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Adriano Koch, jeune pianiste et compositeur, dévoile le clip de I Should Have Run, un des morceaux de son premier album. Savant mélange entre jazz et électro, le morceau nous transporte, tout comme le clip, dans un univers musical riche et intrigant.

On peut dire qu’Adriano, 19 ans, a plus ou moins consacré sa vie à la musique et plus particulièrement au piano. Il commence à jouer dès son enfance, donne ses premiers concerts à 11 ans et compose dès ses 15 ans. Il y a deux ans, il décide de tout envoyer balader et arrête son gymnase pour se lancer à 100 % dans la musique : « C’était un très gros risque et un immense saut dans le vide, mais avec du recul c’est la meilleure décision que je n’ai jamais prise », se rappelle-t-il.

Adriano Koch, sous l’objectif d’Anne Gerzat.

Ses inspirations sont diverses : musique acoustique jazz, pop-électro et de l’électro « 4 on floor » (modèle rythmique, dont le beat est accentué sur chaque temps). Adriano réunit ces styles et se les approprie en créant une ambiance qui retranscrit ses pensées : « Je raconte des histoires et ce qui est chouette avec la musique instrumentale, c’est que l’imaginaire de celui qui la reçoit a beaucoup plus de place que dans une chanson à texte, narrative ». Et pour ce faire, il utiliser la technique du « sampling » : « Je cherche à partir d’un son modifié, d’une ambiance et je trouve une harmonie, une phrase, une batterie ou un empilement de samples qui marche bien », détaille le jeune pianiste.

Et c’est de cette manière qu’il a composé son premier album, enregistré le mois dernier et dont la sortie est prévue pour septembre. Le clip de I Should Have Run – un des morceaux de l’album – a été dévoilé aujourd’hui. Adriano l’a imaginé de A à Z et l’a réalisé lui-même. Il y tenait tout particulièrement : « J’aime m’occuper de la production de mes clips, car je pars du postulat que si j’ai eu envie d’exprimer quelque chose à travers un morceau, gérer la production de A à Z ne transmettra ce message que de manière plus authentique ». Tourné dans l’appartement d’une amie, le clip raconte une « provocation torturée, racontée par quelqu’un d’heureux ». L’ambiance y est tamisée et rappelle celle d’un club, tout en étant apaisante. On est capté par des jeux de fumée, de lumières et de lasers, accompagnés d’acteurs qui dansent. Un véritable voyage musical.

Adriano est sur Facebook et Instagram.

Repérages

Le rap post-soviétique : un phénomène culturel et identitaire

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La scène musicale se développe constamment en Europe de l’Est et quelques artistes se sont exportés au-delà de cette région encore méconnue pour beaucoup. La clé de leur succès : un style moderne, imprégné de leurs cultures respectives. Voici trois artistes qui ont de grandes ambitions et qui construisent un pont entre la scène internationale et les cultures post-soviétiques.

Depuis la chute de l’URSS, les nations émergentes se redéfinissent politiquement mais aussi culturellement. Au milieu de ce processus se trouve une jeunesse confuse, qui cherche sa place entre les souvenirs soviétiques de leurs parents et le développement parfois chaotique de leurs pays. Alors que certains artistes d’Europe l’Est se conforment aux cadres de la musique internationale et essaient de rentrer dans le moule, une partie a décidé de se construire une identité unique en se jouant de leurs origines. Le rap post-soviétique, et russe particulièrement, bien qu’inspiré par l’Ouest dans les années 1990, se distingue de plus en plus par une valorisation de l’identité et des racines. C’est pourquoi la culture et la langue nationale jouent un rôle important dans le style post-soviétique. Slash vous présente trois artistes qui cherchent à exporter leur travail et à créer le lien entre l’Est et l’Ouest. Ces musiciens se laissent influencer par leur héritage post-soviétique, mais avec le regard tourné vers l’extérieur.

Little Big

Difficile de catégoriser la musique de ce groupe atypique formé en 2013 à Saint-Pétersbourg. Ces Russes vacillent entre un genre rave et rap, à connotation parfois très trash. Leur image est unique, un chanteur-rappeur tatoué, une chanteuse naine, ou encore un clown terrifiant. Ils font leur première apparition publique en ouverture de Die Antwoord et se font directement voir comme leurs égaux russes. Le groupe connait un succès immense en Russie et s’exporte aussi en Europe, notamment avec une tournée en France en 2015. Ils ont depuis sorti 3 albums, 9 singles et plus d’une vingtaine de vidéos virales. Ils produisent leurs clips eux-mêmes, et expliquent que les côtés sombres représentent les problèmes de la société post-soviétique. Le groupe joue avec les stéréotypes russes de manière ironique, ce qui est devenu sa marque de fabrique. Bien que le trash et le sarcasme vont très loin avec Little Big, leur but n’est pas seulement de partager ironiquement la culture russe mais aussi d’interpeler sa société. Ils ont créé leur propre label « Little Big Family » et collaborent souvent avec d’autres artistes de la scène post-soviétique et d’ailleurs.

