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Le véritable bouillonnement de la scène rap suisse en 10 clips bluffants

Capture : YouTube / Salsa (Comme1flocon)

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C’est indéniable, le rap suisse est incroyablement fertile. Si certains noms commencent à circuler, notamment hors frontières – Di-meh, Makala, Slimka… –, d’autres rappeurs, tout aussi talentueux, posent les bases et leurs flows puissants ne demandent qu’à être découverts. De Fribourg à Genève, en passant par Nyon et Lausanne, le rap game helvétique est dans la place. Voici une sélection signée Slash Média.

Voir :  Et si 2017 devenait l’année du rap suisse ?

Zaian – Freestyle Z-2 (Fribourg)

Zaïan est un rappeur issu du quartier populaire de Schoenberg, peuplé de plus de 9’000 habitants provenant de 170 nationalités différentes. Entre le foot et bien d’autres activités, il consacre très vite son temps à la musique. Aujourd’hui, il est auteur, compositeur, interprète ainsi que directeur artistique. Il gère son image et ses réseaux sociaux avec l’aide de son frère, ses associés et le réalisateur talentueux Haile Films.

Zaïan est sur Instagram et Facebook.

SRT – Hypnotisé (Lausanne)

SRT (diminutif de « serpent ») se trouve être un rappeur et un producteur de la capitale vaudoise.

Comme il le dit : « J’ai débuté dans le hip-hop en tant que breakdancer. J’ai à mon compteur 15 ans de rap. J’ai fait mes classes avec le groupe Protonprod (…) J’ai toujours été sensible à l’art éphémère. J’ai remporté, il y a plusieurs années, un concours d’improvisation qui s’appelle “Freestyle à la carte” organisé par le Metastasis Crew. En 2011, j’ai sorti et auto produit un EP, “Modèle réduit” ».

Actuellement, il évolue en solo et prévoit de sortir des compositions « ovnis » comme Hypnotisé, morceau produit par Poh-Low (beatmaker) et « clipé » par Protonprod. Un projet de 4 titres intitulé « Mue 01 » devrait également voir le jour prochainement.

SRT est sur Facebook.

Rando – Zuber (Lausanne)

Rando a 20 ans. Il est affilié au label indépendant Noblesse Music, composé de 3 autres membres : D.O.N.Z et Jeune Noble, qui sont les fondateurs, ainsi que Badnaiy. Bercé par de multiples sonorités, comme la soul, la chanson française, le rock et le rap, il partage ses états d’âme tout en essayant de se surpasser sur chaque nouveau morceau.

« J’ai commencé à me mettre sérieusement à la musique il y’a un peu plus d’un an et je ne compte pas m’arrêter maintenant (…) Je voudrais qu’on puisse tous s’unifier et qu’on évite de créer une concurrence fictive entre nous, car, de mon point de vue, il n’y a qu’en étant soudés qu’on arrivera à faire exploser la Suisse ».

Rando est sur Facebook et Instagram.

Kokeine JTD – Sans toi (Lausanne)

Très peu d’informations sur cet artiste qui détient plusieurs cordes à son arc… Découvert au sein du duo Fuckill M, avec son acolyte Jowiz (rappeur suisse à suivre de très près) et membre du collectif/label Chicaloz Gang, Kokeine JTD (pour « je t’adore ») rappe, mais surtout chante. Une voix, une manière de se placer sur les instru’ que l’on vous laisse le plaisir de découvrir.

Son dernier projet, « LaFleurRose »est un EP de 8 titres (enregistré et mixé par ses soins) disponible sur toutes les plateformes de téléchargement légal.

Kokeine JTD est à retrouver sur Facebook, Instagram et Soundcloud.

Malijack – Calle (Lausanne)

Il y a 10 ans, Malijack a commencé sa carrière rap avec le collectif Kolt Army. Après une pause musicale, c’est en 2016  qu’il reprend du service… Cette fois-ci en solo. Il sort plusieurs titres et vidéos tels que Capuché, Miklo, les freestyles Fuego, sans oublier l’incontournable Favelas, en collaboration avec le vaudois Kingzer (le seul clip lausannois à avoir atteint plus de 280’000 vues sur YouTube).

Malijack est présent sur Facebook et Instagram.

Comme1Flocon – Salsa (Lausanne)

Au départ membre du groupe 3e Mi-Temps (3MT), c’est en 2016 que Comme1Flocon débute sa carrière solo. Dès l’année suivante, au travers du morceau et des images du clip Cadenas, le jeune artiste se fait connaître d’abord en Suisse, puis en France, tout en préparant son premier EP. En mars 2018, il signe au sein du label français Bendo Music.

