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Amandine, 40 ans : « Il n’est jamais trop tard pour découvrir son orientation sexuelle »

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Les questions d’orientation sexuelle ne sont pas toujours synonymes de recherche identitaire juvénile. Pour certains, certaines, l’adolescence est un souvenir révolu et pourtant, après une vie construite dans la méconnaissance ou le silence, sortir du placard est libérateur. Dans cet article, vous découvrirez l’histoire d’Amandine*, une quadragénaire qui, loin de toutes suspicions, se retrouve nez à nez avec sa bisexualité.

Sortir du quoi ?

Le coming-out ou en forme longue « coming out of the closet » (littéralement : sortir du placard), est une expression signifiant la révélation d’une orientation sexuelle ou d’une identité de genre. Arriver à cette émancipation publique est souvent, faute de représentations variées dans notre société et du jugement, un long cheminement intérieur, pavé d’insécurité.

Désillusions

C’est autour d’un café que je rencontrai Amandine, une femme à l’apparence inébranlable, détenant, paradoxalement, une sensibilité poignante. En palpant sa tasse, intimidée par mon attention, pleinement happée par son histoire, elle me racontait ses rêves hétérosexuels, des rêves qu’elle ne pensait jamais reconsidérer : « Je voulais une vie cohérente aux normalités que définit et valorise la société. La banalité, voilà mon ancienne inspiration, quitte à être impersonnelle. Mes rêves étaient simples : avoir des enfants, un mari, une vie de famille bien rangée… Dans ma jeunesse, me projeter au bras d’une femme me repoussait, me dégoûtait. »

Selon elle, cette réticence provenait d’une éducation traditionnelle et, particulièrement, d’un père homophobe qu’elle ne souhaitait décevoir en trahissant son image de « fille modèle » : « Mon papa est décédé dans l’ignorance, m’expliqua-t-elle, insatisfaite. Il n’a jamais rencontré celle que je suis devenue; une femme complètement affranchie et épanouie sexuellement. À sa mort, moi-même, je ne m’étais encore jamais rencontrée… aucun doute ne me traversait l’esprit. »

Un déclic peut être provoqué par de nombreux paramètres, son facteur ou plutôt sa factrice, c’était Léa* : « Notre rencontre était naturelle. J’ai découvert la douceur, la sensualité. Lorsque j’ai commencé à me questionner sur mon orientation sexuelle, j’en étais follement amoureuse… c’était trop tard ! », me confia-t-elle en rigolant, comme moqueuse de son insouciance.

Voir :  Et c'était comment ce coming-out ?

Concilier son rôle de femme et de mère

De nature authentique, cacher son amour pour Léa lui était impossible : « Je ne sais pas faire semblant ». Après quelques semaines de réflexion intense, partagée entre peur et euphorie, elle dévoila sa rencontre amoureuse : « Je pouvais surpasser le rejet des inconnus, de mes amis… Seule l’acceptation de mes enfants comptait à mes yeux. J’avais peur qu’ils aient honte, de les dégoûter, de les perdre. Pour eux, j’envisageais de renoncer à cet amour. »

Le drapeau de la fierté bisexuelle, imaginé par Michael Page, en 1998.

Heureusement, entre ses sentiments pour Léa et son amour maternel, elle n’eut besoin de choisir. Ses deux enfants, adolescents à l’époque, réagirent avec conciliation et joie. Savoir leur maman épanouie fut leur seule préoccupation : « Aujourd’hui, je concilie harmonieusement ma vie de femme et de mère. Personne n’a décrédibilisé mes choix, ils savent que c’est de l’amour et non de la curiosité ou de la confusion. Mon entourage a bien réagi, Léa est désormais acceptée ».

En soutenant mon regard plus ardemment, elle insista sur le mot confusion. Elle m’avoua, exaspérée, que son orientation sexuelle est fréquemment assimilée à l’hésitation : « Je ne suis pas lesbienne ou hétérosexuelle en fonction du sexe de mon/ma partenaire, je suis bisexuelle, pas indécise ! J’aime les hommes et les femmes. Je sais choisir, j’ai simplement choisi les deux. »

Mieux vaut tard que jamais

Nos tasses étaient vides et annonçaient la fin de notre échange. Avant de repartir chacune de notre côté, à notre train-train quotidien, elle me dit: « Pour faire son coming-out, il n’y a pas d’âge propice. J’ai rencontré les mêmes questionnements et les mêmes difficultés qu’un adolescent. Une chose est sûre, il n’est jamais trop tard pour découvrir son orientation sexuelle. Il n’y a pas de secret, ce qu’il faut, c’est être prêt. »

*Les prénoms ont été modifiés.

Sur association360.ch, vous trouverez des informations ainsi que des offres de soutien dans le domaine des questions relatives à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre.

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Métro, boulot, dildo : une folle histoire de vibro

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© Flickr / Gaetan Lee

Il existe une grande différence entre un vibromasseur et un godemiché, hormis des détails techniques liés à leur utilisation. Celle-ci réside dans le contexte et la période de leur création. Petit rappel d’une folle histoire ; l’apparition du vibro.

Les godemichés et autres dildos ont existé de tout temps. On les apercevait déjà sur les poteries grecques ou romaines de l’antiquité, ainsi que sur les fresques égyptiennes de la même période. Pour les Grecs leur utilisation était un réel art de vivre. En Afrique, les statuettes phalliques servaient de symbole de fécondité et de nombreuses traces de leurs usages existent tout autour du monde.

