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Promouvoir la musique par la réalisation cinématographique, rencontre avec l’association Blueberry

© Association Blueberry

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L’association Blueberry, créée début 2017, dont font partie le réalisateur Stéphane Kharraji et le groupe de musique Indigo Concept formé des deux jeunes lausannois Malek et Vincent, a récemment lancé une opération de crowdfounding. L’idée ? Récolter des fonds pour la réalisation du troisième opus du duo de chanteurs, « Diamant Doré » qui finalisera le premier projet – d’envergure – de l’association. Cette opération, débutée il y a quelques jours, leur permettrait entre autres de continuer à promouvoir la musique par la réalisation cinématographique, tout en faisant participer la jeunesse romande.

Le mardi 8 mai dernier, à la salle Paradewski du Casino de Montbenon (Lausanne), se tenait la projection de leurs deux premiers courts métrages, complètement autofinancés. Dans une salle pleine à craquer de toutes les tranches d’âges et après quelques discours, deux véritables œuvres cinématographiques nous ont été présentées : « Diamant Bleu » et « Until the Beauty ». Deux courts métrages, beaux, intenses, où les thèmes de la perte et de l’amitié sont questionnés. Mis en lumière par le jeu d’acteur de comédiens doués, par la bande-son entraînante d’Indigo Concept et par la maîtrise du jeune cinéaste Stéphane Kharraji, qui réussit à nous émouvoir par la profondeur de certains plans – c’est tout un univers qui nous est alors proposé.  

Leurs deux premiers films nous montrent en tout cas un bel aperçu de la qualité et de l’engagement qu’ils proposent pour leur récolte de fonds. Aujourd’hui, c’est l’occasion pour nous de les revoir à nouveau et de leur donner l’occasion de nous en dire en peu plus.

Lire aussi :  Indigø Cøncept, diamant musical ?

Interview réalisée le 13 mai 2018.

Slash : Suite à l’événement de mardi dernier où vous avez fait salle comble à Montbenon, quelles sont vos impressions ?
Malek : La soirée s’est super bien déroulée, on est contents. On ne pensait pas qu’il y aurait autant de monde, il y avait plus de 400 personnes, c’était sold out au bout d’une vingtaine de jours. Pour un premier jet, remplir une salle comme ça, c’est juste énorme ! Sachant que, pour le premier court métrage, on a fait ça dans une salle beaucoup plus petite. Là, on l’a fait à plus grande échelle, de façon plus professionnelle. Il reste des choses à améliorer, mais les retours qu’on a eus sont plutôt bons.

Stéphane : Moi, à chaque fois, j’ai un sentiment  d’« incomplet ».

Comment ça ?
S : C’est-à-dire ne pas avoir eu assez le temps de parler aux gens, après le film. Il en manquait à la fin de l’event, pour parler avec eux, les écouter. En fait, tu donnes un tout petit peu à chaque personne, mais tu n’as pas le temps de vraiment parler avec. C’est frustrant !

Vincent : Moi, ce que j’ai beaucoup aimé c’est quand j’ai parlé avec les gens après la projection. J’entends parfois le terme « les soirées Indigo Concept ». Les gens me disent par exemple qu’ils ont l’impression qu’ils revoient des personnes qu’ils n’ont pas vues depuis longtemps à nos soirées. C’est comme s’il y avait plusieurs cercles de gens qui viennent d’ici et d’ailleurs, de différents milieux et qui se rencontrent lors de nos événements. Je n’avais pas pensé à ça directement et ça m’a fait kiffer qu’on me le dise, vraiment. Voir tous ces gens qui étaient là pour voir notre travail d’un an, c’était fou [il sourit à ses comparses, qui acquiescent] !

M : Il y a de plus en plus de gens qui nous entourent aussi, qui nous aident. Un staff était là à la soirée d’ailleurs. On doit beaucoup de choses à beaucoup de gens.

Le fait qu’ils soient bénévoles, ça représente quoi pour vous ?
M : On est une association, et notre but c’est aussi de l’ouvrir le plus possible et que tout ça soit de plus en plus coriace.

Une scène du court métrage « Diamant Bleu » avec le comédien Olivier Guibert, excellent dans son rôle de père. Il nous exprime d’ailleurs son enthousiasme après la projection : « Je suis vraiment content du résultat. On ne se rend jamais compte quand on joue ce que ça donne ensuite. » – © Association Blueberry

Justement, par rapport au crowdfunding qui se termine le 25 mai, pourquoi avoir choisi ce procédé ?
V : Parce que, en fait, on a présenté le concept à la projection et on s’est dit que c’était parfait si le jour d’après les gens allaient sur leurs réseaux sociaux directement sur l’événement en ayant encore un peu l’émotion de la veille. Ça leur permet de participer à un projet aussi. Et, évidemment, ça nous permet de réaliser des choses.

