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B77, comme un nouveau souvenir d’été

© B77

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Qu’est-ce qui caractérise une nuit d’été ? Chacun a son idée : un son, une odeur, une couleur ou encore une sensation. Le tout mis bout à bout crée une atmosphère singulière, reconnaissable entre mille. Quand on essaie d’en extraire la substance, des images et des épisodes de vie reviennent indéniablement à la surface : des rires partagés, des playlists soigneusement étudiées, des tensions rapidement regrettées – parfois – et des bouffées de chaleur imprégnées d’alcool.

Le groupe B77, duo de musiciens fribourgeois, a fait des ressentis sa marque de fabrique. Dans une invitation au voyage, il déroule ses mélodies enivrantes sans complexe. Encore peu habitués à l’exercice exigeant du live, Léopold, 31 ans, et Luca, 29 ans, trépignent d’impatience avant de se produire au D! Club, le samedi 26 mai à 19h30, en ouverture du Prémices Festival, au côté du jeune chanteur Vaudois Morse. Plus tard dans la nuit, à 1h30, ils joueront au Vinyl Club, toujours dans le cadre de la deuxième édition du festival lausannois.

Voir :  Une sélection pour réviser la programmation pointue du Prémices Festival de Lausanne

Pourtant, les musiciens qui ont commencé à jouer ensemble en juillet dernier, concèdent n’avoir jamais aimé aller à un concert. Derrière cet aveu surprenant se cache une conception de la musique qui leur est propre. Elle est une fête, bien sûr. Mais surtout un univers onirique, qui est parfois plus appréciable seul, dans sa chambre. C’est d’ailleurs là que les potes, qui se connaissent depuis 14 ans, ont commencé à créer. D’abord réuni autour de leur attrait commun pour le rap, Léopold et Luca, aujourd’hui B77, se sont tournés vers des compositions plus mélodieuses, à mi-chemin entre Tame Impala et Polo & Pan. Mais ne les figez surtout pas dans un style de musique. Eux-mêmes n’arrivent pas très bien à décrire le leur. « On aime bien parler d’Indie Rock », assure Luca. Léopold, le chanteur, l’interrompt: « Disons Indie Pop, sinon les rockeurs n’apprécieront qu’on se compare à eux. » Le sujet est complexe.

Une chose est toutefois sûre : le duo s’efface derrière ses compositions. Sur ses photos officielles, impossible d’apercevoir distinctement un visage. « Ce n’était pas un choix réfléchi ni même une question de timidité, assure Léopold. C’était plus une volonté de mettre notre musique en avant. » Luca poursuit : « Aujourd’hui, c’est devenu notre signe distinctif. Mais on ne pousse pas le concept au point de mettre des masques sur scène. » Il est vrai que les deux complices ne se cachent pas, certes. Mais les projections indissociables de leurs concerts les font tout de même passer au second plan. Et on ne les fera pas changer d’avis.

Ces jeunes pousses pleines de talent, déjà diffusées depuis plusieurs mois sur des radios de qualité, commenceront leur première tournée cet été. Et, en plus de Prémices Festival, les concerts s’enchainent: Decal’quai à Montreux, Festicheyres à Cheyres ou encore l’Ostfest à Berne. Cerise sur le gâteau (et exclusivité Slash Média), le duo se produira au Montreux Jazz, festival mythique de la Riviera. Mais tâchons de garder le silence, la programmation des lives gratuits n’a pas encore été dévoilée dans son entièreté.

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3 albums de Nick Cave avant son concert au Montreux Jazz Festival

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Nick Cave au Zenith de Paris, le 03 octobre 2017 – © Jason Williamson

Programmé au Montreux Jazz ce jeudi soir pour la première fois, la bête de scène Nick Cave appartient désormais à ces artistes qui se font rares. Accompagné de ses « Bad Seeds », Cave ne cesse depuis bientôt 45 ans de traverser les époques, sans même une once de vétusté. Retour sur le parcours de l’homme à la voix ténébreuse en 3 albums phares.