Une variété d’objets sexuels, peinture sur bois, ~1830 – Droits réservés

Il n’est cependant pas surprenant d’apprendre que le vibromasseur, lui, a seulement fait son apparition au 19e siècle avec le développement de l’électricité. Ce qui est par contre surprenant, c’est le but de cette invention et l’utilisation qui en a été faite.

En effet, l’inventeur du vibromasseur n’était pas un fabriquant de sex-toys ou une femme découvrant par hasard le bonheur d’une vibration sur ses parties intimes, mais bien un médecin. C’est en 1883 que le docteur Joseph Mortimer Granville inventa le premier godemiché électromécanique. Il traitait à l’époque beaucoup de patientes atteintes de ce que l’on appelait « l’hystérie », une maladie fourre-tout qui pouvait aussi bien englober des spasmes ou crises épileptiques que l’irritabilité ou le « théâtralisme » (des comportements excessifs visant à attirer l’attention). Le traitement plébiscité pour les patientes souffrant de ce mal était la mise en place de séances de « massages manuels » régulièrement appliqués par un médecin. Le film « Hysteria », sorti en 2014 et réalisé par Brad Anderson en parle notamment.

Vous l’aurez deviné, ces massages s’apparentaient plus à de la masturbation qu’à un rendez-vous chez l’ostéopathe. Ils n’étaient cependant pas considérés comme un acte sexuel, puisqu’il était reconnu et accepté que les femmes ne pouvaient pas ressentir de plaisir par d’autres moyens que par la pénétration d’un homme. En effet, ces spécialistes n’y voyaient absolument pas un geste érotique et définissaient même ce traitement de « sale besogne ». Comme aime le rappeler Rachel Maines, historienne et sociologue, « rien n’indique que les médecins dans leur ensemble aient pris un plaisir particulier à fournir ces services à leurs patientes – sauf bien sûr pour ce qui est de la satisfaction liée à l’efficacité thérapeutique et aux revenus qu’ils en tiraient ».

Le film “Hysteria” parle de la carrière du Dr. Granville et de son invention – Capture : “Hysteria”, réalisé par Brad Anderson (2014)

Le docteur Joseph Mortimer Granville ne créa donc pas un sex-toy, mais bien une avancée médicale qui lui permit d’améliorer le rendement de son cabinet, en passant à un rythme de six patientes par heure plutôt qu’une seule.

C’est uniquement entre les années 1890 et 1900, avec l’invention des batteries portables, que le vibromasseur trouve sa place dans les foyers bourgeois mais toujours sous un prétexte médical.

En 1900, une collection de vibromasseurs est présentée lors de l’Exposition universelle de Paris et l’on voit apparaitre des marchands de godemichés capables de fournir des modèles sur mesure. Cependant, ces mêmes marchands vendent également des produits tels que des ceintures de chasteté contre la masturbation.

Un exemple de publicité pour un vibromasseur. On laisse planer le doute quant à son utilisation – Droits réservés

Ce n’est que dans les années 1920, avec l’émergence des stag films (un type de films pornographiques produits de manière clandestine à cause des lois de censures), que le masque autour du geste de la masturbation et de l’utilisation du vibromasseur tombe et devient explicitement sexuel.

Le plaisir féminin a en effet pendant longtemps été défini en fonction et en miroir à celui de leurs partenaires masculins. Ceci allant jusqu’au point où il a fallu des années pour reconnaitre la masturbation féminine comme telle, et non comme un geste médical. L’hystérie elle-même n’a disparu des manuels de psychologie et de médecine qu’autour des années 1980. Il n’est pas non plus anecdotique de noter que Rachel Maines, elle-même, a perdu son poste à l’Université de Clarkson, suite à la publication d’un article sur l’histoire du vibromasseur en 1986.

Malgré son aspect révolutionnaire et émancipateur, le vibromasseur est un exemple symptomatique de la façon dont est, parfois encore aujourd’hui, considérée la sexualité féminine. Il serait donc grand temps de l’accepter et de la respecter, peu importe la forme que celle-ci prend.

Technologies de l’orgasme
Rachel P. Maines

Éd. Payot & Rivages, 2012 – 270 pages

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La Fête du Slip est de retour pour une 6e édition

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Capture : Facebook / La Fête du Slip

Après une édition 2017 remplie de succès, les organisateurs de la Fête du Slip, le festival romand des sexualités, ont décidé de déclarer leurs dates et de festoyer du 10 au 13 mai 2018. L’événement se déroulera dans 5 endroits différents de Lausanne : l’Arsenic (qui sera le cœur même du festival), le Bourg, le Théâtre Sévelin 36, Forma Art Contemporain et la Galerie HumuS.

Une soirée « Préliminaire » aura lieu aux Docks (toujours en capitale vaudoise), le samedi 5 mai 2018, avec au programme du « catch-queer » et de la musique rétro-futuriste. L’heureuse reine de la soirée sera Gaff-E. La chanteuse aux spectacles psychédéliques sera accompagnée par les jumelles de My Bad Sister. Et ce n’est que le début. Il faudra rester accroché jusqu’au 29 mars prochain pour connaître le programme complet.

En attendant, l’on peut toujours profiter du nouveau concept de communication sur lafeteduslip.ch, où des séries d’oxymores déroutants se font les yeux doux. Les organisateurs ont annoncés vouloir mener une « communication qui interpelle le public en se jouant de nos préconceptions. Créer un nouveau sens, remettre en question nos représentations binaires et faire disjoncter avec humour les stéréotypes liés au genre, le concept de cette édition s’intègre pleinement dans la mission fétiche de la manifestation. » 

La Fête du Slip se déroulera les 5, 10, 11, 12 et 13 mai 2018, à Lausanne. 

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