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Scène

Un match d’impro’, ça ne s’invente pas

Capture : Facebook – AVLI : Association Vaudoise des Ligues d'Improvisation (Suisse)

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Créé par Robert Gravel et Yvon Leduc, animés par un souci de structurer de façon ludique l’improvisation théâtrale, c’est le 21 octobre 1977, à minuit, au Québec, que se tient le premier « Match d’impro’ ». Destiné à n’être présenté que 4 fois, victime de son succès, le concept est rapidement reconduit. La saison 1977 se déroule finalement sur 17 rencontres et, dès l’année suivante, 6 équipes et une soixantaine d’improvisateurs font leur apparition.

Ça, c’était pour l’histoire. Vendredi, j’ai voulu voir. « Un derby, un vrai », promet l’AVLI, l’Association Vaudoise des Ligues d’Improvisation. Pari tenu ? Pari tenu.

Le soleil se couche sur la rue Pré-du-Marché, à Lausanne. Le Cazard luit, rougeâtre, au loin. Dans le bâtiment, comme devant, il y a du monde, et cela me réjouit. L’impro’ ayant peu d’impact dans les médias helvétiques, je suis rassuré ; cela n’a pas de conséquence sur l’engouement général.

Afin de briser l’élitisme du théâtre « tradi’ », origine oblige, la forme « impro’ » reprend le décorum du hockey : une patinoire en bois, une tenue réglementaire (pantalon noir, chaussures noires et maillot numéroté), un arbitre et deux arbitres-assistants. Pour chauffer la salle : un pianiste et un maître de cérémonie. Le match, lui, est composé de trois périodes, dit tiers-temps, de 20 minutes chacune. À la fin de chaque improvisation, le public, à l’aide d’un carton réversible, aux couleurs des équipes, vote pour la meilleure prestation. Le point est accordé à la couleur majoritairement représentée.

En ce vendredi, c’est un duel presque « fratricide » qui se dispute sous nos yeux. « En effet, de nombreux joueurs des deux troupes ont été formés ensemble, dans l’équipe écolière de Morges », explique l’AVLI. Ce soir, les AMIS s’opposent aux Taguenets – oui, on tremble ! Mais, la règle, définie il y a 39 ans par Gravel, est claire : le match d’improvisation « joue à jouer un match ». Les équipes entrent. Le duel peut commencer. 

© Julien Blasutto – Finale de la ligue A, 2015

Dans un barillet, placé pas bien loin de la surface de jeu, Bertrand Nicollier, l’arbitre de cette rencontre, tire le premier thème, et, dans la lumière, annonce : « Thème : ”Tu as tes billets pour Paléo ?”. Improvisation : mixte. Nombre de joueurs : illimité. Catégorie : mélodramatique. Durée : 4 minutes ». Dès cet instant, les équipes ont 20 secondes pour canaliser leurs idées. Le premier tiers-temps, composé donc de 3 thèmes, se déroule sans grande encombre, avec une petite avance pour les bleus, les AMIS.

À la première mi-temps, entre 2 blagues d’initiés échangées avec mon pote, je ne peux m’empêcher de me demander : pourquoi cette avance pour les Morgiens ? Sans doute plus d’aisance dans le jeu, bien que les Taguenets maitrisent mieux l’humour et la dérision. Bref, rien n’est encore joué. Le clavier reprend. Une instrumentale de « Sail » d’AWOLNATION accompagne l’entrée des arbitres et du maître de cérémonie, hués par le public.

Pendant plus de 2 fois 20 minutes encore, les équipes s’affrontent. De Molière à Pagnol, en passant par la génétique, le courrier qui n’arrive pas ou encore les méfaits du ficus, nombreux thèmes sont abordés. Sur une dernière impro’ aux votes serrés, les (pauvres) AMIS de Morges finissent par remporter ce « Carré d’As », 8-7. « L’important ce n’est pas le résultat, mais la participation du public », m’explique Shanti, la numéro 1 de l’équipe vaincue.

À la sortie, les parents sont fiers, les frères et sœurs admiratifs et les coachs, eux, mais toujours dans un esprit bon enfant, réfléchissent, déjà, aux améliorations possibles. « C’était super. Vraiment. Après, effectivement, tout est perfectible, mais, franchement, c’était très bien », confie Yannick Maury, l’un des 3 entraineurs de la troupe morgienne.

