Nouveautés musicales : Ellen Allien, Kelela et Magi Merlin à écouter cette semaine

Montrer le sommaire Cacher le sommaire

Une vague de sorties musicales rassemble des propositions variées : de la techno berlinoise aux expérimentations R&B en passant par des EP techno durs et des réinterprétations house. Voici un tour d’horizon des albums et projets qui retiennent l’attention en ce moment, avec les points forts de chacun.

Ellen Allien — New Life

Figure incontournable de la techno berlinoise, Ellen Allien signe son retour avec New Life, son premier album depuis six ans — entre-temps elle a toutefois publié quelques EP. Le single « Steh Auf », à la tonalité sombre et immersive, annonçait déjà l’ambiance : un appel à l’éveil qui mêle noirceur et densité rythmique.

Sur les dix titres du disque, la DJ et productrice explore des textures oscillant entre darkwave, nappes synthétiques glitchées et passages plus dépouillés. Des éléments organiques — pépiements, flûtes — se mêlent à des bruits mécaniques, comme dans « Be Your Own Leader », tandis que des morceaux plus urgents, tels que « Move It », intensifient la tension et poussent à la répétition.

Kelela — new avatar

Après une longue attente, Kelela publie new avatar sur le label Warp Records. L’album aborde frontalement des sujets lourds, notamment la misogynoir, sans pour autant céder à l’amertume : la colère côtoie la joie et une forme de résistance collective.

Musicalement, le disque mise sur des atmosphères planantes où cordes et reverb soigneusement dosée enveloppent les chansons. Kelela s’est entourée du producteur Oscar Scheller, et raconte l’amour dans ses différents états avec une écriture émotionnelle qui fait écho à ses travaux antérieurs.

Magi Merlin — POWER HOUSE

Originaire de Montréal, Magi Merlin publie POWER HOUSE, un album qui navigue entre soul, pop, R&B « broken » et électronique. Sur douze titres, l’artiste et son complice Funkywhat font se côtoyer claviers 1990s, guitares rock et passages jazz ou hip-hop.

La proposition stylistique est volontairement éclectique : on entend tour à tour des claviers rétro sur « pixxxie », une énergie rock sur « POPSTAR » et des moments de production plus organiques — notamment un solo de saxophone marqué en fin de « EAT! ME! OUT! » et une basse percutante sur « WHIP ». Magi Merlin revendique un son singulier, que l’on peut qualifier de broken R&B, et confirme ici sa capacité à fusionner instruments traditionnels et électronique.

Baby Rose — YEARNALISM

Baby Rose revient avec YEARNALISM, un disque centré sur les thématiques du désir et de l’attachement. À 32 ans, la chanteuse livre un second album intime où sa voix, parfois rauque, évoque des influences soul tout en restant résolument contemporaine.

Les arrangements alternent ballades brassées de cuivres (« Is This Love ») et moments plus électriques — surprise guitare à la fin de « Sunday ». Les collaborations ponctuent l’album, comme le duo avec Elmiene sur « Dressed In Metal » ou la contribution de Leon Thomas sur « Friends Again ». La piste finale, « Jasmine’s sonnet », abaisse symboliquement le rideau en faisant réapparaître le prénom de naissance de l’artiste, Jasmine Rose Wilson.

Dax J — Sphinx (EP)

Le producteur londonien Dax J, à la tête du label Monnom Black et régulièrement cité dans les classements DJ, propose Sphinx, un EP de quatre morceaux. Fidèle à sa réputation, il livre une techno frontale, taillée pour la piste et conçue pour résonner dans des espaces industriels.

Sans fioritures, les titres misent sur l’intensité : rythmes galopants, empilements sonores et touches de dub spatial. L’EP est disponible en numérique et en vinyle, et s’adresse aux amateurs d’une techno directe et énergique.

LB aka LABAT — Feel So Good Around U (Remixes)

Après l’album Feel So Good Around U paru plus tôt dans l’année, LB aka LABAT a publié le 9 juillet un disque de remixes reprenant plusieurs morceaux du projet initial. L’exercice prolonge le caractère éclectique du créateur français en ouvrant ses titres à des réinterprétations variées.

Parmi les contributions, le remix de Mac Declos pour « Ocean Drive » transpose le morceau club original vers une esthétique plus minimale et répétitive, tandis que « Fixated » reçoit deux versions aux directions opposées : un remix percutant signé SPFDJ et une version transeuse par Chlär. Le résultat est un ensemble familial et diversifié, pensé pour la scène autant que pour l’écoute domestique.

Frost Children — Tweaker Poem

Le duo Frost Children présente Tweaker Poem, un EP incarnant une esthétique brute et saturée, ancrée dans la culture internet et l’imagerie de la génération Z. Les textes et les sonorités revendiquent une posture de rébellion : lutte contre les normes de genre, critique du capitalisme, et désir de fête malgré des contextes oppressifs.

Leur univers puise autant dans les références numériques que dans l’excès sonore, pour produire une musique qui refuse les compromis et mise sur l’intensité émotionnelle et la provocation stylistique.

Donnez votre avis

Soyez le 1er à noter cet article
ou bien laissez un avis détaillé



Slash Média est un média indépendant. Soutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités :

Publiez un commentaire

Publier un commentaire