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Astropolis a soufflé ses 30 bougies à Brest du 2 au 5 juillet 2026, et l’édition a surtout donné l’impression d’un festival renouvelé : moins de star power spectaculaire, plus d’attention à la musique et aux scènes locales. Sur place, la météo idéalement clémente et une programmation résolument ancrée dans la scène émergente ont dessiné une fête à la fois sereine et vibrante.
Par Mathias Riquier
Deux ambiances qui se répondent
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La programmation a alterné soirées de club et open airs avec une étonnante fluidité. À La Carène, la scène Dôme — projet d’accompagnement d’Astropolis pour les talents émergents — a privilégié la découverte plutôt que la grosse affiche : un choix qui colle à l’esprit du festival, déjà visible la veille autour d’un open air gratuit animé notamment par Carl Craig et Mike Banks.
Dans ce registre, Ina Di Loop a marqué les esprits : duo MC/producteur, voix traitée en direct, textes qui mêlent créole, français et italien, et une musique oscillant entre techno mentale et breakbeat. La Suite, club portuaire reconnu pour son ambiance, a mis en avant la vigueur de la nouvelle scène techno avec des sets directs et incisifs de Sonia Michigan et Laze.
House nostalgique et énergie collective
En parallèle, la tradition house a trouvé son public au Vauban. Octo Octa a offert un long set empreint d’une chaleur communicative, où le vinyle et le sourire ont fait la mesure. Ce contraste — beats frontaux en club d’un côté, sets chaleureux et historiques de l’autre — a donné au festival une dynamique riche et complémentaire.
Samedi : ouvertures anticipées et contretemps
Le samedi, la journée a commencé tôt : pour la première fois, Astropolis a ouvert « sur site » plus tôt afin d’inciter le public à commencer la soirée dans l’enceinte du festival, timing inhabituel marqué par un départ en navette à 18h50. Cette initiative a bien fonctionné, mais a été perturbée par une décision préfectorale de dernière minute interdisant la vente d’alcool avant 22 heures.
Résultat : la pause « eco-cup pleine de maté » s’est imposée pour certains alors que Nathan Fake livrait un set machine solide, après un début un peu hésitant. Puis est venu le moment attendu par beaucoup : Laurent Garnier. Son set de plus de trois heures a façonné la soirée, privilégiant des tempos mesurés et une progression soignée — une prestation qui restera l’un des points forts du week-end.
Extrêmes et rencontres inattendues
La programmation a aussi exploré les registres les plus extrêmes. Sur l’Astrofloor, LESSS a proposé un mélange dur d’hard techno, uptempo et schranz qui a galvanisé ses fans, tandis qu’à une autre extrémité, le back-to-back entre O.B.F et le MC londonien Charlie P a rempli un corner dub soucieux de BPM plus mesurés.
On a croisé des moments de folie contrôlée : Lenny Dee pour l’excès old-school, Eris Drew pour un set plus rituel et incarné, et Manu le Malin, dont la programmation matinale a servi de pont vers la scène hardcore Mekanik dont il est directeur artistique. Enfin, le b2b entre Laurent Garnier et Miley Serious, orienté jungle puis drum’n’bass, a conclu la nuit sur une note jubilatoire.
Un anniversaire tourné vers l’essentiel
Au fil du week-end, la trentaine d’Astropolis s’est imposée comme une célébration sans emphase : la structure du festival — ses scènes, ses collectifs locaux, son attention à la relève — a pris le pas sur la mise en avant exclusive de têtes d’affiche. Pour le public comme pour les artistes, on venait cette année « pour Astropolis » plus que pour une seule performance.
Le constat est net : après des années de mutation du paysage événementiel, le festival brestois a choisi de jouer sa carte la plus durable, en valorisant la diversité des esthétiques électroniques et en laissant une place visible aux scènes émergentes et locales.












