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Métro, boulot, dildo : une folle histoire de vibro

© Flickr / Gaetan Lee

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Il existe une grande différence entre un vibromasseur et un godemiché, hormis des détails techniques liés à leur utilisation. Celle-ci réside dans le contexte et la période de leur création. Petit rappel d’une folle histoire ; l’apparition du vibro.

Les godemichés et autres dildos ont existé de tout temps. On les apercevait déjà sur les poteries grecques ou romaines de l’antiquité, ainsi que sur les fresques égyptiennes de la même période. Pour les Grecs leur utilisation était un réel art de vivre. En Afrique, les statuettes phalliques servaient de symbole de fécondité et de nombreuses traces de leurs usages existent tout autour du monde.

Une variété d’objets sexuels, peinture sur bois, ~1830 – Droits réservés

Il n’est cependant pas surprenant d’apprendre que le vibromasseur, lui, a seulement fait son apparition au 19e siècle avec le développement de l’électricité. Ce qui est par contre surprenant, c’est le but de cette invention et l’utilisation qui en a été faite.

En effet, l’inventeur du vibromasseur n’était pas un fabriquant de sex-toys ou une femme découvrant par hasard le bonheur d’une vibration sur ses parties intimes, mais bien un médecin. C’est en 1883 que le docteur Joseph Mortimer Granville inventa le premier godemiché électromécanique. Il traitait à l’époque beaucoup de patientes atteintes de ce que l’on appelait « l’hystérie », une maladie fourre-tout qui pouvait aussi bien englober des spasmes ou crises épileptiques que l’irritabilité ou le « théâtralisme » (des comportements excessifs visant à attirer l’attention). Le traitement plébiscité pour les patientes souffrant de ce mal était la mise en place de séances de « massages manuels » régulièrement appliqués par un médecin. Le film « Hysteria », sorti en 2014 et réalisé par Brad Anderson en parle notamment.

Vous l’aurez deviné, ces massages s’apparentaient plus à de la masturbation qu’à un rendez-vous chez l’ostéopathe. Ils n’étaient cependant pas considérés comme un acte sexuel, puisqu’il était reconnu et accepté que les femmes ne pouvaient pas ressentir de plaisir par d’autres moyens que par la pénétration d’un homme. En effet, ces spécialistes n’y voyaient absolument pas un geste érotique et définissaient même ce traitement de « sale besogne ». Comme aime le rappeler Rachel Maines, historienne et sociologue, « rien n’indique que les médecins dans leur ensemble aient pris un plaisir particulier à fournir ces services à leurs patientes – sauf bien sûr pour ce qui est de la satisfaction liée à l’efficacité thérapeutique et aux revenus qu’ils en tiraient ».

Le film “Hysteria” parle de la carrière du Dr. Granville et de son invention – Capture : “Hysteria”, réalisé par Brad Anderson (2014)

Le docteur Joseph Mortimer Granville ne créa donc pas un sex-toy, mais bien une avancée médicale qui lui permit d’améliorer le rendement de son cabinet, en passant à un rythme de six patientes par heure plutôt qu’une seule.

C’est uniquement entre les années 1890 et 1900, avec l’invention des batteries portables, que le vibromasseur trouve sa place dans les foyers bourgeois mais toujours sous un prétexte médical.

En 1900, une collection de vibromasseurs est présentée lors de l’Exposition universelle de Paris et l’on voit apparaitre des marchands de godemichés capables de fournir des modèles sur mesure. Cependant, ces mêmes marchands vendent également des produits tels que des ceintures de chasteté contre la masturbation.

Un exemple de publicité pour un vibromasseur. On laisse planer le doute quant à son utilisation – Droits réservés

Ce n’est que dans les années 1920, avec l’émergence des stag films (un type de films pornographiques produits de manière clandestine à cause des lois de censures), que le masque autour du geste de la masturbation et de l’utilisation du vibromasseur tombe et devient explicitement sexuel.

Le plaisir féminin a en effet pendant longtemps été défini en fonction et en miroir à celui de leurs partenaires masculins. Ceci allant jusqu’au point où il a fallu des années pour reconnaitre la masturbation féminine comme telle, et non comme un geste médical. L’hystérie elle-même n’a disparu des manuels de psychologie et de médecine qu’autour des années 1980. Il n’est pas non plus anecdotique de noter que Rachel Maines, elle-même, a perdu son poste à l’Université de Clarkson, suite à la publication d’un article sur l’histoire du vibromasseur en 1986.

Malgré son aspect révolutionnaire et émancipateur, le vibromasseur est un exemple symptomatique de la façon dont est, parfois encore aujourd’hui, considérée la sexualité féminine. Il serait donc grand temps de l’accepter et de la respecter, peu importe la forme que celle-ci prend.

Technologies de l’orgasme
Rachel P. Maines

Éd. Payot & Rivages, 2012 – 270 pages

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La Fête du Slip est de retour pour une 6e édition

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Capture : Facebook / La Fête du Slip

Après une édition 2017 remplie de succès, les organisateurs de la Fête du Slip, le festival romand des sexualités, ont décidé de déclarer leurs dates et de festoyer du 10 au 13 mai 2018. L’événement se déroulera dans 5 endroits différents de Lausanne : l’Arsenic (qui sera le cœur même du festival), le Bourg, le Théâtre Sévelin 36, Forma Art Contemporain et la Galerie HumuS.

