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Le M3, enfin sur les rails… dans la nouvelle revue du Théâtre Boulimie

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Il faudra attendre encore quelques années avant l’ouverture officielle du troisième métro lausannois, le M3. Mais pas de panique ! L’humoriste romand Blaise Bersinger et ses acolytes comédiens s’occupent de vous transporter dans les confins de l’actualité lausannoise et suisse en attendant, dans leur nouvelle revue, présentée au Théâtre Boulimie.

M3 – La nouvelle revue de Lausanne, un remake de la revue de Genève qui décortique l’actualité genevoise et suisse depuis plus de 120 ans ? Pas tellement. Après avoir été stand-upper à la dite revue en 2017, le co-animateur télé de Mauvaise Langue, Blaise Bersinger a découvert le monde de la revue de l’intérieur. Et c’est avec Sébastien Corthésy – producteur de spectacles, de contenus audiovisuels et metteur en scène – que l’idée d’importer ce concept à Lausanne, en le concoctant à leur sauce, est né.

« Moins vulgaire, moins raciste, moins xénophobe, moins cul : moins femmes avec des paillettes à moitié à poil et plus 2018 ».  En d’autres termes, Blaise souhaite remettre au goût du jour ce genre théâtral satirique qui associe sketchs, musique et danse, à commencer par le choix du titre : « On ne voulait pas appeler ça juste la revue de Lausanne parce qu’on voulait se démarquer de l’image a priori qui existe par rapport aux revues. On est dans un truc nouveau, moderne et en même temps typiquement lausannois », explique-t-il. Cette revue d’un nouveau genre, écrite et réalisée par Blaise Bersinger, Benjamin Décosterd et Sébastien Corthésy, en collaboration avec les autres comédiens, a été jouée pour la première fois vendredi passé, au Théâtre Boulimie, à Lausanne.

Bien que certaines ambitions aient dû être revues à la baisse pour des raisons budgétaires – notamment la possibilité d’avoir un groupe de musique live à chaque représentation – les financements privés ont permis au spectacle de voir le jour en gardant effets sonores, lumineux et musique originale. On constate également que quelques changements ont été apporté entre les premiers filages et l’avant-première. En effet, le public est part intégrante du spectacle, qui va donc connaitre des modifications, au fil des représentations, et jusqu’à sa fin.

Laura Guerrero, Simon Romand et Frédéric Gérard – © Louise Rossier

Traiter d’actualité par le biais de l’humour, avec des sketchs sur le deal de rue ou sur « No Billag », une façon de dénoncer des faits en douce ? « Je prends pas les choses dans cet ordre-là. J’aime faire rigoler les gens, c’est le but premier, et l’actualité se renouvelle constamment donc c’est plus facile, à mon sens, d’écrire dessus. Alors oui, ce que je trouve risible apparait dans le sketch et tu te fais rapidement une idée de mon opinion, mais le but n’est pas de rallier les gens à ma cause », raconte Blaise Bersinger.

Entre les sketchs sur les dix ans du M2, le match en coupe du monde Suisse-Serbie – qui a fini en polémique – ou les inondations de Lausanne, impossible pour les spectateurs de ne pas se sentir suisses mais surtout lausannois.  Durant une heure et demie, les musiques créées exclusivement pour la revue, ainsi que les chorégraphies et effets visuels, embarquent les spectateurs dans un univers où la bonne humeur est au rendez-vous, peu importe les sujets traités.

Après un an de travail d’arrache-pied et de sueur, le spectacle s’installe du 2 novembre au 8 décembre 2018 au Théâtre Boulimie. Angoissé à l’idée que les billets ne se vendent pas, Blaise me confie qu’il se rend de temps à autres sur la billetterie afin de voir la quantité de places encore disponibles et en est, « pour l’instant », rassuré…

Informations et billetterie sur le site du Théâtre Boulimie.

Scène

Jokers Blackout : l’expérience d’un spectacle d’humour, dans le noir le plus total

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Droits réservés

On n’a peut-être rien vu, mais on a ri. Il est 20h ce jeudi soir à l’ABC bar club de Lausanne, les lumières s’éteignent. Non pas partiellement, comme il est coutume lors d’un spectacle. Mais bel et bien entièrement. Enfin presque, il a fallu encore désactiver l’écran des caisses du bar et les réfrigérateurs pour sombrer dans la pénombre la plus totale. Blaise Bersinger, humoriste romand, monte alors sur scène pour lancer cette soirée non pas « d’humour noir », mais d’humour dans le noir, une première en Suisse.

