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« Le Barbare » de Lausanne ferme. Une cliente de toujours raconte

Capture : Facebook

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« Le Barbare », lieu emblématique de la vieille ville de Lausanne, a fermé ses portes aujourd’hui. Célèbre pour sa terrasse et son chocolat chaud, sans oublier l’actuelle patronne Marta, le café fera son come-back en 2018, avec de nouveaux tenanciers. Retour sur un endroit qui a marqué et accueilli la jeunesse lausannoise pendant plus de quarante ans. Sacha, qui a fréquenté ce lieu durant toute sa vie, nous raconte.

Sacha était étudiante au collège de l’Élysée (Lausanne), au milieu des années 70, quand elle a entendu parler du « Barbare », pour la première fois. Lieu qui, à l’époque, avait une réputation sulfureuse : « On disait que c’était un repaire pour “babas cool”, pour révolutionnaires et rebelles en tout genre. Pour les adolescents de l’ancien temps, cela ne pouvait être qu’attrayant », explique-t-elle. La jeune fille y allait lorsqu’elle n’avait pas école, le mercredi après-midi, avec ses amis. Ils portaient des foulards colorés ornés de motifs indiens, des jeans rentrés dans leurs bottines, des chemises brodées, sans oublier les gilets de grand-père. Les cheveux des filles étaient teints au henné, elles portaient des bagues argentées et faisaient du tricot et du macramé. Et comme maintenant, elles papotaient autour du fameux chocolat chaud : « Nous parlions bien sûr de nos amoureux, mais aussi de Che Guevara, de Castro, de Pink Floyd, et plus tard de Bob Marley ». Leurs parents n’appréciaient pas leurs détours par le café, mais les jeunes n’en étaient pas dissuadés pour autant.

J’aimais faire découvrir l’endroit, voir la surprise de mes amis lausannois qui n’avaient jamais prêté attention à la petite terrasse.

Sacha a grandi. Elle a été au gymnase du Belvédère (Lausanne), puis à l’Université. Et « Le Barbare » ne l’a pas quittée : « C’était devenu un repaire pour moi, où j’entraînais mes amis pour découvrir le chocolat chaud maison, que je demandais à Marta “très épais” ». Elle m’explique, avec un sourire aux coins des lèvres, que c’était également son refuge quand elle courbait « trop souvent » les cours. Un lieu magique et caché, qu’elle a toujours aimé partager : « J’aimais faire découvrir l’endroit, voir la surprise de mes amis lausannois qui n’avaient jamais prêté attention à la petite terrasse. Je m’amusais de leur expression lorsqu’ils goûtaient au chocolat chaud ». Légendaire boisson qu’elle envoyait pour Noël à ses connaissances d’Italie, d’Angleterre, de France ou d’Allemagne, qui, le temps d’une visite, avaient bien entendu fait le détour par la terrasse du fameux café…

Dans les années 80, il y avait un serveur qui avait du caractère. Sacha allait souvent au « Barbare », avec des amis masculins. Elle explique le petit jeu qu’elle avait avec lui : « Vous savez qu’elle était là hier, avec un autre type ? Elle en amène toujours un autre ! Je lui donnais la réplique sur le même ton. Les clients rentraient la tête dans les épaules et nous y allions de notre petite scène. […] Lui et moi, nous faisions semblant de nous enguirlander, à fond ». Et évidemment, les fameux garçons qui l’accompagnaient ne savaient plus où se mettre. Ce jeu surprenant, mais reflet du caractère pas moins trempé de Sacha, a duré quelques années. Puis, le serveur a eu une opération à la jambe : « Lorsqu’il est revenu travailler, le cœur n’y était plus, je crois que la douleur l’emportait ».