Push The Sky Away – 2013

Push The Sky Away est l’album de la rupture pour Nick Cave et ses Bad Seeds. Pour la première fois en studio sans Mick Harvey, guitariste et membre fondateur qui a quitté le groupe début 2009, Cave et ses acolytes se retrouvent dans le sud de la France au studio La Fabrique, dans une résidence du 19e d’un charme absolu. Le tournant est radical, les riffs cinglants de Dig, Lazarus, Dig !!! (l’album précédent) ont été abandonnés pour faire place à une musique résolument plus apaisée, plus épurée.

Le travail est minutieux, chaque note, chaque son s’entremêle dans une atmosphère enivrante. Des tensions obscures se mélangent à une lumière tout à fait nouvelle chez Nick Cave. Des cordes grinçantes, des orgues célestes, une flûte traversière venue d’ailleurs, d’étranges bruitages indéfinissables nous emmènent dans des contrées encore inconnues.

Le voyage commence sur We No Who U R. Un vieux clavier, une batterie timide et une basse qui ronronne déroulent le tapis rouge à l’interprétation sublime de Nick Cave. Peu à peu la musique s’étoffe : des sons, une flûte, un chœur d’enfants (de l’école, à côté du studio), tout ça pour déboucher sur un refrain, simple, entêtant, « And we know who you are ». L’album s’ouvre sur un tube.

Quelques titres plus tard, une ligne de basse nerveuse entame Water’s Edge. Cave déclame son texte avec urgence, le morceau n’explose pas, mais la tension est puissante, électrique presque colérique. L’album se conclut sur Push The Sky Away, un titre d’une rare majesté, un titre dont on ne parle pas, un titre qui s’écoute encore et encore.

Tender Prey – 1988

Sorti en septembre 1988, Tender Prey est le 5e album de Nick Cave and the Bad Seeds. Le disque conclut avec panache l’ère berlinoise durant laquelle Cave aura publié son premier recueil de poèmes, « King Ink ». Sont alors enregistré quatre albums : The First Born Is Dead (1985), Kicking Against The Pricks (1986), Your Funeral… My Trial (1986) et le fameux Tender Prey. Souvent considéré comme l’un des albums les plus forts de Nick Cave, le disque semble être sombre, très sombre. On pose le vinyle, rabaisse la tête de lecture et c’est parti.

Dans The Mercy Seat, le premier titre, Cave entre en scène dans la peau d’un condamné à mort, puis entame un long monologue morbide, chargé de références bibliques. Le titre est somptueux, Cave lui-même en est fou, il le joue presque à chacun de ses concerts Johnny Cash, en personne, en fera même une reprise en 2000, sur son album American III : Solitary Man.

Quelques pistes plus tard, Mercy commence. La voix se mêle à l’harmonica, on se laisse bercer par cette musique noire. Un homme seul implore pitié dans un refrain d’une beauté lancinante.

L’album se conclut sur New Morning. Cave se présente en crooner ironique qui remercie le soleil d’avoir abattu la lune et ses étoiles pour lui donner une nouvelle matinée ensoleillée. Tout est dit ! Un dernier solo d’harmonica, la valse se termine, la tête de lecture se relève, le disque terminé.

Voir :  De Iggy Pop à Jack White en passant par Nick Cave, tous seront au Montreux Jazz

The Boatman Call’s – 1997

Tout juste une année après le fameux Murder Ballads, un album de dix chansons sur le thème du meurtre, Nick Cave and The Bad Seeds sortent The Boatman Call’s, qui deviendra très vite un disque phare dans l’œuvre du chanteur. Beaucoup plus intimiste que son prédécesseur, l’album est principalement centré autour de la voix et du piano de Nick Cave. Les Bad Seeds sont, eux, d’une discrétion et d’une sobriété magnifique, ils se sont retirés pour devenir les piliers transparents d’un chef-d’œuvre absolu. Fini les meurtres, cette fois-ci l’Australien se tourne vers les chansons d’amour L’une d’elles, West Country Girl, fait d’ailleurs vraisemblablement référence à sa brève relation, tout juste terminée à l’époque, avec la chanteuse anglaise PJ Harvey.

L’album s’ouvre sur Into My Arms, une sublime ballade évoquant la séparation de Nick Cave avec son ex-femme, Vivianne Carneiro. Dès sa sortie, la chanson reçoit un immense succès, tant auprès des critiques que du grand public. C’est l’un des titres dont Cave se dira plus tard être le plus fier. Il l’interprètera aux funérailles de « son » Michael Hutchence, chanteur de INXS, après avoir pris soin de couper toutes les caméras présentes à ce moment-là.