Dans la salle comble, 100 personnes sont prêtes à rire, assises sur des canapés et des chaises disposées un peu partout. Après tout, l’important n’est, pour une fois, pas d’être au premier rang.

Une première en Suisse

Ce concept nous vient tout droit du Canada. Il a ensuite rencontré un franc succès au théâtre de L’Européen, à Paris. Pour finalement atterrir sur sol helvétique.

Les humoristes défilent. Yoann Provenzano, Blaise Bersinger, Nathanaël Rochat, puis Charles Nouveau (tous membre du groupe Jokers Comedy) balancent leurs blagues. L’obscurité est palpable.

L’absence de visuel rend la prestation assez difficile pour des comiques comme Blaise Bersinger et son humour absurde ou Yoann Provenzano qui joue normalement beaucoup avec les mimiques. Le deuxième avoue : « J’ai dû réécrire pas mal de blagues spécialement pour ce spectacle. » Tous habitués aux chroniques radio, ils ont reconnu que cela n’y ressemblait en rien. « Le public est très présent, contrairement à la radio. Tu le sens, et la seule réaction que tu perçois, ce sont les rires ou, à l’inverse, les flops silencieux », raconte Yoann Provenzano.

Au final, le challenge est réussi pour tous les artistes qui ont su s’adapter à cette contrainte. Ils ont joué sur la surprise, sur les différences de ton, sur l’ambiance assez étouffante dans laquelle le noir complet nous a emmenés.

Yoann Provenzano n’était pas autant visible sur scène – © Jonathan Picard

Un public très présent

Le public a ri, le public a apprécié, mais le public a également beaucoup parlé. Nathanaël Rochat en a par exemple subi les frais. « C’était assez surprenant comment les gens se sentaient décomplexés parce qu’on ne les voyait pas. Je ne pense pas qu’ils auraient osé faire ce genre de remarque dans la lumière », souffle-t-il. En effet, certaines de ses blagues à caractère sexuel n’ont pas été très bien accueillies par une spectatrice en particulier. Et elle l’a fait savoir.

Voir :  Nathanael Rochat : « L’avenir est aux artistes qui s’entêtent »

Car dans le noir, il n’y a plus de scène. Tout le monde est à la même enseigne. Et tout le monde se croit humoriste. Plusieurs exclamations ont interrompu les comédiens, avec plus ou moins de succès. Mais cela n’a pas déstabilisé le doyen de la soirée, qui ne manque pas de répondant : « Si ta remarque n’amène pas de plus-value, merci de ne pas la faire ! »

Le seul sens stimulé étant l’ouïe, le moindre chuchotement s’entend, le tout accentué par la proximité entre le public et les humoristes.

L’humoriste Charles Nouveau a apprécié le concept – © Louise Rossier

Une expérience nouvelle

Les quatre humoristes ont vécu une expérience inédite qu’ils ont tous apprécié. Et ils nous la racontent. « Déjà, vu qu’il est impossible de se déplacer dans la nuit, nous avons dû nous asseoir au premier rang et écouter tous les autres humoristes, soupire Charles Nouveau. Mais ils ont tous été géniaux. C’est à refaire. Même s’il faudra trouver de nouveaux artistes, car nous avons déjà fait toutes les blagues nulles sur le fait que nous sommes dans le noir », réagit l’humoriste genevois. Nathanaël Rochat a également apprécié le concept, tout en soulignant qu’il ne faudra pas non plus en abuser : « C’est la rareté de ce genre de soirée qui rend l’événement spécial. »

Il n’y a apparemment aucune raison pour ne pas voir une deuxième édition se profiler à l’avenir. Et, conseil d’ami : ne la loupez pas !

