Avec GREG, la scène créole investit les clubs parisiens

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Il est minuit quand GЯEG nous reçoit, détendu mais concentré : son set au Peacock Society n’est prévu que dans deux heures et son nouvel EP, Kas Frekans, vient tout juste de sortir le 16 juillet 2026. Entre anecdotes de studio et retours de scène, le DJ et producteur mauricien raconte comment il a construit ce projet et ce que signifie aujourd’hui représenter la scène créole en club.

Des débuts sur l’ordinateur familial à l’expérience de club

GЯEG a commencé à bricoler des mixes sur l’ordinateur de ses parents dès l’âge de 12 ans. Avec le recul, il ne cache pas que ces premiers essais étaient rudimentaires, mais ils lui ont donné les bases de son parcours de DJ.

Après avoir grandi à l’île Maurice, il a posé ses valises à Paris où il a enchaîné résidences — notamment au Rex Club — et soirées comme LA CREOLE. C’est surtout là qu’il a compris qu’on pouvait mêler techno, shatta, bouyon et house au sein d’un même set, une possibilité qui lui a permis d’élargir sa palette artistique.

Trasman : produire des soirées entre Maurice et Paris

Avec le collectif Trasman, GЯEG a monté des événements à cheval entre l’île Maurice et la capitale française, dont des dates les 22 novembre 2025 et 10 janvier 2026. Ces soirées lui ont servi d’expérimentation : apprendre à organiser, fédérer un public et prouver qu’il est possible de naviguer entre plusieurs univers musicaux sans perdre la foule.

Vers un son propre : trois ans pour affiner Kas Frekans

Trois ans après l’EP Jazz Net, GЯEG explique avoir consacré beaucoup de temps au sound design et à l’apprentissage d’Ableton pour trouver sa signature sonore. Le disque, dit-il, prolonge les démarches de ses précédents EPs en poussant plus loin le mélange entre shatta, afro, dembow et éléments électroniques.

La sortie a été précédée d’un double single ; les titres « bby » et « Kas Frekans » donnent d’emblée le ton : des textures plus sombres, des basses rugueuses et des mélodies répétitives qui annoncent l’esthétique de l’EP.

Collaboration locale : Dopeman et le collectif badboi

Pour le morceau phare du projet, GЯEG s’est rapproché de la scène locale : sa collaboration avec la figure du shatta Dopeman est née d’une démo envoyée par l’artiste. Dopeman fait partie du collectif badboi, que GЯEG côtoie régulièrement à Maurice — des artistes comme Da Nillo, Ash ou Nick William font partie de ce cercle.

Le titre avec Dopeman était présent depuis plusieurs années dans les fichiers du producteur : non mixé et pas encore masterisé, il attendait le bon moment pour trouver sa place sur l’EP.

La pochette, la famille et l’identité

La photo de couverture de Kas Frekans renvoie à ses racines : un instant pris lors d’un pique-nique mauricien, où la musique circule au sein de la famille. GЯEG décrit la scène comme un souvenir d’enfance — lui, petit à côté de ses oncles qui jouent et chantent — et voit dans cette image la continuité entre la fête familiale et sa pratique professionnelle.

Scène et symboles : Peacock Society et la cérémonie des Jeux paralympiques

Parmi les étapes marquantes de sa carrière, la prestation lors de la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques a changé la perception de son entourage sur son métier : ce passage à la télévision internationale a donné une visibilité nouvelle à son travail, y compris auprès de sa famille à Maurice.

À propos du Peacock Society, festival qu’il suit depuis des années, GЯEG confie son émotion : fermer la scène qu’il investit est pour lui un geste chargé de sens. Son set—annoncé comme axé house—reflète aussi une facette moins attendue de son répertoire, celle d’un DJ capable de surprendre en privilégiant la musicalité et la vibe.

Entre engagements locaux et expériences internationales, GЯEG trace un parcours qui ne sépare pas héritage culturel et explorations électroniques. Kas Frekans marque une étape où le son se resserre, devient plus sombre et plus affirmé, tout en restant fidèle aux influences créoles qui l’ont façonné.

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