Flocon se dévoile dans ses morceaux et c’est avec Nadia Tarra et Antonin Halm qu’il se révèle être un vrai artiste en se souciant du détail qui fera la différence à la caméra. Son dernier titre, Salsa, déjà présent dans nombreuses playlists, est venu clôturer l’été en beauté avant l’arrivée de son premier projet.

Comme1flocon est sur Facebook et Instagram.

Jahrel Jones – Get out (Lausanne)

Jahrel Jones a 18 ans. « Je fais du son depuis petit. Mon inspiration vient de personnes comme Tyler The Creator au niveau du flow et du style, Erykah Badu pour tout ce qui est sweet mood, Steve Lacy ou encore Joey Bada$$ également pour le flow », dit-il.  L’étudiant ajoute : « Mon but est de pouvoir créer. J’écris moi-même mes textes, mes scénarios et je gère parfois le montage vidéo, car je suis aussi photographe »Un EP de 10 tracks est à venir.

Jahrel Jones est sur Facebook et Instagram.

RASK – Tourner la page (Lausanne)

RASK, artiste originaire du nord de la France, est passionné par la musique depuis son plus jeune âge. En 2012, il sort son premier opus « Des Terres Minées »

Sa rencontre avec le producteur lausannois Jay Fase, qui a notamment composé pour Soprano, Booba et bien d’autres artistes, permet à RASK d’arriver enfin là où il souhaite se placer musicalement. Tous deux décident de partir sur un concept de 4 EPs de 5 titres comme les 4 saisons : « Printemps », « É », « Automne » (à venir) et « Hiver » (à venir).

RASK est actif sur Facebook et Instagram.

Oni – Proprement (Nyon)

Ayant performer au sein de multiples formations, telles que Oni/Epik ou Tweek, Oni est rappeur et beatmaker aguerri. Il nous dévoile son univers aux sonorités « cloud rap » au travers de son nouveau projet intitulé « O » prévu pour 2019.

Empreint d’un besoin d’évolution, de dépassement de soi et de mise à nu, il s’inspire de sa vie de famille et de son vécu pour retranscrire ses états d’âme sur ses propres compositions musicales, influencées par la nouvelle école du rap américain. Chaque titre de ce projet sera publié en tant que single et accompagné d’une identité visuelle singulière dans le but d’en faire une œuvre en constante évolution.

Après FUI et REMEDE, il sort PROPREMENT en septembre 2018.

Suivez Oni sur Facebook et Instagram.

Slimka & Di-meh – KTM (Genève)

Faut-il encore présenter ces deux rappeurs genevois qui retournent tout sur leur passage dans le paysage du rap francophone ? Faisant partie, avec Makala, des Xtrm Boyz, de la SuperWak Clique et du label Colors Records,

Slimka et Di-meh ont eu la chance de figurer sur la mixtape « Brooklyn Paris » produite par le beatmaker américain Harry Fraud (producteur de French Montana, Action Bronson, Curren$y…). On y trouve des rappeurs français comme Jok’air, Dinos ou encore Infinit’. Un concert bouillant a été donné à cette occasion, en septembre dernier, à Paris.

Slimka se trouve sur Instagram x Facebook.
Di-meh est sur Instagram et Facebook.

Pour enrichir votre playlist, Slash vous propose 27 découvertes orientées rap suisse.

Repérages

Le rap post-soviétique : un phénomène culturel et identitaire

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La scène musicale se développe constamment en Europe de l’Est et quelques artistes se sont exportés au-delà de cette région encore méconnue pour beaucoup. La clé de leur succès : un style moderne, imprégné de leurs cultures respectives. Voici trois artistes qui ont de grandes ambitions et qui construisent un pont entre la scène internationale et les cultures post-soviétiques.

Depuis la chute de l’URSS, les nations émergentes se redéfinissent politiquement mais aussi culturellement. Au milieu de ce processus se trouve une jeunesse confuse, qui cherche sa place entre les souvenirs soviétiques de leurs parents et le développement parfois chaotique de leurs pays. Alors que certains artistes d’Europe l’Est se conforment aux cadres de la musique internationale et essaient de rentrer dans le moule, une partie a décidé de se construire une identité unique en se jouant de leurs origines. Le rap post-soviétique, et russe particulièrement, bien qu’inspiré par l’Ouest dans les années 1990, se distingue de plus en plus par une valorisation de l’identité et des racines. C’est pourquoi la culture et la langue nationale jouent un rôle important dans le style post-soviétique. Slash vous présente trois artistes qui cherchent à exporter leur travail et à créer le lien entre l’Est et l’Ouest. Ces musiciens se laissent influencer par leur héritage post-soviétique, mais avec le regard tourné vers l’extérieur.