Cette fois, il fait définitivement nuit dans la rue lausannoise. L’établissement ne semble plus rougeâtre, mais bien rouge vif. Les néons scintillent. Devant Le Cazard, on se faufile dans la fumée tabagique, entre les bises et les « Eh, salut ! Qu’est-ce que tu deviens ? », le genre de questions auxquelles on n’a pas toujours très envie de répondre. Alors, bon… on improvise.

L’AVLI a un site web, un Facebook, un Twitter et un Instagram.

Scène

Givrée, la programmation d’Antigel 2019

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La poétesse française Brigitte Fontaine se produira le samedi 16 février à l'Alhambra – © Tu Minh Tan

Genève n’est jamais la même après l’annonce de la programmation d’Antigel, le festival du décloisonnement artistique depuis 2011. Ses programmateurs viennent de dévoiler son line-up qu’ils qualifient de « kaléidoscopique » avec pour mot d’ordre : « Shake Genève ».

Pour marquer son 10e anniversaire au coeur de l’hiver genevois, Antigel réserve une surprise de taille, le 22 juillet 2019 au Victoria Hall, à mi-chemin, jour pour jour, entre les deux éditions : la venue exceptionnelle du all-stars band The Good, the Bad and the Queen. Ce supergroupe mené avec brio par Damon Albarn (de Gorillaz et Blur) abrite également les musiciens de The Clash, The Verve et Fela Kuti.

Une affiche musicale renversante

Sur les versants musicaux encore, l’événement accroche à son line-up l’impétueuse Brigitte Fontaine et sa poésie dissidente, en concert à l’Alhambra, comme L’Or du Commun, qui se fera le porte-parole de la nouvelle scène rap belge. L’Alhambra, point névralgique du festival, accueillera également le rock céleste des Américains de Low ou encore la folk de « notre » star (inter)nationale, Sophie Hunger.

Ailleurs, au Chat Noir, à l’Usine ou à l’Abri sont attendus les dandys de Feu! Chatterton, le solitaire Brendan Perry et sa new wave, la soul d’Odette, le rock turc d’Altin Gün ainsi que les, désormais, monuments rap genevois Di-Meh, Slimka, Makala et compagnie pour célébrer la première décennie de leur label Colors Records.

Dans les églises, les fermes, les piscines et les plages (oui, oui), infinité d’autres artistes sont attendus. À l’image de la folk de Kristin Hersh et Old Sea Brigade, la psyché rock des Viagra Boys, le blues de J.S. Ondara, ou la country-soul d’Odetta Hartman.

Les arts vivants ne seront pas en reste

On entend déjà les trois coups. À Antigel, la musique n’est pas seule. Ses (pas si) lointains cousins, Danse et Théâtre, sont également chéris par les programmateurs de l’événement genevois. Pour exemple : la troupe helvétique Philippe Saire et sa production audacieuse, « Hocus Pocus », présentée sur la scène du Théâtre de Bordeaux de Saint-Genis-Pouilly (France).

Côté « théâtre dynamité », au Théâtre du Grütli, la compagnie Motus, avec « MDLSX » (pour Middlesex) nous contera des récits autobiographiques et citations littéraires, traversés par les musiques des Smiths, Buddy Holly ou Stromae ; un électrisant manifeste queer.

Enfin, pêle-mêle, les rendez-vous sont pris avec la Brésilienne Lia Rodrigues et ses danseurs, l’objet artistique non identifié, mélange fouillé de sons et d’images, Dear Ribaine, l’invitation au voyage de Yves-Noël Genod, ou la rencontre avec les 11 artistes résidants de l’Abri de Genève, Rodeo Banquise.

La compagnie Philippe Saire présentera « Hocus Pocus », le vendredi 11 et samedi 12 février au Théâtre de Bordeaux – © Philippe Weissbrodt

L’Afrique du Sud à l’honneur

Cette année signe la fin de l’aventure Grand central dans la Tour CFF, avant la destruction de celle-ci. Il fallait, alors, pléthore de DJs à la hauteur pour terminer en beauté. L’ouverture s’annonce chaleureuse avec deux stars de la house sud-africaine, Lakuti et Esa.

