Au travail pendant le Ramadan, la loi permet de demander un aménagement

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Le ramadan a officiellement débuté le 18 février 2026. Pour de nombreux salariés musulmans, ce mois pose une question concrète : peut-on demander à travailler à distance pour mieux concilier jeûne, repos et prières ?

Un choix personnel qui ne crée pas de droit automatique

La pratique du ramadan relève d’une liberté religieuse individuelle, sans création d’un droit spécifique au télétravail. Sur LinkedIn, le juriste Adnane Ramdani le rappelle clairement : « Le télétravail n’est pas un droit lié au ramadan. Mais des aménagements temporaires peuvent être accordés avec l’accord de l’employeur (télétravail, horaires adaptés), notamment pour gérer la fatigue et les temps de prière. »

Autrement dit, des ajustements sont possibles, mais ils dépendent de l’acceptation de l’employeur et ne découlent pas automatiquement d’une pratique religieuse.

Ce que prévoit le cadre juridique

Deux types de cadres peuvent organiser le télétravail dans l’entreprise : un accord collectif négocié avec les syndicats ou une charte mise en place par l’employeur après avis du CSE. Si un accord existe, les conditions prévues s’appliquent et il est difficile d’en obtenir davantage.

En revanche, en l’absence d’accord collectif ou de charte, la pratique est souple. Depuis les ordonnances de 2017, le Code du travail privilégie l’accord de gré à gré entre salarié et manager. Cet accord peut se formaliser par écrit — par exemple par courriel — ce qui permet de conserver une trace.

Comment se déroule une demande et quand un refus est justifié

La demande de télétravail peut être adressée au manager, mais il est conseillé de la formuler par écrit pour éviter toute ambiguïté. L’employeur reste libre d’accepter ou de refuser.

Un refus ne peut pas être arbitraire : il doit reposer sur des motifs objectifs. Parmi les raisons légitimes figurent :

  • la désorganisation manifeste du service si le télétravail compromet gravement le fonctionnement ;
  • le besoin de présence physique pour l’accueil du public ;
  • l’utilisation d’équipements ou machines accessibles uniquement sur site.

Concrètement, les métiers de bureau présentent davantage de possibilités d’aménagement que les postes qui exigent un contact direct avec le public ou l’usage d’équipements spécifiques.

Au final, le télétravail pendant le ramadan reste possible, mais il dépend largement de la situation de l’entreprise, des accords existants et de la capacité de l’employeur à justifier un refus.

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