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Neuchâtel accueille la première édition de l’Arts Festival

L'affiche du 1er Neuchâtel Arts Festival – © Mr. design / Mélissa Roth

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La première édition du Neuchâtel Arts Festival (NAF) se déroulera ce samedi 15 septembre de 10h00 à 4h00 à la Case à Chocs – pôle culturel incontournable de la ville – et ses différents lieux environnants : le Cinéma Minimum, le Théâtre de la Poudrière et l’Académie de Meuron.

Pas d’excuse, l’offre est variée, la diversité et l’interdisciplinarité dans les arts sont à l’honneur. Il y en a pour tous les goûts et tous les âges : workshops, forums de discussions, expositions, performances, spectacles, projections de films ou encore concerts. C’est pour moins du prix d’une entrée de cinéma qu’une cinquantaine d’artistes sont rassemblés juste à notre portée. Mais accessibilité ne veut pas dire que la qualité est en reste ; les artistes invités sont tous issus du canton de Neuchâtel, mais ont déjà une reconnaissance nationale, voire internationale.

À noter aussi que le festival fait également office de vitrine pour des métiers très rarement introduits aux jeunes et est donc l’occasion de susciter la rencontre entre différentes générations. Décloisonner. Voilà ce que le comité a eu en tête pour faire fleurir un tel événement, en bousculant un peu les zones de confort tant du côté des artistes que du public. Il ne faut pas être un mordu de la culture et des arts pour y prendre du plaisir. C’est d’ailleurs le leitmotiv du comité d’organisation : « Nous croyons que l’art ne s’adresse pas uniquement à des initiés. Chacun peut venir découvrir et échanger avec les artistes neuchâtelois. Nous croyons qu’unir les artistes leur permettra d’être plus forts et d’aller plus loin ». Nous avons rencontré son directeur artistique, Raphaël Tschudi, à quelques jours du festival.

Interview réalisée le 7 septembre 2018.

Slash : Salut Raphaël, tu es la tête de ce tout nouveau projet, le NAF, un acronyme qui pourrait aussi reprendre les adjectifs suivants : novateur, ambitieux et fédérateur. Peux-tu nous expliquer pourquoi ?

Raphaël Tschudi : Pourquoi ai-je eu cette idée ? Déjà parce que je suis comédien de profession et très longtemps ça a cogité dans ma tête. Comment peut-on faire un événement où réunir différents artistes ? Au début, logiquement, j’étais concentré sur les comédiens et les metteurs en scène pour les promouvoir. Peu à peu, j’ai rencontré différents artistes neuchâtelois. C’est aussi un peu dans l’air du temps cette interdisciplinarité. En ayant créé plusieurs courts-métrages et plusieurs pièces de théâtre, je me suis dit, pourquoi ne pas réunir plusieurs disciplines et favoriser la rencontre entre les différents artistes et favoriser des projets interdisciplinaires. Ça, c’était au niveau de l’artistique.

Au niveau social et humain, pour reprendre mon parcours, j’ai eu beaucoup de soutien de mes proches qui étaient souvent là pour venir à mes spectacles. Je me suis demandé comment faire pour favoriser le mélange des réseaux et intéresser d’autres personnes. Donc, il y a aussi eu une idée d’échange des connaissances et du public et une question de mélange et d’échanges à plusieurs niveaux.

Puis, il y a l’aspect politique. Les coupes budgétaires se font souvent dans l’éducation et la culture. Pour moi, la culture fait partie de l’éducation. Il y avait aussi l’idée de mettre des visages derrière des chiffres que beaucoup de personnes ont tendance à voir et se dire que couper dans la culture « de toute façon ça ne touche pas ». Aussi de montrer au public que ce sont des artistes qui s’exportent et de mettre en avant la diversité artistique neuchâteloise.

Raphaël Tschudi, directeur artistique du festival – © David Marchon

Avec ton équipe, composée de personnes issues de la région de Neuchâtel, vous devenez catalyseur d’un événement là où vous avez tous grandi. Est-ce que vous souhaitez prouver quelque chose aux Neuchâtelois, voire au-delà du canton ?