Tatarka

La jeune femme n’est pas encore très connue sur la scène internationale mais elle fait parler d’elle en Russie. D’origine Tatar, elle mélange dans ses paroles sa langue natale et l’anglais, ce qui donne une touche très exotique. Elle a trois singles à son actif, un premier sorti en 2016 « Алтын »entièrement en langue tatar, « U Can Take Me » en collaboration avec Little Big – dont le chanteur principal chante en anglais et Tatarka en Tatar – et le dernier « Pussy Power », dans lequel la jeune femme chante entièrement en anglais. Les trois singles sont accompagnés de clips, produit par les mêmes producteurs que Little Big, dont elle a assuré les ouvertures à plusieurs reprises. Ses vidéos l’aident à se construire une notoriété, elles sont artistiques et comportent un mélange de modernité avec la culture de l’Est. La jeune femme porte d’ailleurs les habits du nouveau designer post-soviétique en vogue, Gosha Rubchinskiy. Tatarka est la découverte féminine de la scène russe et a beaucoup de potentiel. Son premier album est très attendu et sera en langue tatar et anglaise, ce qui ouvre les portes à la scène internationale tout en gardant une touche culturelle très forte.

Tommy Cash

L’enfant terrible du rap post-soviétique n’est plus à présenter. Tommy Cash s’est fait un nom en Europe et même au-delà. Originaire d’Estonie, il grandit dans un quartier défavorisé de Tallin qu’il surnomme le « Detroit de la ville ». À 15 ans, il arrête ses études secondaires et part vadrouiller dans toute l’Europe avec un groupe d’amis pour se faire de l’argent en dansant dans la rue. Ses talents de danseurs se retrouvent dans ses vidéos, qui à l’instar de Little Big, reçoivent des critiques controversées. Tommy Cash collabore même avec le groupe russe dans « Give Me Your Money », qui reprend absolument tous les clichés sur l’Europe de l’Est. Leur collaboration ne s’arrête pas là, ils produisent aussi une mini-série « Americans Russians » sur YouTube, qui raconte une histoire comique et déjantée de Tommy et Ilich (chanteur principal de Little Big) voulant vivre le rêve américain. Aujourd’hui, Tommy Cash tourne dans toute l’Europe et rêve d’atteindre les Etats-Unis. Son style unique et ses références aux clichés d’Europe de l’Est en font l’un des artistes les plus en vogue du rap post-soviétique.

Il serait erroné de se limiter à ces artistes pour décrire la scène musicale d’Europe de l’Est. Chaque pays a ses talents et beaucoup de musiciens deviennent des références nationales dans le genre. Nous nous sommes ici intéressés aux noms qui ont le potentiel de s’imposer sur la scène internationale et qui ont créé leur succès grâce à leur culture post-soviétique. D’autres talents restent cachés, car ils préfèrent utiliser leur langue nationale au lieu de l’anglais. Et il faut avouer que pour certains artistes, cela ajoute un charme indéniable à leurs productions.

Il est aussi facile de retrouver des influences culturelles dans les paroles ou les vidéos de ces musiciens, largement influencés par leur jeunesse et leur vie dans une société post-soviétique. On pense bien sûr à Taco Hemingway et Adi Nowak, deux grands noms du rap polonais qui défient les standards d’Europe de l’Ouest avec des voix mélodiques et une atmosphère très artistique. Il y a aussi Макс Корж, dont les vidéos de grande qualité décrivent la jeunesse en Biélorussie (voir ci-dessous), Грибы qui mélange humour et vie Ukrainienne, et enfin le russe Антоха МС qui s’est créé un style rétro transpirant le bloc soviétique. Ces artistes sont loin du cliché des rappeurs de l’Ouest. Ils mettent en avant leur singularité et connaissent le succès grâce à leurs styles uniques, artistiques, proche de leur société. Le rap post-soviétique est un ensemble d’artistes, de pays et de genres, mais c’est avant tout le reflet d’une jeunesse qui cherche sa place et qui dénonce sa société au travers de la musique. On espère que bientôt, l’Est et l’Ouest se rencontreront, non plus sur une scène historique mais cette fois musicale.

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Repérages

À voir : le premier clip cabalistique de KAY JAM, réalisé par Mei Fa Tan

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Capture : YouTube / KAY JAM - Light in the Dark

Pour illustrer Light in the Dark, son premier titre paru le 28 septembre dernier, le rockeur vaudois KAY JAM a fait appel à la talentueuse réalisatrice Mei Fa Tan.

Tourné aux Docks de Lausanne fin septembre, ce premier clip nous plonge dans un univers fantastique, au croisement de l’ésotérisme et de la sensualité.

KAY JAM, de son vrai nom Julien Cambarau, sur le tournage de “Light in the Dark” – © Tony Korrigan

Avec la réalisation épurée et esthétique qu’on lui connaît, la réalisatrice porte à l’écran, sous les traits de Maya Von Ahnen, une nymphe, intrigante et incendiaire.

Jouant avec l’ombre et la lumière sous diverses formes, le film met en scène deux personnages que tout semble opposer. Appréhension et désirs les poussent finalement à la rencontre, dans un clip à découvrir en tête d’article.

« Light in the Dark », le premier single de KAY JAM, est à retrouver sur toutes les plates-formes de téléchargement légal.

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