S : Et, le financement participatif, c’est un peu quand même ce qui nous permet, à notre échelle, de faire des films. C’est le moyen le plus simple et le plus rapide pour pouvoir réaliser.

V : Et c’est aussi par rapport à la nature du projet. À la base, ces deux projets sont des projets participatifs, les gens ont donné d’eux-mêmes. Maintenant, qu’on nous donne 10, 20, 100 ou 1’000 francs, peu importe le montant, ça peut que nous aider. Comme je le disais l’autre fois, il n’y a pas de petit don. Pour moi, si une personne donne 10 francs et une autre 100, elles ont la même valeur à mes yeux.

Finalement, la nature participative du crowdfunding est en totale en adéquation avec votre état d’esprit – qui se veut également participatif.
V : Exactement, on est une association.

Une des autres volontés de l’association Blueberry c’est de, je cite : « Donner l’opportunité à la jeunesse romande de s’impliquer dans l’univers du cinéma et de la musique contemporaine. » Vous m’en dites plus ?
V : Oui, nous, notre envie de base c’est vraiment de donner la possibilité aux jeunes romands de faire des castings, que ce soit dans les gymnases, dans les collèges, des gens en apprentissage, vraiment tout le monde est le bienvenu pour venir s’essayer au métier d’acteur, voir si on peut leur trouver un rôle, leur faire travailler l’écrit… Ce qu’on veut au final, c’est juste réaliser des projets.

M : Ce qu’on aimerait c’est faire participer le peuple. C’est pouvoir adhérer à un projet qui normalement ne se fait pas forcément. En mettant de l’argent dans la réalisation de « Diamant Doré », on obtient des récompenses.

Comment ça, des « récompenses » ?
S :
C’est des sortes de coupons si tu veux.

V : En fait, ce sont des contreparties. Si tu mets 10 francs, t’as une petite contrepartie, si tu mets 100 francs, t’en as une autre…

M : Et du coup, ces contreparties, elles sont pour monsieur et madame tout le monde, c’est-à-dire que tu peux autant avoir un lien pour les films, ou alors ton nom dans le générique parce que t’as soutenu le projet, etc. Si tu participes, tu soutiens le projet de A à Z et ça, c’est aussi une belle contrepartie, j’imagine, pour les gens. On a créé ça pour les entreprises aussi.

V : On a même imaginé un coupon pour les donateurs fortunés, richissimes, qui voudraient nous aider. C’est le tout dernier, qui est à 30’000 francs. Donc la personne participerait à la globalité de la somme et on lui organiserait une projection privée dans un cinéma ou chez lui, où bon lui semble, avec un cocktail et avec la présence des acteurs et de l’équipe technique.

Et vous misez à nouveau sur un court métrage pour « Diamant Doré ». Pourquoi ?
S : Tout simplement, je pense, parce qu’on a une ambition de faire plus que des clips, de faire du cinéma. Là, on réalise une trilogie de courts métrages, mais, ensuite, on continuera encore à collaborer ensemble. On a créé cette association ensemble aussi.

M : Parce que « Diamant Doré » fait partie justement de cette trilogie, qui, elle, représente notre EP. C’est le premier projet de l’association et c’est énorme. Après, l’association, c’est un collectif qui nous permet de faire mille et un projets qu’on a en tête, et finalement elle fédère nos deux structures : Indigo Concept et Altamont, la boîte de Stéphane. On est lié par cette association. Ça, ça reste [rires de tous].

Et la suite, vous la voyez comment ?
V : Pour « Diamant Doré », ce qu’on peut dire c’est qu’il y aura un court métrage et que la bande-annonce sera le clip.

M : On va retourner en studio avec Vincent. D’ailleurs, on est en train d’en construire un tout neuf.  Stéphane fait ses films et on passe par cette association pour créer des festivals de musique, d’autres courts-métrages, créer des expos, etc. On aimerait apporter du soutien à d’autres projets.

Ensuite seulement, l’EP sortira ?
M : On ne peut pas encore le dire. Par contre, cette trilogie, avec ce troisième court métrage, fera entièrement partie de ce même projet d’EP. Et nous, on essaie de vraiment faire « vivre » nos sons.

« Diamant Doré » se tournera alors cet été ?
S : La pré production plutôt début 2019

V : On demande aussi des fonds là, donc ça dépendra des gentils donateurs ou pas !