Un peu loin sur le disque, un autre tube démarre, People Ain’t No Good. La mélodie est douce et entêtante, on en oublierait presque que Nick Cave a pu être un véritable punk enragé, il n’y a pas si longtemps. L’arrangement est simple, mais d’une beauté déconcertante. Pour la première fois on peut entendre le travail de Warren Ellis, violoniste et multi-instrumentiste, qui deviendra par la suite l’un des principaux acolytes de Cave tant dans les Bad Seeds que dans son autre groupe Grinderman.

Enfin, Black Hair n’est pas forcément très connu, alors que pourtant la chanson mériterait de l’être. Une basse, un accordéon et un orgue délicat portent presque à l’unisson la voix du chanteur, qui nous offre là l’une de ses plus belles interprétations, à écouter absolument.

Nick Cave et les Bad Seeds se produiront à l’Auditorium Stravinski, dans le cadre du Montreux Jazz Festival, le 12 juillet 2018, à 21h30.

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Phanee de Pool, et maintenant ?

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© Imajack

A élu domicile dans une grotte, celui qui, au hasard d’une discussion, n’a pas entendu parler d’un singulier et helvétique phénomène musical : Phanee de Pool. Un veston en pied de… poule, un sourire magnétique, des faciès tous plus étranges les uns que les autres, d’abord clown, puis flic, c’est un matin de septembre 2016 que Fanny Diercksen (à la ville) se décide à mordre à pleines dents dans la musique. 

En 2009, parmi les 70 meilleurs candidats de la Nouvelle Star, la Biennoise se fait recaler à la porte des auditions parisiennes. « Je suis à contre-courant et incapable d’exécuter un morceau sans le mettre à ma sauce », expliquait-elle d’antan. Aujourd’hui, âgée de 29 ans, peu de choses ont changé pour celle qui nous rappelle la chanteuse Camille. Toujours hors des sentiers battus, Fanny invente le « slap », un mélange entre slam et rap, teinté d’accents comiques, sur des instrumentales pop-indie voire électro. Et c’est un succès. Phanee de Pool fait une razzia, avec 10 distinctions à son actif, dont la deuxième place aux Swiss Music Awards 2018 dans la catégorie « Best female solo acts ».

Actuellement en tournée, attendue désormais en France, en Belgique et même en Corée, on a intercepté Phanee de Pool entre deux vols. Alors, que couve la nouvelle coqueluche de la francophonie ? Prise de pouls, juste avant la fureur de son été musical.

Interview réalisée le 29 juin 2018.

Slash : Salut Fanny. Comment va la Pool – elle garde les pieds sur terre ou s’envole complètement ?
Fanny Diercksen : Bonjour l’équipe. La Pool plane à 200km/h, mais garde les pattes sur le bitume.

C’est le 11 septembre 2016 que tu poses les bases de Phanee de Pool. Depuis, il y a eu le succès quasi instantané, l’album, les distinctions, les médias, les festivals… Ce dimanche d’automne, il paraît loin ou pas tant que ça ?
Franchement, c’était hier. Je me souviens de chaque seconde de ce 11 septembre 2016 qui m’a fait bifurquer sur cette nouvelle vie.

Je repense souvent à la sensation que j’ai eue au moment de poster ma toute première chanson sur ma page MX3 que je venais d’ouvrir avec un nom d’emprunt qui me paraissait un peu bidon. « Phanee de Pool… tssss », mais je riais, seule, en imaginant la réaction de mes potes.

Au moment de partager ce premier morceau sur les réseaux sociaux, je me suis dit : « Tu balances, tu vas dormir un peu et demain en te levant, tu supprimes tout. Personne n’en saura rien. » Et à mon réveil, quand j’ai vu les réactions et le nombre d’écoutes, j’ai rien compris à ce qu’il était en train de se passer. Alors comme un robot, j’ai fermé mon ordi et suis partie travailler.

