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Le NIFFF, quand le cinéma fantastique prend ses quartiers à Neuchâtel

© NIFFF / David Perriard

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Le NIFFF (Neuchâtel International Fantastic Film Festival) promeut, depuis sa création en 2000, la diversité du fantastique, tout en proposant du cinéma asiatique et de la création digitale.

Cette année, trois labels se côtoieront : NIFFF Invasion, « le fantastique pluridisciplinaire et ouvert à tous » ; NIFFF on tour, une programmation off, hors festival ; et NIFFF Extended, « le futur du cinéma ». Ce dernier offrira quatre événements majeurs, entièrement gratuits. Epic Game Jam, une conception de jeu vidéo ; Imaging the future, création digitale et nouvelles technologies ; Storyworlds, de la scénarisation audiovisuelle et New Worlds of Fantasy, de la littérature fantastique contemporaine.

Une cinquantaine d’experts suisses et internationaux seront présents pour débattre, partager et remettre des prix. Une nouvelle distinction, « Think outside the box Award » – l’acquisition des droits d’un film de la sélection officielle par la maison de distribution du même nom – sera octroyée pour la première fois cette année. La compétition se divisera en trois catégories : internationale, cinéma asiatique et meilleur court-métrage suisse, pour un total de douze récompenses attribuées par différents acteurs du septième art helvétique.

Hors compétition, séances pour enfants en collaboration avec la Lanterne Magique, « Ultra movies » soit des séances de minuit, carte blanche à une personnalité suisse, rétrospectives et hommages, entre autres, sont au programme.

La 18e édition du NIFFF aura lieu du 6 au 14 juillet 2018.
La programmation complète sera annoncée le 21 juin prochain.
Le NIFF a un site web, un Facebook, un Twitter et un Instagram. 

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Tête dans les étoiles et poing levé pour la 19e édition du Black Movie

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Capture d'Arrythmia – Boris Khlebnikov

La 19ème édition du Black Movie prépare une fête d’une amplitude astronomique en l’honneur du cinéma indépendant international, à savourer du 19 au 28 janvier 2018. Fort d’une sélection en provenance de 30 pays et 4 continents (Asie, Afrique, Amérique Latine, Europe), le programme organisé en sections thématiques annonce une constellation de 121 films, parmi lesquels 3 premières européennes et 59 premières suisses. Le tout en compagnie de 25 cinéastes invités.

Sections et cinéastes

Attentif depuis ses débuts aux questions sociétales et à leur traitement par le cinéma, le Festival Black Movie célébrera cette année l’esthétique queer à travers un volet rétrospectif et un volet contemporain. Avec 11 films classés dans la section « Mauvais genre rétroqueer 18+ », l’occasion sera d’abord donnée de rendre hommage à des cinéastes présentés au festival entre 2001 et 2017.

Dans un esprit engagé similaire, la section « Les résistantes » et ses 9 films s’intéresseront aux récits, fictifs ou non, de femmes qui remettent en cause et militent contre le pouvoir en place. Le cinéaste Dieudo Hamadi, habitué du festival, présentera son nouveau documentaire, Maman Colonelle, et sa protagoniste qui se bat seule en République Démocratique du Congo contre la violence faite aux femmes et aux enfants.

Capture : Maman Colonelle – Dieudo Hamadi

La descendance sera également décortiquée, grâce à la section « Toi aussi mon fils », avec de la fiction (Hunting Season de Natalia Garagiola) ou encore du documentaire (Ce soir mon cœur bat de Rémi Jennequin). La pénibilité du travail sera l’objet du « Salaire de la peur », qui proposera une virée en compagnie des « brouteurs » d’Abidjan (Vivre Riche de Joël Akafou) ou une immersion dans une usine indienne de textiles (Machines de Rahul Jain). Enfin, la vive question de la vengeance sera au centre de « Sympathy for Mr. Vengeance », qui alternera la parabole (Spoor de Agnieszka Holland), le film de gangster (The Brink de Jonathan Li) ou encore celui d’horreur (Vampire Clay de Soîchi Umezawa).

Cette année, et pour la première fois, le Black Movie accueillera Sharunas Bartas. Le plus connu des cinéastes lituaniens en activité, présentera au public genevois son long-métrage, Frost, un road movie humanitaire, avec au casting une certaine Vanessa Paradis. À côté de cela, les habitués du festival reconnaîtront au programme les noms de Hong Sangsoo, Kiyoshi Kurosawa, Zhang Miaoyan, Lucrecia Martel ou encore Sergei Loznitsa.

À la suite de ces nombreuses projections, 5 tables rondes permettront de prolonger les réflexions nées dans les salles obscures. Ces rencontres et discussions, toutes en accès libre, bénéficieront de la présence d’invités cinéastes et de spécialistes.

Lieux et soirées

Les séances du festival se tiendront aux Cinémas du Grütli, au Spoutnik et au Cinélux, avec pour la première fois cette année une cérémonie de clôture, ouverte au public, le dimanche 28 janvier à l’Alhambra. Les Nuits Blanches seront quant à elles toutes organisées dans un nouveau lieu central, le Xanadu, situé au cœur du quartier des Bains, qui verra défiler 10 soirs durant fêtes musicales et pailletées, avec entrée libre. Rendez-vous donc à Genève, du 19 au 28 janvier prochain. 