C’est vrai que dans un premier lieu c’est au niveau cantonal. On a tendance à parler de ce qui ne va pas dans le canton et là c’est la possibilité, au niveau artistique, de montrer le positif et qu’il y a plusieurs personnes qui sont investies à l’année pour leur art. J’invite les Neuchâtelois à venir découvrir ces artistes, que ce soit dans le cinéma, le théâtre, la danse, des arts plastiques, la musique. On aura aussi des forums de discussion avec des personnalités politiques du canton. Les artistes peuvent aussi rencontrer ces personnes-là pour poser des questions, savoir où toquer pour avoir certaines informations. Il y a aussi des personnalités importantes pour différentes institutions comme le théâtre du passage avec Robert Bouvier, Anne Bisang du Théâtre Populaire Romand et même quelqu’un d’Art Basel. Ce qui a germé là derrière, c’est de donner aux artistes la possibilité de rencontrer des gens qui peuvent les aider à aller plus loin et leur donner quelques réponses.

En dehors du canton, j’espère – et l’on espère tous – que des gens viendront du Jura, du canton de Vaud, de Genève de partout en Suisse et même d’ailleurs. Tout le monde est convié à venir et pourquoi ne pas faire le même type d’événement dans leur canton, d’essayer de lancer un mouvement.

Au niveau des artistes, c’est qu’ils se rencontrent et qu’ils deviennent plus forts avec l’interdisciplinarité, qu’ils sortent de leurs zones de confort pour peut-être innover dans leur propre art et devenir plus compétitifs au niveau national, voire international.

Pour cette toute première édition, c’est une cinquantaine d’artistes, donc de manifestations, rassemblées par la diversité et la pluridisciplinarité, tout ça en moins de 24 heures. Est-ce un parti pris ?

Alors… (rires) Le projet a passablement évolué et c’était une démarche un petit peu naïve en voyant l’expérience que j’ai maintenant. L’idée était de partir avec 20 artistes et en voyant la richesse… Heureusement que les gens de l’équipe m’ont dit de m’arrêter à 50 artistes. On a prévu une journée et l’on a regardé comment on pouvait mettre tout ça ensemble. Ce sera peut-être un one-shot, il faudra voir si le public répond présent et sinon on essayera avec un autre format. C’est vrai que pour autant d’artistes, on aurait presque pu faire une deuxième journée. C’est une question de finances, d’organisation, de temps, de plein de choses qui font qu’on est resté à une journée. Mais comme certains lieux sont assez restreints, il faut avoir plusieurs choses en même temps pour que les visiteurs aient le choix.

Les prix sont plus qu’abordables et c’est gratuit pour les moins de 16 ans ainsi que les seniors. Y a-t-il une intention particulière de rassembler un public différent en ce même lieu ?

C’est pour revenir sur l’idée de diversifier le public. Chaque lieu, que ce soit à la Case à Chocs ou ailleurs a quand même son public cible et ses habitudes. En janvier, j’ai produit un spectacle de théâtre là-bas et un tout autre public est venu, qui était vraiment intéressé par ce lieu. Mais il a fallu un élément pour les faire venir. C’est surtout ma volonté que ce soit accessible à tout le monde et que ce ne soit pas un frein pour qui que ce soit. Les familles qui disent que les sorties sont trop chères, là c’est une sortie plus qu’accessible. Les enfants ne payent pas et s’ils viennent avec les grands-parents… Eh bien, il ne paye pas non plus !

Comment te sens-tu à l’aube de la première édition ?

Il y a plein de questions qui viennent, plein d’éléments à calibrer. Est-ce que les gens vont pouvoir profiter ? Est-ce que le public va répondre présent ? Est-ce que les artistes vont aussi prendre du plaisir ? Parce que l’objectif final est que les artistes invités ou le public partent de ce quartier avec le sourire et que le lendemain et surlendemain, on ait des retours positifs. Au comité ce sera beaucoup plus facile de prendre une décision de reconduire cela dans deux ans. En tout cas, ce ne sera pas toutes les années, car il faut aussi que la scène artistique neuchâteloise puisse se renouveler un peu.

Qu’est-ce qu’on peut souhaiter au Neuchâtel Arts Festival ?

Ce qu’on peut souhaiter… Que le public vienne nombreux et que les gens repartent avec le sourire.

Infos et programme complet sur www.neuchatelartsfestival.ch.
La 1re édition du Neuchâtel Arts Festival aura lieu le samedi 15 septembre 2018.

Arts

Michael Jackson, contemporain jusque dans l’art

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Andy Warhol, Michael Jackson, 1984 – © The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Licensed by ADAGP, Paris 2018

À l’occasion des dix ans de la disparition du roi de la pop, Slash vous propose de découvrir quelques artistes contemporains qui ont trouvé en Michael Jackson une source d’inspiration.