Une scène du deuxième court métrage « Until the Beauty » où l’on voit Jill, le personnage joué par la jeune talent Margaux Van Kommer – © Association Blueberry

Finalement, en quelques mots, quel recul vous avez sur tout ça ?
M : Vincent et moi, c’est la musique. Stéphane, c’est le cinéma. Nos rêves sont différents, mais je crois qu’on a trouvé un moyen de lier le tout, tout en continuant nos propres chemins aussi [ils sourient].

Merci Malek, Vincent et Stéphane.

Entre musique et cinéma, le trio d’amis semble donc avoir trouvé sa voie : créer des projets avec les jeunes romands, en alliant la musique à une réalisation parfaite. Une belle façon de mêler deux univers, celui du cinéma et celui de la musique pop contemporaine des deux artistes.

L’association Blueberry a une chaîne YouTube.

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Grève du climat : ces jeunes qui passent de la parole à l’action

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Plus de 1 000 jeunes se sont mobilisés pour la grève du climat, ici à Neuchâtel – © Muriel Antille

Vendredi 18 janvier 2019, 22 000 jeunes ont envahi les rues de toute la Suisse. Leur revendication ? Imposer l’urgence climatique et surtout dénoncer l’inaction politique dans la lutte contre le réchauffement de la planète. La réaction des médias à l’encontre de ce mouvement a été partiellement encourageante. Celle des politiciens et des réseaux sociaux, un peu moins. Slash est parti à la rencontre de jeunes qui se bougent, qui veulent faire évoluer la situation, qui passent de la parole à l’action.

Slash a rencontré Héléna Brendow, 23 ans, et Mirko De Bortoli, 21 ans, deux étudiants de l’Université de Neuchâtel et membres de la SDNE (Semaine de la Durabilité Neuchâteloise). Ils nous parlent de cette grève, mais également de leurs actions. De quoi, restons polis, changer l’opinion de certain.e.s sur la jeunesse actuelle. À la suite des remarques négatives balancées sur les réseaux sociaux ou par des politiciens, les deux jeunes étudiants ont réagi de vive voix.

«Ça ne sert à rien de manifester, retournez étudier !»

Premièrement, il faut mettre les choses au clair. Si les gymnasiennes et gymnasiens n’étaient, en effet, pas en congé ce jour-là, ce n’est pas le cas des universitaires. Ces derniers sont en période de révisions et d’examens. «Je n’ai d’ailleurs pas pu me rendre à la manifestation à cause d’un examen. Mais j’ai soutenu la cause», relève Mirko. «Ce n’était pas la première manifestation pour le climat que je faisais. J’ai trouvé ça d’autant plus touchant que c’était des étudiants et des jeunes qui manifestaient. Cela va peut-être avoir un plus grand impact», ajoute Héléna, originaire de Genève. Car comme relevé par de nombreux manifestants, les conséquences du réchauffement climatique vont affecter la jeunesse actuelle ainsi que les générations futures.

«La plupart des étudiants ont manifesté juste pour louper les cours !»

«Même si c’est le cas, il y a eu beaucoup de discussion autour de la durabilité durant cette manifestation. Cela peut encourager des jeunes qui étaient moins concernés à s’y intéresser un peu plus», tempère Héléna. Ce qui est sûr, c’est que cette grève a eu le mérite d’ouvrir le débat (il était temps) et de montrer que le climat est bel et bien une préoccupation de la jeunesse. Pour les plus sceptiques, la prochaine grève du climat aura lieu ce samedi 2 février, dans toutes les villes suisses. Le public ciblé par cette nouvelle manifestation ne sera plus uniquement les jeunes, mais toutes les personnes, peu importe l’âge, qui se sentent concernées par la problématique climatique. Il n’y a donc plus d’excuse.

Conférence organisée lors de la Semaine de la Durabilité par la SDNE – DR

«C’est facile de manifester, mais proposez quelque chose maintenant !»

Contrairement à d’autres, Héléna et Mirko ont délaissé les paroles pour les actes. Désormais, ils organisent et participent activement à une semaine de débat et de sensibilisation sur le thème de la durabilité. Le projet se déroulement conjointement dans toutes les hautes-écoles et universités suisses dans le cadre de la Sustainability Week Switzerland (SWS). «En dehors de cet événement, nous avons effectué une enquête portant sur la durabilité à l’Université de Neuchâtel. Nous avons ensuite soumis un dossier complet au rectorat avec des propositions d’action et des alternatives aux problèmes rencontrés», explique Mirko, co-président et responsable des finances de la SDNE.

