Livres factices dans le nouvel Air Force One relancent le doute sur des visuels produits par l’IA

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Une photo publiée par Karoline Leavitt depuis le nouvel avion présidentiel offert par le Qatar a tourné sur les réseaux, mais ce n’est pas le vol qui a retenu l’attention. Les internautes se sont focalisés sur une bibliothèque aux ouvrages étonnamment génériques, déclenchant une petite enquête visuelle en ligne.

Des couvertures qui interrogeaient

En agrandissant l’image, plusieurs observateurs ont relevé des titres sur les tranches, lisibles malgré la faible résolution. Les mentions sont dépouillées :

Ces intitulés très neutres sont plutôt caractéristiques d’objets conçus pour l’esthétique. On s’attend rarement à trouver un ouvrage littéraire ou universitaire baptisé aussi sobrement.

Contrôle par des outils automatisés

Gizmodo a soumis la photo à l’analyse de Gemini pour rechercher la présence du filigrane SynthID, destiné à identifier les images générées par certains outils de Google. Le résultat a été négatif : aucun marquage SynthID détecté.

Cette absence n’élimine pas l’hypothèse d’un travail réalisé avec d’autres logiciels. Toutefois, les éléments visibles indiquent plutôt la présence de faux livres physiques installés pour meubler l’intérieur de l’appareil.

La prudence face aux images officielles

La réaction du public s’inscrit dans un contexte déjà marqué par la défiance vis‑à‑vis des visuels partagés par des comptes officiels. En exemple, une image publiée par Donald Trump sur Truth Social le vingt‑neuf juin, montrant un vaste aigle doré sur le toit de la Maison Blanche, avait été qualifiée d’artificielle après vérifications.

Des analyses automatiques avaient mis en évidence la manipulation, et des photographes présents sur place n’avaient observé aucune installation de ce type. CNN a également confirmé l’absence de cet objet sur le site.

Mise en scène et inaugurations

Le même avion rénové a ensuite été utilisé pour un déplacement vers le Dakota du Nord, lié à l’inauguration de la bibliothèque Theodore Roosevelt. Le président a prononcé un discours et a participé à un échange avec une représentation virtuelle de Theodore Roosevelt.

Lors de cette interaction, la version générée de Roosevelt a abordé ses réalisations, en relativisant notamment la portée du canal de Panama au profit de ses réformes intérieures. Ces usages de l’intelligence artificielle montrent combien la frontière entre représentation et réalité peut rester floue.

Au final, les livres visibles dans la photographie de Karoline Leavitt sont tangibles, mais leurs titres révèlent qu’ils jouent un rôle essentiellement décoratif. Leur présence soulève cependant une question plus large : comment évaluer rapidement la fiabilité d’un visuel diffusé par des responsables publics ?

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