Les années ont passé, la jeune femme est devenue maman, sans pour autant oublier le café, auquel ses enfants ont été initiés : « Le Barbare est devenu un des buts de nos promenades en ville. Nous nous partagions une glace en été, un chocolat chaud en hiver. Marta, la tenancière, les [les enfants de Sacha, ndlr.] a tous regardés grandir ». Puis, la famille est partie vivre à l’étranger, ne revenant qu’une fois par an pour voir amis, famille… Et « Barbare » ! « Le café est devenu un détour obligé, généralement le premier jour de mon séjour, nous allons là-bas. Marta m’a toujours accueillie à bras ouverts : “Et tu es de retour !” » 

Elle a le contact facile, avec beaucoup de tact, sachant parler aux jeunes et aux moins jeunes, toujours d’humeur égale. Elle va drôlement me manquer.

Marta, la propriétaire emblématique, a connu Sacha à douze ou treize ans et n’a cessé de la tutoyer depuis. Sacha me la décrit, avec beaucoup de tendresse : « C’est une femme généreuse – je suis souvent repartie avec un paquet de son chocolat en cadeau –, pleine d’énergie, solaire. Belle à tomber par terre, elle fait vingt ans de moins que son âge. Elle a une élégance discrète, mais racée. Intelligente, cultivée et intéressante ». Sacha raconte être venue une fois avec un de ses fils, devenu grand et coureur automobile. Ils ont alors discuté avec Marta, qui leur a parlé de sa voiture, de courses et de mécanique. Sacha était soufflée : « Elle a le contact facile, avec beaucoup de tact, sachant parler aux jeunes et aux moins jeunes, toujours d’humeur égale. Elle va drôlement me manquer ».

Sacha raconte, nostalgique, que le goût des plats n’a pas changé avec le temps, que de nombreuses odeurs lui rappellent son adolescence et les souvenirs qui vont avec : « Revenir en arrière, même pour un instant, est un bonheur sans égal. La nostalgie n’a pas de prix. […]  Le “Barbare” c’était un peu mon chez-moi, c’était ma tanière. Je m’y sentais en sécurité, à l’aise. J’y suis rarement allée seule, parce que j’aimais partager cet endroit ».

Apprendre que Marta s’en va, que « Le Barbare » ferme ses portes a été un choc. Sacha m’a dit qu’elle y retournerait au moins une fois, pour voir si le lieu pourra raviver ses souvenirs, encore une fois. Elle laisse une porte ouverte, curieuse : « Peut-être que ces portes ne se ferment pas sur le passé, mais s’ouvrent sur l’avenir. Peut-être qu’il est temps de créer de nouveaux souvenirs pour d’autres générations. Ne dit-on pas qu’il faut vivre avec son temps ? »

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Yadlo, le festival qui mouille la chemise

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© Droits réservés / Yadlo 2018

Du 12 au 14 juillet, la plage de Préverenges se transformera en île paradisiaque pour accueillir la cinquième édition du festival Yadlo.

Sentez donc l’odeur du rhum arrangé, imaginez-vous découvrir une nouvelle île inexplorée et ressentez les rythmes du reggae, du calypso, de la salsa et du merengue. «Le désir d’exotisme qui anime tout le monde à l’approche de l’été est au cœur de l’offre variée de l’événement.», explique Maxime Gervasi, porte-parole du Yadlo.

Oui, cette année à Yadlo, c’est du côté des Caraïbes qu’on nous emmène. Là où les couleurs chaudes du soleil couchant se fondent dans l’ambiance festive des nuits endiablées. Du 12 au 14 juillet, la plage de Préverenges se transformera en île paradisiaque pour accueillir la cinquième édition du festival de la région morgienne.

«Mouille ton corps, arrose ton esprit !»

Yadlo est le nouveau festival prévengeois, associant activités aquatiques, plaisirs de la plage et festivités nocturnes, le tout dans une ambiance pittoresque et dépaysante. Cette année, c’est sous la bannière «Mouille ton corps, arrose ton esprit !» que se retrouveront les 8 500 festivaliers attendus sur les trois jours de l’événement.