Programme complet à retrouver sur blackmovie.ch.

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«  In-Shadow  » : une synthèse perturbante du monde dans lequel on vit

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Certaines vidéos ont le pouvoir de gifler. C’est le cas du film d’animation « In-Shadow » réalisé par Lubomir Arsov. D’une durée de 12 minutes, le cauchemar visuel dans lequel nous nous engouffrons laisse un goût… plutôt amer. Uniquement portée par la puissance de ses images et de sa bande son glaçante, la vidéo touche en plein coeur sans faire usage du langage verbal. 

Envie de tout exploser ? C’est normal. Mais attends deux minutes, s’il-te-plaît.

Relayée sur les réseaux sociaux et sur de nombreux sites d’information, la vidéo est présentée comme étant une critique virulente du capitalisme. C’est tout.

Effectivement, au premier abord, ça en a tout l’air… Mais pas si l’on fouine un peu.

Dans la description de la vidéo, on peut trouver quelques mots de l’artiste dont il faut absolument prendre connaissance pour bien comprendre le but de cette animation. Voici comment Lubomir Arsov qualifie son œuvre : « Un voyage visionnaire à travers l’inconscient fragmenté de l’Occident et, avec courage, affrontez l’Ombre… de l’ombre à la lumière. » L’artiste ajoute également une citation de Carl Gustav Jung : « Aucun arbre ne peut pousser jusqu’au paradis sans que ses racines n’atteignent l’enfer ».

Si l’on se fie à cette légende, on peut conclure que le cœur du message d’Arsov réside dans les premiers et derniers instants de l’animation, message qui pourrait être résumé ainsi : au-delà de la matrice morbide dans laquelle nous vivons se trouve une réalité lumineuse et pure.

Capture du film

C’est donc vers une sorte d’éveil spirituel que semble vouloir nous conduire Lubomir Arsov. Cet éveil est manifestement symbolisé par l’image finale des yeux qui s’ouvrent sur fond blanc (pureté et simplicité), yeux où l’on aperçoit l’univers. Son but ? Nous faire prendre conscience du fait que notre existence n’a aucun sens (si vécue comme décrite dans la première partie de l’animation) pour ensuite nous inviter à ce que l’on appelle dans les communautés New Age et bouddhiste, l’éveil. Si certains retrouveront ce qu’ils ont lu dans leurs livres de développement personnel, d’autres pourraient malheureusement prendre une direction toute autre…

Le philosophe VincenCespedes s’inquiète du fait que l’allure nihiliste de la vidéo puisse être « Daesh compatible » ou « Poutine Compatible » et donc devenir une arme de propagande à l’encontre de l’Occident [voir son article sur huffingtonpost.fr]Critiquant le caractère caricatural (« ouvre tes chakras ») de l’animation, Vincent Cespedes regrette l’absence de levier politique, artistique ou citoyen. Selon lui, l’animation n’offre aucune solution réellement applicable, nous laissant seulement avec l’envie « de tout faire exploser ». Il soutient très justement que «la critique nihiliste, sans mise en perspective ni nuances ni issues politiquement viables, ne conduit à rien de bon. »

Pour revenir au caractère caricatural de l’animation, on concédera effectivement que les chakras y sont illustrés à plusieurs reprises. On observe également le recours à l’image de la glande pinéale se situant dans le cerveau qui, pour certains, représente le centre de l’âme, le lien au divin. Ainsi,  c’est grâce à ces symboles que l’on peut comprendre la vocation spirituelle du message.

Si on s’amusait à observer cette animation sans l’enfermer dans la boîte « New Age », on pourrait penser au philosophe néerlandais Baruch SpinozaDans cette optique, on pourrait en arriver à supposer que l’animation illustre ce qu’il propose dans son ouvrage l’Ethique. Selon le philosophe, qui a mis sa vie entière à écrire ce livre, si l’humain se libère de ses passions et de ses croyances, alors il atteindra la vérité et la béatitude de l’âme. La différence avec Arsov? Le chemin du bonheur passerait par la raison et la connaissance, et donc non pas par un endoctrinement quelconque.

« En effet, pour Spinoza, les hommes naissent ignorants et « esclaves » (non libres, dans la servitude) : leur servitude est l’effet de leur ignorance. Le but de l’éthique est donc de les rendre libres ou plus libres, ce qui suppose (moyen nécessaire, condition) qu’ils développent leur connaissance des choses (et d’eux-mêmes). » [Introduction à l’Ethique de Spinoza] 

Capture du film

Dénué de texte ou de parole, la puissance de ce film d’animation réside dans sa force visuelle. Ainsi, chacun est amené à comprendre ce qu’il souhaite, usant de ses connaissances (ou non) relatives à certains symboles.

Pour éviter de vouloir « tout exploser », il paraît donc important de considérer cette œuvre dans sa totalité sans se focaliser uniquement sur la critique sombre de la première partie. Ce serait louper le véritable message de l’artiste. 


Pour aller plus loin :

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