Assez de la canicule ? Redécouvrez des films cultes en salles

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Cet été, les salles proposent un tour du monde en cinq films : du désert d’Arabie aux ruelles d’un village mexicain, en passant par un cimetière de western, une forteresse japonaise et le bush australien. Cinq œuvres majeures, restaurées ou redécouvertes, qui invitent à voyager sans bouger de son siège.

Lawrence d’Arabie, de David Lean (1962), le 29 juillet

Le long-métrage de David Lean impose d’emblée son spectacle : le regard perçant de Peter O’Toole, l’apparition furtive d’Omar Sharif au milieu des dunes et la prestance d’Anthony Quinn dessinent des personnages plus grands que nature. Tourné en grand format et en couleurs vives, le film doit aussi beaucoup à la partition de Maurice Jarre qui coiffe les séquences les plus lyriques.

Chef-d’œuvre longuement réédité et remanié pour le grand public, Lawrence d’Arabie a obtenu une reconnaissance immédiate — sept Oscars — et reste, selon beaucoup, une expérience à privilégier en salle pour saisir l’ampleur de ses images et de son montage.

Enamorada, d’Emilio Fernández (1947), le 5 août

Petite merveille du cinéma mexicain, Enamorada tient autant à son actrice phare, María Félix, qu’à la manière dont Emilio Fernández mélange tonalités et registres. Le récit situe l’action pendant la Révolution : un général rebelle (Pedro Armendáriz) investit une ville provinciale et se retrouve confronté à Beatriz, une jeune femme de bonne famille.

Le film oscille sans cesse entre comique populaire et grande émotion visuelle — des scènes burlesques alternent avec des plans larges où l’on admire la décoration d’une église. La restauration récente renforce ces contrastes et révèle la richesse plastique de l’ensemble.

Le Bon, la Brute et le Truand, de Sergio Leone (1966), le 5 août

Troisième volet de la trilogie du Dollar, ce western de Sergio Leone explore un univers désenchanté, ravagé par la guerre civile américaine. Trois anti-héros — Blondin (Clint Eastwood), Tuco (Eli Wallach) et Sentenza (Lee van Cleef) — traversent ce monde en quête de butin, jusqu’au face‑à‑face final dans le cimetière de Sad Hill.

L’esthétique du film — gros plans incisifs, mélodie d’Ennio Morricone, atmosphère sèche et poussiéreuse — a marqué le genre. Malgré l’intention du réalisateur de se détourner du western après cette œuvre, son impact a poussé le cinéma à lui demander d’y revenir.

La forteresse cachée, d’Akira Kurosawa (1964), le 12 août

Akira Kurosawa propose ici une aventure filmée en très grand angle, où deux paysans servent d’accompagnateurs à une princesse et à un général traversant le Japon du XVIe siècle. Un trésor fait office de moteur dramatique et déclenche convoitises et trahisons.

La construction narrative, qui multiplie les points de vue, a inspiré de jeunes cinéastes internationaux. On note aussi l’influence revendiquée de ce film sur George Lucas et, selon certains témoignages, sur la nature même de certains personnages de l’univers Star Wars. La programmation estivale associe parfois cette projection à d’autres titres clés de Kurosawa, comme Le Château de l’araignée et Sanjuro.

Wake in the Fright (Réveil dans la terreur), de Ted Kotcheff (1971), le 19 août

Thriller âpre et oppressant, redécouvert lors d’une rétrospective en 2014, ce film de Ted Kotcheff suit un professeur de province (Gary Bond) qui tente de rejoindre Sydney mais se perd plutôt dans une spirale : alcool, dette, rencontres inquiétantes et événements violents dans le bush.

Le ton du film évoque la collision d’univers très différents — la nuit new-yorkaise d’un After Hours, l’étrangeté du Walkabout et la brutalité de Deliverance — pour composer un récit où l’isolement et la folie collective prennent progressivement le dessus.

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