Plus que jamais, Yadlo souhaite se placer comme un événement éco-responsable. Que ce soit dans l’origine des produits qui sortent du bar – presque tous exclusivement suisses – ou dans la gestion des déchets et la volonté de limiter au maximum le plastique, les organisateurs souhaitent se positionner toujours un peu plus comme «un événement modèle en la matière».

Activités pour toutes et tous

Sur la base d’un sondage réalisé l’an passé, l’association Yadlo a décidé d’élargir son panel d’activités. Un escape room sur un voilier, un trampoline flottant, une initiation à l’aviron, ou encore un coin enfants avec un bateau pirate gonflable, sont quelques-unes des nouvelles prestations proposées.

«Toutefois, les activités classiques de Yadlo, celles qui ont fait sa renommée, seront toujours présentes, rassure Maxime Gervasi. Ainsi, la fameuse Silent Party du vendredi soir aura bien lieu». Des tests de stand up paddle, kayaks et initiations à la plongée, au yoga et au «SUP yoga» (il s’agit bien de faire du yoga sur un paddle) seront également de la partie.

L’édition 2018 du Yadlo a mobilisé quelque 140 bénévoles. – © DR / Yadlo 2018

Après l’effort, le réconfort

Pour se remettre de ces nombreuses activités, Yadlo proposera plusieurs foodtrucks, des dégustations le vendredi et le samedi soir et une activité gourmande le dimanche autour de la cuisine jamaïcaine.

Pour couronner le tout, une série de concerts est prévue le samedi soir et une scène ouverte, pour mettre en avant les stars émergentes de la région, est programée le dimanche. Maxime Gervasi ajoute : «Notre nouvelle scène accueillera des groupes de la région comme : le duo Marzella, le trio Marquise, et le DJ Dr.Fad-R qui est champion suisse de djiing».


La 5e édition du Yadlo se déroulera du 12 au 14 juillet 2019, à Préverenges. Programme complet sur www.yadlo.ch.

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Ceci pourrait être l’article d’une femme*

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Le 14 juin 1991 a eu lieu la première "Grève des femmes*" – Image : Keystone

Aujourd’hui, partout en Suisse a lieu la «Grève des femmes*». Sensible à la cause, Slash Média se fait porte-voix du manifeste rédigé en décembre 2018 par les Collectifs romands pour la grève féministe et des femmes.

Un peu partout dans le monde, nous assistons à un renouveau des mouvements féministes : #metoo a contribué à diffuser et libérer la parole des femmes* et, grâce aux réseaux sociaux, a eu un écho planétaire.

En Suisse aussi, le sexisme, les inégalités et les violences à l’encontre des femmes* persistent, malgré un discours politiquement correct sur l’égalité et bien que l’égalité soit inscrite dans la Constitution fédérale depuis 1981.

«Les femmes bras croisés, le pays perd pied !»

Au pays de la prétendue paix du travail, les femmes ont déjà fait une grève qui a mobilisé 500’000 personnes ! C’était le 14 juin 1991, dix ans après l’entrée en vigueur de l’article constitutionnel sur l’égalité. Ce jour-là, les femmes ont croisé les bras : la grève a eu lieu non seulement sur les lieux de travail, mais aussi dans les foyers, où elles ont arrêté de faire le ménage, ont suspendu leurs balais aux fenêtres, n’ont pas cuisiné ni pris en charge les enfants.

La grève des femmes de 1991 avait surpris tout le monde. Un immense élan vers l’égalité avait secoué le pays : nous avons depuis lors obtenu des résultats concrets comme une Loi fédérale sur l’égalité entre femmes et hommes, un congé maternité, le splitting et le bonus éducatif dans l’AVS, la solution dite des délais en matière d’avortement, des mesures de lutte contre les violences domestiques.

Aujourd’hui, nous avons besoin d’un nouvel élan ! Le 22 septembre 2018, 20’000 femmes* et hommes solidaires ont manifesté à Berne pour l’égalité et contre les discriminations. Le début d’une mobilisation que nous voulons poursuivre jusqu’à la grève féministe et des femmes* le 14 juin 2019 !