Little Big

Difficile de catégoriser la musique de ce groupe atypique formé en 2013 à Saint-Pétersbourg. Ces Russes vacillent entre un genre rave et rap, à connotation parfois très trash. Leur image est unique, un chanteur-rappeur tatoué, une chanteuse naine, ou encore un clown terrifiant. Ils font leur première apparition publique en ouverture de Die Antwoord et se font directement voir comme leurs égaux russes. Le groupe connait un succès immense en Russie et s’exporte aussi en Europe, notamment avec une tournée en France en 2015. Ils ont depuis sorti 3 albums, 9 singles et plus d’une vingtaine de vidéos virales. Ils produisent leurs clips eux-mêmes, et expliquent que les côtés sombres représentent les problèmes de la société post-soviétique. Le groupe joue avec les stéréotypes russes de manière ironique, ce qui est devenu sa marque de fabrique. Bien que le trash et le sarcasme vont très loin avec Little Big, leur but n’est pas seulement de partager ironiquement la culture russe mais aussi d’interpeler sa société. Ils ont créé leur propre label « Little Big Family » et collaborent souvent avec d’autres artistes de la scène post-soviétique et d’ailleurs.

Tatarka

La jeune femme n’est pas encore très connue sur la scène internationale mais elle fait parler d’elle en Russie. D’origine Tatar, elle mélange dans ses paroles sa langue natale et l’anglais, ce qui donne une touche très exotique. Elle a trois singles à son actif, un premier sorti en 2016 « Алтын »entièrement en langue tatar, « U Can Take Me » en collaboration avec Little Big – dont le chanteur principal chante en anglais et Tatarka en Tatar – et le dernier « Pussy Power », dans lequel la jeune femme chante entièrement en anglais. Les trois singles sont accompagnés de clips, produit par les mêmes producteurs que Little Big, dont elle a assuré les ouvertures à plusieurs reprises. Ses vidéos l’aident à se construire une notoriété, elles sont artistiques et comportent un mélange de modernité avec la culture de l’Est. La jeune femme porte d’ailleurs les habits du nouveau designer post-soviétique en vogue, Gosha Rubchinskiy. Tatarka est la découverte féminine de la scène russe et a beaucoup de potentiel. Son premier album est très attendu et sera en langue tatar et anglaise, ce qui ouvre les portes à la scène internationale tout en gardant une touche culturelle très forte.

Tommy Cash

L’enfant terrible du rap post-soviétique n’est plus à présenter. Tommy Cash s’est fait un nom en Europe et même au-delà. Originaire d’Estonie, il grandit dans un quartier défavorisé de Tallin qu’il surnomme le « Detroit de la ville ». À 15 ans, il arrête ses études secondaires et part vadrouiller dans toute l’Europe avec un groupe d’amis pour se faire de l’argent en dansant dans la rue. Ses talents de danseurs se retrouvent dans ses vidéos, qui à l’instar de Little Big, reçoivent des critiques controversées. Tommy Cash collabore même avec le groupe russe dans « Give Me Your Money », qui reprend absolument tous les clichés sur l’Europe de l’Est. Leur collaboration ne s’arrête pas là, ils produisent aussi une mini-série « Americans Russians » sur YouTube, qui raconte une histoire comique et déjantée de Tommy et Ilich (chanteur principal de Little Big) voulant vivre le rêve américain. Aujourd’hui, Tommy Cash tourne dans toute l’Europe et rêve d’atteindre les Etats-Unis. Son style unique et ses références aux clichés d’Europe de l’Est en font l’un des artistes les plus en vogue du rap post-soviétique.

Il serait erroné de se limiter à ces artistes pour décrire la scène musicale d’Europe de l’Est. Chaque pays a ses talents et beaucoup de musiciens deviennent des références nationales dans le genre. Nous nous sommes ici intéressés aux noms qui ont le potentiel de s’imposer sur la scène internationale et qui ont créé leur succès grâce à leur culture post-soviétique. D’autres talents restent cachés, car ils préfèrent utiliser leur langue nationale au lieu de l’anglais. Et il faut avouer que pour certains artistes, cela ajoute un charme indéniable à leurs productions.