Une soirée « Préliminaire » aura lieu aux Docks (toujours en capitale vaudoise), le samedi 5 mai 2018, avec au programme du « catch-queer » et de la musique rétro-futuriste. L’heureuse reine de la soirée sera Gaff-E. La chanteuse aux spectacles psychédéliques sera accompagnée par les jumelles de My Bad Sister. Et ce n’est que le début. Il faudra rester accroché jusqu’au 29 mars prochain pour connaître le programme complet.

En attendant, l’on peut toujours profiter du nouveau concept de communication sur lafeteduslip.ch, où des séries d’oxymores déroutants se font les yeux doux. Les organisateurs ont annoncés vouloir mener une « communication qui interpelle le public en se jouant de nos préconceptions. Créer un nouveau sens, remettre en question nos représentations binaires et faire disjoncter avec humour les stéréotypes liés au genre, le concept de cette édition s’intègre pleinement dans la mission fétiche de la manifestation. » 

La Fête du Slip se déroulera les 5, 10, 11, 12 et 13 mai 2018, à Lausanne. 

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Contraception masculine : bientôt un gain de liberté ?

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© Flickr / Léa Dumas

Alors que des moyens de contraception pour hommes arrivent peu à peu sur le marché, partager la responsabilité de la contraception ne sera peut-être pas si simple pour les femmes.

Cela fait plus d’une dizaine d’années que des chercheurs se penchent sur les moyens de contraception masculins. Comme le rappelle l’OBS, la possibilité d’un implant sous-cutané combiné avec des injections d’hormones avait déjà été évoquée en 2003.

Quinze ans plus tard, force est de constater que malgré les promesses répétées, les moyens de contraception masculins restent marginaux.

En cause notamment la difficulté liée à la production constante de spermatozoïdes qui rend la contraception plus difficile à mettre en œuvre chez les hommes que chez les femmes. Mais également le manque d’investissement dans la recherche de contraceptifs masculins. Selon le Guardian, les grandes industries pharmaceutiques pensent en effet que les hommes ne seront pas assez intéressés à utiliser ces moyens. La perspective de plus d’égalité, d’empathie et de compréhension entre les sexes ne suffit pas à convaincre le marché.

Des alternatives limitées et souvent méconnues

Les solutions actuelles se comptent sur les doigts d’une main, et leur efficacité est souvent limitée. Voici les moyens les plus souvent cités :

  • Préservatif : Cette gaine en latex ou en polyuréthane retient le sperme dans 98 % des cas s’il est correctement utilisé. Ce taux s’abaisse jusqu’à 81 % dans les conditions de la « vraie vie » et durant sa première année d’utilisation par les couples.
  • Injections hormonales : Il s’agit d’injecter une fois par semaine un mélange hormonal à base de progestatif et de testostérone. Les protocoles sont encore controversés et les injections rares. 
  • Slip chauffant : Ce moyen de contraception thermique encore peu connu utilise la chaleur pour altérer le processus de production de spermatozoïdes. Le slip, porté 15 heures par jour, remonte les testicules, réduit le nombre de spermatozoïde et diminue leur mobilité.
  • Vasectomie : Il s’agit d’une stérilisation parfois réversible. Le but de l’opération est de boucher les canaux déferlants qui permettent d’acheminer les spermatozoïdes jusqu’au liquide séminal (le sperme).

Beaucoup de promesses

Plusieurs autres contraceptifs sont à l’étude dont la pilule hormonale et l’injection de gel polymère.

Comme le rapporte un article de Slate.fr, les tests de la pilule hormonale masculine ont montré qu’elle était aussi efficace que son homologue féminin, avec un taux de protection de 96 %. Toutefois, comme pour la pilule pour femmes, les effets secondaires sont nombreux. Selon les chercheurs, il faudra « encore bien des années de recherche pour que cette avancée puisse être utilisée largement par les hommes comme méthode de contraception ».

© Pixabay

Le gel contraceptif Vasalgel, dont la commercialisation imminente est annoncée depuis de plusieurs années, passera une nouvelle étape en 2018 avec un test clinique international. Selon le site de la Parsemus Foundation à l’origine du projet, « Vasalgel est un hydrogel polymère qui est injecté dans le canal déférent (le tube par lequel les spermatozoïdes passent) et bloque les spermatozoïdes. La procédure rapide est comparable à celle d’une vasectomie sans bistouri, le médecin injecte un gel dans le canal, plutôt que de le couper ».

Vers un partage de la responsabilité contraceptive ?

Si les alternatives continueront de se développer en 2018, la question est de savoir dans quelle mesure les femmes seront prêtes à abandonner ce contrôle sur leur corps, devenu symbole d’une certaine liberté sexuelle.

Cela demande également un investissement pour les hommes et un changement de perception de la contraception masculine, encore trop souvent associée à une perte de virilité.

Si cette transition ne se fera pas sans difficulté, elle devrait pourtant permettre un gain de liberté pour les femmes et les hommes, avec à la clé un plus grand choix et des moyens de contraception mieux adaptés à chacun.

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