Avec du recul, je me dis que c’est une très bonne chose d’avoir assumé. [rires]

Sans oublier, en mars dernier, une micro tournée en Corée du Sud. Tu nous racontes un peu, comment ça s’est fait ?
Je devais initialement faire une tournée en Chine pour le même festival (Mars en Folie), mais j’avais déjà des contrats signés pour la Suisse. Donc, la Chine a envoyé mon contact en Corée du Sud qui organisait une série de concerts pour le même évènement quelques jours plus tard. C’est comme ça que tout s’est goupillé.

Je suis partie faire 5 dates à l’autre bout du monde dans des conditions absolument géniales. L’accueil du public était complètement fou. Au début, c’était déstabilisant de chanter devant des gens qui ne comprenaient pas mes paroles, mais j’ai vite réalisé que ce n’était pas capital pour eux. Ils aiment la musique et le fait que quelqu’un partage avec eux une culture différente.

La plus belle surprise du séjour, c’était lors du dernier concert, à Daejon. Pendant la chanson Luis Mariano, j’ai entendu comme un écho dans mes retours. J’ai d’abord pensé que l’ingénieur du son me faisait une blague et tout à coup, j’ai réalisé que le public chantait avec moi. Que des Sud-Coréens connaissaient mes paroles par coeur, j’ai frôlé l’arrêt respiratoire.

En sortant de scène, une dame est venue me voir et m’a annoncé que mes textes étaient étudiés en cours de français dans l’université où elle enseignait. Ils avaient loué un car pour venir assister à mon concert. C’est l’anecdote la plus palpitante de ma carrière.

Et après la Corée, on vise quoi exactement ?
La lune et les étoiles.

Les projets se mettent en place. Il y a beaucoup de pain sur la planche et nos couteaux sont bien aiguisés. Les dates en France et en Belgique commencent à arriver et surtout, de belles idées sont en gestation.

Mais, tu as peur parfois que l’engouement s’essouffle ?
Ce n’est pas une peur, mais plutôt un moteur.

J’ai une chance monumentale d’avoir un public présent qui vit cette aventure depuis le début avec moi et qui est ma source de motivation. Je ne m’attendais pas à vivre le dixième de ce qu’il m’arrive et c’est une aubaine, parce que ça me permet de ne pas m’emballer et de prendre tout ça comme un cadeau et non comme un dû.

Et quand le doute s’installe, on se raccroche à qui, à quoi ?
Je me dis que c’est important de se souvenir d’hier, de savourer aujourd’hui en préparant demain sans craindre la semaine prochaine. Tu vois comment ? Et puis sinon, il reste les orgies de chocolat noir à l’orange en fixant le vide.

Ton prochain but, c’est de conquérir la francophonie avec le slap ?
Conquérir est un bien grand mot. Le but est avant tout de franchir quelques frontières avec une lampe frontale, un sac de provisions et un badge d’explorateur. Restons réalistes !

C’est important de sortir de l’exercice rap au sens performatif et de créer quelque chose de nouveau ?
Pour moi, ça l’était, oui. J’avais toujours de la peine à expliquer ce que je faisais quand on me le demandait. Alors créer quelque chose de nouveau me donnait plus de liberté et enlevait quelques barrières. Je me sentais peu à l’aise avec l’étiquette « chanson française », même si sur le fond, c’est ce que je fais.

Et l’après, la prochaine nouveauté, tu y penses déjà ? On peut s’attendre à quoi ?
La superstitieuse que je suis restera vague sur le sujet. C’est comme les voeux, on en parle uniquement lorsqu’ils se réalisent. Mais entre nous, il y aura tantôt un nouveau morceau dans tes oreilles et quelques autres surprises dans le courant de l’année… Sois un peu patient mon enfant, tu veux ?!

Au risque d’être attendue au tournant…
Oui, c’est grisant. [dit-elle en claquant des dents, ndlr.]

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter, alors ?
Un bilan psychologique publié sur Slash Média tous les 6 mois, ou un peu moins de pollen pour le printemps 2019, à choix.

Revenez quand vous voulez, hein.

Merci Fanny.

« Hologramme », son premier album, est à retrouver sur toutes les plates-formes de téléchargement légal.

Phanee de Pool sera en concert le 7 juillet à Festi’Cheyres (FR), puis plusieurs dates en Suisse, France et Belgique – www.phannedepool.com.

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