Peintres, photographes, vidéastes, plasticiens ou chorégraphes : ils sont tous, à leur façon, tombés sous le charme de Michael Jackson. Ils s’en sont inspiré, ont joué avec son image, ont représenté à travers leur regard le «roi de la pop». Slash vous propose de découvrir une sélection de ces 40 artistes que Jackson a marqué d’une façon ou d’une autre (et non, le célèbre Jeff Koons de Jackson avec son Bubbles n’en fait pas partie, il n’a pas été prêté par ses propriétaires).

Un Andy Warhol liminaire

Andy Warhol est le premier artiste à s’intéresser à la célébrité naissante de Michael Jackson. Andrew Warhola, de son vrai nom, l’appelle pour la première fois en 1982. Il est alors demandé à «Bambi» de poser pour la couverture du magazine influent Interview.

Les deux hommes se sont rencontrés en 1977, lorsque Warhol a interviewé le chanteur au sujet du film The Wiz, une adaptation de la comédie musicale Le Magicien d’Oz de Victor Fleming, dont Michael Jackson ou encore Diana Ross sont les acteurs principaux.

Andy Warhol, Michael Jackson, 1984. © The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Licensed by ADAGP, Paris 2018

Plus tard, l’artiste pop-art photographie Jackson au cours de nombreuses apparitions publiques. Parallèlement, il collectionnait également quantité d’objets liés au chanteur et le nom de ce dernier apparaît à plus de vingt reprises dans son journal, pour évoquer leurs rencontres, dans la plupart des cas.

Warhol fait une deuxième fois appel à Michael Jackson pour le numéro de mars 1984 du magazine Time. Il note alors dans son journal : «J’ai fini la couverture Michael Jackson. Je ne l’aimais pas mais les gamins au bureau, si. Puis les types de Time sont venus la voir, ils étaient quelque chose comme quarante». Cette commande donnera naissance à plusieurs portraits réalisés sur soie.

Michael, (in)saisissable

Imaginé par le jeune artiste londonien Appau Junior Boakye-Yiadom, le dispositif P.Y.T. (en référence au titre Pretty Young Thing) brille par sa sobriété. En équilibre sur leur pointe, les mocassins noirs évoquent instantanément le «freeze», pas de danse emblématique de Michael Jackson

Appau Junior Boakye-Yiadom, P.Y.T., 2009 – © Adagp, Paris 2018

Pour l’anecdote, les ballons qui composent et maintiennent l’œuvre sont remplacés régulièrement, faisant référence «aux efforts de celui qui cherche à entretenir l’image qu’attend de lui le public», explique l’artiste dans un communiqué de presse.

Interroger la négritude

Premier musicien noir à acquérir une célébrité internationale et à transcender les barrières, stéréotypes et préjugés, Jackson n’est pas exempté de contradictions. Basée sur des clichés du photographe américain Todd Gray, Exquise Terreur dans la Mangrove fait partie d’une série juxtaposant Michael Jackson à des clichés documentaires du Ghana, à des photographies de ses fans et à des images du cosmos.

Todd Gray, Exquise Terreur dans la Mangrove, 2014 Collection Aryn Drake-Lee Williams & Jesse Williams – © Todd Gray

Todd Gray commence à travailler avec Michael Jackson en 1974 et dient ensuite l’un de ses photographes attitrés entre 1979 et 1983. Les clichés réalisés à cette époque donnent à l’artiste un sujet de thèse pour son Master of Fine Arts à la fin des années 1980. Il y utilise l’image du chanteur, explique-t-il, «pour analyser l’impact du pouvoir post-colonial sur la construction des notions de race, de classe et de genre».

L’ange Michael

David LaChapelle, qui a débuté en travaillant avec Andy Warhol, rend hommage à Michael Jackson après sa disparition en 2009, en composant ce triptyque emprunté à l’iconographie religieuse.

De g. à d. : The Beatification: I’ll never let you part for you’re always in my heart; American Jesus: Hold me, carry me boldly; Archangel Michael: And no message could have been any clearer, 2009, Courtesy of the artist – © David LaChapelle

David LaChapelle dit vouloir montrer la figure angélique du chanteur, «le vrai Michael». Son but ? Faire contrepoids face aux accusations de pédocriminalité qui ont pesé sur Jackson à la fin de sa vie. «Nous avons choisi de le persécuter et de le crucifier» raconte David LaChapelle dans un communiqué.