Mention spéciale à Charles Nouveau, auteur de la meilleure vanne de la soirée, lors d’une interview à une consœur du Matin : « Cela fait bizarre. Nous avons l’habitude qu’il y ait une scène et des projecteurs. C’est comme les journaux, nous avons l’habitude qu’ils soient sur du papier… (Silence) Bon, je pense que vous allez couper cette blague au montage. »

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Scène

Une discussion avec Flavien Droux, programmateur du Nouveau Monde de Fribourg

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Flavien Droux est le programmateur du Nouveau Monde de Fribourg depuis une saison – © Slash Média / Grégoire Perroud

Casquette vissée sur la tête, les yeux rivés sur son ordinateur, Flavien Droux est, depuis une année, le programmateur du centre culturel du Nouveau Monde à Fribourg. Un travail de rêve que le Fribourgeois considère avant tout comme une passion.

Son job ? Choisir des artistes, les voir en concerts et faire la fête avec eux. « Si seulement ce n’était que ça », rigole Flavien Droux. Car, oui, programmateur est un métier comme un autre, avec des horaires de bureau. « Les gens profitent de l’accomplissement de ton travail. Mais ils ne s’imaginent pas tout ce qu’il y a autour. »

Chaque jour, il reçoit entre 20 et 50 propositions qu’il faut trier. « J’écoute tous les groupes que l’on me propose. Je regarde des vidéos de live et guette les réseaux sociaux. En gros, je passe ma journée à lire des e-mails. Quand c’est intéressant, je commence les discussions », explique-t-il.

Outre la programmation, il y a également toute la besogne administrative et organisationnelle à régler. Quand vient le week-end, rien ne l’oblige à être présent. Mais il s’y rend par plaisir. « J’adore ça. Je peux profiter de mon travail », réagit-il.

Le rappeur genevois Makala, lors de son concert au Nouveau Monde de Fribourg, le 23 février 2018 – DR

On devient comment programmateur ?

Dans le domaine, il n’y a pas de formation type. Pour Flavien, tout a commencé à Romont, dans le canton de Fribourg. Alors âgé de 17 ans, lui et ses potes en ont assez d’écumer les gares de Suisse à l’affût de manifestations. « C’était aux concerts de venir à nous. » Ils créent alors l’Appel Festival. Un festival « punk militant » qui a vu 10 éditions se dérouler.

« Moi, j’ai tout appris sur le tas, explique Droux. Par exemple qu’il ne faut pas faire dormir les artistes dehors ou qu’il est utile d’avoir des techniciens. » La suite ? Des concerts organisés un peu partout avec l’insouciance de la jeunesse. « À un moment donné, nous étions interdits de toutes les salles et abris PC de la région. Nous avons donc créé une association pour faire vivre les nuits romontoise. »

Après avoir fait ses armes très jeune, le Fribourgeois de 31 ans est entré à la Haute école de travail social de son canton, pour devenir animateur socioculturel. Il réalise également un stage au Nouveau Monde (déjà) et aux Docks de Lausanne. Puis, il commence sa carrière de programmateur à Ébullition, à Bulle, où il passera 5 ans avant d’atteindre sa place actuelle. Un parcours atypique qui peut se résumer en trois points : « créer, oser et faire des conneries ».

Le musicien fribourgeois Sacha Love sur la scène du Nouveau Monde, lors du vernissage de son premier album “819 Valence Street”, le 21 septembre 2018 – © Ghostshot Photography

De la musique et des idoles

Flavien Droux est un homme heureux. « La musique est un alibi pour faire se rencontrer les gens. J’ai l’impression qu’on est une auberge de jeunesse chaque week-end », sourit-il. Épanoui, il vit de sa passion. Il se remémore toutes « ses » soirées et une en particulier. « J’ai eu la chance de programmer The Skatalities, le groupe qui a créé le ska et dont je suis fan, à Ébullition. »

Pour plus tard, Flavien ne se voit pas programmateur du Paléo, même s’il ne pourrait le refuser. En attendant, il continuera d’animer les soirées fribourgeoises au Nouveau Monde, grâce à sa programmation qu’il qualifie d’éclectique. « C’est le mot en vogue actuellement. »

Entre musique, humour et théâtre, la saison 2018-2019 de la salle fribourgeoise verra notamment Delinquent Habits se produire le jeudi 20 décembre. Le groupe américain de hip-hop old school, formé dans les années 90, ne manquera pas de livrer un show puissant qui ravira les nostalgiques du bon vieux rap de la west coast.

Infos et line-up complet du Nouveau Monde sur www.nouveaumonde.ch.

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