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Le quinzième numéro de Mosaïque Magazine met la Palestine et ses rappeurs au centre de sa une, avec un manifeste signé par 130 artistes appelant à la libération de la Palestine. Ce numéro, publié le 14 septembre, combine engagement politique et collecte de fonds en faveur d’artistes palestiniens.
Un numéro caritatif et engagé
Lancé en 2022, le trimestriel indépendant Mosaïque Magazine fait traditionnellement le lien entre culture hip‑hop et débats de société. Son numéro consacré au rap palestinien rassemble interviews, portfolios, portraits et enquêtes autour du thème « Le rap appartient à tous sauf à l’oppresseur ». Le manifeste qui ouvre le dossier a été rédigé par DJ Missy Ness et a reçu la signature de 130 personnalités du milieu — parmi lesquelles Theodora, Pomme, Ino Casablanca, 2L, Asfar Shamsi, Juste Shani et Ebony.
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Véritable numéro caritatif, la rédaction précise que 20 % des bénéfices générés par les ventes seront reversés à deux artistes palestiniens : BSHNDY, cofondateur du label Vent à Gaza, et Ayman Jamal Mghames, rappeur et activiste. Le magazine reprend en ouverture les paroles de Calbo : « Qui prétend faire du rap sans prendre position ? », question qui sert de fil conducteur au dossier.
La prise de position, entre solidarité et pressions
Dans un contexte où les prises de parole pro‑palestiniennes suscitent encore des réactions au sein de l’industrie musicale, ce numéro veut offrir une tribune à celles et ceux qui choisissent de ne pas rester silencieux. Pour certains artistes, signer le manifeste constitue une manière d’affirmer publiquement leur soutien ; pour d’autres, c’est un acte de solidarité accompagné d’un engagement financier.

Le dossier rappelle aussi des épisodes récents où des positions publiques ont entraîné des conséquences professionnelles. Le rappeur Macklemore a, selon ses propres publications sur les réseaux sociaux, été déprogrammé de la tournée d’Ed Sheeran après avoir appelé à la libération de la Palestine lors d’un concert le 4 septembre. Le texte rappelle que Macklemore a multiplié les prises de parole pro‑palestiniennes en 2024, y compris à travers deux titres, « HIND’S HALL » et « HIND’S HALL 2 », en soutien aux manifestations étudiantes de la même année.
Selon les éléments relatés dans le magazine, la polémique a impliqué des critiques publiques — notamment de la part de la chanteuse P!nk — et des pressions exercées par des propriétaires de stades, dont l’homme d’affaires Robert Kraft. La demande formulée par certains propriétaires aurait été explicite : Ed Sheeran ne jouerait pas dans leurs enceintes si Macklemore restait en première partie. La décision de déprogrammer l’artiste a été perçue par une partie du public comme un acte de complicité ou de tolérance face aux pressions.
Une question posée à la musique
La couverture de Mosaïque interroge frontalement : « Génocide à Gaza, que fait la musique ? » Le numéro entend ainsi explorer la responsabilité artistique et sociale du rap, un genre historiquement associé à la parole des minorités et aux combats politiques.
Qu’il s’agisse d’ouvrir des voies de soutien concret ou de relancer la discussion sur la liberté d’expression dans la culture, ce quinzième numéro mise sur un double mouvement : informer et agir, tout en mettant en lumière des artistes souvent peu visibles des circuits commerciaux traditionnels.