L’égalité stagne : les femmes* se mobilisent !

Nous sommes toutes exposées au sexisme, aux discriminations, aux stéréotypes et aux violences, sur le lieu de travail, à la maison ou dans la rue. Mais nous savons que des oppressions spécifiques basées sur l’appartenance de race, de classe ou sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre se combinent, si bien que certaines d’entre nous peuvent subir des discriminations multiples. Faire vivre la solidarité entre les femmes* du monde entier, c’est un des objectifs de notre grève.

Fortes de nos diversités, nous refusons toute instrumentalisation de nos luttes, notamment à des fins racistes. Nous revendiquons le droit de vivre libres dans une société qui garantit des droits égaux pour toutes*.

Durant ces vingt dernières années, nous avons assisté à la montée des politiques néolibérales: les services publics ont été remis en cause, les prestations ont été réduites, des secteurs comme la santé ont été soumis à la logique marchande, les conditions de travail et de retraite ont été péjorées. L’économie capitaliste veut maximiser les profits au détriment de l’être humain et de l’équilibre écologique. Les femmes* sont les premières à en souffrir en tant que travailleuses précaires, migrantes ou encore mères, souvent seules responsables du foyer et des enfants.

Comme le disent les Islandaises: «Ne changeons pas les femmes, changeons la société !». Car l’égalité ne peut se réaliser dans un monde où seul compte l’argent, mais nécessite de construire une société où ce qui compte est le respect et le bien-être de chaque être humain.

Un mois avant la journée de la “Grève des femmes*”, des actions ont eu lieu dans toute la Suisse. Ici, à Genève – DR

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Le 14 juin 2019, nous nous mettrons en grève sur nos lieux de travail, dans nos foyers et nous occuperons l’espace public

Parce que nous en avons assez des inégalités salariales et des discriminations dans le monde du travail. Parce que nous voulons des rentes qui nous permettent de vivre dignement. Parce que nous voulons que le travail domestique, éducatif et de soins soit reconnu et partagé, de même que la charge mentale. Parce que nous nous épuisons à travailler, nous voulons réduire le temps de travail. Parce que le travail éducatif et de soins doit être une préoccupation collective. Parce que nous revendiquons la liberté de nos choix en matière de sexualité et d’identité de genre. Parce que notre corps nous appartient, nous exigeons d’être respectées et libres de nos choix. Parce que nous refusons la violence sexiste, homophobe et transphobe, nous restons debout ! Parce que nous voulons que la honte change de camp.

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Parce que lorsque nous venons d’ailleurs, nous vivons de multiples discriminations. Parce que le droit d’asile est un droit fondamental, nous demandons le droit de rester, lorsque nos vies sont en danger. Parce que l’école est le reflet de la société patriarcale, elle renforce les divisions et les hiérarchies fondées sur le sexe. Parce que nous voulons des cours d’éducation sexuelle qui parlent de notre corps, du plaisir et de la diversité sexuelle. Parce que les espaces relationnels doivent devenir des lieux d’échange et de respect réciproque. Parce que nous vivons dans une société qui véhicule des représentations stéréotypées de «la femme».

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Parce que nous, actrices culturelles, sommes trop souvent peu considérées et reconnues. Parce que les institutions ont été conçues sur un modèle patriarcal et de classe dans lequel nous n’apparaissons qu’en incise. Parce que nous sommes solidaires avec les femmes du monde entier. Parce que nous voulons vivre dans une société solidaire sans racisme, sans sexisme, sans homophobie et sans transphobie.

Pour toutes ces raisons et d’autres encore, nous ferons grève le 14 juin 2019 !


La «Grève des femmes*» a lieu le 14 juin 2019 dans toute la Suisse www.frauenstreik2019.ch.

Femme* : toute personne qui n’est pas un homme cisgenre (soit un homme qui se reconnaît dans le genre qui lui a été assigné à la naissance).

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