Depuis, les mets servis à la cafétéria dans les habituels récipients en plastique jetable ont disparu, faisant place à un système de bols réutilisables et de cautions. Les machines à café ont également changé pour un modèle plus écologique. «Un poste à l’université a également été créé pour s’occuper de la durabilité dans l’établissement. Une personne réalisant son service civil est maintenant chargée de développer des projets durables», ajoute Héléna, étudiante en géographie et allemand. Mais la SDNE n’est pas seule. D’autres associations universitaires collaborent ensemble, à l’instar de VEGA’Neuch, du Gramu (Groupe d’aménagement de l’Université) ou de l’AED (Alternative Étudiante Durable). Cette dernière organise d’ailleurs régulièrement un marché gratuit avec les invendus des commerces de la région neuchâteloise.

«Les jeunes sautent sur la moindre occasion de prendre l’avion et changent d’iPhone tous les six mois !»

«Je n’ai pas toujours eu cet esprit écologique, avoue Mirko. Mais j’ai grandi et j’ai mûri. Actuellement, je ne voyage presque plus qu’avec les transports publics. Après, il ne faut pas oublier que nous sommes nés dans une société de surconsommation. Les générations précédentes ne l’ont pas vécu. Tout est fait pour nous faire acheter et nous n’y pouvons pas grand-chose, nous les jeunes. Si l’on veut que les choses changent, le système entier doit être adapté à la problématique climatique», réagit le Chaux-de-Fonnier.

Héléna, quant à elle, a décidé de ne plus prendre l’avion, sauf nécessité. «Les trains de nuit se sont bien développés. Cela prend plus de temps, mais ce n’est pas forcément plus cher et l’impact écologique est bien plus bas», lance la Genevoise. L’éducation peut également jouer un rôle. «Nous avons été éduqués dans ce système. Il est donc dur de changer. Mais si l’éducation, dès le début, sensibilise à ces problématiques, certains gestes ne deviendront plus que de simples habitudes», réfléchit Mirko.

Marché gratuit composé d’invendus et organisé par l’AED – DR

«Allez nettoyer vos déchets dans les parcs avant de manifester !»

Dans son studio neuchâtelois, qu’elle occupe durant ses études, Héléna a vite remarqué la quantité de déchets produits quotidiennement. «Un sac poubelle de 17 litres par semaine, ça faisait beaucoup. Je me suis mise ensuite au zéro déchet. J’achète tout en vrac. J’ai toujours une gourde avec moi. Je mange les légumes du marché et tente de diminuer ma consommation de viande, sans pour autant devenir végétarienne», déclare-t-elle. Comme quoi les jeunes d’aujourd’hui ne font pas que parler.

Une dernière remarque ?

«Regardez le rapport du GIEC [Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat, ndlr.]. Ce ne sont pas des prévisions ou des hypothèses, ce sont des faits. Si nous ne faisons rien maintenant, dans 10, 20 ou 30 ans, ça sera la merde», balance Mirko, afin de clore le débat et de dissoudre la dernière once de scepticisme qui pourrait être présente en nous.

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Initiatives

Envie d’un concert au balcon ? Faîtes appel à Into the Yard

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© Into the Yard / Théophile Boucard

Qui n’a jamais rêvé de voir son artiste préféré se produire dans son salon, son jardin ou sur sa terrasse ? Depuis 2016, l’association Into the Yard s’emploie à faire de ce rêve une réalité. 

Si Obélix est tombé dans la potion lorsqu’il était petit, il en est certainement de même pour Noa Zalts et la musique. Danseuse de hip-hop et de contemporain, depuis ses 8 ans, la Lausannoise connaît rapidement le monde culturel et scénique.

À 22 ans, la jeune femme d’origine suisso-israélienne est à la tête de l’association Into the Yard, un projet qui point en 2016 d’une « simple idée de rassembler les gens pour de beaux moments de partage et de rencontres en musique ».

Par le biais de divers projets, le collectif romand souhaite mettre en lumière les jeunes talents et permettre à leur public de les découvrir, dans des lieux intimistes (rooftops, terrasses, chalets, forêts…).

Le rappeur nyonnais Fabe Gryphin en “Rooftop Session” pour le compte de l’association – © Into the Yard / Cédric Heckly

Des projets d’envergures

Juin 2018. Noa est en pleine prospection. Dans quelques semaines, elle organisera son premier « camp musical ». Le camp se déroulera à Fano, en Italie. Au programme : cinq jours intensifs dans une maison typique de la Péninsule, qui permettront à une quinzaine de jeunes de profiter de l’enseignement de Mark Kelly, musicien d’origine britannique établi en Suisse, et Cyrielle Formaz, artiste valaisanne de 23 ans. Partage, conseils, plaisir et travail seront les mots d’ordre de cette expérience.