Il est aussi facile de retrouver des influences culturelles dans les paroles ou les vidéos de ces musiciens, largement influencés par leur jeunesse et leur vie dans une société post-soviétique. On pense bien sûr à Taco Hemingway et Adi Nowak, deux grands noms du rap polonais qui défient les standards d’Europe de l’Ouest avec des voix mélodiques et une atmosphère très artistique. Il y a aussi Макс Корж, dont les vidéos de grande qualité décrivent la jeunesse en Biélorussie (voir ci-dessous), Грибы qui mélange humour et vie Ukrainienne, et enfin le russe Антоха МС qui s’est créé un style rétro transpirant le bloc soviétique. Ces artistes sont loin du cliché des rappeurs de l’Ouest. Ils mettent en avant leur singularité et connaissent le succès grâce à leurs styles uniques, artistiques, proche de leur société. Le rap post-soviétique est un ensemble d’artistes, de pays et de genres, mais c’est avant tout le reflet d’une jeunesse qui cherche sa place et qui dénonce sa société au travers de la musique. On espère que bientôt, l’Est et l’Ouest se rencontreront, non plus sur une scène historique mais cette fois musicale.

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Sélections

La programmation envoûtante du Jazz au Peuple de Prangins en 3 pépites

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© Jazz au Peuple / DR

Voilà quatre ans que le petit village de Prangins met les deux pieds en automne, au rythme des saxos et pianos helvétiques. C’est sous les accords de la musique de la belle époque que le festival Jazz au Peuple est de retour ce week-end, 7 et 8 septembre.

Six groupes et artistes sont attendus, ce vendredi et samedi, afin de rendre accessible le style. Les concerts, gratuits, seront tous proposés dans un cadre intimiste, au cœur de la commune vaudoise. Sélection de nos trois coups de cœur de cette édition.

Nik Bärtsch’s Mobile
7 septembre – 20h30
Temple de Prangins

Nik Bärtsch’s Mobile, c’est avant tout un quatuor zurichois constitué au début des années 2000. Accompagné de deux percussionnistes et d’un clarinettiste, Bärtsch, le pianiste, expérimente des fractions musicales indépendantes et combinables qu’il baptise « Modul ». 

Sur les planches, aménagées en « laboratoire zen » pour l’occasion, jeux de lumière et scénographie pointue viendront accompagner l’ensemble alémanique. Profond appel à l’introspection.

Manuel Troller solo
7 septembre – 22h00
Vieux Pressoir

Au croisement de l’ambient et de la folk se trouve un certain Manuel Troller. Musicien pour Sophie Hunger, Stephan Eicher ou Nik Bärtsch (encore lui), en solo, le Lucernois de 32 ans cherche continuellement à repousser les limites de sa gratte.

Après avoir retourné le Jazz au Peuple de l’an passé avec son groupe Schnellertollermeier, Manuel Troller est de retour, seul cette fois, pour tenter de renouveler la prouesse. « Vanishing Points », son premier album solo, est attendu pour le 12 octobre prochain.

Voir :  Quand l’intelligence artificielle fait de l’Art

Susanne Abbuehl & Matthieu Michel
8 septembre – 20h30
Temple de Prangins

L’une est professeure à la Haute École de Musique de Lausanne, l’autre est son collègue. Mais lorsque sonne la cloche, Susanne Abbuehl et Matthieu Michel deviennent l’incarnation réelle de leurs enseignements. Quatuor, puis duo, c’est depuis 2009 que les artistes de renommée internationale écument les scènes.

De leur musique, paisible, s’échappe parfois le lyrisme d’une voix en contre-haut. Et sur fond de trompette délicate s’émancipe finalement un alliage dense et brillant – en un mot : précieux. 

Voir :  Une discussion avec le responsable technique de la Haute École de Musique de Lausanne

Enfin, pour compléter sa programmation fouillée, le Jazz au Peuple organisera pour la première fois une table ronde sur la combinaison « musique et photographie ». La rencontre se tiendra le samedi 8 septembre, à 17h30, au Vieux Pressoir de Prangins. Ganesh Geymeier et Nicolas Masson, saxophonistes suisses, y interviendront notamment.

Infos et programme complet sur www.jazzaupeuple.ch.
Le 4e Jazz au Peuple se déroulera les 7 et 8 septembre 2018, à Prangins.

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