possibilité d’une production de laine sans cruauté gagne en visibilité. L’altercation à New York a remis en lumière des désaccords profonds entre défenseurs des animaux et acteurs de la filière textile.
L’altercation lors de la Fashion Week new‑yorkaise
Le 13 septembre, une manifestation a interrompu le défilé de la marque Cos pendant la Fashion Week de New York. Des vidéos diffusées ensuite montrent Steven Kolb, président et directeur général du Council of Fashion Designers of America (CFDA), en train de maîtriser physiquement deux militants.
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Suite à l’incident, Steven Kolb s’est mis en retrait de ses fonctions au CFDA. Sur son compte Instagram personnel, il a écrit qu’il allait “prendre un congé volontaire et consulter un professionnel pour s’assurer que cela ne se reproduise plus jamais”. Le magazine GQ a contacté le CFDA et PETA pour obtenir des commentaires sur cette affaire.
La position ferme de PETA
PETA a affiché une ligne très critique contre l’usage de la laine. Lors de la manifestation, des pancartes affichaient : “Des moutons battus et ensanglantés pour la laine, n’achetez pas ça !”.
Sur son site, l’association affirme par ailleurs qu’“aucune certification ne peut protéger les moutons de la cruauté inhérente à l’industrie de la laine”. Cette posture rejette l’idée que des labels suffiraient à garantir le bien‑être animal dans la filière.
Des acteurs qui défendent une laine produite autrement
En face, plusieurs professionnels estiment qu’il existe des pratiques d’élevage capables d’être bénéfiques pour les animaux et l’environnement. Ils rappellent qu’après des siècles de sélection, de nombreux moutons nécessitent d’être tondus, faute de pouvoir réguler eux‑mêmes une pousse excessive de leur toison.

Dans certains pays, comme la Suède ou l’Australie, des règles de bien‑être imposent aux éleveurs de tondre au moins une fois par an. Par ailleurs, la laine peut s’inscrire dans des démarches régénératives : des méthodes de pâturage adaptées améliorent la santé des sols, favorisent la biodiversité et contribuent à réduire les émissions de carbone.
La traçabilité et l’engagement des marques
Lisa Bergstrand, fondatrice et directrice du cabinet Bergstrand Consultancy, défend l’idée d’un usage responsable de la laine. “Tant que nous aurons des moutons, ils produiront de la laine”, dit‑elle. “Je pense que nous devrions utiliser cette laine. Mais bien sûr, nous devons veiller à élever les moutons de la meilleure manière possible, à la fois pour leur bien‑être et pour la terre, car il y a là un énorme potentiel.”
Elle a lancé le Good Wool Collective pour aider les marques à s’approvisionner de façon plus responsable. Selon elle, la plupart des entreprises se préoccupent d’abord des émissions liées à la laine, même si elles accordent désormais davantage d’attention aux standards de bien‑être animal. “Le vrai problème, c’est que les marques savent généralement assez peu d’où viennent leurs matières premières”, ajoute‑t‑elle. “Et lorsqu’il s’agit de matières d’origine animale, la traçabilité est essentielle.”