Un pays qui sera d’ailleurs mis à l’honneur lors d’une autre soirée intitulée « South Africa X Geneva one love ». « L’occasion de créer un pont entre la scène électro queer sud-africaine et genevoise et de mettre en avant des artistes qui transforment la société ici et là-bas », expliquent les organisateurs.

Infos, billetterie et line-up complet sur www.antigel.ch.
Le 9e Antigel se déroulera du 1er au 23 février 2019, dans divers lieux.

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Le M3, enfin sur les rails… dans la nouvelle revue du Théâtre Boulimie

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Il faudra attendre encore quelques années avant l’ouverture officielle du troisième métro lausannois, le M3. Mais pas de panique ! L’humoriste romand Blaise Bersinger et ses acolytes comédiens s’occupent de vous transporter dans les confins de l’actualité lausannoise et suisse en attendant, dans leur nouvelle revue, présentée au Théâtre Boulimie.

M3 – La nouvelle revue de Lausanne, un remake de la revue de Genève qui décortique l’actualité genevoise et suisse depuis plus de 120 ans ? Pas tellement. Après avoir été stand-upper à la dite revue en 2017, le co-animateur télé de Mauvaise Langue, Blaise Bersinger a découvert le monde de la revue de l’intérieur. Et c’est avec Sébastien Corthésy – producteur de spectacles, de contenus audiovisuels et metteur en scène – que l’idée d’importer ce concept à Lausanne, en le concoctant à leur sauce, est né.

« Moins vulgaire, moins raciste, moins xénophobe, moins cul : moins femmes avec des paillettes à moitié à poil et plus 2018 ».  En d’autres termes, Blaise souhaite remettre au goût du jour ce genre théâtral satirique qui associe sketchs, musique et danse, à commencer par le choix du titre : « On ne voulait pas appeler ça juste la revue de Lausanne parce qu’on voulait se démarquer de l’image a priori qui existe par rapport aux revues. On est dans un truc nouveau, moderne et en même temps typiquement lausannois », explique-t-il. Cette revue d’un nouveau genre, écrite et réalisée par Blaise Bersinger, Benjamin Décosterd et Sébastien Corthésy, en collaboration avec les autres comédiens, a été jouée pour la première fois vendredi passé, au Théâtre Boulimie, à Lausanne.

Bien que certaines ambitions aient dû être revues à la baisse pour des raisons budgétaires – notamment la possibilité d’avoir un groupe de musique live à chaque représentation – les financements privés ont permis au spectacle de voir le jour en gardant effets sonores, lumineux et musique originale. On constate également que quelques changements ont été apporté entre les premiers filages et l’avant-première. En effet, le public est part intégrante du spectacle, qui va donc connaitre des modifications, au fil des représentations, et jusqu’à sa fin.

Laura Guerrero, Simon Romand et Frédéric Gérard – © Louise Rossier

Traiter d’actualité par le biais de l’humour, avec des sketchs sur le deal de rue ou sur « No Billag », une façon de dénoncer des faits en douce ? « Je prends pas les choses dans cet ordre-là. J’aime faire rigoler les gens, c’est le but premier, et l’actualité se renouvelle constamment donc c’est plus facile, à mon sens, d’écrire dessus. Alors oui, ce que je trouve risible apparait dans le sketch et tu te fais rapidement une idée de mon opinion, mais le but n’est pas de rallier les gens à ma cause », raconte Blaise Bersinger.

Entre les sketchs sur les dix ans du M2, le match en coupe du monde Suisse-Serbie – qui a fini en polémique – ou les inondations de Lausanne, impossible pour les spectateurs de ne pas se sentir suisses mais surtout lausannois.  Durant une heure et demie, les musiques créées exclusivement pour la revue, ainsi que les chorégraphies et effets visuels, embarquent les spectateurs dans un univers où la bonne humeur est au rendez-vous, peu importe les sujets traités.

Après un an de travail d’arrache-pied et de sueur, le spectacle s’installe du 2 novembre au 8 décembre 2018 au Théâtre Boulimie. Angoissé à l’idée que les billets ne se vendent pas, Blaise me confie qu’il se rend de temps à autres sur la billetterie afin de voir la quantité de places encore disponibles et en est, « pour l’instant », rassuré…

Informations et billetterie sur le site du Théâtre Boulimie.

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