Un tupperware dans une main, un smartphone dans l’autre, la responsable du projet explique : « Ce camp est une autre manière de donner de l’importance à la création et la composition, mais aussi au contact humain et au soutien. Il y a de la place pour tous et en s’entraidant, tout artiste peut arriver à son but. On propose donc à ces derniers de se rencontrer dans un cadre calme et naturel, d’échanger leurs connaissances, travailler et créer ensemble. On leur donne aussi accès à des choses qui leur sont pour certains inaccessibles : du matériel de home studio, des workshops… »

Une fondatrice experte

À l’âge de 16 ans, Noa entre dans le milieu de l’événementiel, « par plaisir », en intégrant l’association Ride for the Cause (récolte des fonds pour des actions caritatives locales et internationales), puis Yadlo (festival d’activités aquatiques) et enfin Union Power Music (feu collectif de promotions artistiques). Elle en fait aujourd’hui son travail.

Plus récemment encore, en mai dernier, la jeune entrepreneuse est repérée par la ville de Lausanne et intègre une commission visant la subvention des projets de jeunes dans sa commune. Une preuve de reconnaissance importante de la part des Autorités de la Capitale vaudoise.

Lire aussi :  Avec Nicolas Fritz, photographe et membre du collectif lausannois Union Power Music

Lorsqu’on lui parle musique, Noa évoque Matt Corby, Ben Howard, Bon Iver ou encore Daughter. Son morceau du moment ? « Heartbeats, de José González ». Car oui, si la passionnée de musique la promeut sans compter, elle s’emploie également à en créer ou en reprendre. Depuis 2018, sous le nom de « NALU », la jeune femme s’essaye à la gratte et au chant, accompagnée par les musiciens suisses Wills Gey et Iya Ko.

Noa, en concert avec “NALU” – © Cédric Heckly

Le partage avant tout

Alors tout juste rentrée d’un long voyage en Australie, Noa y retient une chose : là-bas, la musique est preuve de partage. « Lors d’une soirée entre amis, il y a toujours quelqu’un qui finit par sortir sa guitare. Je me sentais tellement bien dans ce genre de moments que je veux maintenant par mes events permettre aux autres de ressentir ça », explique l’auteure-compositrice-interprète indie-folk.

Inspirée par la culture ouverte du cinquième continent, la jeune femme fait naître « Into the Yard ». Avec pour seule et unique précepte « For the music » (pour la musique), le comité de l’association – désormais composé de 7 membres actifs d’une vingtaine d’années chacun – commence par organiser des concerts estivaux inédits dans des jardins privés. En 2017, force est de constater que cela plaît, le concept est reconduit, avec pour nouveautés des soirées dans d’autres types d’espaces privés, tels que des terrasses ou rooftops. « Ces moments magiques se déroulent toujours dans un cadre idyllique, où une atmosphère intimiste et conviviale favorise les rencontres et le partage entre les artistes et le public en petit comité. Ce sont des événements simples et accessibles à tous, que ce soit les jeunes, les moins jeunes ou les familles. Toute personne voulant profiter de concerts de qualité dans une ambiance décontractée y est la bienvenue. », argumente Noa.

Consécration ultime, en décembre dernier, Into the Yard remporte le Prix Jeunesse de la ville de Lausanne. Ce « Prix Jeunesse » encourage et aide les jeunes âgés de 13 à 25 ans à développer leur talent ou projet. Il a pour ambition de récompenser les jeunes qui transmettent directement ou indirectement une image positive de la jeunesse.

Into the Yard accueille une programmation riche et de qualité, que ses artistes soient émergents ou professionnels. « On joue sur le coup de coeur dans le choix des artistes, ainsi que des préférences de l’hôte de la soirée, qui sont pour nous très importantes. Il y a cette idée de se démarquer de tous les grands événements, les grands festivals qu’on peut trouver en Suisse et de revenir à des petits concerts intimistes où la musique est la seule attraction. »

Désormais, Noa et les 6 autres membres de son comité souhaitent étendre leurs activités, tout en respectant la cause qu’ils défendent : le partage par la musique. La présidente de l’association complète enfin : « Les autres projets d’Into the Yard se poursuivront en élargissant le type de lieux dans lesquels se dérouleront les événements. Chalets à la montagne, piscine publique, et autres lieux insolites permettront des dérivations à l’infini du nom de l’association ».

Le camp Into the Yard se déroulera du 22 au 28 juillet 2018, à Fano (Italie).
L’association est sur Facebook et Instagram.

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