Michel-Ange et le kitch

Impossible de faire main basse sur l’impressionnante toile de Kehinde Wiley, portrait équestre de Jackson, en Philippe II d’Espagne. Une commande du chanteur, terminée après sa mort et traduisant la passion de Jackson pour Michel-Ange et le kitch, référence littérale à une peinture de Rubens.

Kehinde Wiley Equestrian Portrait of King Philip II (Michael Jackson), 2010 – © Adagp, Paris 2018

Kitch toujours : lorsque l’album Dangerous sort en 1991, le visuel décliné sur les pochettes de disque et de vinyle, ainsi que sur différents supports de communication, se démarque par sa singularité. Il est le résultat d’une commande passée par le chanteur à l’artiste Mark Ryden. L’artiste y représente un masque, révélant uniquement le regard du chanteur, au milieu d’un foisonnement de symboles. Le masque, objet autant que symbole, tient une place importante au sein de l’oeuvre de Michael Jackson.

Mark Ryden « The King of Pop » (#135), 1991-2018 – © Adagp, Paris 2018


Sélection musicale de Malick Touré-Reinhard.

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Et si le Web mourrait demain ?

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© Lauren Huret

À l’occasion des 30 ans du World Wide Web – créé au CERN en 1989 –, plus de 50 artistes et professionnels prendront part au 15e Mapping Festival, du 23 au 26 mai 2019, à Genève.

Il y a tout juste 30 ans, à Genève, naissait le World Wide Web (WWW). Trois décennies plus tard, la possibilité d’un effondrement de la Toile fait frémir.

«La fin d’Internet serait-elle pour bientôt ?», c’est la question que se sont posés les organisateurs du Mapping Festival. Depuis 2005, l’événement genevois se donne pour mission de favoriser les échanges et participer activement au développement du milieu des arts numériques. Ainsi, l’exposition ​The Dead Web – La fin viendra, au travers des arts, imaginer notre vie sans Internet.

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Artistes suisses et québécois à l’honneur

Initialement composée de cinq artistes québécois, The Dead Web – La fin accueillera spécialement pour le Mapping Festival trois artistes suisses sélectionnés par le biais d’un appel à projets lancé début 2019. Les oeuvres présentées, qui plongeront le public dans un futur sans Internet, se veulent révélatrices de l’omniprésence du Web dans nos vies quotidiennes. Vernie le jeudi 23 mai, l’exposition s’étendra jusqu’au 2 juin, au Commun.

“Membranes”, portées par Lukas Truniger et Nicola Hein, est une installation performative qui transforme texte écrit en percussion lumineuse – DR

La créativité numérique à son apogée

Lors de ce vernissage, le DJ genevois Estebahn proposera un set entre downtempo, jungle et électro. Le week-end suivant, la Fonderie Kugler se transformera en laboratoire audio-visuel. Le vendredi 24, la performance délirante de Freeka Tet sera suivie du collectif russe Tundra, qui présentera sa toute dernière création, ​« ​Nomad ​»​, combinant vidéo et laser. La soirée se clôturera en beauté avec un DJ set du suisse Acid Kunt. Le samedi, ce sont Grand River & Marco C qui lanceront les festivités avec leur projet ​« ​0,13% ​»​, voyage poétique entre humain et nature. La scène sera ensuite foulée par le duo Recent Arts (Tobias. et Valentina Berthelon) accompagné de Barbie Williams, avec ​« ​Skin ​»​, concert audiovisuel expérimental. La soirée terminera avec la DJ genevoise Audrey Danza.

Web célébré, Web interrogé

Lors de la troisième édition du forum ​«Paradigm_Shift»​, le public sera invité à explorer les impacts de la production abusive de nouvelles technologies. Sur deux jours, le Forum verra s’enchaîner tables rondes  et conférences. Le vendredi débutera avec une prise de parole de Mark Garrett, co-fondateur de Furtherfield, suivi de ​«​E-wasteland»​, une table ronde qui interrogera le gaspillage dans l’art numérique. En guise de clôture, le panel ​«The future web» – tenu en français – s’appuiera sur la thématique de l’exposition en repensant à l’impact d’Internet sur nos vies et à sa potentielle évolution. Nathalie Bachand, commissaire de l’exposition The Dead Web – La fin,​ participera à l’événement avec l’artiste Romain Tardy et Alexandre Monnin (président d’Adrastia), le tout modéré par Nicolas Nova.

L’Immersive Lab, un dispositif immersif unique développé par la Haute École d’Arts de Zurich et l’Université de Genève – DR


Le 15e Mapping Festival se déroulera du 23 au 26 mai 2019, à Genève www.mappingfestival.com

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